Sukyo Mahikari : Les hommes de l’Empereur (2/2)

« Je me rachèterai pour elle et pour Dieu d’une autre façon. Ma maladresse devant elle était impardonnable. » Je pensais tristement à la manière dont j’avais gâché ma brève rencontre avec le représentant de Dieu. Me sentant très honteux de ma performance, je suivis le reste du groupe qui attendait le car pour quitter l’hôtel. « Avez-vous vu ses yeux ? » « J’ai commencé à transpirer dès qu’elle m’a touché ! » « Ma vie ne sera plus jamais la même. » « Je ne me laverais plus jamais la main. » « Je pouvais sentir ses yeux regarder profondément en moi, » étaient des commentaires typiques échangés sur un ton excité par tout le monde dans le car.

Je choisis de rester silencieux et de seulement écouter. Je n’étais pas content de ma performance. Lorsque le moment crucial fut venu, tout ce que j’ai pu faire, c’était de rater une salutation japonaise simple et tant répétée. Dieu me le pardonnera-t-il ?

Miséricordieusement, au cours des deux jours suivants, mon sentiment de médiocrité commença à s’atténuer tandis que nous profitions des excursions et d’une grande variété des plaisirs japonais traditionnels.

L’automne est une magnifique saison au Japon. La chaleur de l’été était terminée et les arbres avaient commencé à changer de couleur dans les teintes les plus délicates de brun, de rouge et de doré. Un ciel bleu azur était aussi typique de cette saison de l’année. Faire du lèche-vitrines était un vrai plaisir, car un de nos dollars australiens valait 403 yen !

« Demain, pour ceux qui ont rempli les conditions, le cours supérieur commencera. Veuillez vous préparer et réfléchissez à la protection que vous recevez. Dieu va vous permettre d’entendre les enseignements secrets qui n’ont jamais été révélés aux hommes jusqu’à présent. Ces secrets ont été révélés à notre sauveur et, dès demain, ils vous seront transmis.

Bien sûr, Dieu vous observera très minutieusement à partir de maintenant et attendra davantage de vous, j’espère donc que vous répondrez à ses attentes. Les enseignements secrets vous permettront plus facilement de vous élever spirituellement, mais rappelez-vous, plus vous vous élevez, plus vous pouvez tomber de haut, » avertit Maître Tanaka. « Ce cours supérieur ne s’adresse qu’aux étrangers et se tient une fois pas an, uniquement au Japon, » conclut Maître Tanaka, satisfait qu’enfin, Dieu allait permettre une merveilleuse expansion dans la région australienne.

Le matin suivant, environ 200 membres étrangers de Mahikari, dont Wendy et moi, étions assis dans une salle louée quelque part dans la ville basse de Tokyo attendant le début du cours supérieur.

« Bonjour à tous, mon nom est Maître Watanabe. Je suis le seul responsable à qui notre sauveur a transmis la responsabilité de donner ces secrets divins. Commençons par les prières, » nous traduisit-on dans nos casques multilingues. « Pendant les quatre prochains jours, vous allez entendre des enseignements incroyables. Vous pourrez douter de certaines choses que vous entendrez, mais beaucoup d’entre vous avaient les mêmes doutes lorsque vous avez assisté pour la première fois au cours élémentaire. Rappelez-vous que ces doutes se sont transformés en vérités divines après vos expériences, » expliqua le Maître Watanabe. « Pouvons-nous commencer ? ». Il continua ensuite en ouvrant ses textes divins et commença à lire.

Au début, la majeure partie de ce que Maître Watanabe disait était une confirmation de ce que nous avions déjà entendu et vécu. Surtout en ce qui concerne le problème omniprésent des perturbations d’esprit et de ses multiples formes et manifestations. Le Japon est le pays de l’origine de l’esprit humain. C’est là que les humains sont apparus pour la première fois sur terre, c’est le Jardin d’Eden dont parle la Bible. C’est du Japon que les hommes et leur culture se sont répandus dans le monde. A cette époque, Dieu gouvernait directement l’homme et il y avait toujours un Dieu incarné qui vivait parmi les humains, ici au Japon et qui contrôlait tout. Bien sûr, ce Dieu incarné eut des descendants comme les humains. Ces descendants étaient des Dieux et gouvernaient les hommes . C’est là l’origine de la dynastie de l’actuel empereur du Japon. Donc, en dépit de ce que l’on peut penser, l’empereur est divin, encore de nos jours. Comme il s’agit du pays de l’empereur et de l’origine des hommes, les japonais ont reçu une mission spéciale pour sauver le monde, même si beaucoup d’entre eux peuvent même ne pas le savoir. C’est pourquoi Mahikari est né ici et pourquoi notre sauveur est japonais. Ne pensez donc pas que je suis nationaliste, ces révélations viennent de Dieu. Dans la Bible, il est dit que ‘la lumière vient de l’Orient’, la lumière spéciale ou la puissance de l’esprit divin qui vous a été transmise vient de l’Orient, du Japon. Comme la culture humaine prit naissance ici, toutes les langues et toutes les formes d’écriture ont leur origine ici. En fait, la langue japonaise dérive directement de la langue des Dieux. Il fut révélé à notre sauveur que le Japon est le berceau de toutes les grandes religions. Il est donc naturel que, à l’aube de la nouvelle civilisation sacrée, Mahikari commence ici et s’étende dans le monde. Par exemple, dans ce cours, il y a 220 membres venant d’au moins 20 pays. Il y a des membres de Mahikari dans presque tous les pays de la terre. Etant donné que le Japon est le berceau de toutes les religions, spirituellement vous avez été amené ici pour apprendre ces secrets divins, car vous avez une relation spirituelle spéciale avec le Japon. Jésus, Moïse, Bouddha et d’autres grands hommes sont aussi venus ici, où ils ont étudié les secrets divins jusqu’à leur retour dans leurs propres pays pour répandre ces vérités. Moïse et Jésus sont morts et sont enterrés ici. Peut-être que si vous avez le temps avant de retourner chez vous, vous pourrez voir leurs tombes.

« Nous admirons tous les merveilleuses pyramides d’Egypte, d’Amérique Centrale et du Sud. Notre sauveur a appris que les pyramides trouvent leur origine ici. Comme elles sont bien plus anciennes que celles d’Egypte et ailleurs, leurs ruines sont bien plus difficiles à trouver ou à reconnaître. Ainsi, vous pouvez commencer à comprendre pourquoi le Japon est un pays sacré si important et pourquoi nous honorons et vénérons notre empereur comme nous le faisons. » Maître Watanabe fit une pause pendant un moment pour s’éclaircir la gorge et boire un peu d’eau.

« Mon Dieu, c’est vrai ! J’ai été amené mystérieusement dans ce pays. La puissance de la lumière vient d’ici ! » Même si mon esprit était ébranlé par toutes ces informations saisissantes, je fus stupéfait de voir qu’il n’y avait plus de conflit mental interne. Maître Watanabe était prêt à continuer, mais, avant, il lança un regard à l’assistance pour jauger de la façon dont nous digérions ces révélations ahurissantes.

« Vous pouvez voir à présent pourquoi vous deviez mériter le privilège d’assister à ce cours supérieur. D’abord, vous deviez être préparés spirituellement en accumulant de nombreuses expériences par la lumière. Il vous a probablement fallu plusieurs années. » Maître Watanabe commença alors à faire référence à son texte une fois de plus et continua à lire les révélations. « Comme la plupart d’entre vous sont probablement chrétiens, je voudrais vous expliquer un peu la vie de Jésus-Christ. Etant donné qu’il était une personne très évoluée, la loi universelle du karma ne lui aurait pas permis d’être crucifié. Son frère est mort sur la croix à sa place. Ce stratagème permit à Jésus de s’échapper, il partit pour le Japon où il se maria et eut des enfants. Il mourut à l’âge respectable de 106 ans près du village de Herai dans l’extrême-nord de la principale île du Japon, Honshu. Il est triste de penser que les chrétiens croient qu’ils sont sauvés par la crucifixion, car, en réalité, il n’a jamais été crucifié. Nous devons prendre conscience que seul Mahikari peut sauver les hommes de leurs péchés. Notre sauveur était une personne vraiment remarquable et sa fille Keishu lui a succédé dans sa mission. »

« Il y a des milliers d’années, Dieu a choisi Moïse pour conduire les Juifs hors d’Egypte vers la terre promise d’Israël. Dieu a souhaité que les Juifs établissent une civilisation supérieure puissante tant spirituellement que matériellement. Leur civilisation devait être un merveilleux exemple pour le reste du monde. Afin qu’ils évoluent spirituellement, Moïse reçut les commandements gravés sur des tablettes de pierre sur le Mont Sinaï. C’était les lois de Dieu que les Juifs devaient suivre. Dieu conclut également une alliance avec Moïse pour construire un temple consacré au Dieu Jéhovah. Comme il devait encore faire face à des temps troublés, Moïse ne put construire le temple, mais les Juifs honorèrent, respectèrent les tables de la loi et en prirent soin. Vous pouvez lire cette histoire dans la Bible. Cet épisode y est clairement expliqué. Où qu’ils allaient, les Juifs emmenaient les tables de la loi dans une boîte spéciale appelé Arche d’Alliance. Seuls de hauts prêtres étaient autorisés à s’approcher de l’Arche, car elle possédait une puissance incroyable et mystérieuse. Si quelqu’un désobéissait à ces instructions, il serait tué instantanément par Dieu. Tout cela se trouve dans la Bible, consultez-la donc quand vous rentrerez chez vous. Comme les Juifs étaient les gardiens de cet objet sacré, ils reçurent d’incroyables protections et bénédictions. Moïse mourut avant de pouvoir construire le temple, Dieu ordonna donc à David, son fils, de construire le temple le plus rapidement possible. Hélas, David était très accaparé pas divers combats et guerres essayant d’unir Israël, ce qui l’empêcha de construire le temple. Enfin, le fils de David, Salomon, reçut une grande richesse et une grande puissance pour pouvoir réaliser l’alliance avec Dieu et construire le temple d’or de Dieu. L’Arche d’Alliance était conservée religieusement dans le saint des saints du temple de Dieu. Dieu avait promis à Moïse et aux Juifs que s’ils maintenaient l’alliance avec lui, ils prospéreraient éternellement, ce qui entraînerait ensuite la prospérité de toute l’humanité.

« Hélas pour l’humanité, Salomon et les Juifs permirent l’utilisation du temple pour la vénération d’autres dieux. Ils méprisèrent les lois de Dieu et finalement le temple s’écroula et fut détruit. Ils avaient laissé tomber Dieu et l’humanité. L’alliance était rompue, ce qui invoqua le courroux de Dieu. »

« Vous comprenez à présent la raison pour laquelle Dieu a permis aux Nazis de persécuter les Juifs au cours de la deuxième guerre mondiale. C’était la volonté de Dieu. Si on pense d’un point de vue physique, on peut croire que ce que les Nazis ont fait aux Juifs est terrible, mais d’un point de vue spirituel, Dieu a utilisé les Nazis pour réaliser sa volonté. » Une fois encore, Maître Watanabe fit une pause, puis se dirigea vers le tableau prêt à écrire quelque chose. Entre-temps, cette courte pause me permit de stocker ces révélations extraordinaires dans des compartiments de mon esprit qui n’étaient pas encore envahis par ces nouvelles informations déconcertantes. « Enregistrons-les simplement maintenant et revenons-y plus tard, » pensais-je.

Maître Watanabe était prêt à recommencer. « Pour vous aider à étudier ce sujet en détail plus tard, je vais écrire au tableau quelques références de la Bible. Prenez-en note pour revenir plus tard sur la construction, puis la destruction du temple. »

2 Chroniques 6:1-2. 2 Chroniques 2:4.

1 Chroniques 28:8-11. 2 Chroniques 6:16.

1 Rois 11:4-8.

« Les références suivantes concernent la lumière venant de l’Orient. L’Orient signifiant le Japon. Genèse 3 :24, Job 38 :24, Isaï 41 :2, Ezéchiel 43 :1, Osée 13 :15 ; Mathieu 3 :1-2. »

« Voilà ce dont j’avais besoin, des preuves et tout est dans la Bible. Dieu me guide pas à pas, » pensais-je et je décidais d’étudier ces passages le soir de retour à l’hôtel.

Maître Watanabe continua. « A présent, examinons la mission donnée à notre sauveur et à l’organisation de Mahikari. Dieu veut que l’humanité connaisse le bonheur et prospère éternellement. Dans sa grande miséricorde, il a décidé une nouvelle tentative. Cette fois, Dieu a révélé que le temple devait être créé au Japon, le pays des Dieux. Une fois le temple construit, Dieu accordera à cette organisation une protection, des mécanismes et une puissance inimaginables. Le temple sera la fondation du salut du monde. Les perturbations d’esprit disparaîtront et l’humanité pourra vivre en paix et en harmonie. Il s’agit d’une tâche urgente, car la patience de Dieu a presque atteint ses limites et le jour du jugement dernier approche rapidement. Si nous ne réalisons pas le temple à temps, toute l’humanité sera condamnée et nous aurons échoué dans notre mission comme les Juifs aux temps de Salomon. Même si les Juifs ont échoué dans leur mission de garder le temple selon la volonté de Dieu, les rescapés de leur race ont pu continuer à vivre. Mais si nous échouons cette fois, il n’y aura aucun survivants. Le sort de toute l’humanité est entre nos mains. D’autre part, ceux parmi nous qui ont joué des rôles importants dans sa construction, seront récompensés au-delà de toute imagination. Du temple de Dieu, la lumière du salut du monde rayonnera pour sauver toute l’humanité. »

Lorsque vous retournerez chez vous, transmettez ce message à tous les membres et encouragez-les à se consacrer du plus profond de leur coeur à cette mission cruciale. Je ne peux qu’insister sur l’importance de cette mission. Une fois remplie, la terre commencera à connaître de nouveau les conditions du Jardin d’Eden. Comme le Japon était à l’origine le Jardin d’Eden, Dieu prévoit de commencer d’abord ici. »

« Notre sauveur monta dans le monde des esprits divins en 1974, d’où il dirige l’établissement du Jardin d’Eden ici sur terre. Keishu a hérité de cette alliance dans le monde physique et travaille jour et nuit à cet accomplissement. Certaines nuits, elle ne dort même pas, car elle est trop occupée. J’espère que vous pourrez tous vous consacrer à cette mission comme Keishu le fait. » Je commençais à avoir des sueurs froides. Une fois encore, mon esprit se battait avec moi-même. « L’idée d’être un élu était magnifique, mais que se passerait-il si nous échouions ? Est-ce que je voulais être en partie responsable de la condamnation de l’humanité ? Qu’en pensaient Wendy et les autres ? Ils semblaient si à l’aise. Peut-être était-ce juste moi ? Il fallait convenir que nous avions tous reçu une puissance incroyable que personne parmi nous n’avait encore possédée. Ce que nous avions appris au cours élémentaire était peu à peu devenu réalité. Les références bibliques étaient là. Peut-être que Dieu me montrera le chemin ? », pensais-je pour me réconforter.

Maître Watanabe continua en tenant quelque chose dans sa main. « Voici une photo des tables de l’Arche d’Alliance. Vous pouvez voir des inscriptions anciennes dessus. Ce sont les commandements donnés à Moïse sur le Mont Sinaï. Par une série de mystérieux mécanismes divins, il fut révélé à notre sauveur où elles sont gardées. Elles sont rangées parmi d’autres documents et objets anciens dans les archives du Grand Sanctuaire des Ancêtres de l’empereur. J’espère que vous pourrez tous visiter ce sanctuaire avant de retourner chez vous, car c’est là que l’empereur prie à certaines occasions spéciales. Je vais à présent écrire au tableau certaines références bibliques sur notre mission de construire le temple de Dieu. » continua Maître Watanabe.

Michée 4 :1-2, Isaï 2 :2-3 ; Mathieu 24 :27.

« Veuillez étudier ces passages plus tard. Vous trouverez bien d’autres passages similaires, surtout dans l’Ancien Testament. »

Je commençais à me sentir un peu plus détendu sur tous les sujets. « Je suis sûr que nous n’échouerons pas dans notre mission. Je vais penser positivement et faire de mon mieux. Au moins, nous allons nous battre comme de vrais amis sacrés, » me consolais-je. Après que Maître Watanabe eut fini d’écrire les références bibliques sur le tableau, il continua sur d’autres révélations. Cette fois, avec un large sourire.

