Rentrée des classes : qu’apprend-on dans une école évangélique ?

Les écoles protestantes évangéliques gagnent du terrain en France. Ces établissements privés, hors contrat avec l’Éducation nationale, jouissent d’une pédagogie plus libre, avec, en son centre, Dieu créateur. Illustration, matière par matière, avec le témoignage de professeurs.

L’agitation de cette rentrée des classes n’épargnera pas la vingtaine d’écoles évangéliques françaises. Éparpillées de la Drôme à la Seine-Saint-Denis, elles attirent sur leurs bancs les enfants de parents déçus de l’Éducation nationale, notamment depuis la polémique sur la théorie du genre, mais aussi ceux de croyants. Même si « la majorité des protestants évangéliques inscrivent leurs enfants dans des écoles publiques, laissant la République faire son travail », temporise Sébastien Fath, spécialiste de ce courant religieux.

Représentant les multiples visages du protestantisme, ces établissements se fondent sur des idées chères à la tradition de la Réforme – chaque enfant constitue un miracle et le travail est un appel de Dieu. Idées auxquelles s’ajoutent certaines influences, venant des États-Unis pour les plus créationnistes d’entre-elles. Si l’État leur impose le respect de l’obligation scolaire, de l’ordre public, des bonnes mœurs et le contrôle pédagogique, leur marge de manœuvre reste vaste. Une liberté dont elles ne sont pas près de s’acquitter : « Sous contrat, il faudrait faire une coupure franche entre les matières classiques et la foi, alors que pour nous, notre religion respire de toute part », témoigne Luc Bussière, président de l’AESPEF (Association des établissements scolaires protestants évangéliques francophones).
Alors, comment s’articulent les programmes ?

Sciences de la vie et de la Terre (SVT)

Dieu est le créateur de toutes choses : tel est le postulat des évangéliques protestants. Le cours de SVT reflète très bien cette idée. Les élèves reçoivent un apprentissage à deux visages. Ils suivent les programmes définis par l’Éducation nationale afin d’acquérir les connaissances requises minimales. Des bases auxquelles s’ajoutent les commentaires et analyses de leurs professeurs à travers le prisme de leur croyance. Ce qui crée parfois des frictions entre foi et sciences, comme sur la question de la Création : « Au lieu de dire que, par le plus grand des hasards, l’homme descend du singe, on enseigne que Dieu nous a fait à son image », témoigne Stéphanie Ruggieri, professeur de SVT dans le collège-lycée drômois du Cèdre (voir « Précisions » ci-dessous). De même, les maladies ne sont pas dues à des facteurs chimiques, biologiques ou psychologiques, mais également liées à la foi : « Les maladies proviennent des droits donnés à Satan, aux origines. C’est l’absence de Dieu qui a fait arriver les péchés », argue-t-elle.

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