Société.Fin du monde le 21 décembre 2012 : la bonne affaire des sectes

Publié le 20/10/2012 à 11:58

Mis à jour il y a environ 2 heures

Certains l’ont fixée au 21 décembre 2012, selon une interprétation du calendrier maya, mais pour d’autres l’apocalypse ne surviendra que dans 72 milliards de milliards de milliards d’années. A quand donc cette 183ème fin du monde annoncée depuis la chute de l’Empire Romain il y a quelque 1 600 ans (soit plus d’une tous les dix ans) et qui, dans le catastrophisme ambiant, fait l’affaire de nombreux groupes sectaires?

2012, le film de Roland Emmerich sorti en 1009

2012, le film de Roland Emmerich sorti en 1009

Face à l’imminence annoncée – et amplifiée sur internet – d’un cataclysme qui engloutirait le monde d’ici deux mois, une véritable industrie est apparue pour satisfaire la demande des «preppers» (les «préparés» ou «survivalistes »).
Rien, scientifiquement, ne corrobore les prophéties New Age de l’Américain José Argüelles, selon lesquelles des «Mayas galactiques», viendraient en 2012 des étoiles, pour sauver 144 000 terriens évolués à bord de leurs vaisseaux.
Rien non plus, chez les astronomes, qui crédite les thèses alarmistes du Guatémaltèque Carlos Barrios, fondées sur une interprétation du calendrier de ses ancêtres mayas qui ferait du 21 décembre le dernier jour de notre vie.

Mais, aux Etats-Unis, en Russie, en Espagne ou en France (en Dordogne ou à Bugarach, dans l’Aude), des sectes ufologistes (qui analysent et interprètent les données concernant le phénomène OVNI) se préparent au pire. Location de bunkers, vente sur internet de kits de survie (135 euros les 72 heures, pour 4 personnes), stockage d’eau, de rations lyophilisées.
Certains consultent fébrilement les «Survivalist’s How to», manuels des futurs survivants: comment attraper un poulet encore vivant, le plumer, le vider et allumer le feu pour le faire cuire, au cas où on se retrouverait seul dans la nature?
Dans son ouvrage, «Apocalypse, menace imminente?» (Calmann-Lévy), Georges Fenech, jusqu’à récemment président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) en témoigne.

«Exploitation de la peur» 
«La société californienne Vivos s’est attelée à la construction de vingt bunkers pouvant abriter deux cents personnes, chacun avec réserves de nourriture pour une année. La place est vendue 50 000 dollars», écrit-il. D’autres ont aménagé des silos.
En Espagne, «El grupo de supervivencia Espana 2012» a prévu deux bunkers, dans la Sierra de Madrid et la Sierra Nevada (Andalousie) et, en Pologne, la Mission du Pharaon se prépare au «Sauvetage de la Terre et de l’Homme 2012».

Au sein de la secte italienne «Non siamo soli» (nous ne sommes pas seuls), particulièrement surveillée, Giorgio Bongiovanni prophétise pêle-mêle la venue de l’Antéchrist et des extra-terrestres.
Le week-end dernier, la Fédération européenne des centres de recherche et d’information sur le sectarisme (Fécris) organisait un colloque international à Perpignan (Pyrénées-Orientales) sur les «utopies des sectes apocalyptiques».

«L’exploitation de la peur est l’un des procédés les plus efficaces utilisés par les gourous pour attirer leurs proies», a rappelé Serge Blisko, nouveau président de la Miviludes, à l’adresse de 150 participants venus de 20 pays, dont les Etats-Unis, le Canada et l’Afrique du Sud.
«On nous prend parfois pour des alarmistes, mais le monde a connu plusieurs vagues de suicides à la suite de prophéties apocalyptiques. Manipulés par des gourous, des individus ou des micro-groupes peuvent brutalement décompenser psychologiquement et passer à l’acte. D’où notre devoir de vigilance», a-t-il ajouté.

Selon Sandrine Mathen, psychologue et analyste belge, «le phénomène 2012 a pris une telle ampleur aux Etats-Unis, que l’Agence spatiale américaine (NASA) a développé un site commentant de façon critique quantités de rumeurs et craintes partagées par les internautes».
Alors que le compte à rebours s’égrène – plus que deux mois avant la date fatidique -, un épigraphiste texan de renom, David Stuart, a annoncé la bonne nouvelle, après s’être penché sur le calendrier maya: la fin du monde n’interviendrait que dans 72 milliards de milliards de milliards d’années.

Source : http://www.leprogres.fr/france-monde/2012/10/20/fin-du-monde-le-21-decembre-2012