Secte Lev Tahor: l’ordonnance d’urgence est annulée

15 avril 2014 | La Presse canadienne | Justice
Des enfants de la secte juive ultra-orthodoxe Lev Tahor.
Photo : Associated Press Dave ChidleyDes enfants de la secte juive ultra-orthodoxe Lev Tahor.
Chatham, Ontario — Une juge de l’Ontario a déterminé, lundi, qu’un groupe d’enfants issus de la secte juive ultra-orthodoxe Lev Tahor ne devait pas être renvoyé au Québec, mais elle affirme cependant avoir de « graves » inquiétudes quant au bien-être de ceux-ci.

La magistrate Lynda Templeton a ainsi renversé une précédente décision judiciaire ordonnant que les 13 enfants de Lev Tahor soient confiés à des familles d’accueil du Québec, que le groupe a fui l’an dernier alors qu’il faisait l’objet d’une enquête de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

En vertu de la décision rendue lundi, les services de protection de l’enfance de Chatham, en Ontario, continueront donc d’enquêter sur les familles de la secte, et le dossier sera transféré à une cour provinciale pour déterminer si les enfants ont besoin d’être protégés.

Sept de ces enfants ont été placés en famille d’accueil, le mois dernier, après que la juge Templeton eut émis une ordonnance d’urgence parce les familles avaient fui le pays en prévision de l’audience d’appel de la cause, tandis que les six autres enfants se trouveraient toujours au Guatemala.

Dans sa décision, la juge écrit que de chambouler encore davantage la vie des enfants en les renvoyant au Québec aurait des conséquences émotionnelles «désastreuses», et qu’ils ne devraient pas subir les conséquences des gestes de leurs parents.

Allégations non prouvées

Les allégations portées contre la secte — dont des mariages entre mineurs, un manque d’éducation et des craintes concernant l’hygiène — n’ont pas été prouvées en cour, souligne la juge Templeton, mais créent «de vives craintes à propos de la santé et du bien-être de ces enfants et de leur protection».

«Les circonstances de cette affaire soulèvent la question de savoir si la communauté à laquelle appartiennent les défendeurs vise à se perpétuer en supprimant ou en limitant l’exercice de la pensée critique chez ses enfants», a écrit la juge.

«Il y a également des preuves déposées en cour indiquant qu’une ou plusieurs adolescentes de moins de 16 ans ont été mariées lors d’une cérémonie autorisée ou dirigée par une personne considérée comme un leader religieux de la communauté.»

Des porte-parole de la secte ont nié les allégations d’abus et de mariage entre mineurs, mais reconnaissent que les enfants ont reçu une éducation religieuse.

Fuite(…)