Scientologie, un fauteuil à Hollywood

Par Adèle SmithPublié le 07/02/2013 à 16:31
L'Église de Scientologie de Los Angeles, dernière succursale d'Hollywood?
L’Église de Scientologie de Los Angeles, dernière succursale d’Hollywood?

Un nouveau livre publié aux États-Unis explore la relation entre l’Église de Scientologie et l’industrie du cinéma américain.

Dans Going Clear: Scientology, Hollywood and the Prison of Belief, le journaliste d’investigation Lawrence Wright dresse un portrait accablant de la scientologie. Il explore l’histoire de l’Église à travers le parcours de son controversé fondateur L. Ron. Hubbard, la relation entre Tom Cruise et son leader actuel, David Miscavige, tortionnaire à ses heures. Il révèle aussi les témoignages d’anciens membres soumis aux pires humiliations, dénonce l’exploitation d’enfants et explique la prise au piège de John Travolta.

L’auteur, qui avait déjà publié en 2011 un long portrait dans le New Yorker de l’un des transfuges les plus célèbres de la secte, le réalisateur et scénariste Paul Haggis (Million Dollar Baby), dit avoir reçu plusieurs menaces de poursuites. L’Église de Scientologie juge son livre «si ridicule» qu’il appartient selon elle «au rayon presse de caniveau des supermarchés» mais il est pourtant salué par la critique.

Hollywood, garantie de légitimité

Lawrence Wright, fasciné par les sociétés secrètes, a rencontré plus de 250 personnes, dont d’anciens et actuels membres de la secte. Une longue partie est consacrée à son fondateur L. R. Hubbard, dont il est persuadé, contrairement à d’autres, qu’il n’était pas un escroc, mais croyait vraiment à ce qu’il disait, même lorsqu’il s’inventait des blessures de guerre et des scénarii imaginaires.

Faute de pouvoir réaliser son rêve de devenir scénariste à Hollywood, Hubbard aurait décidé d’infiltrer l’industrie du cinéma en créant sur place son église (pour faire de l’argent), puis un centre de célébrités. Hollywood était et reste considéré par l’Église comme sa meilleure garantie de légitimité.

«Sans Tom Cruise, Kirsty Alley et John Travolta, la Scientologie ne serait pas aussi connue», souligne Wright. La mystique de la secte, qui joue la carte de l’élitisme entre ses propres stars, repose ainsi essentiellement sur celles qui en font partie. Considérée par certains jeunes talents comme un tremplin vers Hollywood, elle attire aujourd’hui une nouvelle génération d’acteurs comme Giovanni Ribisi (Friends, Avatar).

John Travolta pris en otage

Les célébrités bénéficient d’un statut privilégié et ne seraient pas soumis aux mêmes vicissitudes que les simples membres. Mais selon Wright, l’Église qui accumule d’épais dossiers sur ses acteurs, garderait John Travolta en otage en le menaçant de révéler son homosexualité (objet de toutes les spéculations sur internet). Accusé par d’anciens membres de brutalités physiques, David Miscavige exigerait de proches de haut rang qu’ils saluent ses chiens et aurait forcé l’un d’entre eux à nettoyerle sol d’une salle de bain avec sa langue.

S’il a Travolta dans le collimateur, le leader de la secte a bâti, en revanche, une solide amitié avec Tom Cruise, au point de le considérer comme numéro 2 de l’Église. «Le plus inquiétant à mes yeux» expliquait récemment Lawrence Wright dans une interview est «l’exploitation des enfants», recrutés dès 6 ans dans l’organisation Sea Org. «Ils travaillent pour 50 dollars par semaine et sont complètement coupés du monde». Alors que les langues se délient de plus en plus, l’une d’entre eux, qui n’est autre que la nièce de Miscavige, (Jenna) publie à son tour des mémoires accablantes sur l’Église en février. Et une vingtaine de procès pour fraude se profilent à l’horizon. Un a déjà été intenté par un couple de Californie.

Source : http://www.lefigaro.fr/livres/2013/02/07/03005-20130207ARTFIG00590-scientologie-un-fauteuil-a-hollywood.php

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