Russie : une secte islamique vivait sous terre depuis 10 ans

Publié le 09.08.2012, 17h27 | Mise à jour : 18h32

 

Les adeptes de la secte vivaient depuis plus de dix ans dans ce bunker aménagé par leur chef spirituel, Faïzrakhman Satarov, 85 ans, dans une maison transformée en mosquée clandestine à Kazan, la capitale du Tatarstan.

Les adeptes de la secte vivaient depuis plus de dix ans dans ce bunker aménagé par leur chef spirituel, Faïzrakhman Satarov, 85 ans, dans une maison transformée en mosquée clandestine à Kazan, la capitale du Tatarstan. | FTV

Ils n’avaient pas vu la lumière du jour depuis dix ans. Une secte islamique d’une soixantaine de personnes, parmi lesquelles 15 enfants, qui faisait vivre ses adeptes dans un bunker souterrain, a été découverte par la police après plus d’une décennie au Tatarstan, république de Russie centrale de tradition musulmane.

«Durant les recherches, nous avons découvert que l’immeuble avait deux étages. <btn_noimpr>

En dessous, il y avait une cave où nous avons découvert que des gens vivaient», a déclaré un inspecteur de police, Raniss Bakhitov, dans une vidéo diffusée sur le site du ministère de l’Intérieur local. «Nous avons établi que près de 60 personnes vivaient là-bas, parmi lesquelles 15 enfants», a-t-il ajouté. Les adeptes de la secte vivaient depuis plus de dix ans dans ce bunker aménagé par leur chef spirituel, Faïzrakhman Satarov, 85 ans, dans une maison transformée en mosquée clandestine à Kazan, la capitale du Tatarstan. Le bunker, construit comme un labyrinthe, est composé de petites cellules d’une surface de six mètres carrés, où «les enfants vivaient dans des conditions insalubres, sans aération», précise le ministère

10 ans sans lien avec le monde extérieur

Faïzrakhman Satarov, qui s’était proclamé prophète en 1964, imposait aux membres de la secte une vie recluse, en leur interdisant de quitter ce refuge sauf urgence, d’envoyer leurs enfants à l’école et de les faire soigner dans des hôpitaux, selon la même source. Les enfants «n’avaient pas de contacts avec le monde extérieur, ne sont pas allés à l’école, ils ne sont pas allés dans des institutions médicales, ce qui constitue la pire des violations du droit des enfants», a martelé le ministère. Vu leur état, tous les enfants ont dû être hospitalisés, selon la même source.

Faïzrakhman Satarov avait acquis cette demeure où «tous les membres de la secte avaient progressivement emménagé pour y vivre en permanence» à partir de 1996, a précisé cette même source. Les autorités n’ont fourni aucune explication permettant de comprendre comment cette secte a pu exister pendant plus de dix ans sans jamais attirer l’attention de la police.

Des enquêtes pénales visant Satarov, ainsi que des membres de cette secte accusés de négliger leurs responsabilités parentales, ont été ouvertes, ajoute le ministère.