Radicalisation et dérive sectaire: des parallèles?

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Ce texte est cosigné par Carolle Tremblay et Mike Kropveld, présidente et directeur Général d’Info Secte.

Les récentes attaques terroristes ici et à l’étranger ont conduit des observateurs à suggérer que le processus de radicalisation est semblable aux méthodes de recrutement de sectes. Certains ont déclaré que les groupes terroristes sont des sectes. Peu importe l’étiquette rattachée à ces groupes, une similitude entre eux est remarquable, c’est la violence perpétrée par certains groupes envers les personnes et la société.

Depuis 35 ans, Info-Secte apporte une réponse aux préoccupations que suscitent des groupes qui exercent sur leurs membres un niveau de contrôle élevé, communément appelés « sectes » et à la question du phénomène des sectes en général. Info-Secte a toujours mis l’accent sur comment et pourquoi les gens adhèrent ou sont recrutés et convertis aux groupes extrêmes et marginaux, sur le fonctionnement de ces groupes, sur leur évolution au fil du temps ainsi que sur les privilèges et caractéristiques des dirigeants. Par conséquent, les dernières préoccupations mondiales sur la radicalisation, l’extrémisme et la violence sont des questions dont nous nous occupons depuis le début d’Info-Secte en 1980.

Info-Secte évite des réponses simplistes, des «oui » ou des « non » à des questions complexes telles que « Est-ce que ce groupe est une secte? » ou « Est-ce que le groupe est dangereux? » Tous les groupes étiquetés comme sectes ou groupes extrêmes ne sont pas semblables. Une façon utile de comprendre le spectre des groupes dans notre société est de les placer sur un continuum. D’un côté on place les groupes qui sont ouverts, tolérants, ont un leadership qui est non autoritaire et respectueux envers les membres et les non-membres. À l’autre extrémité, on retrouve les groupes qui sont fermés, intolérants, dans lesquels on exerce une direction autoritaire sur les choix, les décisions et les comportements des membres et dans lequel ont valorise un rejet de l’ensemble de la société. Tous les groupes se situent quelque part sur le continuum. Nous savons cependant que les groupes à niveau de contrôle élevé sont ceux au sein desquels le risque de causer des dommages à leurs membres et à la société est le plus élevé.

Ce sont précisément ces groupes qui nous préoccupent le plus, et qui nécessitent une attention particulière. En réalité, certaines personnes et certains groupes auront recours à la violence comme moyen d’atteindre des fins qu’ils croient justifiables. Le phénomène n’est pas nouveau. Prenez par exemple des groupes tels que le Symbionese Liberation Army (EU), le Baader-Meinhof Gang (Allemagne) et la Brigade Rouge (Italie). Alors que le Canada et d’autres pays se concentrent actuellement sur la radicalisation en relation avec les groupes et l’idéologie islamiques, il est clair que les adeptes d’autres idéologies extrêmes ont eu recours et auront recours à la violence. Timothy McVeigh et le bombardement d’un bâtiment fédéral américain au centre-ville d’Oklahoma City en 1995 est un exemple qui vient à l’esprit.(…)

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