Reclus de Monflanquin : « On est sortis avec le RSA »

Charles-Henry et Christine de Védrines comptent démontrer qu’ils étaient insensés quand ils ont vendu leurs biens.

Reclus de Monflanquin : « On est sortis avec le RSA »
Défendu par Me Picotin, le couple de Védrines indique avoir perdu près de 3,2 millions d’euros.© PHOTO

PHOTO ÉMILIE DROUINAUD

 

Durant les dix ans qu’ils ont passés sous la coupe du gourou Thierry Tilly, Charles-Henry et Christine de Védrines n’ont pas simplement perdu le sens commun. Des onze membres de la famille, celle des reclus de Monflanquin, le couple est celui qui, à ses dires, a le plus à déplorer numérairement parlant. Près de 3,2 millions d’euros sur les 5 millions qu’a perdu la famille entière, dont le château de Martel à Monflanquin, propriété des de Védrines depuis plus de quatre siècles.

« On est sortis de ces dix ans avec le RSA », a confirmé, hier, Charles-Henry de Védrines, devant les portes de la chambre commerciale de la cour d’appel d’Agen, qui doit examiner une conséquence civile de cette affaire si incroyable, qu’elle a fasciné les médias du monde entier. En creux, les magistrats agenais devront déterminer si, oui ou non, la manipulation mentale dont ont été victimes les consorts de Védrines doit remettre en question les actes juridiques qu’ils ont signés, alors qu’ils étaient sous l’emprise du gourou. Ainsi Me Picotin, leur avocat, a contesté un jugement rendu par le tribunal de commerce d’Agen, en décembre 2009, alors que les de Védrines étaient encore emprisonnés psychologiquement du côté d’Oxford en Angleterre. Les juges consulaires avaient alors condamné à 40 800 euros les époux de Vedrines pour ne pas avoir respecté le mandat exclusif contracté en janvier 2008 avec un agent immobilier, en vendant vingt jours après le château de Martel « à vil prix » (460 000 euros au lieu des 680 000 estimés) par un autre biais. « Quand le gourou Tilly avait besoin d’argent, il en avait besoin tout de suite », a rappelé Me Picotin qui, devant la cour, a plaidé à titre principal la nullité de l’acte, en raison du « trouble mental » de ses clients à l’époque.

« Engraissé » (…)

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