Sept ans de réflexion pour le grand-père violeur

PUBLIÉ LE 08/06/2013

Par TONY POULAIN

| COUR D’ASSISES DE LA SOMME |

Les experts estimaient qu’il n’avait pas « pris conscience de ses actes » : un Péronnais de 77 ans part en prison pour avoir abusé de ses petites-filles.

L'accusé a quitté cette salle entouré de deux policiers pour rejoindre la maison d'arrêt d'Amiens, hier après-midi.

Dans huit jours précisément, il aurait pu célébrer la fête des pères. Avec six enfants et dix-sept petits-enfants, il aurait fallu pousser les murs de la petite maison de Péronne. Sa femme aurait fait des tartes et cuit un poulet… À la place, hier matin, elle lui a préparé une petite valise puisque le soir même, il passait sa première nuit en prison. À presque

78 ans, cet homme encore solide, regard froid derrière des lunettes cerclées de fer, a été condamné à sept ans d’emprisonnement pour avoir agressé sexuellement et violé plusieurs de ses petites filles, entre 1988 et 1996.

« Ce n’est pas de la faute des victimes si l’on juge un vieil homme, mais bien parce qu’il a tout fait pour les empêcher de parler », avait prévenu, jeudi, l’avocat des parties civiles, Pascal Duriez. De fait, chaque enfant a porté le poids de la salissure pendant des années, persuadée qu’elle était la seule dans son cas, jusqu’à ce qu’en 2010, les plus vieilles réalisent que des petites étaient encore victimes et décident d’aller frapper à la porte de la gendarmerie. Leurs témoignages sont accablants.

« Toute mon admiration »

Deux sœurs décrivent une scène sordide : le papy assis entre elles sur le canapé, embrassant à pleine bouche l’une, glissant la main dans la culotte de l’autre.

Avant, elles ont vécu dix ans de calvaire. Après, ce ne fut guère mieux. ,« Vous avez toute mon admiration, a confié hier l’avocate générale Clémence Peyrou, dont le réquisitoire allia humanité et précision. On vous a reproché l’explosion de la famille, l’appât du gain, on a dit que vous en rajoutiez, peut-être même que vous l’aviez un peu cherché. Votre famille, au contraire, peut vous remercier. Elle va enfin pouvoir arrêter le cycle. » […]

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