« Les sectes prospèrent dans le département »

 

Par Recueilli par Renée Mourgues

Publié le 12/08/2013 à 06h00
Mise à jour : 12/08/2013 à 10h01

"Tous les grands mouvements cités dans le rapport national de 1995 sont implantés sur notre territoire, plus ou moins discrètement. Il existe aussi des structures souterraines", indique Claude Léobon.
« Tous les grands mouvements cités dans le rapport national de 1995 sont implantés sur notre territoire, plus ou moins discrètement. Il existe aussi des structures souterraines », indique Claude Léobon. (A. Torrent)

Élue en décembre 2012 à la présidence de l’Association pour la défense des familles et des individus victimes de sectes et mouvements à dérives sectaires (l’Adfi compte une quarantaine d’adhérents), Claude Léobon mise sur la prévention et appelle au bénévolat.

Comment les sectes se portent-elles dans les Pyrénées-Atlantiques ?

Leur situation prospère à cause de la crise et des gens en recherche de quelque chose. Tous les grands mouvements cités dans le rapport national de 1995 sont implantés sur notre territoire, plus ou moins discrètement. Il existe aussi des structures souterraines. À Pau, on a même signalé des cas de satanisme. Tout cela est difficile à chiffrer mais les sectes sont bien présentes.

Existe-t-il des secteurs propices à leur développement ?

On observe des déviances dans le domaine de la santé, des médecines parallèles, du bien-être, du bio, du développement de la personnalité et même du soutien scolaire. Ces domaines attirent des charlatans qui dispensent des conseils, proposent des pilules et autres méthodes miracles. On voit de grands malades renoncer à leurs traitements et certains s’endetter.

Comment l’Adfi peut-elle lutter ?

On combat à armes inégales. Les sectes n’hésitent pas à nous harceler et à poursuivre les journaux qui les dénoncent. Elles ont des moyens énormes et se nourrissent de la misère humaine. Nous agissons plutôt sur le terrain de la prévention. Nous avons besoin de bénévoles pour pouvoir poursuivre nos missions.

Les victimes viennent-elles spontanément vers vous ?

C’est plus souvent l’entourage qui se manifeste. On vient nous voir quand on a des doutes : une transformation physique, de nouvelles habitudes alimentaires, un jargon trahissant une emprise mentale. En 2012, nous avons traité une trentaine d’affaires et déposé quelques plaintes dont une, sur le point d’aboutir, sur la Côte basque. Radié de l’Ordre des médecins, le praticien en cause recrutait ses clients par internet.

Quelles sont les proies privilégiées des sectes ?

Tous les publics les intéressent mais plus particulièrement les personnes âgées sans descendance, les handicapés mentaux et les parents de jeunes enfants à formater et manipuler.

Qui finance l’Adfi ?

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