Les sectes en France

DÉFINITION

On prête au mot secte deux origines latines : les verbes sequi (suivre) ousecare (couper). Il désigne un ensemble d’hommes et de femmes réunis par une même doctrine en petits groupes souvent constitués après séparation d’une Église ou religion instituée. Le Petit Robert cite ainsi, à titre d’exemple, les sectes juives, protestantes, hérétiques…

En France, à la fin de 1993, la Commission nationale consultative des droits de l’homme proposait cette définition : « Groupement se présentant ou non comme une religion, dont les pratiques constatées sont susceptibles de tomber sous le coup de la législation protectrice des droits des personnes ou du fonctionnement de l’État de droit. » Mais il n’y a pas en droit français de définition juridique de la secte.

LA LUTTE CONTRE LES DÉRIVES SECTAIRES

La loi : en 1999, la proposition du sénateur Nicolas About est adoptée à l’unanimité par le Sénat. Elle vise à permettre la dissolution de groupes condamnés à plusieurs reprises. Examinée par l’Assemblée nationale en 2000, elle est complétée par un « délit de manipulation mentale » qui suscite de nombreuses critiques. Il est alors remplacé par le délit « d’abus frauduleux de l’état d’ignorance ou de faiblesse » avec la loi About-Picard, adoptée en 2001.

L’organisme officiel : en 1996, un Observatoire interministériel sur les sectes est créé, remplacé en 1998 par la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Mils). En novembre 2002, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) prend le relais. Cette dernière a pour mission d’« observer et analyser le phénomène » et de « coordonner l’action préventive et répressive des pouvoirs publics » .

L’AMPLEUR DES DÉRIVES SECTAIRES

Les deux derniers rapports parlementaires qui ont tenté d’évaluer le nombre d’organismes sectaires datent de 1995 et 1999. Le premier (Gest-Guyard) listait 172 organisations et une nébuleuse d’au moins 800 satellites regroupant environ 160 000 membres réguliers ou occasionnels et 100 000 sympathisants. Le deuxième, centré sur les « sectes et l’argent », ajoutait 26 organisations aux précédentes. Ces listes, très controversées, ont été officiellement abandonnées par la circulaire du 27 mai 2005 relative à la lutte contre les dérives sectaires.

Source : http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Les-sectes-en-France-_EG_-2012-09-21-855953