Revenu Canada réclame 4,4 M$ à la secte Lev Tahor

Hugo Joncas

HUGO JONCAS

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Tahor families

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Uriel Goldman, président de l’organisme

Après la Protection de la jeunesse et la Sûreté du Québec, le fisc se lance à son tour aux trousses de la secte ultra-orthodoxe juive Lev Tahor.

Revenu Canada vient d’enregistrer une hypothèque légale sur 34 propriétés appartenant à la Société pour le développement spirituel, une organisation contrôlée par les leaders en fuite de la secte. Elles sont toutes situées dans l’ancien fief de Lev Tahor, à Sainte-Agathe-des-Monts dans les Laurentides.

Selon sa fiche d’«organisme de bienfaisance», la Société pour le développement spritiuel a reçu en 2011 près de 4,3 M$ d’un organisme de bienfaisance inconnu. Puis en 2012, elle a tanséféré 3,3 M$ (deux tiers de son actif) à une autre organisation «charitable» enregistrée, Les Amis canadiens des institutions de la Terre sainte.

Joint par notre Bureau d’enquête, le trésorier des Amis, Israël Lowen, a refusé de dire à quoi a servi l’argent, avant de raccrocher.

Selon son dossier, Les Amis a des activités en Israël et octroie des bourses et des récompenses académiques.

Le don que lui a fait Lev Tahor n’apparaît pas dans son dossier à Revenu Canada, puisque aucun des deux organismes n’a mis à jour sa fiche d’organisme de «bienfaisance» pour 2013.

Difficile de dire si ces transactions ont un lien avec la démarche qu’a entreprise le fisc contre Lev Tahor, puisque Revenu Canada a refusé de commenter.

En cavale avec leurs enfants

En novembre 2013, environ 200 membres de la secte ont fui les autorités québécoises. Ses leaders sont soupçonnés de s’être livrés à de la traite de personnes, d’avoir enlevé des enfants, ainsi que d’avoir frappé et drogué ses membres, selon une dénonciation de la Sûreté du Québec.

Les membres de Lev Tahor se sont alors installés en Ontario, avant de fuir à nouveau au Gutaemala. Des juges québécois et ontarien avaient décidé de leur enlever la garde de 14 enfants pour négligence et abus psychologiques.

En août dernier, les membres de Lev Tahor ont dû fuir à nouveau, chassés du village qu’ils habitaient.

Source : Le journal du Quebec