Pédophilie : le coupable silence du diocèse de Paris

Le père C. a reconnu les faits. Mais il est devenu aumônier d’un hôpital situé dans le quartier où habite la famille de sa victime… Enquête.

Gênant, à l’heure où le Vatican fourbit de nouvelles armes contre les curés pédophiles. Selon le père d’une jeune victime, le diocèse de Paris a protégé et protège encore l’un de ses prêtres, malgré sa condamnation en avril 2012 pour « agression sexuelle sur mineur de 15 ans par personne abusant de l’autorité de sa fonction ». Le tribunal de grande instance de Paris avait, à l’époque, prononcé contre le père C. une peine de six mois de prison avec sursis, assortie de « l’interdiction pour une durée de cinq ans d’exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec les mineurs ».

Suffisant pour que l’Église empêche toute future relation entre le condamné et de jeunes ouailles ? Le pape François le martèle depuis son arrivée au Vatican : l’omerta a vécu, un rigoureux principe de précaution doit désormais s’appliquer. À la demande du Saint-Père, une commission d’experts bûche sur les procédures à mettre en place pour répondre aux affaires. Début mai, elle révélait que 848 prêtres avaient, depuis 2004, été « défroqués » à la suite d’actes pédophiles, et 2 572 autres « isolés », dans des monastères. Quid du père C. ? Après sa condamnation, le diocèse de Paris l’a affecté à un service d’archives puis, à l’automne dernier, l’a nommé aumônier adjoint d’un hôpital privé catholique de Paris… situé dans le quartier où habite la famille.

« Nous avons été très vigilants »

C’est par hasard que le père découvre l’annonce de la nomination : le diocèse n’a pas cru bon de l’en informer. « On le remet en contact avec des personnes vulnérables ! Est-ce qu’il faut comprendre qu’il retrouvera à terme une paroisse ? On se moque de nous ! » « On », comprendre (…)

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