Mgr Raffin maintient « les plus vives réserves » sur l’Agapè

Dans un communiqué du 17 janvier publié dans le numéro de mars de sa revue diocésaine, Mgr Pierre Raffin, évêque de Metz, tient à préciser que la Conférence des évêques de France n’a pas reconnu officiellement les sessions Agapè du Puy-en-Velay lors de son Assemblée plénière de novembre.

Revenant sur la documentation sur l’Agapè que Mgr Henri Brincard avait remise aux évêques à Lourdes, Mgr Raffin souligne que « cela n’a donné lieu à aucune discussion et aucune approbation. D’ailleurs, le temps manquait pour cela ».

En décembre dernier, La Croix se faisait écho de « la reconnaissance canonique que Mgr Henri Brincard (évêque du Puy-en-Velay) a accordée samedi 8 décembre à l’association Anne-Peggy Agapè », créée en 2003 et installée dans son diocèse depuis 2005.

Il lui a accordé le statut d’association privée de fidèles. Dans la mesure où ses retraites proposent une relecture de vie qui implique certains éléments du passé et de la psychologie des retraitants, elles se situent « dans un domaine à l’évidence très délicat », d’où « le devoir de vigilance précise » que l’Église doit continuer d’exercer, commentait alors Mgr Brincard.

« LES COMMENTAIRES FAITS PAR L’AGAPÈ DE L’APPRÉCIATION DE L’ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE SONT TRÈS EXAGÉRÉS »

Avant d’accorder cette reconnaissance à l’Agapè, l’évêque du Puy avait demandé un audit au P. Thierry-Dominique Humbrecht, dominicain de Toulouse, et en avait présenté les résultats dans un dossier remis à ses confrères réunis en Assemblée plénière à Lourdes en novembre. Mgr Brincard avait indiqué à La Croix qu’« aucune objection » n’avait été soulevée.

Mgr Raffin affirme maintenir quant à lui « les plus vives réserves » à l’égard de l’Agapè. Il a d’ailleurs saisi le conseil permanent de la Conférence des évêques de France qui lui aurait répondu en janvier que le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la CEF, avait lui-même écrit à Mgr Brincard pour lui signifier que « les commentaires faits par l’Agapè de l’appréciation de l’Assemblée plénière sont très exagérés ; lui demander que les documents diffusés par Agapè soient corrigés en ce sens ; lui rappeler que la reconnaissance de l’association privée de fidèles ne concerne que le diocèse du Puy-en-Velay ».

Sollicité par La Croix, Mgr Raffin n’a pas souhaité faire de plus amples commentaires.

CONSEIL DE VIGILANCE

Depuis plusieurs années, les sessions psycho-spirituelles, ou de guérison, ou de relecture de vie à connotation psycho-spirituelle, se sont multipliées en France. Une dizaine d’autres associations ou communautés chrétiennes proposent ce type de démarche. Près de 25 000 personnes ont suivi l’une ou l’autre de ces sessions depuis dix ans.

Ces sessions sont loin de faire l’unanimité. D’anciens retraitants se sont d’ailleurs constitués en collectif des victimes et familles de victimes du psycho-spirituel et ont publié un livre noir.

La plus connue en France, l’Agapè du Puy en Velay – 7 000 participants en dix ans – est aussi celle qui essuie le plus de critiques depuis deux ans, alors qu’elle est encadrée par un conseil de vigilance nommé par l’évêque et composé notamment de psychiatres et de théologiens.

C. H.

Source : http://www.la-croix.com/Religion/Urbi-Orbi/France/Mgr-Raffin-maintient-les-plus-vives-reserves-sur-l-Agape-_NP_-2013-03-08-919116