« Bien sûr, trouver des graines parmi nos amis est une façon de contribuer à notre mission, une autre façon est de donner naissance à de nombreuses graines. Ce qui rend vraiment Dieu heureux et vous permet de servir Dieu même en faisant l’amour. » Un petit rire nous parcourut. Avant que le silence total ne revint, il continua. « La raison pour laquelle le contrôle de la natalité est un péché si grave est qu’il interfère avec le programme de Dieu. Si vous pratiquez le contrôle de la natalité, Dieu permettra à l’esprit de l’enfant non encore né, qui a des difficultés à s’incarner dans ce monde, de vous posséder et de vous perturber. Servez simplement Dieu du mieux que vous le pouvez et laissez tout entre ses mains. Dieu prendra soin de tout. » Maître Watanabe continua à nous enseigner plus de détails sur la hiérarchie divine en écrivant au tableau certains noms des différentes divinités supérieures. Par exemple, AMAHAJIME-AMANASHIRANUSHI-OKAMI-MIHIKARI-NO-KAMI est un Dieu de la cinquième génération de la sixième dimension tandis que HIDAMA-AMAMIHKARI-OHINAKA-KIOHI-OKAMI-TERUHI-OKAMI habite dans la cinquième dimension et est un Dieu du soleil.

A la fin du quatrième jour, tout vestige de rébellion interne avait été complètement et absolument anéanti. Aussi ahurissant et provocant que pouvait être un enseignement divin, mon esprit pouvait l’accepter. L’auto-préservation exigeait à présent que mon esprit absorbe et accepte. J’étais allé trop loin et j’en savais trop. C’était trop loin pour tomber, et il n’y avait pas de retour en arrière possible. Toute rébellion de ma part ouvrirait inévitablement la porte à des perturbations d’esprit instantanées et mortelles. Les forces du mal venues du monde invisible étaient une réalité et les membres comme moi étaient à présent leurs plus farouches opposants. Le moindre faux pas et ce serait la fin.

Lors de nos soirées au Japon, Wendy et moi discutions pour organiser comment nous pouvions changer nos habitudes de vie et nos activités pour mieux répondre aux attentes de Dieu. Pour commencer, nous allions réécrire convenablement les gribouillis qui tenaient lieu de notes du cours élémentaire pendant que nous étions toujours au Japon. Nous fûmes surpris de nous rendre compte combien nous avions oublié. Je ne pouvais même pas me rappeler ce qui avait été dit sur le complot des francs-maçons pour la suprématie mondiale ou la signification des symboles de la croix de feu, la svastika.

CHAPITRE 4

La construction du temple de Dieu constituait à présent notre objectif principal. Des séances d’étude hebdomadaire se tenaient à Canberra et dans tous les nouveaux centres en Australie. L’absentéisme était suivi d’une guidance appropriée en ce qui concerne ce rôle fantastique et des conséquences en cas d’échec. Les livres de présence quotidiens de tous les centres étaient alors examinés plus minutieusement. Une enveloppe d’offrande spéciale avait été imprimée uniquement pour le temple de Dieu et des séances régulières de prières étaient organisées. Les cours commençaient maintenant à insister sur l’urgence de notre mission et se tenaient en Malaisie, en Nouvelle-Zélande, à Singapour, aux Philippines et en Nouvelle-Guinée. Mahikari s’était répandu dans ces pays surtout par l’intermédiaire d’amis et de parents de membres australiens. Maître Grant Thompson visitait fréquemment ces pays pour y tenir des cours et d’autres séances d’études, tandis qu’en Inde, au Sri Lanka, à Taïwan et en Afrique du Sud, des noyaux s’établissaient en vue de futurs cours.

Il ne fallut pas longtemps pour que les fruits de ce prêche insistant ne commencent à mûrir. L’argent des offrandes pour le temple, qui au départ n’était qu’un petit ruisseau, commença à couler comme une grosse rivière, avant de se transformer en fleuve impétueux. Tous les trois mois, tout cet argent était converti en traite bancaire libellée en yen japonais et envoyé par la poste au Japon. Cet argent était composé de fonds provenant de la vente de voitures ou de maisons des membres, de congés payés, de primes, etc. On ne saura jamais si ce fut l’inspiration ou la peur qui fit vendre sa maison à cette retraitée de Canberra et donner la majorité du produit de la vente pour la construction du temple. Je penche plutôt pour la seconde solution. Elle vit à présent sans le sou dans un logement public à appartement.

On encourageait les membres à vendre des objets ménagers devenus inutiles, à organiser des dîners pour récolter des fonds. Nous étions tous très conscients de notre mission et cela devint notre raison d’être. Nous étions responsables du sort de l’humanité et nous ne devions pas échouer. Si cela devait nous amener à prendre un prêt ou à retirer lourdement sur notre carte bancaire, ainsi soit-il. Il était impensable d’avoir des pensées ou des discussions sur un échec, ce serait tenter le destin. De temps à autre, nous entendions des récits d’autres membres en Europe, en Amérique du Nord et du Sud. Eux aussi faisaient un sacrifice total et nous commencions à nous soutenir dans notre enthousiasme les uns les autres. Lorsqu’en Amérique du Nord, ils entendirent parler de nos efforts, ils essayèrent de nous dépasser. Et le phénomène ne fit qu’amplifier. Entre-temps, bien sûr, l’argent pour le temple s’accumulait au Japon pour le grand jour où la construction commencerait. Quelle bénédiction de pouvoir faire de tels sacrifices. C’était notre devoir de chercher d’autres graines pour nous aider dans notre mission, graines qui à leur tour pourront aussi consentir les mêmes sacrifices.

La vie était devenue une succession de mécanismes divins soutenus par la protection divine dans toutes les tentatives que nous entreprenions. C’était Dieu qui nous avait permis de vendre nos objets ménagers et de donner le produit de la vente pour son temple. Si les contributions d’un membre étaient considérées comme inadéquates, c’était simplement que Dieu ne le lui permettait pas et une série de raisons spirituelles étaient avancées, dont les principales étaient sans aucun doute que la perturbation d’esprit était trop forte ou qu’il s’agissait du jugement de Dieu. En général, un membre très actif répondait très positivement dans le domaine des offrandes face à ces menaces possibles. Personne ne voulait porter le poids du jugement de Dieu ou risquer d’être contrôlé ou possédé par de mauvais esprits. Nous étions tous très conscients de leur puissance, surtout depuis que nous étions devenus leurs cibles principales. Le sort de la race humaine, sa prospérité ou sa destruction dépendait de notre succès ou de notre échec.

Dieu nous avait accordé notre troisième enfant, un petite fille pleine de santé, qui deviendrait sans nul doute une graine comme ses parents. Une explosion de la population se produisit chez les membres. Notre sauveur nous avertissait avec force contre l’utilisation de médicaments et d’opérations chirurgicales. « Il vaut mieux remettre son sort entre les mains de Dieu et avoir foi en lui. La puissance de salut de Dieu est bien plus grande que tout ce que peut offrir l’homme. Prendre des médicaments pollue les cellules spirituelles et physiques du corps, ce qui, en retour, rend aux esprits la tâche plus facile pour vous posséder. » Il était clair pour nous que toute forme d’intervention médicale était hors de question. Nous étions des graines créant encore plus de graines et Dieu contrôlait toutes nos actions. L’intervention médicale ne pouvait être utilisée qu’en dernier recours.

Peter et Joan étaient des membres très enthousiastes qui travaillaient à l’accomplissement du programme de Dieu, jour et nuit, dans la mesure de leurs moyens. Brian, leur troisième enfant, leur était accordé par Dieu, à la grande joie de toute la famille. Comme de coutume, Brian recevait la lumière avant, pendant et immédiatement après la naissance. Comme il s’agissait d’une future graine, l’accouchement fut un modèle du genre. Dieu contrôlait tout. Deux mois après, Brian devint souffrant et, bien sûr, ses parents venaient au centre tous les jours pour qu’il reçoive la lumière. Il était clair que Brian subissait une purification divine. Notre sauveur enseigne « qu’une telle purification est une protection de Dieu et que nous devrions être heureux. Chez les jeunes enfants, la puissance de récupération est incroyablement grande, nous ne devons donc pas nous en préoccuper. Continuez à transmettre la lumière et tout ira bien. »

La purification divine de Brian s’intensifia les semaines suivantes. Peter et Joan, qui n’étaient pas effrayés à la vue des souffrances de Brian, augmentèrent leurs activités divines, résolus à montrer leur sincérité et leur foi en Dieu.

Notre sauveur enseigne que « si une purification persiste, il faut prendre conscience qu’il y a une erreur dans son attitude. Dans le cas d’un enfant, c’est l’attitude des parents qui pose problème. »

Jour après jour, le petit corps de Brian s’enflait et devenait bleu. Peter et Joan cherchaient désespérément à trouver le défaut qui irritait Dieu. Bien sûr, le meilleur point de départ était d’augmenter les offrandes et de passer de longues heures au centre. « Sauver et vous serez sauvés, » étaient les paroles de notre sauveur. Ces mots furent traduits pour eux sous différentes formes : « Nettoyer les toilettes du centre plusieurs fois par jour. » La situation de Brian n’a jamais été diagnostiquée lorsqu’il était dans le monde physique. A son entrée dans le monde spirituel, il devint simplement une autre statistique du syndrome de la Mort Subite du Nourrisson. « Il était clair que les profondes impuretés de Peter et de Joan étaient trop graves pour permettre une vie normale au petit Brian. Ils doivent se consacrer encore plus à leurs rôles de graines. Ce doit être une grande leçon pour nous tous, » était le message que nous avions tiré de cette triste affaire.

Entre les cours, les études et les voyages outremer, Maître Grant Thompson était parvenu à se trouver une nouvelle fiancée, à la grande joie de tous. Makiko était attachée à une autre région d’outremer où elle avait servi pendant plusieurs années. Une permission spéciale avait été accordée par Keishu qui leur permettait de communiquer et parfois de se rencontrer en vue d’établir une relation avant le mariage. En ce qui concerne ces problèmes, tout devait se faire selon la volonté de Keishu et sa permission correspondait naturellement à la volonté de Dieu. Nous étions tous si heureux et enthousiastes pour eux. C’était une union véritablement bénie, car la cérémonie de mariage aurait lieu à la maison-mère de Mahikari au Japon.

Pour satisfaire à la tradition de Mahikari, il ne fallut pas attendre longtemps avant que Makiko fut enceinte de sa première graine, ce qui, bien sûr, ravissait tout le monde, surtout toutes les mères de Mahikari. « Quelle âme supérieure va s’incarner parmi nous ? » pensions-nous. « Surtout dans une union de deux dirigeants mariés dans le saint des saints de la maison-mère de Mahikari au Japon. » Nous étions tous si enthousiastes. Pour exprimer notre reconnaissance et notre pardon, des personnes se relayèrent auprès de Makiko pour lui épargner les dures tâches ménagères pendant sa grossesse. Les membres se proposaient de lui donner la lumière divine plusieurs fois par jour. Nous nourrissions tous une âme spéciale et nous voulions tous partager cette responsabilité du mieux que nous pouvions.

Ce devait être traditionnellement un jour très agité au centre. Le cours en était presque à la moitié et environ 200 membres et candidats baignaient dans les révélations divines. Maître Grant Thompson donnait les révélations de sa façon inspirée habituelle. Makiko, qui en était à présent à son neuvième mois de grossesse et moi étions en train d’écouter dans le bureau de Maître Grant Thompson grâce à un haut-parleur. Makiko se reposait, car elle avait eu récemment un emploi du temps divin chargé, lorsque soudain et sans avertissement, le travail commença. Ses contractions étaient fortes, avec peu de temps entre elles. Je téléphonai immédiatement à sa sage-femme, qui heureusement arriva en quelques minutes.

« Elle va accoucher du bébé d’un instant à l’autre. Vite appelez une ambulance ! Mettons-la le plus à l’aise possible !, » ordonna la sage-femme nerveuse.

Je griffonnais rapidement une note pour Maître Grant Thompson expliquant la situation et suggérant qu’il pourrait peut-être avancer la pause de midi pour les participants au cours. Presque immédiatement, la sirène de l’ambulance retentit, approchant de plus en plus. Tout se passa très rapidement. Le temps manquait pour toutes interprétations spirituelles sur la situation ou sur la bienvenue à souhaiter à cette graine.

« Oh Mon Dieu, le bébé est difforme ! » cria la sage-femme. En quelques instants, le bébé était là. Il était mort ! A ce moment, Maître Grant Thompson et les ambulanciers firent irruption dans la pièce. Un silence de mort nous envahit tous, debout et impuissants, fixant le bébé sans vie. « Pourquoi ? Comment ? » demandait mon esprit.

« Garry, pourrais-tu prendre le micro et dire à tout le monde ce qui vient de se passer. Continue à donner les révélations à ma place. Nous allons à l’hôpital. Je te relayerais à mon retour, » demanda Maître Grant Thompson, essayant désespérément de contrôler sa douleur et ses larmes.

« Bonne après-midi à tous », dis-je d’une voix tremblante aux 200 participants au cours.

« Makiko vient d’accoucher, » annonçais-je.

« HOURRA ! » s’exclamèrent les participants. Des applaudissements spontanés tonnèrent et tout le monde commença à parler très excité. Ils avaient sans aucun doute compris l’arrivée soudaine de l’ambulance et attendaient de savoir si c’était une fille ou un garçon. Enfin, le silence revint et tout le monde attendait impatiemment des détails.

« Comme notre sauveur nous l’enseigne, ‘Tout est voie de Dieu’. Souvent il nous est difficile de comprendre ses mécanismes. Je suis désolé de devoir vous le dire, mais le bébé est mort né. Peut-être qu’un jour, nous saurons pourquoi c’est arrivé, mais pour l’instant, disons tous une prière pour cette pauvre âme et pour Makiko et Maître Grant Thompson, » fut ma conclusion et je demandais à tout le monde de prier pour être guidé, protégé et pardonné.

Mon esprit était bouleversé pendant les prières.

« C’est le sommet de la pyramide, pas seulement pour l’Australie, mais pour toute l’Asie du Sud-Est et les autres pays. Comment cela peut-il se produire justement ici, dans le saint des saints ? Keishu les avait bénis et guidés dans presque toutes les étapes les conduisant à ce but. Ils se sont tous deux complètement consacrés à Dieu, jour et nuit. Pourquoi ? Pourquoi ? ». Mon esprit s’emballait exigeant des réponses pendant les prières.

« Comment vais-je donner les révélations dans cet état d’esprit jusqu’au retour de Maître Grant Thompson. » Je commençais à penser à la situation difficile dans laquelle je me trouvais.

« Je ne dois pas transmettre d’influences négatives aux participants du cours. Beaucoup d’entre eux sont sûrement aussi en proie à cette lutte » pensais-je en m’efforçant de retrouver une contenance extérieure satisfaisante.

« Reconcentrons-nous sur les révélations données par Dieu à notre sauveur, où en étions-nous ? » Et c’est de cette manière que je commençais mon entraînement de professeur de cours.

« Une telle chose ne doit jamais se reproduire ! La mort de votre bébé constitue simplement le reflet de vos impuretés que vous n’avez pas été capables d’éliminer à cause de négligence et de votre manque d’efforts, » furent les conseils divins de Maître Tanaka, responsable du département international de la maison-mère de Mahikari au Japon. « Le fait que vous êtes des responsables indique que vous avez tous deux plus d’impuretés que la plupart des gens. Donc, à partir de maintenant, vous devez vous abandonner complètement à servir Dieu. Vous devez également éduquer d’autres responsables pour vous aider à partager ce fardeau. Pour la plus grande gloire de servir Dieu et l’organisation de Mahikari. Si une personne est destinée à devenir responsable, il ou elle doit accepter son destin avec courage et détermination. Les récompenses spirituelles sont énormes tandis que, d’autre part, les impuretés sont profondes, » conclut Maître Tanaka au téléphone.

Mon baptême inattendu en tant que professeur, au cours de la douleur de Makiko et Grant Thompson, rendit ma nomination de dirigeant un peu plus inévitable. Ma demande introduite depuis longtemps avait enfin été approuvée par Keishu au Japon et elle m’envoya sa bénédiction et ses vives félicitations. Naturellement, à partir de ce moment, je ne devais plus m’impliquer dans les affaires du monde séculier et il me fut permis de vendre mon affaire et d’offrir l’argent à Dieu.

J’étais à présent un employé à temps plein de Dieu. Ma destinée spirituelle s’était accomplie.

Ce fut dans l’allégresse que nous apprenions qu’un terrain avait récemment été acheté dans les alpes japonaises pour le site du temple de Dieu. Cette annonce arriva au bon moment, car certains membres commençaient à se poser des questions quant à savoir où et quand la construction débuterait. Peu après ces nouvelles, nous recevions des ébauches d’artistes montrant comment sera le temple et d’autres détails importants. Ces informations servirent de tremplin, ce qui une fois de plus ramena à notre conscience collective des activités pour collecter des fonds. Des informations supplémentaires suivirent peu après sur l’endroit de la construction.

On nous enseignait que, comme le Jardin d’Eden était situé à l’origine à Takayama dans la région de Hida au centre du Japon, c’est là que le temple de Dieu devait être construit et un site avait été acquis dans la ville de Takayama, presque 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cette région avait été révélée à notre sauveur en 1974 et maintenant, grâce à nos efforts, Dieu nous avait conduits à ce site. « Au pays sans nuages spirituels ».

