Sectes et djihadistes emploieraient les mêmes méthodes de recrutement

 

Jean-Claude Dubois, vice-président national du Centre contre les manipulations mentales (CCMM) et président du Centre-Val de Loire - Virginie Mayet

Jean-Claude Dubois, vice-président national du Centre contre les manipulations mentales (CCMM) et président du Centre-Val de Loire – Virginie Mayet

Le Berrichon Jean-Claude Dubois, vice-président national du Centre contre les manipulations mentales (CCMM) et président du Centre-Val de Loire, explique en quoi les djihadistes utilisent les mêmes méthodes que les sectes pour recruter des jeunes gens.

Au CCMM, vous vouliez tirer la sonnette d’alarme après les attentats terroristes ? Oui, on souhaite attirer l’attention sur deux points. Tout d’abord, ce qui se passe au niveau du djihad relève bien des pratiques sectaires.

Pourquoi ? Parce qu’il y a rupture avec la vie antérieure et la famille. Ce n’est pas propre à l’islam radical, mais c’est bien un point que l’on retrouve dans toute dérive sectaire. Ensuite, les djihadistes, comme d’autres groupuscules, font de l’entrisme, c’est-à-dire qu’ils placent des gens à des endroits stratégiques, avec l’idée de mettre en œuvre des projets. Toutes ces mouvances sectaires ont un point commun : mettre en l’air la démocratie pour proposer une théocratie, avec une entité supérieure. Aujourd’hui, bon nombre de ces mouvements se déclarent NMR, nouveaux mouvements religieux?; ils entendent ainsi profiter de la réputation des religions.

Comment opèrent les djihadistes ? Leur force est de repérer des jeunes qui sont en marge, qui se sentent dévalorisés. Et l’individualisme de la société n’est pas sans impact. Ils instaurent une « coupure », une rupture avec la société. Pour ce faire, ils jouent sur la séduction via Internet ou à travers une personne qui va vous approcher puis vous charmer afin de vous faire entrer dans un groupe. Quand on reçoit quelqu’un, une famille, on procède à une analyse selon plusieurs critères. Manipulation, mise sous emprise et surtout état de rupture sont analysés.

Dans ce cas, pourquoi n’a-t-on pas entendu parler de « dérives sectaires » plus tôt ? Parce que les spécialistes et les associations ne sont pas entendus. Les circulaires ne sont pas appliquées. Pourtant, il y a trois, quatre ans, l’action du CCMM a permis d’éviter le départ de jeunes pour le djihad. Dans le Cher, la préfecture a commencé à s’investir.

Pouvez-vous donner un exemple concret ? Avez-vous déjà été sollicité ?(…)

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