Publication : Raymond Ouimet déterre une autre sordide histoire

Raymond Ouimet

Raymond Ouimet

Patrick Voyer
Publié le 25 Février 2013 
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 L’historien et prolifique auteur gatinois Raymond Ouimet lance tout juste pour le Salon du livre de l’Outaouais son dernier ouvrage, L’affaire des crucifiés.
Sujets : 
L’affaire des crucifiés

«On pense toujours que des histoires comme ça, c’est ailleurs que ça arrive. Mais on est aussi pourvu que les autres…», lance Raymond Ouimet, qui nous raconte les cinq années d’existence de la secte d’Ovila Girard.

«C’était un comédien montréalais et sans doute à cause d’un manque d’argent, on était dans la crise des années 30 après tout, il va fonder une secte religieuse de laquelle il devient le gourou. Il effectuait des expériences de magnétisme, aujourd’hui du mentalisme, et ça lui servait dans la secte; il parlait aux morts, entrait en transe et faisait entrer ses apôtres en transe…», explique l’auteur.

Après des démêlées avec la justice pour des histoires de mariage illégal et d’inceste, la secte déménage à Duhamel et ensuite Namur, dans la Petite-Nation, un paradis réputé pour les sectes. Elle en compte d’ailleurs encore des dizaines aujourd’hui parmi les 300 répertoriées au Québec. «J’ai pu dresser une comparaison entre cette secte et l’Ordre du Temple solaire, qui avait les mêmes mécanismes. Sauf que dans la secte de Girard, les gens sont pauvres, alors que dans l’Ordre, les cérémonies sont riches parce que les disciples le sont…»

Raymond Ouimet assure qu’il détient dans ses tiroirs des histoires pires que celle-ci, non-publiables même. «Il y a une rédemption dans ce livre-là au moins. On a raison de croire en l’être humain, car il est capable de se réhabiliter, il y a une lueur d’espoir», dit-il.

Psychopathe et narcissique, Ovila Girard a donc permis à Raymond Ouimet de jeter un peu de lumière dans ce récit troublant.

Au nombre d’ouvrages qu’il a écrits et au nombre d’histoires qu’il a lues, M. Ouimet a plus de difficulté à s’étonner qu’avant. Sauf qu’il y a toujours de la place… «Ce qui m’a surpris ici est que j’ignorais qu’avant 1950 et la secte des Apôtres de l’amour infini, il y en avait une autre, celle de l’Esprit-Saint dans le coin de Joliette. C’est la première « made in Québec ». Avant, les sectes venaient de l’extérieur, comme les Témoins de Jehovas ou les Mormons.»

Peine de mortM. Ouimet en a aussi profité pour tenter de susciter une réflexion par rapport à la peine de mort, utilisée dans le livre.

«On dit que 69% des Québécois sont en faveur de la peine de mort, mais ils ne se sont pas dit que ce condamné-là avait une famille, une conjointe ou des enfants. C’est tout la famille qui souffre.»

Le côté bestial de l’acte devrait aussi interpeller les gens, selon lui. «À Cornwall, au début des années 50, un homme a été pendu pour meurtre. On a fait une fête foraine pendant l’exécution…, raconte M. Ouimet. La peine de mort va chercher chez les gens des comportements « animaux »», ajoute-t-il en concluant sous les rires que ça ne s’est pas tant amélioré depuis le Moyen Âge…

Il s’agit du troisième livre publié aux Éditions de Septentrion par M. Ouimet.

Relayé par Roger Gonnet