Le 5 mai 1980, la construction du temple de Dieu commença, comme le Roi Salomon, roi des Juifs, l’avait fait plusieurs milliers d’années auparavant. Cette fois, bien sûr, l’alliance ne devait pas être rompue. Ce ne serait pas aux Nazi que nous aurions à faire alors, mais à Dieu tout puissant lui-même !

Mahikari Australie avait entre-temps considérablement prospéré et des milliers de membres se répartissaient en dix pays. Avec la nouvelle excitante du début du temple, les offrandes arrivèrent à flot. Certains membres offrirent même d’aller au Japon pour travailler gratuitement avec les entrepreneurs. Des pèlerinages étaient organisés pour visiter le site de manière régulière et les pèlerins revenus inspiraient naturellement à leurs camarades un plus grand engagement. Les mots de notre sauveur résonnaient toujours à nos oreilles. « Lorsque le temple sera achevé, une fois de plus ce monde redeviendra un Jardin d’Eden. La lumière divine rayonnera du temple et toute l’humanité sera sauvée. Les perturbations d’esprit seront résolues et l’humanité vivra enfin en paix et en harmonie. »

On annonça plus tard que le temple serait achevé en novembre 1984 ! Etant donné que j’étais devenu un disciple de notre sauveur sous le commandement de Keishu, j’étais chargé du bien-être spirituel de milliers de membres de notre vaste région. Où que j’allais, j’étais le sommet de leur pyramide, qui, à son tour, faisait partie de la pyramide divine dont le créateur était le sommet. Respecter l’ordre divin, chacun connaissant sa place, est la pierre angulaire du salut personnel et mondial. Les membres qui éprouvaient des difficultés à accepter cet ordre ne pouvaient pas progresser spirituellement jusqu’à ce que ce problème soit résolu et tous les membres qui comprenaient difficilement ce concept végéteraient toujours à la base, où ils demeuraient s’ils n’acceptaient pas ce concept divin ou bien ils disparaissaient. Naturellement, d’une certaine façon, cela facilita la vie des responsables et des autres membres qui se trouvaient quelque part entre le sommet et la base de la pyramide. Tout le monde apprit simplement à accepter sa place dans le schéma global. Cela impliquait aussi l’acceptation de toutes les responsabilités, les tâches, les lois ou les enseignements de Dieu. Plus vous vous rapprochiez du sommet, plus vous étiez proches de Dieu. Il était impensable d’arrêter ou de renverser ce mouvement perpétuel vers le haut. Rester trop longtemps à la base constituait une indication claire que la distance entre Dieu et vous n’avait pas diminué et une de mes responsabilités était d’éviter cela. Sinon, c’était ma faute, pas celle des membres. Ainsi, toute l’organisation de Mahikari, tant au Japon que dans les jungles de Bornéo, fonctionne avec la précision d’une montre suisse, graissée par la sueur des membres qui s’efforçaient de se rapprocher de Dieu.

« Chaque jour, Keishu prie pour que le jour du jugement de Dieu soit reporté afin que davantage de personnes soient sauvées. Sans ses efforts héroïques jour et nuit, ce jour serait déjà arrivé. Nous ne devons pas croire que tout va de soi et nous devons considérer chaque jour comme la période de calme précédant la tempête. Dieu nous observe. Nos activités constituent le baromètre qui mesure la sévérité de la tempête qui va s’abattre sur l’humanité. Seul Mahikari a le pouvoir de sauver l’humanité. Il est donc essentiel que l’organisation soit nourrie et renforcée par vos grands efforts et vos contributions. Quelle chance nous avons d’être nés à cette époque, où nous pouvons contribuer énormément au salut de l’humanité. Ne gaspillez pas cette chance qui ne se présente qu’une fois sur des milliers d’années. Consacrez-vous totalement à Keishu et prenez exemple sur elle. Cette attitude plaira à Dieu et vous épargnera d’être perturbé par des esprits. »

² Etant donné qu’aucun de nous ne connaît la profondeur de nos impuretés, nous devons préparer des plans d’urgence pour faire face à la furieuse tempête du courroux de Dieu. Cette tempête peut s’abattre à tout moment et n’importe où. Veillons à ne pas commettre le péché de négligence dans ce domaine, » voilà en essence ce que je reçus du sommet de la pyramide. A mon tour, j’allais transmettre ces informations vers la base. Parfois, lors d’une séance d’étude en Australie, ou d’autres fois, à Manille, à Singapour ou à Port Moresby.

La crainte du jour inévitable du jugement divin mobilisa les membres dans une large variété d’activités préparatoires dans tous les pays. En Australie, l’évangélisation au porte-à-porte ou la distribution de dépliants se répandait. Dans les pays asiatiques, les membres amenaient simplement d’autres membres de leur famille. Nous pouvions tous observer la puissance de la lumière divine qui était constamment avec nous. Le phénomène de manifestation d’esprit dans toutes ses différentes formes en était pour nous un rappel constant. Nous n’avions aucune raison de douter des paroles de notre sauveur et de Keishu, et en fonction de ce principe établi, les membres n’avaient aucune raison de douter de moi.

Afin de démontrer que nous étions tous possédés, Maître Grant Thompson et moi demandâmes à un journaliste et un photographe de faire un article pour un magazine hebdomadaire australien local. Le sujet de cet article était de présenter le phénomène de la manifestation d’esprit dans un groupe d’environ 10 personnes, ainsi que les grands principes de Mahikari. On espérait saisir sur pellicule le phénomène de la manifestation d’esprit dans un groupe sélectionné de personnes et de publier les photos accompagnées du récit des événements. Tous les arrangements se déroulèrent sans problème et dès que Grant et moi entrâmes dans la pièce, tous les sujets montrèrent immédiatement les mouvements et sons caractéristiques et familiers de personnes possédées par les esprits. Après quelques instants, les seules personnes non possédées étaient le photographe, le journaliste, Grant, un ou deux membres et moi. C’était surprenant, car nous n’avions fait qu’entrer dans la pièce. La puissance de la lumière avait fait le reste. Le photographe et le journaliste firent un excellent article, complet, avec des photos et bien sûr nous fîmes en sorte que tous les centres reçoivent des copies de ce magazine.²

² Comme la puissance de la perturbation de l’esprit est très forte, nous devons nous surveiller les uns les autres pour nous assurer que nous ne sommes pas sur une mauvaise voie. Il est donc préférable de rechercher la compagnie d’autres membres le plus souvent possible. Allez ensemble au centre pour les cérémonies et les cours. Si vous n’avez pas vu quelqu’un pendant quelques jours, allez le voir pour savoir ce qu’il en est. Même s’il faut être un peu ferme, amenez-le au centre », étaient les conseils que je relayais. Plus tard, certains membres déménagèrent pour vivre aussi près que possible des centres.

² Il ressort des expériences passées que les membres qui vivent dans des régions ou des villes où il n’y a pas de centre, sont perturbés par des esprits et abandonnent. Il est préférable de vivre le plus près possible du sommet de la pyramide, où vous recevrez une plus grande protection. Surtout si le jour du jugement de Dieu arrive,² disait Maître Grant Thompson pour réaffirmer ce que nous avions déjà vécu.

Comme on pouvait le prévoir, de nombreux membres commencèrent à vendre et à déménager à Canberra, le sommet de la pyramide, dans cette partie du monde du moins. Naturellement, ils étaient accueillis à bras ouverts, car ² ils venaient du désert² . Cette situation nous permis de les guider plus efficacement et d’accroître leurs possibilités de salut.

En venant au centre presque tous les jours comme tous les autres, ils s’élèveraient plus vite spirituellement et pourraient donc être plus utiles à Keishu et, en définitive, au programme de Dieu, qui n’en serait que plus content de nous tous.

Tout le monde vivait dans la crainte que le jour du jugement final de Dieu était imminent. Si nous ne répondions pas à ses attentes, il pourrait nous accabler de son courroux à n’importe quel moment. Nous étions complètement à sa merci. Bien sûr, il était toujours possible que si Dieu nous accablait de son courroux, peut-être qu’une poignée d’âmes très évoluées, comme Keishu, seraient épargnées.

Le courroux de Dieu pouvait se manifester sous de nombreuses formes, comme une guerre nucléaire, la maladie, un incendie, une inondation, un tremblement de terre, l’anarchie, etc. Pour bien être sûr qu’il y en aurait pour tout le monde.

Un plan d’urgence devait être mis sur pied pour préserver Keishu et les survivants de sa hiérarchie divine si l’impensable devait jamais se produire. Il fallait trouver un endroit sûr et adéquat où ce groupe d’élite spirituel de survivants pourrait établir une base. Cette base aurait une fonction similaire à celle de l’Arche que Noé avait reçu l’ordre de construire. Ce petit groupe de survivants, guidé par Keishu, constituerait la graine pour la prospérité d’une future civilisation. Le secret complet était vital pour le succès de ce chemin d’évasion, mais on nous rappelait toujours que travailler de tout son coeur pour Dieu, jour et nuit, constituait la meilleure assurance de survie.

Il est bien connu, même parmi les assistants de Keishu, que l’Australie est le continent terrestre le plus stable d’un point de vue géologique. C’est donc tout naturellement qu’un jour, nous reçûmes une demande d’assistance de Keishu. Notre bien aimée Keishu avait sélectionné six membres australiens, dont moi, pour lui trouver une endroit adéquat en Australie. Vous pouvez imaginer l’impact que cette annonce eut sur nous. C’était comme si Dieu nous demandait de construire une grande arche de bois pour accueillir toutes nos familles et un couple de chaque race animale.

Nous, avec Keishu, avions été sélectionnés parmi les survivants. Nous devions être des graines qui feraient éclore une nouvelle civilisation. Nous avions connu la puissance de la lumière divine venant de Keishu et nous n’avions aucune raison de douter de ce qu’elle pouvait dire ou faire. Nous étions déterminés à intensifier nos efforts et à trouver la base la plus sûre et la plus adéquate pour ce groupe sélectionné par Dieu.

Notre tâche fut d’autant plus facilitée lorsque Keishu nous envoya une liste des conditions indispensables de l’endroit. Par exemple, il devait être au moins à mille mètre au dessus du niveau de la mer, loin des lignes de faille et à au moins trois cents kilomètres d’une ville importante, car ces villes pourraient constituer des cibles nucléaires. Il devait être suffisamment sec, mais sans trop de précipitations. De bonnes routes d’accès étaient essentielles, mais une zone privée et assez vaste restait les critères principaux sur lesquels nous devions baser nos recherches.

Comme nous vivions dans un monde de mécanismes divins spéciaux, il n’était pas surprenant qu’un des membres d’élite choisi pour ce projet secret était Robert Andrews. Robert était le coordinateur du centre de Mahikari de Darwin. Il avait récemment recruté environ vingt nouveaux membres, était un promoteur immobilier prospère et avait donné de différentes façons pour environ 100.000$ au programme divin. Ce programme fonctionnait parfaitement, car Robert pouvait obtenir toutes les cartes géologiques et topographiques nécessaires et, avec beaucoup d’enthousiasme, il se lança dans l’Opération Noé. Après des semaines d’études des cartes et après une réunion clandestine spéciale avec les proches collaborateurs de Keishu au Japon, une région fut choisie.

La région de la Nouvelle Angleterre au Nord de la Nouvelle Galles du Sud fut choisie pour devenir le Mont Ararat de Noé. Cette zone rencontrait toutes les conditions exigées par Keishu et regorgeait de vastes pâturages à vendre. Dieu nous conduirait à l’endroit correct le moment venu.

Dieu s’impatientait et on nous demanda de faire une sélection le plus rapidement possible et un choix devait se faire entre deux grandes portions de terrains que Robert avait choisies.

Par un froid mordant, un matin gelé de juillet, les six élus savaient qu’indubitablement, ils avaient redécouvert le Mont Ararat. Dieu nous avait conduits là. 1500 acres de pâturages vallonnés et clairsemés situés à environ trente km au sud-est de la ville de Glen Innes, près du petit village de Redrange, furent achetés au nom de Keishu Okada et de trois de ses proches collaborateurs.

Cette zone lointaine et préservée de pâturages australiens devait à présent être préparée et rendue fertile afin qu’à l’avenir, les graines survivantes d’une nouvelle civilisation puissent être semées avec amour. C’est là que serait redirigée l’attention de Dieu si les résultats collectifs des membres de Mahikari étaient jugés inadéquats à ses yeux.

Le secret absolu était essentiel ; même les fermiers et la population locale ne devaient rien savoir. Ce n’est pas parce qu’ils vivaient près du Mont Ararat qu’ils avaient le droit de semer leurs graines sur le flanc de la montagne.

A présent que le terrain avait été trouvé, Keishu nous guida pour nous reconcentrer sur nos activités afin de préparer le plus de graines possibles, ce qui restait notre meilleur forme d’assurance. Entre-temps, bien sûr, nous devions visiter régulièrement le terrain et y veiller. Pour nous, il était très réconfortant de savoir que, quoi qu’il arrive, nous avions une voie d’urgence et que, par dessus tout, nous avions les clés de la porte !

Il est merveilleux de savoir que vous êtes si proche de Dieu. Nous étions bien sûr si proche que Dieu nous considérait à présent indispensable. Notre sauveur enseigne : ² Tout le monde a une destinée unique, déjà décidée et les hommes ne peuvent être vraiment heureux que lorsqu’ils apprennent à vivre dans cette sphère de destinée.² J’avais évidemment trouvé la mienne et j’étais très heureux de vivre dans cette sphère. Avec un coeur ardent, nous, les six élus, continuâmes à vivre notre oeuvre unique pour la gloire de Dieu et de l’humanité. Rien ne pourrait plus nous arrêter à présent.

Maître Grant Thompson, plusieurs autres stagiaires-dirigeants et moi-même visitions régulièrement le Japon. Ces visites étaient organisées pour coïncider avec les grandes cérémonies, et parfois, certains d’entre nous étaient choisis pour diriger les prières ou offrir un rapport de nos activités de notre région.

Les cérémonies, la précision des marches du groupe des jeunes et les discours divins de Keishu nous inspiraient beaucoup, surtout maintenant qu’elle rapportait les progrès de la construction du temple de Dieu et elle réaffirmait souvent le contrat sacré que nous avions passé avec Dieu. ² Nous sommes les lévites de la nouvelle époque. Dieu s’impatiente. Il existe encore de nombreux obstacles à franchir avant que le temple soit achevé. Nous ne devons pas nous relâcher. Dieu peut abattre sur nous le jour de son jugement n’importe quand,² nous rappelait-elle.

On nous amena sur le site de la construction du temple à plusieurs reprises et on nous fit visiter le tout, complété de faits significatifs et de chiffres sur sa taille, les tonnes de béton utilisées, etc.

Le temple de Dieu se dressait rapidement sur ses fondations, comme ce fut le cas aux temps de Salomon. Il ne fallait pas croire que nous rencontrions toujours Keishu, car elle était très occupée, mais d’habitude elle nous accordait une entrevue de groupe de cinq à dix minutes. Ses collaborateurs nous faisaient ensuite souvent des remontrances en disant qu’en raison de notre échec à répandre Mahikari aussi vite que Dieu le souhaite, Keishu devait travailler plus dur, restant souvent des jours sans dormir.

Ce fut après une de ces visites que Maître Grant Thompson décida que l’Australie était prête à présent pour former son propre groupe des jeunes. Le moment de Dieu était parfait comme toujours, car Wendy et moi attendions notre quatrième enfant et notre fille aînée avait l’âge requis pour être un membre fondateur du groupe.

² Il est nécessaire d’entraîner nos enfants à être de vrais soldats dans l’armée de Dieu. C’est sur les jeunes que reposera l’énorme responsabilité d’établir la nouvelle civilisation. Il nous incombe de les préparer de manière adéquate. Keishu souhaite que dix mille membres du groupe des jeunes venant du monde entier défilent devant elle dans le temple dès que possible afin d’exprimer notre pardon à Dieu pour nos profondes impuretés,² étaient les notes que j’avais prises au Japon. Il n’est pas permis de mettre en question sa volonté. La seule question permise est comment y arriver. ² Parents, si vous voulez vraiment que votre famille prospère et reçoive la protection spéciale de Dieu, offrez vos enfants à Dieu pour qu’ils soient ses soldats pionniers. Dieu attend beaucoup de nos jeunes et veut canaliser leur énergie illimitée afin de jouer un rôle majeur dans la prochaine civilisation spirituelle. Dieu les a fait naître dans les familles de membres de Mahikari à ce moment précis de l’histoire, afin qu’ils remplissent ces rôles particuliers.² Ces informations furent relayées dans tous les centres de notre région en pleine expansion à des séances d’étude spéciales destinées aux parents.

