RÉFLEXION SUR LES « CRIMES RITUELS » : AU-DELÀ DES ANALYSES SUPERFICIELLES

09 avril 2013 Par Ben MOUBAMBA

RÉFLEXION SUR LES « CRIMES RITUELS » : AU-DELÀ DES ANALYSES SUPERFICIELLES… Pour déconstruire l’anthropophagie politique dominante et son idéologie de la criminabilité.

Par le philosophe et politologue déconstructiviste Grégoire Biyogo.

STOP AUX CRIMES RITUELS AU GABON

L’on s’offusque de la recrudescence des sacrifices et des crimes dits « rituels » autant que de leur impunité. Et les Peuples autant que les partisans des Droits de l’Homme et de la Norme manifestent à juste titre un mécontentement général à l’égard de ce fléau. La Toile s’en est saisie depuis quelque temps, la Rue elle-même en appelle à des marches, à des manifestations d’envergure. Taboue, la question des « crimes rituels » est exposée sur la place publique. Encore faut-il en comprendre les fondations, au-delà des apparences et des lectures simplificatrices. Or, tenter d’y mêler un peu de logique, n’est-ce pas la sortir du flou qui l’entoure et avec lequel on l’aborde ? Car, en faisant venir la pensée rationnelle en ce lieu secret et opaque où elle s’est longtemps installée, et là où l’analyse logique s’est absentée, ne peut-on surmonter avec plus de clarté et de méthode ses esquives, ses confusions, son manichéisme, ses mensonges et la structure institutionnelle qui la commande ? Procédons par propositions et par déductions pour cela :

I-LA PERMANENCE DU CRIME DANS UN PAYS RELÈVE DE CINQ (5) FACTEURS :

1-La démultiplication des Marabouts, Mages et autres Gourous des sectes ésotériques adeptes de la croyance selon laquelle les sacrifices et les crimes rituels constitueraient la solution à l’accès à de hautes fonctions, à la réussite sociale et à la résolution des Maux de l’existence par la capacité qu’ils auraient d’augmenter la Force Vitale de l’individu et donc de recharger sa Puissance explique la permanence du crime rituel dans les sociétés modernes.
2-Le déficit de compétence des Forces de l’ordre (police nationale, gendarmerie nationale) pour attaquer un tel problème qui s’enracine dans la métaphysique des mœurs, dans les systèmes politiques dominants.
3-Ce peut aussi être, et cela est davantage vrai ici, du fait du mot d’ordre de silence imposé aux Forces de l’ordre par les Autorités contrôlant ces sectes et leur organisation pour fausser les pistes ou laisser dans les tiroirs les résultats réels des enquêtes.
5-Cela s’explique enfin par la complicité entre Forces de l’ordre et commanditaires de crimes. Entre Forces de l’ordre et criminels eux-mêmes.
-PREMIERE DEDUCTION : si l’Etat dit de Droit lui-même couvre les crimes commis dans la République par les sectes et les rites partisans des crimes rituels, s’il en couvre les commanditaires, c’est qu’il couvre les véritables crime, s’il fonctionne à partir de ses sectes et de ses rites, c’est qu’il commet lui-même ses crimes, donc qu’il se couvre de ses propres crimes, qu’il ne considère pas comme tels, puisqu’ils sont pour lui des constituants de son existence, de son fonctionnement organique. Ce ne peut-être qu’un Etat favorable aux lois magiques défendant le principe criminel comme un principe supérieur.
-QUESTION : pourquoi en dépit de tous ces crimes l’économie régresse ? La démocratie est obstruée ? Et les institutions stagnent …

II-LA MEME LOGIQUE EST VALABLE AU SUJET DE LA PERMANENCE DE L’IMPUNITE FACE A CE FLEAU.

1-Elle témoigne de l’institutionnalisation des sectes favorables au crime et de l’incompétence du système judiciaire.
2-Elle peut procéder d’un mot d’ordre tacite imposé par les Autorités soutenant ces sectes au système judiciaire.
3-Elle s’explique ainsi par la complicité et l’identité du Système de sectes, du système judiciaire et du système de commanditaires de crimes et du système politique.
4-Elle dévoile la complicité d’un système diversifié, mais identique dans son fonctionnement : l’Etat fondé sur la Force du crime, son impunité, Etat qui crée la société du crime.
5-Société du crime qui, à son paroxysme, ruine le principe de sécurité républicain, où le Peuple est exposé au crime, loi de cette société.
DEUXIEME DEDUCTION : C’EST L’ETAT LUI-MEME QUI EST FONDE SUR LE MODE DU SCRIFICE ET DU CRIME AUXQUELS IL S’EXPOSE TOUJOURS LUI-MEME.

III-INTRODUCTION AU GRAND DEBAT : LA SOCIETE DU CRIME OU LA PREPONDERANCE DE L’IRRATIONNEL SUR LA RATIONALITE CONSTRUCTIVISTE.
1-La veille des élections locales et sénatoriales et des crimes rituels donnés comme moyen magique pour accéder à de hautes fonctions crée l’aggravation des sacrifices et des crimes rituels.
2-Cette croyance est un choix de vie irrationnel qui prétend dénier toute forme d’efficacité à la formation, à la technicité et à la scientificité pour construire l’Etat.
3-Or, celui-ci procède du normatif, et de la Raison.
4-En quoi le maintien de cette idéologie au fondement de l’ETAT, en plus de le maintenir comme Etat de nature, régenté par la criminalité, plus grave, la criminabilité, n’est-il pas aujourd’hui obsolète face à la demande et à l’exigence de technicité et aux défis complexes et nombreux de la réforme économétrique et politologique de l’Etat ?
5-L’un des problèmes essentiels de l’Afrique, et des systèmes comme la Françafrique, « France-à-fric », Mallette-Afrique, telles que décrites par les François-Xavier VERSCHAVE, les Pierre Péan auxquels il convient d’ajouter ce que j’appelle « l’Etat criminable », c’est leur déni de la Norme -rationnelle -, de la transparence de la Raison et des contrats dans le commerce, la Gestion, la coopération, la Réforme, la Gouvernance, au profit de leur adhésion unilatérale à l’opacité souterraine de l’idéologie du sacrifice et du crime rituel, tenue pour supérieure, indépassable. Mais les Peuples, les Résistances rationnelles, normatives, et transparentes, accepteront-ils longtemps encore de faire les frais de de ces Dévoreuses, et de cette anthropophagie politique ?

TROISIÈME DÉDUCTION : LES CRIMES RITUELS DE TOUTES NATURES SERAIENT POURVOYEURS DE FORCE VITALE, DE PUISSANCE, OR CETTE PRÉSUMÉE PUISSANCE SE RETOURNE EN IMPUISSANCE AU SUJET DE LA MODERNISATION DE L’ETAT ET DE LA GESTION DES ECONOMIES NATIONALES AFRICAINES, ILS ONT DONC PRODUIT LA PREUVE DE LEUR AUTO-RÉFUTATION.

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/ben-moubamba/090413/reflexion-sur-les-crimes-rituels-au-dela-des-analyses-superficielles