Montée de l’Église évangélique au Québec : d’où viennent les fidèles ?

Montée de l'Église évangélique : d'où viennent les fidèles ?

L’Association des églises baptistes évangéliques au Québec regroupe 88 établissements, contre 70 en 2003. Environ 75 000 personnes font partie du mouvement.

À Bécancour, au Centre-du-Québec, une nouvelle église évangélique doit ouvrir ses portes début décembre. L’Église évangélique baptiste de Shawinigan-Sud, elle, est bien implantée. Elle accueille de plus en plus de jeunes familles.

Plusieurs membres de la congrégation évangélique faisaient auparavant partie de l’Église catholique romaine.

C’est le cas de Marie St-Onge Girard. Il y a vingt ans, elle allait à la messe catholique tous les dimanches. « Mais ça ne me donnait pas une paix intérieure », avoue-t-elle. Elle a maintenant joint les rangs de l’Église évangélique baptiste de Shawinigan-Sud.

Ce genre de conversion n’étonne pas la professeure à l’UQAM et psychologue de la religion et de la spiritualité Mona Abbondanza.

Elle rappelle que beaucoup de Québécois demeurent religieux, même s’ils ne pratiquent pas comme tel. « Ils font des prières et vont se tourner vers la religion dans les moments critiques », dit-elle.

C’est souvent par le biais d’un ami et lors de moments difficiles, comme un divorce ou la perte d’un emploi, que les gens se convertissent à une autre religion.

« C’est dans ces moments qu’on se pose les grandes questions sur notre, notre mort et ainsi de suite », explique Mona Abbondanza. Selon elle, ces personnes choisissent en majorité l’Église évangélique plutôt que le bouddhisme ou l’islam.

« C’est signe que Dieu agit toujours »

Simon-Pierre Iyananio est maintenant prêtre catholique à Trois-Rivières. Pour lui, la montée des églises évangéliques est une bonne nouvelle. « C’est quand même signe que Dieu agit toujours », affirme-t-il.

La forme de la célébration évangélique opère ses charmes pour certains fidèles. Avec de la batterie, de la guitare électrique et des chansons, elle tient parfois du spectacle de musique rock. Une formule qui séduit les jeunes personnes et les jeunes familles.

Le prêtre Simon-Pierre Iyananio reconnaît que la messe catholique pourrait incorporer certains de ces éléments. Mais encore faut-il que l’Église, et les fidèles de la base, le veulent aussi, rappelle-t-il.

« Un jour à l’église, j’ai donné la parole à dame qui était une ex-prostituée pour qu’elle raconte son parcours pour sortir de la rue », se souvient Simon-Pierre Iyananio. « Après la messe, des gens sont venus me dire que ça ne se faisait pas ici, pas dans une église. »

Source : msn