« C’est un rôle glorieux et donc les conditions seront sévères. Pour devenir un véritable membre du groupe des jeunes, un enfant ou un jeune doit amener au moins une personne dans Mahikari. Il est également essentiel qu’il fréquente le centre d’une manière régulière, au moins deux fois par semaine pendant quatre heures et qu’il donne et reçoive la lumière au moins une fois par jour. Il doit aussi pouvoir assister aux camps d’entraînement régulièrement organisés le week-end. Lorsque ces conditions seront remplies, je demanderai à Keishu de l’accepter en tant que membre à part entière du groupe des jeunes de Mahikari. Keishu procède elle-même aux nominations, en tant que commandant suprême du groupe, il ne faut donc pas prendre cette mission à la légère, » expliqua Maître Grant Thompson et il demanda : « Y a-t-il ici des parents qui ne veulent pas que leurs enfants entrent dans le groupe ? »

Comme prévu, les activités du groupe des jeunes débutèrent dans presque tous les centres. Ils étaient magnifiques quand ils défilaient en parfaite harmonie, habillés dans leurs uniformes verts et blancs. Il était très réconfortant pour les parents de savoir que Dieu leur avait préparé un rôle particulier. Ils étaient nos enfants et Dieu nous avait confié leur bien-être physique et spirituel. Mahikari était à présent entré dans une autre période de croissance significative, car une partie des activités régulières du groupe des jeunes était de faire du porte-à-porte et de distribuer des dépliants de Mahikari.

² Avec chaque dépliant que vous mettez dans la boîte aux lettres de quelqu’un, faites une prière sincère à Dieu pour que les membres de ce ménage puissent le lire. La lumière divine de Dieu est transmise par ces dépliants, tous les ménages la recevront donc. Même si tout le monde ne veut pas le lire ou devenir un membre, sachez que, grâce à vos courageux efforts, au moins ils pourront recevoir la lumière divine et un certain degré de salut,² étaient les encouragements donnés aux membres et aux candidats du groupe des jeunes afin transformer leurs jeunes coeurs et esprits en jeunes soldats courageux et sans peur.

Les jeunes candidats reçus étaient nommés solennellement au cours de la cérémonie de remerciement mensuelle de leur centre et ce n’est qu’alors qu’il était permis aux membres du groupe de porter l’uniforme vert et blanc. Bien sûr, plus on recrutait de membres du groupe des jeunes, plus ils recevaient de protection. Leurs jeunes esprits étaient si réceptifs et si faciles à façonner.

Leur enthousiasme et leur capacité de reproduire la façon de pensée et le comportement japonais étaient ahurissants et bientôt leurs expressions se muèrent en une succession de clichés divins entremêlés de mots japonais. Ils savaient quand, comment et devant qui ils devaient s’incliner. Nous avions trouvé leur place au sein de la pyramide hiérarchique de Mahikari. Pour permettre à l’organisation de Dieu de remplir correctement son rôle, il est essentiel que tout le monde connaisse sa place au sein de la hiérarchie, car il s’agit d’une loi divine qui ne peut pas être violée.

Il ne fallut pas attendre longtemps avant que tous les centres ne commencent à se rendre compte des avantages de posséder un tel corps d’élite de jeunes membres toujours prêts à remplir une mission. Ce que les membres trouvaient difficile ou fatigant à réaliser, les membres du groupe des jeunes l’entreprenaient sans se poser de questions et avec un grand enthousiasme.

C’est la volonté de Dieu que tous les membres de Mahikari soient guidés par ses représentants et par sa propre intervention personnelle quand il le faut. Les responsables ne pouvaient pas être jour et nuit avec les membres et nous ne pouvions pas savoir ce que les membres pouvaient penser ou faire quand nous ne les supervisions pas. Pour combler cette lacune dans la gestion du temps et de la main d’oeuvre, Dieu avait organisé un protocole ou une méthode concernant le port et la gestion de nos talismans divins que nous portions près de nos coeurs. Simplement, si la façon de penser ou de vivre d’un membre était jugée inacceptable par Dieu, le membre coupable verra son talisman divin être maltraité ² par accident² . Tout le monde possédait une liste de ce qui était et n’était pas acceptable aux yeux de Dieu et les membres pouvaient se référer à cette liste le cas échéant.

Par exemple, il n’est pas permis de placer le talisman divin sur le sol, sur un lit, une chaise ou de le laisser tomber. Il n’est pas permis non plus de le porter sous le nombril, de le mouiller, de toucher les draps de lits ou de laisser n’importe qui le toucher. Si un de ces sacrilèges se produisait, il s’agit d’une indication claire qu’il y a quelque chose de très grave dans l’attitude ou le comportement du membre coupable. Ce malheur doit être rapporté immédiatement à un responsable, après quoi le membre en question doit offrir une demande de pardon sincère et profonde à Dieu et s’abstenir de transmettre la lumière divine tant qu’il n’a pas reçu les conseils personnels adéquats d’un dirigeant. Ce principe fournissait à tous les dirigeants, moi y compris, la possibilité de fouiller dans la vie privée des membres, dans leur esprit et leur style de vie.

Jusqu’à ce que la faute soit découverte, nous interrogions systématiquement les membres pour trouver ce que nous croyions être l’erreur. Nous devions savoir si les membres faisaient des offrandes en fonction des protections reçues ou des erreurs accumulées. La personne avait-elle eu des activités sexuelles illicites ou avait-elle consommé de la drogue ? Fréquentait-elle le centre régulièrement, et combien de temps ? Et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’imperfection soit découverte. Comme Dieu s’était donné beaucoup de mal pour organiser spirituellement le problème touchant le talisman divin, il ne serait pas satisfait tant que le membre coupable ne se repentait pas et acceptait de rectifier ce qui, dans sa vie ou dans son esprit, avait provoqué l’événement. C’était une de mes responsabilités d’assurer que cet épisode tout à fait malheureux soit exploité à fond tant du point de vue de Dieu que de l’organisation.

D’habitude, et c’était là un mécanique divin, quand une erreur dans la protection de ce talisman était rapportée, il fallait un ou deux mois avant qu’un dirigeant ne puisse donner les conseils nécessaires et réaliser une interrogation divine. Ce laps de temps assurait que le membre impliqué disposait du temps nécessaire pour réfléchir profondément sur ses erreurs et se repente. Bien sûr, d’autres membres du centre prendraient conscience de ce qui se passait, car le membre coupable ne pouvait plus transmettre la lumière divine. Ce sentiment d’ostracisme faisait partie du nettoyage spirituel et du repentir divin du membre. Dans les centres, chaque fois qu’un talisman divin était négligé, tous les autres membres faisaient une autocritique de leur âme pour s’assurer qu’une telle chose impensable ne se produise jamais chez eux.

Où que je voyageais à travers notre vaste empire spirituel, il y avait inévitablement des membres qui avaient négligé leur talisman. Il m’incombait, à mon arrivée, d’avoir une succession d’entrevues avec les coupables pour s’assurer du point de vue de Dieu, où se trouvait l’erreur et pour donner les conseils nécessaires. Ces entrevues plutôt à sens unique servaient bien à renforcer la place de chacun dans la hiérarchie divine ; qu’ils aient négligé leur talisman ou non, leur tour était probablement proche.

Pour obtenir l’absolution totale du grand péché de négligence du talisman, seule Keishu avait le pouvoir d’intercéder de la part du membre et de demander pardon à Dieu. Pour cela, le membre était obligé d’écrire une lettre personnel d’excuse à Dieu et à Keishu indiquant clairement le ou les péché(s) qui avai(en)t été découvert(s).

Cette correspondance divine devait aussi inclure la promesse de s’améliorer et de ne jamais plus répéter les pensées ou les faits coupables. Une description de l’événement malheureux était aussi nécessaire.

« Keishu travaille nuit et jour pour réaliser le programme de Dieu, il est donc très irrespectueux d’interférer dans son emploi du temps quotidien pour lui demander de prier Dieu pour votre pardon. Si votre lettre est accompagnée d’une offrande en rapport avec vos transgressions divines, alors ce sera moins irrespectueux, » étaient les conseils divins donnés aux membres concernés.

Ces lettres d’excuses accompagnées d’offrandes étaient ensuite traduites et envoyées à Keishu. Une copie était conservée dans le centre local, ce qui permettait aux responsables de facilement se rafraîchir la mémoire quant aux transgressions passées et d’avoir une idée de celles, présentes et futures, des membres. Une vérification rapide des transgressions divines de chacun était très utile pour dispenser des conseils et sélectionner des sujets pour des séances d’études. Presque tout le monde, à un moment ou à un autre, serait victime d’une négligence inévitable du talisman. Pour certains, cela arrivait souvent. Par conséquent, une lecture occasionnelle de ces volumes de lettres en augmentation nous permettait de jeter un rayon éblouissant de lumière divine dans les profondeurs sombres et impures de la vie et de la pensée des membres. Je n’ai jamais cessé de m’étonner devant la façon subtile et pourtant parfaite avec laquelle notre Dieu guidait les pensées et les faits de chacun.

Wendy avait sans problème donné naissance à notre quatrième enfant et Dieu allait bientôt nous accorder une cinquième graine à nourrir. Tous les centres grouillaient d’activités et Wendy, comme la plupart des membres, fréquentait le centre presque tous les jours pendant environ quatre heures. Lorsque je ne visitais pas les centres en Australie ou en Asie du Sud-Est, j’étais présent pendant douze heures chaque jour et j’avais deux ou trois jours de libre par mois. Il était impensable de retarder le programme de Dieu en parlant de vacance. Comment quelqu’un pouvait être aussi égocentrique à une période comme celle-ci. Tout membre qui quittait sa ville prenait toujours ses vacances dans une ville où il y avait un centre et bien sûr il le fréquentait presque tous les jours. S’il n’y paraissait pas, les responsables en était informés et les guidaient de manière adéquate à leur retour. Prendre ses vacances dans des villes différentes constituait une magnifique occasion de renforcer les liens entre les membres et même entre les centres. Comme notre région était composée de dix pays voisins, il était normal pour des membres de visiter ces pays voisins pour des vacances. Ainsi, où qu’ils allaient, ils avaient toujours sous la main une famille toute prête de personnes qui pensaient comme eux. Les Australiens qui passaient leurs vacances outremer choisissaient souvent des centres comme Singapour, Auckland et Penang.

Individuellement et collectivement, nous pouvions vivre nos vies quotidiennes presque totalement encapsulés dans l’atmosphère protégée et sacrée d’un centre de Mahikari. Peu à peu, nous construisions notre propre nouvel ordre mondial divin et nous préoccupions très peu du reste.

Entre-temps, à des milliers de kilomètres au Japon, le sort de la famille Greenwood était décidé par les responsables du département international de la maison-mère de Mahikari au Japon.

² Les activités de Mahikari en Asie du Sud-Est sont en expansion très rapide et deviennent trop difficiles à gérer directement du Japon ou de l’Australie. Veuillez donc prendre vos dispositions pour envoyer là-bas Maître Garry Greenwood et sa famille dès que possible. Vous pouvez décider quel endroit convient le mieux pour établir une base.² signé Maître Tanaka, chef du département international.

Six mois plus tard, Wendy, qui était enceinte de quatre mois, nos quatre enfants et moi arrivions à l’aéroport international de Kota Kinabalu. Un groupe d’environ cent membres était là pour nous accueillir. Kota Kinabalu est la capitale provinciale de l’Etat malais de Sabah sur l’île de Bornéo et avait été sélectionnée par Dieu pour toute une série de raisons, dont la principale était que l’Etat de Sabah représentait la plus importante concentration de membres et de centres. De plus, il était également situé au centre géographique des Philippines, de Singapour, de la Malaisie et de la Nouvelle-Guinée.

L’islam, même à cet endroit, était la religion d’Etat de la Malaisie et il était nécessaire d’adhérer à leurs lois politiques et religieuses, qui comportaient l’interdiction de convertir des musulmans à d’autres fois. Peu de membres de Mahikari étaient musulmans et je devais être toujours vigilant, de crainte qu’ils ne fréquentent le centre. Naturellement, cela allait à l’encontre des principes, mais il n’y avait pas d’autres choix. Il est intéressant de noter que le Sabah a un gouvernement d’Etat chrétien, au contraire des autres Etats, et seul environ un tiers de la population est musulmane, le reste étant principalement des chrétiens. Cette situation constitua un climat plus détendu dans lequel débuter nos activités de missionnaires dans cette région. Les habitants locaux étaient un mélange de Chinois, d’Indiens et de Malais. Ces derniers se composaient surtout de Kadazans, Muruts et Rungus.

Excepté les fermiers autonomes et les habitants des jungles lointaines, tout le monde parlait assez bien l’anglais pour pouvoir communiquer clairement. Dans l’ensemble, je les considérais comme un peuple coopératif et pittoresque. Mahikari était arrivé en Malaisie et d’autres pays voisins surtout par l’intermédiaire de membres d’Australie qui avaient des amis ou des parents là-bas.

Sa première tête de pont fut Tawau à Sabah en 1977. Un nouveau grand centre avait récemment été construit à Kota Kinabalu, qui se composait aussi de quartiers vivants et c’est là que devait se trouver notre nouvelle maison. En réalité, elle était située à environ dix kilomètres en dehors de la ville, au milieu de rizières, à l’ombre du Mont Kinabalu, la plus haute montagne de cette partie d’Asie du Sud-Est, culminant à 4.101 mètres au dessus du niveau de la mer. Le peuple Kadazan parle de cette montagne magnifique comme de la demeure des âmes qui ont quitté leur corps et disent que son nom est dérivé des mots AKI NABALU, ² la place vénérée des morts² . On pense encore que, quand les esprits quittent leurs maisons terrestres, ils entrent dans l’autre monde par son sommet. D’anciens membres des Kadazans locaux vous diront encore de faire une offrande à ² l’esprit de la montagne² avant de l’escalader.

C’est dans ce décor que Wendy et moi, avec l’aide aimable de nombreux membres locaux, établissions notre maison et la base de Mahikari d’où nous nous préparions à répandre les révélations divines en Asie du Sud-Est. Il n’était pas surprenant que ces gens croyaient déjà fermement dans le phénomène de perturbation, de manipulation et de possession d’esprit. Je devais apprendre que chaque village ou voisinage possédait son propre sorcier guérisseur. Comme nous l’enseigne notre sauveur, ces sorciers guérisseurs locaux pensent, pour la plupart, pour ne pas dire tous, que les problèmes de santé sont l’oeuvre des mauvais esprits. Afin de résoudre ces problèmes, les sorciers guérisseurs font des exorcismes ou apaisent les esprits par une combinaison d’extraits de plantes et d’incantations spéciales.

Si une personne avait souffert par la faute de quelqu’un, souvent la victime, plutôt que de se reposer sur le système légal de recours, contactait simplement un sorcier local pour jeter un sort sur son agresseur. La sévérité de ce sort déterminait également le montant des honoraires à payer d’avance. Par exemple, pour s’assurer que votre agresseur se casse une jambe par accident vous coûtera plus que, disons, de lui casser le doigt. Une fois que l’agresseur a eu son juste châtiment et que la victime pense avoir eu justice, l’affaire est close. Il n’est pas rare pour l’agresseur de connaître à l’avance la possibilité de se voir jeter un sort par un sorcier guérisseur contacté par sa victime. Dans ce cas, l’agresseur contacte un sorcier pour jeter un sort protecteur sur lui pour contrecarrer le sort de la victime. Il est ainsi assez évident de voir pourquoi ces sorciers sont très fréquentés et craints. La situation se complique même davantage lorsque l’agresseur et la victime contactent le même sorcier, comme cela arrive parfois. Il s’agit d’une médecine très puissante ou de magie noire, selon que vous êtes le vainqueur ou le vaincu. Tout cela démontre que la majeure partie de la population est tenue en otage par la peur constante d’être, n’importe quand, la victime d’un sort commandité par n’importe qui pouvant éprouver de la rancune envers vous ou vous détestant.

² Terrorisme spirituel !² , comme je l’appelais. ² Comment quelqu’un pouvait-il être aussi méchant pour mettre les gens à la merci de la peur omniprésente du monde des esprits ? Il devrait y avoir une loi contre cela,² m’exclamais-je où que j’allais, commettant le même crime déguisé au nom de Dieu et de la religion, camouflé dans ma peau blanche caucasienne.

La vie en Asie du Sud-Est devait devenir une vraie aventure pour toute la famille. Mes deux enfants aînés étaient placés à l’école locale, tandis que Wendy était très occupée avec ses nouveaux amis, trouvés parmi les Kadazans. La plupart des indigènes étaient chrétiens et comprenaient facilement la signification de la reconstruction du temple de Dieu. Le concept d’un endroit où Dieu ou un esprit puissant demeurait coulait de source chez eux. Cet avantage, associé aux révélations de notre sauveur sur les esprits et leurs effets négatifs sur les gens, se traduisait chez beaucoup d’entre eux en un formidable engouement à devenir membres.

Au contraire des normes culturelles occidentales, où si un élément principal de la famille se faisait membre de Mahikari, il était probable que les autres membres de la famille suivraient, là-bas, si un élément important devenait membre, il était presque certain que toute la famille suivrait automatiquement. Famille qui s’étendait parfois à un cercle plus large, et, dans certains cas, à toute la tribu.

