«Reclus de Monflanquin» : savaient-ils ce qu’ils signaient ?

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Justice – Agen (47) – Nouvelle étape judiciaire

Christine et Charles-Henri de Védrines (ici avec leur avocat Me Picotin) hier au palais de justice d'Agen. Leur livre «Nous n'étions pas armés» (Plon) raconte leur calvaire pendant dix ans./Photo St.B.
Christine et Charles-Henri de Védrines (ici avec leur avocat Me Picotin) hier au palais de justice d’Agen. Leur livre «Nous n’étions pas armés» (Plon) raconte leur calvaire pendant dix ans./Photo St.B.

La condamnation de l’escroc manipulateur Thierry Tilly n’était pas la fin des démêlés judiciaire de la famille De Védrines, autrement appelée celle des «reclus de Monflanquin».

Les magistrats de la cour d’appel d’Agen doivent avant le 17 novembre, date de leur délibéré, répondre à cette question simple : le mandat donné à un agent immobilier par les De Védrines est-il nul parce que signé sous la contrainte psychologique et physique ?

Dix ans de prison

Christine, Charles-Henri de Védrines et neuf autres membres de la famille ont vécu reclus pendant 8 ans (2001-2008) dans le château en question, puis à Talade, dans le canton de Monflanquin toujours, avant de migrer en Angleterre sous la contrainte. Après des années d’enquête, la lumière est faite sur les agissements d’un escroc, Thierry Tilly, et d’un complice. Condamnés par le tribunal correctionnel de Bordeaux une première fois, ils l’ont été avec peine aggravée à dix ans en appel. Pour abus de faiblesse, entre autres.

Ce n’est pas la seule décision judiciaire dans le dossier. En 2009, le tribunal de commerce a condamné le couple à payer 40 000 € à un agent immobilier pour ne pas avoir respecté les termes du contrat les liant. Ils disent avoir découvert les actes notariés à leur retour, après l’exfiltration spectaculaire de 2009. Etaient-ils maîtres d’eux-mêmes en vendant ce château ? En signant ce contrat en 2008, alors qu’ils sont enfermés sur eux-mêmes à Oxford ?

Affaire labyrinthe où s’entremêlent le droit pénal et la manipulation mentale, l’état de suggestion des reclus et les textes réglementaires qui régissent les contrats de vente de biens. Charles-Henri de Védrines témoigne : «Notre propre fils jouait les porte-malettes, sous la contrainte, car on lui disait qu’on allait, nous, être exécutés».

Chemin court(…)

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