Lev Tahor: fugitifs à nouveau

PC  |  Par La Presse CanadiennePublication: 05/03/2014 11:54 EST  |  Mis à jour: 06/03/2014 15:01 EST

CHATHAM, Ont. – Des agents de l’immigration de Trinité-et-Tobago ont empêché des membres de la secte ultra-orthodoxe juive Lev Tahor de se rendre au Guatemala, ont confirmé des officiels de ce pays.

Le groupe était arrivé dans ce pays des Caraïbes après avoir pris l’avion à Toronto lundi.

Les autorités de Trinité-et-Tobago a indiqué que les agents de l’immigration avaient trouvé des « incohérences » dans les réponses des voyageurs. Elles ont alors décidé de renvoyer le groupe au Canada. Les membres de Lev Tahor ont engagé un avocat local pour renverser cette décision.

Le groupe aurait refusé d’être installé dans un hôtel.

Il n’a pas été précisé si des enfants qui devaient être remis à la DPJ québécoise faisaient partie de ce groupe.

Mais, La Presse Canadienne a pu lire un courriel affirmant que deux familles de la secte _ qui s’étaient vu enlever la garde de leurs enfants _ avaient quitté le Canada pour se rendre dans les Caraïbes avant même le résultat de l’appel dans cette affaire.

Le mois dernier, une juge de l’Ontario avait statué que 13 enfants de Lev Tahor devaient être remis à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) au Québec, où la communauté était auparavant établie, et où un premier tribunal avait ordonné qu’ils soient confiés à des familles d’accueil.

L’audience en appel de cette ordonnance devait avoir lieu mercredi à Chatham, en Ontario, mais un avocat représentant l’organisme local d’aide à l’enfance a présenté une motion d’urgence qui a mené à la tenue d’une rencontre avec le juge derrière des portes closes.

La Presse Canadienne a obtenu une copie d’un courriel d’un membre de la communauté à des sympathisants, expliquant comment deux des familles au coeur de l’ordonnance avaient quitté le Canada avant l’audience en appel.

Le courriel précise qu’elles n’étaient pas entichées à l’idée de revenir si l’audience en appel ne répondait pas à leurs attentes, bien qu’elles possèdent des billets fixant leur retour au 13 mars.

Selon le courriel, les familles ont choisi de prendre des vacances dans les Caraïbes au moment de l’audience en appel, d’attendre la décision de l’appel, et si elles voient que l’Ontario peut les forcer à retourner au Québec, elles décideront si elles retourneront en Ontario ou même au Canada.

Le courriel ajoute que les familles se dirigeaient vers le Guatemala, certaines en passant par le Mexique et d’autres, par Trinité-et-Tobago.

Le groupe de neuf personnes _ trois adultes et six enfants _ qui est passé par Trinité-et-Tobago a été détenu « sans raison », dit aussi le courriel. Les autorités en matière d’Immigration voulaient les retourner au Canada, mais les neuf personnes souhaitaient avoir la permission de rejoindre les autres au Guatemala, mentionne aussi le courriel.(…)

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