Comme on pouvait le prévoir, notre vie se remplit très vite et les offrandes pour le temple de Dieu commencèrent à arriver en abondance. Ils étaient impatients d’apprendre l’histoire de Salomon et comment son peuple avait été détruit en raison de son matérialisme et de sa négligence envers Dieu. C’était dans leur Bible et nous étudions les passages tous ensemble. Il m’était facile d’expliquer pourquoi Hitler avait été utilisé par Dieu pour punir les Juifs et, bien entendu, nous étions tous d’accord pour dire que nous ne voulions pas qu’une telle chose se reproduise, surtout pour nous.

Ces gens vivant dans leur paradis tropical ne voulaient pas être dévorés par la cupidité du matérialisme occidental et ils étaient impatients d’apprendre pourquoi Mahikari était leur seule voie de salut. Le recrutement devint très facile et souvent les gens attendaient patiemment à l’extérieur du centre à l’aube. Cette situation me laissait peu de temps pour m’habiller et être prêt à leur administrer la lumière divine. Parfois, nous commencions avant le lever du soleil et le succès fut tel que nous devions diminuer de moitié le temps accordé à chaque personne. A certaines occasions, des personnes qui avaient attendu pendant de longues heures devaient s’en aller avant d’avoir reçu la lumière. Il semblait que Dieu nous bénissait tous et attendait beaucoup de nous également.

Je restais stupéfait et souvent effrayé par la manière dont les esprits possesseurs se manifestaient chez ces gens lorsqu’ils recevaient la lumière. Souvent, après quelques minutes, la personne qui recevait tordait violemment son corps de manière incontrôlable et ses yeux se révulsaient. Cette manifestation était souvent accompagnée par de violents cris ou des hurlements. Quelque fois, j’étais même frappé ou menacé. J’étais terrifié par le spectacle de ces mauvais esprits qui luttaient et blasphémaient, contorsionnant leur corps dans tous les sens. C’était vraiment horrible à voir et effrayant, mais il était essentiel que je garde une aura de confiance.

Au contraire des mouvements de possession d’esprits constatés chez les Australiens, ici c’était beaucoup plus violent, plus effrayant et incontrôlable. En définitive, tenaillé par la peur, je m’abstenais de transmettre à certaines personnes, en évitant d’autres. Une jeune fille en particulier semblait se transformer en singe dès qu’elle entrait dans le centre. Elle essayait de grimper aux rideaux, de courir rapidement sur les bureaux et enfin tentait de s’asseoir sur les épaules d’autres personnes, comme le font les singes apprivoisés là-bas. Si ce phénomène s’était produit dans un cirque, nous l’aurions tous trouvé très amusant, mais ce n’était pas un cirque et je ne jouais pas.

Les mauvais esprits étaient à l’oeuvre et nous pouvions tous constater de nos propres yeux leur présence. La grande variété de forme des manifestations n’avait de cesse de nous étonner et parfois de nous effrayer tous. Certains de ces esprits prétendaient être des chasseurs de têtes tués dans des batailles dans la jungle il y a longtemps, tandis que d’autres apparaissaient indéfinissables, si ce n’est qu’il était de nature animale. La vue de tous ces mouvements de possession d’esprit impressionnait grandement tout le monde, surtout lorsque j’expliquais qu’il s’agissait de la puissance de la lumière. « Cette puissance vient de Dieu créateur, il s’agit d’une puissance de très haut niveau ».

Naturellement, de nombreux indigènes virent dans l’entrée dans Mahikari une assurance contre les possibilités de sorts jetés contre eux par les omniprésents sorciers. Après quelques mois, on commença à m’appeler ² le sorcier blanc² . La puissance que m’avait conférée Keishu était bien sûr plus profonde que tout ce qu’ils avaient pu voir auparavant.

² Nous avons de très profondes impuretés. Nous devons nous purifier par cette puissance afin de ne pas être possédé ou perturbé par les mauvais esprits. Nous devons venir au centre tous les jours et nous purifier les uns les autres. Sinon, nous ne pourrons pas accomplir notre mission particulière de graine. Nous devons également trouver le plus de personnes possibles pour nous aider dans cette mission. Si dans votre famille certains membres sont hésitants, prenez conscience que c’est le résultat de vos grandes impuretés ; vous devez donc vous purifier avec encore plus de ferveur. Pour cela, vous devez transmettre la puissance de Dieu à davantage de personnes ou faire plus d’offrande afin que les autres soient sauvés. En tout cas, ne laissez pas les mauvais esprits vous perturber ou vous posséder. Notre sauveur est le nouveau messie prédit dans la Bible. Nous sommes bénis d’avoir été choisis par lui. La nouvelle civilisation spirituelle sera une théocratie, où Dieu nous gouvernera directement et le but de l’organisation de Mahikari est de créer cette théocratie. Par exemple, Dieu nous gouvernera de la même façon que Keishu nous guide jour et nuit. Elle connaît nos pensées et nos sentiments,² expliquais-je partout où j’allais. L’effet de ces mots, associés à la puissance se manifestant parmi les membres, envoûtait littéralement tout le monde.

Si les offrandes à Dieu se situaient en dessous des objectifs, la simple association des mots comme ² la puissance de la protection de Dieu augmentera en fonction des offrandes,² permettait d’atteindre les objectifs.

Armé des révélations de notre sauveur et de la puissance de Dieu, je voyageais au Sabah, au Sarawak, dans l’Ouest de la Malaisie, à Singapour, dans les Philippines et en Nouvelle-Guinée. Il ne fallut pas longtemps avant que toutes ces régions ne connaissent de prospères centres de Mahikari d’où les révélations étaient exportées vers d’autres pays, comme la Thaïlande, le Sri Lanka, l’Inde, Taïwan et l’Afrique du Sud. J’enseignais les révélations non seulement dans les grandes villes de Singapour et Kuala Lumpur, mais aussi dans les lointains et primitifs villages et kampongs au tréfonds de Sarawak, remontant même le fleuve Rajang en bateau pour visiter les personnes vivant encore dans leurs maisons traditionnelles si particulières de cette partie de Bornéo. J’étais résolu à ne rien laisser au hasard.

Ce fut en Nouvelle Guinée que, pour la première fois, j’ai entendu parlé de la secte mystérieuse de Cargo. Cette secte, à présent disparue, se composait de membres de tribus primitives qui se réunissaient dans la terreur aux aéroports locaux exhibant des cochons et d’autres produits qui devaient servir d’offrandes aux « dieux d’argent » qui descendaient des nuages; il s’agissait en fait des DC 3. Ils pensaient qu’en offrant à ces dieux leurs produits les plus précieux, ils s’attireraient leurs bonnes grâces. Quelle superstition!

Les membres du centre de Sandakan, situé à l’extrême Nord-Est du Sabah, m’emmenèrent sur le site d’un ancien camp de prisonniers où, au cours de la seconde guerre mondiale, les soldats japonais avaient emprisonné des milliers de soldats australiens. C’est de là qu’à partir de septembre 1944, les japonais firent marcher 2.400 prisonniers de guerre australiens vers Renau, près de la base du Mont Kinabalu, sur une distance de 240 kilomètres. En août 1945, les six derniers survivants arrivaient à Renau. Cet épisode fut appelé la Marche de la Mort de Sandakan. L’ancien site du camp de prisonniers, le point de départ de la Marche de la Mort, est à présent un parc et il ne reste presque plus rien de ce qu’il a été cinquante ans auparavant. Bien sûr, je pensais que toutes les traces de l’esprit ultra-nationaliste qui s’était emparé du Japon à l’époque avaient également péri au fil du temps. « On ne doit jamais plus laisser se développer un tel esprit national, » expliquais-je aux aimables membres enthousiastes du centre de Mahikari de Sandakan pendant que nous étions sur les quelques ruines de cet horrible épisode de l’inhumanité de l’homme envers l’homme.

J’étais très ému par cette visite sur le site de l’ancien camp de prisonniers, car c’était la première fois que j’entendais parler de ce tragique événement. Je me sentis également fier et heureux d’être Australien. Mon beau-père, Henry, à qui Wendy et moi avions fait connaître Mahikari, avait combattu les Japonais au Sabah cinquante ans plus tôt. Il débarqua près de Tarakan avec la 9e division australienne. J’étais d’autant plus fier que Henry et beaucoup de membres de notre famille faisaient à présent partie d’une nouvelle armée. Nous étions tous des soldats universels luttant contre les forces du mal afin d’établir un nouvel ordre mondial spirituel sous le commandement direct de Keishu au Japon.

Au fil du temps, Keishu nommait d’autres dirigeants dans la région, et leur aide se révélait inestimable. On devait annoncer bientôt la date d’achèvement du temple de Dieu à Takayama au centre du Japon. Le jour du jugement de Dieu avait été postposé suffisamment longtemps pour permettre sa réalisation, grâce aux fervents et héroïques efforts des membres de Mahikari. Il semblait que nous avions passé le moment le plus dur et que nous entrevoyions la lumière au bout du tunnel. Entre-temps, cependant, nous ne devions jamais perdre de notre vigilance envers les intrigues et les mécanismes des mauvais esprits, prêts à nous posséder et à ruiner nos progrès. « Ce n’est que grâce à la protection de Dieu et aux prières sincères de Keishu qu’il nous a été permis d’aller aussi loin, » nous rappelait-on constamment du Japon. « Ne croyez pas que le but est atteint ! »

Ma croisade en Asie du Sud-Est allait bientôt se terminer et d’autres responsables devaient prendre le relais et reprendre le flambeau de Keishu dans cette partie du monde. Des centres avaient poussé partout dans la région et, à présent, des milliers d’amis sacrés enthousiastes étaient activement engagés dans la libération des forces du mal. J’avais bien fait mon travail et j’étais si heureux de ce que j’avais pu accomplir avec l’aide de Dieu.

De surcroît, comme une bénédiction supplémentaire, Dieu avait donné à Wendy et à moi notre cinquième enfant, que nous allions également préparer pour un service actif dès qu’elle sera prête.

Durant notre absence dans cette croisade, le centre de Canberra avait grandi tant en responsabilité qu’en taille et c’est là que je fus nommé de nouveau. J’étais, en réalité, le numéro deux d’un vaste empire spirituel en expansion englobant presque toute l’Asie du Sud-Est, la région du Pacifique et l’Afrique du Sud. Un véritable empire du soleil.

Je devais apprendre que la région australienne était le joyau de la couronne de Keishu.

Des applaudissements frénétiques éclatèrent lorsque Maître Grant Thompson annonça que Keishu avait choisi la date de l’inauguration du temple d’or de Dieu. Le 3 novembre 1984. « Cette date restera dans l’histoire comme la date la plus importante et la plus significative du point de vue spirituel pour l’humanité. En ce jour, l’alliance entre Dieu et ses lévites élus sera fermement consolidée et ne devra jamais être brisée. Les membres recevront des bénédictions en fonction des efforts qu’ils ont accomplis. Dès que le temple de Dieu est réalisé, Dieu pourra enfin réaliser l’unification de l’humanité. Les perturbations d’esprit seront progressivement éliminées et la paix commencera à rayonner. Keishu avait demandé que nous fassions un dernier effort pour donner le plus d’argent possible pour nous assurer que le temple soit terminé à temps et que Dieu ne soit pas déçu. »

« Comme ce sera le jour le plus important dans l’histoire de l’humanité et que nous avons tous travaillé dur, ce serait honteux si quelqu’un ne pouvait pas assister à la cérémonie d’ouverture. Comprenez bien la signification de cet événement pour votre salut, ainsi que pour le salut de vos ancêtres et de vos descendants si vous y assistez. Permettez-moi de citer Esaïe 2 :2-4.

Il arrivera, à la fin des temps,Que la montagne de la Maison de l’Eternel Sera fondée sur le sommet des montagnes, Qu’elle s’élèvera par-dessus les collines, Et que toutes les nations y afflueront. Des peuples nombreux s’y rendront et diront : Venez, et montons à la montagne de l’Eternel, A la Maison du Dieu de Jacob, Afin qu’il nous instruise de ses voies, Et que nous marchions dans ses sentiers, Car de Sion sortira la loi, Et de Jérusalem la parole de l’Eternel. Il sera juge entre les nations, Il sera l’arbitre de peuples nombreux, De leurs épées ils forgeront des socsEt de leurs lances des serpes :

Une nation ne lèvera plus l’épée contreune autre, Et l’on n’apprendra plus la guerre.« Dans Michée 4 :1-2, le prophète Michée prophétise le même message concernant un grand roi qui viendra et apportera la paix sur la terre. Ce roi est notre sauveur et le temple que nous sommes sur le point d’achever est le temple dont la Bible prophétise la réalisation dans les derniers jours. Il faudra encore environ dix mois avant l’achèvement du temple, je vous en prie donc, même si vous devez vendre votre maison ou prendre un travail supplémentaire, faites tout votre possible pour être là. Nous organiserons des voyages, en fonction du nombre de personnes, le prix variera. Nous négocions avec Japan Airlines pour une remise de groupe, car nous attendons une assistance de plusieurs centaines de membres. Indiquez votre nom sur l’affiche qui sera placée sur le tableau lorsque vous savez que vous partirez. Je ne peux qu’insister sur la signification de votre départ, surtout que nombre d’entre vous ont fait beaucoup d’efforts, » insista Maître Grant Thompson au cours d’une séance d’étude enregistrée où la « signification du temple de Dieu, » était approfondie au centre de Canberra et à laquelle assistaient des centaines de membres très enthousiastes. De nombreux participants étaient venus d’autres Etats pour entendre cet importante annonce officielle.

Pour nous, revenir au pays de l’origine de l’esprit, le pays des Dieux pour un tel pèlerinage, c’était, dans notre esprit, comme Moïse guidant son peuple hors d’Egypte. Partout où Moïse et son peuple erraient, ils transportaient très précautionneusement la précieuse Arche d’Alliance sacrée contenant les tables où étaient gravés les commandements de Dieu. Ce qui leur donna beaucoup de protection, de puissance et de sagesse. Grâce aux efforts de notre sauveur et de la guidance de Dieu, notre sauveur avait situé ces tablettes dans les archives du grand sanctuaire des ancêtres impériaux. Nous étions les élus. C’était à nous de baigner dans la lumière de la protection, de la puissance et de la sagesse infinies de Dieu. La nouvelle alliance était sur le point de se concrétiser le 3 novembre 1984.

Dans les mois précédant ce point-charnière dans la destinée de l’humanité, les membres prirent frénétiquement toutes les dispositions possibles pour s’assurer qu’ils pouvaient avoir une place dans un des avions qui nous conduiraient au Japon, le berceau de la civilisation humaine. Tout le monde fit de son mieux pour maintenir des offrandes régulières et assurer les fonds nécessaires à leurs pèlerinages. Des meubles et d’autres objets furent vendus, si cela s’avérait nécessaire. Ne pas prendre ce genre de disposition constituait une indication claire d’une terrible perturbation ou possession d’esprit.

Cette période constituait le temps des épreuves et du tamisage de Dieu. Ceux qui ne seraient pas du voyage n’avaient pas reçu la permission de Dieu, mais ils pouvaient, grâce à leur grande ferveur, se reprendre et peut-être le visiter à une date ultérieure. Tous les centres recevaient à présent régulièrement de magnifiques affiches en couleurs du temple presque terminé. Comme il était beau, avec son toit doré ressemblant à une arche énorme, les extrémités s’effilant pour étreindre les cieux. Les architectures romaines, islamiques, shinto et contemporaines étaient subtilement mêlées dans cette conception d’ensemble admirable. Une conception qui avait été révélée à notre sauveur dix ans plus tôt.

Le 3 novembre 1984, je conduisais fièrement notre délégation de deux cents membres sur les nombreuses marches du nouveaux temple d’or. Nous montions tous lentement, essayant de savourer chaque précieux moment, car nous vivions la prophétie de la Bible d’Esaïe 2 :2-4 et de Michée 4 :1-2.

« Il arrivera, à la fin des temps,Que la montagne de la Maison de l’Eternel Sera fondée sur le sommet des montagnes, Qu’elle s’élèvera par-dessus les collines, Et que les peuples y afflueront.Des nations s’y rendront nombreuses et diront :

Venez, et montons à la montagne de l’Eternel,A la maison du Dieu de Jacob »C’était notre jour, le jour des lévites et, à partir de ce jour, le monde serait sauvé. Montant ces précieuses marches l’une après l’autre, certains membres s’évanouissaient et nécessitaient une assistance. Tout autour de nous se trouvaient des milliers de membres étrangers de tous les continents et représentant toutes les couleurs et toutes les races. Beaucoup portaient un costume traditionnel, ce qui ajoutait encore plus de couleur à ce magnifique spectacle prophétique.

Les marches étaient garnies d’une garde d’honneur formée par les membres du groupe des jeunes de Mahikari, tous habillés de leurs uniformes traditionnels verts et blancs. Cette garde d’honneur s’étalait tout au long des escaliers et sur une distance à perte de vue. Des drapeaux de toutes les nations pendaient sans vie sur leurs mâts dans le calme du petit matin. Une fanfare du groupe des jeunes jouait une musique militaire dans l’énorme zone de rassemblement au pied des escaliers. Dieu et l’humanité avait attendu une éternité pour que ce flot de peuples de toutes les nations gravisse à présent les escaliers de la ² Maison de l’Eternel² . Les mots ne pourraient jamais rendre fidèlement les sentiments de nos coeurs en ce jour. Les couleurs, les sons et la sensation de crainte respectueuse créaient des émotions si intenses parmi les dix mille membres environ qui avaient été choisis pour assister à la première véritable cérémonie de l’humanité. Tant de monde souhaitait participer à cet événement historique qu’après cette cérémonie, deux autres cérémonies identiques allaient se tenir tous les jours pendant quatorze jours.

Lorsque nous atteignîmes finalement le sommet des escaliers, je regardais autour de moi et je fus immédiatement envahi par la vue des centaines de membre que j’avais aidé à former. J’avais irrévocablement changé leurs vies et leurs destinées. Dieu m’avait sélectionné pour être un de ses lieutenants porte-drapeau en ce jour dans son armée divine de graines. Derrière notre groupe, s’étendant sur toute sa longueur, des milliers d’autres graines avaient été soigneusement collectées en ce jour. Enfin, c’était à notre tour d’entrer dans l’arche, d’où la lumière du salut allait briller dans le monde entier.

A l’intérieur, le centre d’intérêt général était le grand sanctuaire doré situé en haut de l’autel. Ses portes étaient fermées, symbolisant la porte rocheuse des cieux qui avait été fermée depuis des milliers d’années. Dans une heure, Keishu allait ouvrir cette porte, permettant à l’humanité d’être bénie de tout ce que le ciel pouvait offrir. Nous allions assister à cet événement historique. L’atmosphère était électrique et on pouvait entendre des sanglots étouffés dans toute cette magnifique salle. Regardant autour de moi, je pouvais voir que tout le monde avait sorti son mouchoir. Maître Grant Thompson était parti rapidement ce jour-là, car il avait été choisi par Keishu pour être un des quatre représentants qui dirigeraient une prière spéciale japonaise récitée au cours de la cérémonie. Ce signe confirmait que l’Australie était vraiment le joyau de la couronne de Keishu.

² Nous allons commencer la cérémonie spéciale de commémoration de l’inauguration de la porte rocheuse du ciel dirigée par la représentante des races des cinq couleurs de l’humanité. Keishu va à présent entrer dans la salle et ouvrir la porte de l’autel doré. Fermez les yeux et gardez-les fermés jusqu’à ce que la porte soit ouverte. Je vous indiquerai quand il faudra les ouvrir, ² annonça-t-on d’abord, suivi ensuite par une autre annonce.

² Ouvrez les yeux s’il vous plaît. Keishu va à présent réciter la prière du ciel. Veuillez garder le silence et incliner la tête pendant la prière.² Keishu, qui portait une couronne de joyaux préparée tout spécialement, déplia cérémonieusement un parchemin sacré contenant une prière respectueuse et déclara qu’à ce jour, nous avions réalisé avec succès le temple de Dieu et accompli l’alliance conclue entre Dieu et notre sauveur. Le temps du ciel est arrivé. Après la cérémonie officielle, on présenta les invités spéciaux, dont la plupart était des politiciens japonais de haut rang et des diplomates étrangers. A l’annonce de chaque nom, un tonnerre d’applaudissement de bienvenue et de reconnaissance rempli la salle. Il était si réconfortant de savoir que Mahikari avait des liens si forts et recevait un tel appui du gouvernement japonais et de nombreux diplomates étrangers. Une liste apparemment sans fin d’excuses fournies par d’autres politiciens pour leur absence fut également lue.

Comme les quatre heures de cet événement magique touchaient avec bonheur à leur fin, une plaque spéciale fut dévoilée. On nous dit que l’inscription de la plaque était une nouvelle révélation de notre sauveur. Ce fut donc le souffle coupé et le coeur battant que nous observions un haut dirigeant lentement et solennellement enlever le rideau qui la couvrait. Immédiatement, un tonnerre d’applaudissements respectueux fit trembler les fondations du temple. ² SEI SHU !² annonça-t-on, ² Sei-Shu, joyau sacré, celui qui a reçu la puissance et la responsabilité de sauver l’humanité.² Notre bien-aimée Keishu avait été élevée spirituellement par Dieu et avait reçu le nouveau nom spirituel respectable de Seishu qui s’accompagnait de cette nouvelle responsabilité et de cette nouvelle puissance.

Avec tristesse, ce jour mémorable toucha à sa fin et nous descendîmes les escaliers pour retrouver nos autocars. C’était une belle journée d’automne, les feuilles avaient toutes prises des teintes d’automne et la neige était récemment tombée sur les hauts sommets des alpes japonaises. Tout était si céleste. En descendant les escaliers, je restais émerveillé par les divers symboles religieux représentés çà et là sur le temple. Ceux-ci reprenaient notre symbole bien-aimé de Mahikari, le sceau royal de l’empereur japonais, le chrysanthème aux seize pétales et les croix de feu ou svastikas.

CHAPITRE 5

Le temps du ciel était arrivé et la lumière du salut rayonnait désormais sur le monde entier, partant du temple doré de Dieu. Le niveau spirituel de notre bien-aimée Keishu s’était encore davantage élevé, ce qui signifiait que nous allions recevoir davantage de puissance et de protection. Posant un acte d’humilité, elle avait décidé de ne pas être appelée Seishu, car la valeur spirituelle de ce nom pouvait apparaître trop impressionnante ou trop profonde à certaines personnes. Elle continuerait donc à utiliser le nom de Keishu et peut-être celui de Seishu uniquement à des occasions spéciales où il serait plus approprié.

Keishu était satisfaite de mes activités dans la région australienne et elle décida que je devais rester quatre mois de plus au Japon et y suivre un entraînement spécial. Elle souhaitait que je devienne plus qu’un simple lieutenant dans son armée.

Dès que j’eus dis au revoir à la délégation australienne, à Wendy et à notre sixième enfant, une petite fille de quatre mois, je fus immédiatement conduit au centre d’entraînement de Mahikari au centre du Japon. Ce centre est situé à proximité du temple de Dieu à Kuguno dans la préfecture de Gifu et est installé dans une forêt de pins dans les avancées des alpes japonaises. En général, il y a environ cent vingt jeunes adultes qui s’y entraînent, tous aspirant à devenir des dirigeants. J’étais déjà dirigeant et mon entraînement devait donc me donner une compréhension plus profonde de la volonté de Keishu et de notre sauveur.

² L’entraînement qu’il vous est permis de recevoir ici doit vous rendre aussi dur que l’acier. Comme l’épée d’un samurai est durcie par une forte chaleur et un grand froid, il en ira de même pour votre âme, votre esprit et votre corps. Vous devez apprendre à faire un avec notre sauveur et Keishu dans votre corps et dans votre âme,² commanda le responsable en chef du centre d’entraînement d’une voix puissante et affreusement formelle. ² Les nouveaux arrivants, veuillez amener vos bagages à la salle d’inspection et attendre de nouvelles instructions,² ordonna-t-il.

Les nouveaux arrivants se composaient de huit jeunes adultes brésiliens et de moi-même. Apparemment, le programme d’entraînement officiel avait commencé environ une semaine auparavant et nous, derniers arrivés, devions rattraper le retard. Les stagiaires japonais devaient passer un ou deux ans ici. Mon cas était spécial et je devais apprendre tout ce que je pouvais au cours de ma brève période de quatre mois. Dans la salle d’inspection, nos bagages et nos effets personnels furent minutieusement fouillés et les appareils photos, les cassettes et tous les objets considérés comme superflus ou de luxe furent confisqués. Entraient dans cette catégorie toutes sortes de lecture, la nourriture et le matériel de maquillage pour les femmes. On nous donna des uniformes d’entraînement et des vêtements de couchage et peu après un coiffeur arriva et rasa les têtes des jeunes hommes et tailla court les cheveux des femmes. Comme j’étais déjà un dirigeant, on m’épargna cette épreuve, mais la longueur de mes cheveux fut considérablement réduite quand même.

Un des thèmes dominants de l’entraînement était d’apprendre à être obéissant à nos supérieurs, quels que soient les doutes ou les difficultés que nous vivions. « Si Dieu ne peut compter sur vous pour obéir aux ordres lorsque la situation devient plus difficile, vous pourriez devenir un obstacle au programme divin, » nous expliqua-t-on.

² Les mauvais esprits essaieront de perturber votre entraînement en vous remettant en question ou en vous faisant quitter l’entraînement. Si cela se produit, prenez conscience de votre faiblesse et recevez tout votre entraînement avec encore plus de reconnaissance et d’enthousiasme. C’est le seul moyen de garder un comportement juste au cours de votre séjour ici, ² nous informa-t-on de manière plus formelle.

Ce soir-là, je dépliais mon futon sur le sol du dortoir que je partageais avec environ soixante-dix autres jeunes stagiaires masculins. Je devais honnêtement reconnaître que je n’étais pas sûr d’être à ma place ici. Ressentant un profond sentiment de honte à cette pensée, je finis par m’endormir au milieu des ronflements des autres stagiaires.

Il était cinq heures du matin lorsque le clairon sonna. Immédiatement, tout le monde sauta sur ses pieds, plia frénétiquement son matériel de couchage et se précipita à l’office afin de plier tout le matériel correctement. Probablement quatre-vingt-dix secondes s’étaient écoulées depuis le son du clairon et déjà presque tous les stagiaires étaient alignés dehors sur le terrain d’exercice. En quatre minutes, le silence s’était fait et nous attendions tous avec attention l’arrivée de notre instructeur. Il était 05H04, il faisait noir et il y avait environ -20 degrés C°, alors que nous étions alignés debout à dix centimètres l’un de l’autre dans la neige de ce début d’hiver. Quelques instants plus tard, notre instructeur du jour s’installa sur le podium situé en face de nous. Il nous regarda en silence et jeta un coup d’oeil à sa montre. Soudain, il hurla : ² Il est 05H04 ! Vous savez que vous devez être tous rassemblés à 05H03 ! Comment pouvez-vous faire attendre Dieu ! C’est honteux ! Tout le monde reprend son matériel de couchage et se rendort, nous allons recommencer ! MAINTENANT !²

L’atmosphère glaciale s’emplit soudain d’exclamations japonaises d’excuse ² HAI ! HAI ! GOMENASAI.²² Oui ! Oui ! Je suis désolé !² .

En cinq minutes, nous faisions tous semblant de dormir dans nos lits bien chauds attendant le redoutable son du clairon.

Ce ne fut qu’environ vingt minutes plus tard qu’il résonna et je soupçonnais nombre de mes camarades de s’être vraiment endormis. Heureusement, cette fois nous étions tous rassemblés dans les temps demandés lorsque notre instructeur commença ses annonces habituelles.

² Bonjour tout le monde.²

² Bonjour, Monsieur !² répondions-nous instantanément et avec chaleur, d’une seule voix.

² Comme la neige est tombée cette nuit, vous allez tous nettoyer le terrain d’exercices. Allez chercher une pelle à l’office et commencez immédiatement. Lorsque vous aurez fini, venez me le dire et vous commencerez alors votre marche d’entraînement jusqu’à l’aube,² ordonna notre instructeur.

« Hai ! » fut notre réponse instantanée.

« Ca ne me semble pas très enthousiaste. Si vous ne pouvez pas vous enthousiasmer à nettoyer la neige sur le terrain d’exercice, vous pouvez également dégager la route d’accès ! Avez-vous compris ? »

« HAI ! » Hurlions-nous d’une seule voix du fond de nos poumons. Le soleil n’allait pas se lever avant une heure et demi.

« Stop ! Demi-tour ! Garde à vous ! » ordonna à un moment notre instructeur et il continua. « L’aube s’est levée. Nous devons à présent hisser notre drapeau et chanter notre bien-aimé hymne national en l’honneur de notre empereur et de notre pays. »

Comme le drapeau sacré était lentement hissé sur sa hampe, la musique de l’hymne s’éleva soudain de plusieurs haut-parleurs placés à des endroits stratégiques sur le terrain d’exercices. Quelqu’un avait été assez gentil pour m’écrire les paroles sur un bout de papier et me l’avait discrètement passer afin que, moi aussi, je puisse chanter d’une seule voix en l’honneur de notre empereur et de notre pays.

Après la cérémonie du drapeau, diverses informations détaillèrent notre programme du jour. Toutefois, avant, il y avait le petit-déjeuner et ensuite, notre journée allait commencer.

Une fois dans la salle à manger chauffée, il m’apparut clairement que certains stagiaires étaient destinés à manger et d’autres à servir. Heureusement, ce jour-là, je devais manger. Ceux qui devaient servir pourraient manger rapidement si le temps le permettait ensuite. Tous les repas devaient être pris en une seule fois et il n’était pas permis d’arriver en retard ou de laisser de la nourriture dans son assiette. C’eût été faire preuve d’ingratitude. La nourriture était servie dans un assortiment de petits plats japonais placés devant vous. Lorsque tout le monde avait été servi et le calme revenu, l’instructeur du jour entrait et prenait sa place spéciale le plus loin possible de la porte. Suivaient les prières de remerciement. Personne ne pouvait commencer avant l’instructeur, et dès qu’il avait terminé, nous devions également nous arrêter et attendre d’autres instructions. S’il quittait la pièce sans un mot, cela signifiait que nous ne pouvions pas continuer à manger et que nous devions commencer le nettoyage. Mais si, en partant, il disait : « Continuez sans moi », nous pouvions continuer à manger. Cela nous apprit à manger en tenant un oeil sur notre nourriture et l’autre sur notre instructeur et, si possible, nous devions l’anticiper s’il s’arrêtait soudainement et quittait la pièce. S’il n’avait pas faim, nous non plus ne pouvions pas avoir faim. Toute conversation était rigoureusement interdite. Tous les repas devaient être pris de cette façon et, parfois, on nous disait qu’il n’y aurait pas de repas, car certains individus avaient manqué de gratitude dans leurs repas. Bien sûr, tout manque de reconnaissance ne pouvait être amendé par une simple excuse et nous devions tous exprimer la reconnaissance appropriée pour que ces manquements nous soient soulignés afin que nous puissions progresser spirituellement.

En fonction de notre emploi du temps du jour, le temps entre les repas se passait en séances d’étude, en tâches de cuisine, en travail au jardin ou en nettoyage de la neige. Chaque moment de la journée était consacré avec profit à l’étude ou au travail pour Dieu.

Le soir, nous avions droit à notre seul luxe de la journée, le traditionnel bain chaud japonais relaxant. Quoi qu’il en fut, ce luxe ne fut jamais refusé à personne, car ce rituel de purification quotidien faisait partie intégrante de notre entraînement spirituel. C’était le seul moment de la journée où nous pouvions communiquer librement et ouvertement avec nos compagnons. Un temps d’études personnel suivait le bain et l’extinction des lumières se produisait à 22H30 précises.

Pour la première fois de ma vie, je vivais dans un monde complètement isolé et tout était si étranger et si strict. On nous faisait des remontrances pour la moindre incartade. Dieu nous préserve, si, par exemple, un stagiaire cassait accidentellement une tasse ou de la vaisselle dans la cuisine. Il s’agissait là d’une grande manifestation d’ingratitude pour le matériel que Keishu nous avait aimablement fournis. Aucune excuse ne pouvait effacer un tel acte inconsidéré.

Afin que chaque stagiaire dispose de suffisamment de temps pour réfléchir à une telle ingratitude honteuse, on lui infligeait des heures supplémentaires de nettoyage de la neige autour des immeubles.

On procédait au hasard à des inspections de nos armoires et que Dieu aide celui qui ne passait pas avec succès cette inspection, pour avoir montré son manque de gratitude pour toutes les protections matérielles que nous recevions constamment de Dieu, malgré nos profonds péchés impardonnables.

Pour nous aider dans notre attitude morale et notre routine journalière d’avant l’aurore, une musique militaire était jouée partout dans le complexe pendant des heures, jour après jour. Je commençais à me sentir prisonnier, malgré l’absence de barreaux et de murs.

² Vous pouvez partir quand vous voulez² , nous rappelait-on souvent.

² Si vous le faites, vous devrez en répondre à Dieu, pas à nous, notre rigueur n’est pas aussi sévère, car nous sommes seulement des humains, mais la rigueur de Dieu est extrêmement sévère. Vous devrez en répondre directement à lui si vous décidez de partir.² Comme on pouvait s’y attendre, très peu de stagiaires essayèrent de s’échapper, car nous en savions tous beaucoup trop à présent. Nous ne pouvions jamais quitter le complexe, sauf pour aller parfois prier au Temple de Dieu, qui n’était qu’à 15 minutes en voiture. Au cours de ces rares visites, nous étions toujours accompagnés par plusieurs de nos instructeurs, qui s’assuraient que nous ne parlions pas avec d’autres personnes. Il nous était interdit de posséder de l’argent, ce qui nous empêchait d’acheter de la nourriture et des boissons, ce dont nous avions tous envie, dans les distributeurs qui font partie du paysage japonais, même près du temple de Dieu.

Il était interdit à tous les visiteurs d’utiliser la TV, la radio, d’écouter de la musique et de lire les journaux et les magazines. Il était de toute façon impossible de les acheter, puisque nous n’avions pas d’argent. On nous rappelait régulièrement que nous devions écouter la volonté de Dieu et que de telles distractions ne faisaient que ralentir nos progrès.

² Lorsque vous aurez accompli votre entraînement ici, vous ne serez plus simplement des soldats de Dieu, mais ses troupes d’élite !²

La peur du jugement imminent de Dieu et de la honte qui accablerait nos familles et nos centres si nous échouions nous maintenaient parfaitement à notre place.

Il n’y avait pas d’autres choix que de tout faire de tout son coeur. Tout manquement serait, tôt ou tard, détecté par nos instructeurs, nous attirant d’implacables remontrances jusqu’à ce que nous changions notre attitude.

² Vous serez entraînés à devenir l’élite dans l’armée de Dieu, acceptez donc vos souffrances avec fierté et gratitude.²

L’hiver dans les alpes japonaises peut devenir extrêmement froid. Tout était enfoui sous presque deux mètres de neige et de grosses chandelles de glace coulaient du toit et touchaient presque le sol. Nous nettoyions régulièrement la neige de notre terrain d’exercices dans des températures d’environ -20 degrés C avant de commencer notre marche avant l’aube.

Il était trop irrespectueux de chanter l’hymne national en portant des bonnets et des gants, même dans de telles conditions et, une fois la dernière strophe chantée, nos oreilles et nos mains étaient complètement endoloris. « Notre empereur serait très fier de voir un tel attachement et une telle loyauté, » s’exclamait parfois notre instructeur, surtout lorsqu’il faisait extrêmement froid et que nous étions au garde à vous dans la neige, les doigts et les oreilles gelés.

Cette situation dut s’avérer particulièrement difficile pour les stagiaires brésiliens, qui n’avaient jamais connu de telles températures.

Afin d’augmenter l’intensité de notre entraînement divin, la quantité de nourriture était peu à peu réduite, provoquant un sentiment perpétuel de faim modérée. Cette sensation, associée aux températures extrêmement basses et à l’isolement total, devait devenir notre plus pénible épreuve. Nos esprits commençaient à se concentrer uniquement sur la nourriture et nous commencions tous à oublier les raisons pour lesquelles nous étions là.

« Vous êtes ici parce que vous avez davantage d’impuretés que les autres. Avez-vous oublié les enseignements de notre sauveur ? » Comme nous commencions à puiser dans nos réserves de graisse superflue, le froid intense fit empirer nos souffrances. Après quelques mois, moi aussi, je commençais à oublier comment et pourquoi j’étais venu là. Je suivais simplement les ordres et admettais que, malgré mes grandes impuretés, Dieu m’utilisait quand même. Nous pensions et nous nous déplacions tous comme des zombies, mais d’un seul ensemble. Ce fut environ à ce moment qu’une mystérieuse maladie de la peau très contagieuse se déclara. Environ un tiers des stagiaires contractèrent des éruptions cutanées moyennes ou sévères, qui, dans certains cas, couvraient presque tout le corps et entraînait une mise en quarantaine dans d’autres bâtiments. Il nous était interdit d’avoir des contacts avec ces personnes. Entre-temps, des rumeurs tout aussi contagieuses se répandaient parmi les stagiaires, telles que ² C’est l’oeuvre d’une divinité perturbatrice du dragon rouge qui essaie d’influencer notre entraînement.² Nous savions tous que toucher les troupes d’élite de Keishu constituait le moyen le plus efficace de perturber le plan de Dieu. Semaine après semaine, leurs éruptions se développèrent dans de nombreux cas en irritations suintantes, mais, comme ce devait être leur purification, personne n’interviendrait dans la providence de Dieu. Plusieurs personnes restèrent dans cet état, complètement immobilisées, pendant plusieurs mois. Je devais quitter le camp d’entraînement bien avant que la plupart d’entre eux ne soient suffisamment bien pour sortir de leur quarantaine.

Jour après jour, nous assistions à des séances d’études dispensées par divers professeurs. Parfois, ces études étaient menées par des personnes âgées qui avaient connu et avaient accompagné notre sauveur dans les premiers jours difficiles de la fondation de Mahikari. Nous apprîmes la signification spéciale du drapeau japonais, que la sphère rouge sur fond blanc représente la Déesse du Soleil, le centre de toutes activités, faisant donc du Japon la terre où les Dieux sont descendus pour la première fois sur terre. Cela explique également pourquoi la destinée du Japon est d’importance primordiale dans les événements mondiaux.

Le chrysanthème composé de seize pétales, l’emblème royal de l’empereur japonais, représente les seize directions différentes dans lesquelles les empereurs anciens envoyaient leurs enfants afin d’apporter la civilisation et la culture supérieures au monde entier. Le symbole sacré de Mahikari est dérivé de cet emblème et représente également les seize directions différentes. Il nous incombe une fois encore d’apporter le salut à ces seize directions, le temple doré de Dieu au Japon en étant le point central. Ce qui explique pourquoi notre symbole est si sacré. Même s’ils nous est permis de porter le symbole comme un badge sur notre veste, nous devons toujours nous laver les mains avant de le toucher et il ne doit jamais tomber par terre ou toucher le sol. Si nous perdons notre badge, nous devons demander pardon à Dieu du plus profond de notre coeur avant de pouvoir demander la permission d’en porter un nouveau. Comme pour tous les livres sacrés, qui, eux aussi, ne doivent jamais être placés sur le sol et doivent toujours être manipulés les mains propres. Ce principe s’applique également à toutes les photos de notre sauveur, de Keishu et du temple de Dieu. « Il s’agit d’une organisation divine ! » nous rappelait-on.

Nous étudions également le contenu de conférences ultra-secrètes données par le chef des Juifs francs-maçons uniquement à un public juif. On nous dit que ces conférences secrètes constituaient le projet d’un plan juif pour la domination du monde grâce à l’utilisation de la puissance de l’argent, de l’or, de fausses théories et de la science fallacieuse. On nous expliqua qu’il nous incombait de détruire cette conspiration et d’établir la paix mondiale en créant une théocratie soumise à la loi divine basée sur les révélations de notre sauveur.

Avec soulagement, mon temps d’apprentissage arrivait à sa fin et, tôt un matin, on me conduisit au temple de Dieu sur les routes couvertes fraîchement de neige épaisse. Aux yeux de tous, j’avais accompli avec succès mon entraînement et, avant de retourner en Australie, je devais assister à une importante cérémonie au temple.

La vue de l’énorme temple avec son haut toit doré disparaissant sous un tourbillon de neige me remplissait d’une terrible crainte respectueuse. Mon petit corps commença à trembler à la pensée de monter toutes ces marches glissantes couvertes de neige. J’avais faim, froid et j’étais fatigué. Je voulais simplement retourner chez moi et rejoindre ma famille. Je me sentis honteux d’entretenir de telles pensées égoïstes après tout mon entraînement spécial. ² J’avais manqué de respect envers Dieu en pensant de cette façon, surtout là debout au bas des marches menant aux cieux,² pensais-je, sombre, confus et mélancolique. La tension de ces dix dernières années, associée à ces quatre derniers mois de polissage intensif de l’âme, m’avait laissé faible, tant physiquement que mentalement. Je ne me sentais pas dans la peau d’un soldat d’élite de Dieu. Je voulais simplement retourner à la maison. Comment expliquer les raisons de cet état d’esprit ? Bien sûr, je désirais toujours servir Dieu. Peut-être avais-je juste besoin d’une pause.

« Si Dieu prenait ne fût-ce qu’une seule seconde de vacance, nous péririons tous immédiatement. » J’entendais sans cesse les enseignements se bousculer dans ma tête. « Dieu vous a choisis ! » s’ajoutait à la cacophonie croissante des enseignements, des clichés et des paroles divines qui tournoyaient en moi sans fin et sans que je puisse les contrôler. « Si vous ne sauvez pas le monde, qui le fera ? ».

C’était avec ces pensées et ses sensations de fatigue, d’échec et de confusion que je m’installais enfin dans l’énorme auditorium du nouveau temple de Dieu. Même si cette fois je me sentais terriblement seul parmi les 10.000 autres personnes.

Je ne me rappelle pas de tous les événements qui se produisirent au cours de la cérémonie, car mon esprit ne s’apaisait pas et ne me permettait pas de participer pleinement. Heureusement, je fus un peu soulagé de mes pensées confuses et incontrôlables lorsque les 10.000 membres simultanément firent éclater un tonnerre d’applaudissements. Ce qui me permit de me concentrer temporairement sur Keishu qui prenait position derrière son micro divin. La cérémonie était à présent terminée et elle allait procéder à une annonce importante.

Tout ce que je désirais, c’était de dormir, d’échapper à mon esprit incontrôlable. Keishu commença à parler.

« Cela fait à présent quatre mois que Dieu nous a permis d’achever son temple ici à Takayama, le berceau de la civilisation mondiale. Nous ne devons jamais oublier que c’est à notre sauveur qu’a été confié le rôle de nouveau messie, ainsi que la responsabilité de réaliser cette alliance d’extrême importance entre Dieu et ses graines. Aucune somme de gratitude possible ne pourra jamais suffire quand nous pensons aux grandes difficultés qu’il a dû endurer afin que l’humanité puisse être sauvée. Le moins que nous puissions faire à présent est de construire un sanctuaire divin en mémoire de notre sauveur. Ce ‘Sanctuaire de Lumière’ sera le lieu où vous pourrez entrer en contact avec l’esprit divin de notre sauveur. Ce sera un lieu d’où il pourra voir les graines du monde entier. Le sanctuaire sera une grande pyramide composée de cinq niveaux à construire dans les magnifiques forêts du Mt Maru au pied du Mt Kurai, non loin d’ici. Il s’agit d’une partie importante du programme de Dieu pour établir une civilisation spirituelle sur terre. A présent que nous avons réalisé la construction du temple de Dieu, nous devons nous dépêcher avec le même sentiment d’urgence et accomplir le ‘Sanctuaire de Lumière’, dès que possible. Tout retard déplaira à Dieu. » Une fois de plus, un tonnerre d’applaudissements résonna dans l’énorme auditorium, plein à craquer.

« Une autre construction urgente ! Une pyramide à cinq étages ? » étaient les seuls mots sur lesquels je pouvais concentrer mon attention. Ma résistance était très affaiblie et Keishu avait touché une corde sensible. Comme un cancer commence par envahir seulement une cellule affaiblie, ses mots m’avaient transpercé, d’autant plus facilement que mon état physique et émotionnel était affaibli. « Cela veut dire que nous devrons tous nous sacrifier totalement une fois encore ? Quand cela va-t-il s’arrêter ? ». Ces pensées honteuses commencèrent à trouver écho dans mon esprit.

Keishu continua. ² En tant que partie du plan de Dieu, il a également demandé que nous construisions un ² Musée du souvenir² , où l’on pourra voir et étudier les différents aspects de la vie quotidienne de notre sauveur. Là, les hommes pourront avoir l’occasion d’apprendre quelle grande âme c’était. Nous devons également nous dépêcher pour le salut de l’humanité et construire un hôpital spirituel de Mahikari où les médecins du monde entier pourront venir et étudier les véritables causes de la maladie. C’est la volonté de Dieu.² D’autres applaudissements spontanés.

² Oh mon Dieu, je suis fatigué ! Je suis exténué ! Je suis désolé !² , hurlais-je silencieusement. Le discours de Keishu fut suivi de différentes danses traditionnelles japonaises pittoresques réalisées par des centaines d’énergiques membres du groupe des jeunes.

Comme je fixais de mes yeux troublés et confus tout ce tourbillon de jeunes danseurs, je commençais à me rendre compte qu’une petite, et pourtant invisible fissure était apparue dans mon armure. L’impensable s’était produit. J’avais douté de la volonté de Dieu.

² Que vont penser mes membres lorsque je leur dirai qu’il semble que ce n’est que le début ? Quelle sera leur réaction ? La plupart d’entre eux ont tout donné ! Puis-je faire face à ces défis avec l’enthousiasme nécessaire ? Notre sauveur a-t-il besoin d’une pyramide à cinq étages ? Quelle honte pour moi de penser de cette façon, dans son temple !²

² Keishu quitte la salle !² annonça-t-on. Keishu partit avec élégance, accompagnée par un tonnerre d’applaudissements, indiquant que tout le monde acceptait de tout son coeur les annonces divines.

² Les invités spéciaux quittent la salle,² continua le speaker. Accompagnés par une autre salve d’applaudissements, environ cent cinquante politiciens, ambassadeurs et éminents citoyens se dirigèrent vers la sortie spéciale. La cérémonie était terminée et vingt-quatre heures plus tard, j’étais chez moi, avec ma famille.

Après une bonne nuit de sommeil et un changement complet d’environnement, je me remettais à ma bonne vieille routine. La petite fissure qui s’était développée se comblerait sans doute avec le temps et personne n’en saura rien.

Tout mon être avait été soulagé de revenir à la maison et mon esprit se replaça son mon contrôle. Wendy et nos six enfants étaient très heureux de me revoir après une si longue absence. Comme pour n’importe quel soldat de Dieu, ou dans mon cas pour un soldat d’élite, je commençais mon emploi du temps divin complet le jour suivant. Une fois encore, je recommençais à voyager à travers notre vaste empire du soleil tenant des cours élémentaires, des séances d’études et donnant la lumière. De manière surprenante, la plupart des membres acceptaient leurs nouvelles responsabilités concernant la construction du Sanctuaire de Lumière et les autres bâtiments avec un degré modéré d’enthousiasme. Peut-être que l’entraînement qu’ils avaient reçu pendant ces années était plus efficace que je ne l’avais imaginé. Ceux qui semblaient d’abord un peu réticents s’enthousiasmeraient certainement au fur et à mesure que les défis prendraient forme.

A mon effarement et à mon horreur, la petite fissure dans mon armure refusait de se colmater d’elle-même. Malgré mon emploi du temps chargé et ma dévotion apparemment sincère, elle persistait obstinément. Elle pesait sur mon esprit, de manière alarmante.

² Que se passera-t-il si quelqu’un s’en rend compte ?² pensais-je.

Etant donné que les responsables étaient très bien entraînés à détecter même les plus petites fissures, je savais que ce n’était qu’une question de temps avant que tout n’éclate. ²Pense à la honte. Que doivent penser notre sauveur et Keishu ? Ils ont le pouvoir de lire dans mes pensées. Ils doivent sûrement le savoir maintenant. Ce n’est qu’une question de temps avant que le coup de téléphone fatal ne vienne de la maison-mère du Japon demandant à Maître Grant Thompson ou à d’autres de prendre les mesures nécessaires envers moi.²

Les mois passèrent lentement et il semblait que je développais un sorte de double personnalité. A la surface, tout était impeccable. J’appris rapidement que quand il s’agissait de guider ou de faire référence à nos nouveaux défis au Japon, je devais simplement insister plus lourdement sur les points importants avec un excès d’enthousiasme. Cette attitude camouflait avec succès mes vrais doutes intérieurs, même à moi-même.

² Si vous n’appréciez pas ou ne comprenez pas la signification de ces projets, cela signifie simplement que votre âme est trop polluée par des impuretés spirituelles. Si vous faites davantage d’efforts pour servir Dieu, ces impuretés seront éliminées et vous pourrez alors comprendre,² était mon prêche, rendant mon camouflage encore plus efficace.

En fin de compte, malgré mes efforts pour colmater la fissure, celle-ci ne faisait que croître. A présent, aucun prêche ne semblait vouloir la guérir. Mystérieusement, plus je me camouflais, plus la fissure s’élargissait. Je commençais bientôt à mettre en doute la signification du temple de Dieu, car c’était dans le temple de Dieu que la fissure était apparue dans mon armure.

J’espérais et priais pour qu’un jour, tout ceci soit passé et que je sois libre de poursuivre mon rôle toujours important dans le programme de Dieu. Les deux factions opposées de mon esprit refusaient simplement de se réconcilier. ² Avec ma place dans la pyramide de la hiérarchie divine, qui pourrait servir de médiateur entre mes deux factions opposées ?² Je décidais qu’il n’y avait pas d’autre alternative que de continuer, quoi qu’il arrive, dans l’espoir que le temps ferait son effet. Entre-temps, j’appris à devenir un maître du déguisement. De manière surprenante, je commençais à devenir indifférent à toute l’affaire et à pouvoir continuer à fonctionner à un niveau acceptable sans qu’on le remarque. Je savais que je trichais avec moi-même, mais je vivais dans l’espoir qu’un jour, il me serait permis à moi aussi de comprendre. Pour le moment, cependant, je dois garder le secret et faire de mon mieux.

Le temps passa lentement et les années succédèrent aux mois. De temps en temps, les rapports des progrès effectués, ainsi que des dessins d’artistes du Sanctuaire de Lumière arrivèrent du Japon. Ils servaient simplement à me rappeler les fissures de plus en plus grandes dans mon armure, alors que d’autres membres étaient encouragés lorsque ces informations étaient affichées dans les centres.

Une année, je ne fus pas choisi pour mener le pèlerinage annuel des membres destiné à visiter le temple doré de Dieu. Comme cela arrivait parfois, on me confia la mission de tout superviser en l’absence de Maître Grant Thompson et des autres responsables. Un de mes devoirs était de diriger une cérémonie anniversaire annuelle en Australie qui devait coïncider avec la grande cérémonie anniversaire au Japon qui était considérée comme une cérémonie de transition pour tous ceux qui ne pouvaient pas visiter le Japon à cette occasion. Pour cette raison, de nombreux membres firent le pèlerinage à Canberra venant de tous les coins d’Australie. Il était de coutume d’avoir cinq membres qui dirigeaient les prières au nom de la congrégation. Etant donné que notre groupe des jeunes de Mahikari avait été extrêmement actif récemment, je décidais de ne choisir que des membres du groupe des jeunes pour diriger les prières dans leur uniformes verts et blancs.

Ce fut une cérémonie des plus encourageantes rassemblant environ trois cents membres de toute l’Australie et tout fut réglé comme sur du papier à musique. J’arrivais chez moi ce soir-là vers 18H00 et me sentant plutôt exténué, je m’affalais dans mon fauteuil et regardais la télévision pour essayer de me changer les idées et de me détendre un peu.

² Cinq jeunes gens ont été tués sur le coup dans une tragique collision frontale juste en dehors de Canberra il y a quelques heures. Les premières indications sur cet événement semblent indiquer qu’ils étaient tous membres d’une secte religieuse et quittaient Canberra, vraisemblablement pour Melbourne.² La nouvelle s’accompagnait d’images du site de l’accident et des restes de ce qui fut une voiture. Immédiatement, le téléphone sonna. C’était le coordinateur du centre de Mahikari de Melbourne. ² La police de Melbourne vient de visiter les parents d’un de nos membres qui était à Canberra aujourd’hui. Selon elle, il a été tué dans un accident de voiture en revenant chez lui. Comment vont les quatre autres ? Pouvez-vous vous informer pour moi ? Je pense que cinq membres voyageaient ensemble ; trois de Melbourne, un de Hobart et un de Canberra !²

La petite lueur chancelante que je conservais encore envers Keishu s’éteignit immédiatement et définitivement.

A notre plus grande horreur, il nous apparu que cinq de nos membres avaient été tragiquement tués dans une collision frontale à environ cinquante kilomètres de Canberra.

« Je vais appeler immédiatement la police et je vous rappellerai. Donnez-moi les noms de ceux qui étaient dans la voiture, » demandais-je plein d’appréhension, tandis que le coordinateur du centre de Melbourne me transmettait un à un les noms de cette liste mortelle. « Oh mon Dieu, ils sont tous les cinq membres du groupe de jeunes et deux d’entre eux ont dirigé des prières à la cérémonie de ce matin. » Instantanément, mon armure éclata et s’éparpilla sur le sol. Spirituellement, j’avais été mortellement touché.

La police était heureuse que je téléphone, car elle n’avait pu identifier qu’un seul des corps. Elle me demanda de venir essayer d’établir l’identité des quatre autres.

L’un après l’autre, le sergent de police, qui m’accompagnait dans la petite morgue bondée de la petite ville près du lieu de l’accident, souleva les draps blancs. En dessous d’un de ceux-ci, gisait un corps mutilé d’un des membres d’élite du groupe des jeunes de Dieu.

² Comment ? Pourquoi ?² demandais-je. ² N’étaient-ils pas les graines, les élus de Dieu, bénéficiant d’une surabondance de protection ? Est-ce le temps du ciel qu’ils finissent de cette façon ?²

J’avais connu chacun d’entre eux personnellement et je les aimais très fort. Je savais à présent que je ne pourrais pas, que je ne voudrais pas simplement accepter une autre interprétation spirituelle sur la cause d’un tel destin tragique et je savais que ce n’était qu’une question de temps avant qu’une déclaration spirituelle ne soit faite. Je savais qu’une interprétation serait choisie parmi un nombre toujours croissant de possibilités, comme cela se produisit dans le passé. L’implication dans des activités sexuelles illicites, l’abus de drogue, un service divin inadéquat, sacrifiés à cause du manque de sincérité général des membres, etc. étaient des réponses types qui, je le savais, seraient placées sur la liste spirituelle des explications.

Un après l’autre, je les fixais tristement, gisant silencieux et immobiles sur leurs lits d’acier froid. Je pris la résolution de ne plus accepter aucune autre interprétation ou révélation divine.

De nombreuses années auparavant, j’avais vendu mon âme à Keishu et, à présent, je voulais la récupérer. Cette fois, je désirais être responsable de mes actions et de mes décisions. Tout mon esprit et mon âme avaient été saturés par l’esprit de Mahikari et je voulais maintenant l’exorciser. Je voulais essayer de penser pour moi-même en tant qu’individu. La pratique de penser et de vivre dénué de toute personnalité commençait à me rendre malade. Je voulais retrouver le chemin sur lequel je me trouvais avant de rejoindre Mahikari.

La vue de ces cinq jeunes adultes morts, que j’avais tant aimés, fit que mon esprit se sépara provisoirement de mon corps me permettant de voir tous nos efforts et nos activités comme un film qui repassait devant moi. Ce n’est qu’à ce moment que je vis ces images sous un angle objectif.

Je pouvais nous voir tous tels que nous étions. Un groupe de gens fanatiques attachés les uns aux autres par les chaînes de la peur et de la culpabilité. Où que nous allions, et quelle que soit la personne avec qui nous parlions, nous répandions ces émotions dégénérées contagieuses. S’il ne s’agissait pas de la crainte de Dieu, c’était la crainte des esprits. Sinon, c’était la crainte de nos propres jugements sur les autres. La crainte et la culpabilité motivaient toutes nos pensées, toutes nos paroles et tous nos actes. Nous étions tous des esclaves de l’esprit de Mahikari et j’étais un de ses gardes-chiourmes.

La peur et la culpabilité avaient poussé ces cinq jeunes adultes vers le centre ce jour-là. Leurs morts n’étaient pas provoquées par le courroux de Dieu, mais bien par l’esprit de crainte et de culpabilité que nous couvions. Lorsque le film s’arrêta enfin de défiler, l’image fut à nouveau remplacée pour la vue des cinq cadavres. Après avoir identifié tous les corps, la police me donna plusieurs sacs contenant leurs effets personnels. Il leur avait été difficile d’établir ce qui appartenait à qui et il apparut qu’ils portaient tous leurs livres de prières et de révélations avec eux. Comme je les ramassais, je devins malade à la vue des livres divins maculés du sang de leurs propriétaires décédés.

² Quel sorte d’esprit l’organisation de Mahikari avait-elle déchaîné sur l’humanité ? Etait-ce cela le goût du paradis ?² pensais-je sombrant dans la plus totale incrédulité.

Je savais que devais échapper à cette folie avant qu’il ne soit trop tard. ² Que devais-je faire ? Où aller ?² furent les premières pensées objectives que j’avais eues depuis de nombreuses années.

Heureusement pour moi, l’absence de mon armure devint évidente pour tout le monde et il y eut peu, voire aucune résistance à l’idée de mon écartement. Si on me laissait m’attarder, cela pouvait influencer ou faire obstacle aux progrès du programme divin. Ainsi, tranquillement et presque à l’insu de la plupart des membres, Wendy, nos six enfants et moi-même quittèrent Canberra en voiture, notre ville au cours de ces vingt dernières années. L’esprit de Wendy et le mien étaient jetés dans le chaos et étaient remplis de la peur supplémentaire du futur inconnu qui nous attendait. Soudain, nous étions confrontés au fait que nous n’avions aucune carrière, aucune perspective de carrière, pas d’argent et pas d’amis. Après tant d’années passées dans Mahikari, les seules personnes que nous connaissions étaient des membres actifs. Afin d’échapper à la folie et de nous retrouver, nous savions que nous devions quitter la ville. Nous avions décidé que nous ne voulions pas rester exposer à la possible influence des responsables ou des membres. Nous voulions retrouver nos personnalités et nettoyer nos esprits. Je commençais à comprendre que j’étais le père de six enfants qui avaient faim et qu’ils me connaissaient à peine, ce qui me bouleversait. ² Comment pourrais-je jamais compenser tout cela ? Je ne connais même pas leurs dates de naissance !²

Privés de la plupart de nos possessions et manquant d’argent, de confiance en nous, de perspectives, d’amis, de travail, de futur et sans Dieu, nous parvînmes à nous établir dans une petite ville de campagne au nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Là, nous espérions oublier peu à peu les expériences du passé et commencer une nouvelle vie centrée sur la famille. Je devais également être confronté au fait que j’avais une famille et que je devais apprendre à vivre avec elle. Je ne sais pas comment nous avons réussi à survivre à cette période. Même si nous reconnaissions qu’une profonde crainte et une grande culpabilité constituaient l’épine dorsale de Mahikari, nous ne pouvions pas nous libérer de ces phobies enracinées simplement en le voulant. ² Comment pouvais-je trahir Keishu après tout ce qu’elle avait fait pour moi ? Quand Dieu allait-il invoquer sur nous son courroux pour ce que nous avions fait ? Sommes-nous réellement sous l’influence du démon ? Avais-je laissé tomber l’humanité ? Nos enfants doivent-ils porter le poids de nos erreurs ? Et ainsi de suite, nos esprits étaient entraînés à penser de la sorte. Ces pensées, combinées à notre situation économique et matérielle déplorable, rendaient la vie intolérable.

Cet état d’esprit puissamment négatif, que nous avions contribué à créer, était si impossible à modifier que, en réalité, nous n’avions pas réellement quitté l’organisation pendant un certain temps. Nos sentiments de crainte et de culpabilité étaient si forts que, par précaution, nous avions décidé de garder un pied dans le royaume de Dieu, pour l’instant du moins. Cette porte ne se ferma enfin qu’après cinq autres terribles années, quand, presque exténués par nos propres efforts, Wendy et moi sommes parvenus à fermer la porte et à jeter la clé au loin. Seulement à ce moment, après dix-sept ans, nous sortions de notre cauchemar.

Ce fut environ à cette époque que mon beau-père, Henry, que j’avais amené à Mahikari, décéda. Bien entendu, Maître Grant Thompson s’occupa de l’office aux funérailles de Mahikari auxquelles assistaient de nombreux membres désireux de sauver son âme par leurs prières collectives et la récitation de mantra. Tout au long du service, la salle funéraire résonna de prières et de mantra japonais. Présent parmi ce groupe de membres bien intentionnés, je ne pus m’empêcher de remarquer l’ironie de la situation : ce brave vieux soldat qui partait vers sa dernière demeure au son de chants japonais.

De nombreux camarades de guerre étaient aussi présents et je me demandais ce qu’ils pouvaient bien penser. A la fin de la cérémonie, un frêle ancien camarade d’Henry se planta devant la porte et joua la sonnerie aux morts de son vieux clairon délabré accompagnant le départ du cercueil; ses yeux confus étaient remplis de larmes.

Sortis de notre cauchemar, nous restions toujours très vulnérables, mais heureusement l’effet apaisant de la vie dans la magnifique nature de cette partie particulière de l’Australie fut probablement notre planche de salut. Les phobies enracinées de peur et de culpabilité n’ont jamais réellement disparu pendant plusieurs années. Elles ne se dissipent que peu à peu, au fil du temps.

Je peux à présent clairement comprendre comment pensent tous les membres de Mahikari et d’autres sectes similaires et pourquoi ils réagissent comme ils le font. Honteusement, je dois admettre que j’ai très bien fait mon travail et, pendant de nombreuses années, je fus l’araignée qui s’emprisonna dans sa propre toile.

N’importe quel étudiant en physique vous dira que la nature a horreur du vide et s’efforce immédiatement de le combler. Un énorme vide s’était rapidement développé dans nos vies au fur et à mesure que nous nous éloignions de Mahikari et je savais que je voulais le remplir. Mais avec quoi ? Je ne le savais pas. Je découvris la lecture, car, en tant que dirigeant, il ne m’était pas permis de lire autre chose que la littérature divine de Mahikari. Afin de remplir partiellement ce vide, je mis un point d’honneur à ne lire aucun livre religieux. J’appréciais les oeuvres de grands auteurs australiens, comme Brice Courtenay, Colleen McCullough et Morris West. Ces merveilleux auteurs étaient très utiles pour me distraire l’esprit des sentiments de crainte et de culpabilité toujours présents au plus profond de moi. Je commençais à fréquenter la bibliothèque locale et je me familiarisais rapidement avec l’utilisation du système de catalogage informatisé de livres, y passant peut-être souvent trop de temps, à la grande frustration des autres usagers de la bibliothèque.

Un jour, en cherchant un de mes auteurs favoris, le titre, ² Dojo, Magic and Exorcism in Modern Japan² , de Winston Davis éclaira soudain mon esprit.

Je me souvenais que, presque quinze ans auparavant, lors d’une séance d’études de Mahikari, quelqu’un avait demandé si nous avions lu ce livre. Un livre qui devait révéler des choses assez désagréables sur Keishu.

C’était les doigts tremblants que je tapais lentement le titre sur le clavier de l’ordinateur. Presque instantanément, l’ordinateur le trouva et m’indiqua que le livre était disponible.

Le vide de ma vie était sur le point de se remplir d’une substance étrange et inconnue.

CHAPITRE 6

Le fait de taper le titre du livre sur le clavier allait déclencher une série d’événements qui devaient m’emporter pour un voyage de découverte, de nouveau au Japon.

Me souvenant que Wendy et moi étions toujours membres de Mahikari, liés par les phobies profondément enracinées de crainte et de culpabilité, je commençais avec beaucoup de précautions et rempli de crainte à étudier exactement ce que Winston Davis avait à dire sur Keishu.

Entre autres choses, il semblait qu’il était intrigué par le phénomène de manifestation d’esprit qu’il observait régulièrement aux dojos et centres de Mahikari au Japon. Je pense que cet intérêt explique le choix de son titre, ² Dojo, Magic and Exorcism in Modern Japan² .

Afin de se familiariser complètement avec nos croyances et nos pratiques, il avait suivi les trois jours de cours et s’était fait membre avant de suivre plus tard le cours supérieur. Au cours de sa recherche dans Mahikari, il découvrit apparemment une série d’événements qui se produisirent à l’époque de la mort de notre sauveur et qui avaient conduit Keishu à prendre la direction de Mahikari.

Notre sauveur, Yoshikazu Okada, mourut le 23 juin 1974. Peu après, le 13 juillet, lors de ses funérailles, auxquelles assistaient des dizaines de milliers de membres, il fut déclaré publiquement que son successeur était M. Sakae Sekiguchi. M. Sekiguchi, homme d’affaire de Tokyo, était un proche disciple dévoué de Yoshikazu Okada. Peu après cette cérémonie, Keishu déclara qu’il y avait eu une erreur et qu’elle avait été choisie pour être le successeur de son père selon ses désirs. Entre-temps, M. Sekiguchi, intransigeant, insista que son père lui avait ordonné à lui de reprendre son rôle. De manière compréhensible, d’intenses querelles suivirent, car Keishu avait, entre-temps, établi un petit groupe de partisans qui devint rapidement la fondation d’une faction de Mahikari qui lui était fidèle. Cette faction fut ensuite appelée Sukyo Mahikari, l’organisation dans laquelle Wendy et moi étions impliqués. Le mot Sukyo signifie supra, supérieur ou transcendant. M. Sekiguchi et ses partisans gardaient le nom d’origine de l’organisation fondée en 1959 par Yoshikazu Okada : Sekai Mahikari Bunmei Kyodan, signifiant l’Organisation Mondiale de la Civilisation de la Lumière Véritable.

M. Sekiguchi reçut la permission de succéder à Yoshikazu Okada et de conserver le nom d’origine de l’organisation après finalement cinq années de batailles juridiques intenses, la Cour Suprême du Japon reconnaissant finalement que, aux yeux de la loi, M. Sekiguchi devait être le leader spirituel de Mahikari.

En d’autres termes, il y a deux organisations de Mahikari : Sekai Mahikari Bunmei Kyodan, l’organisation d’origine fondée par Yoshikazu Okada en 1959 avec M. Sekiguchi comme leader et Sukyo Mahikari, une faction dissidente conduite par Keishu. Les deux organisations suivent les mêmes enseignements et révélations de Yoshikazu Okada en détail, sauf, bien sûr, lorsqu’il s’agit de reconnaître la supériorité spirituelle de l’autre.

De manière surprenante, ma réaction immédiate à ces informations ahurissantes fut toujours de les considérer comme un blasphème. ² M. Sekiguchi s’était infiltré d’une manière quelconque dans notre organisation comme un agent du diable,² pensais-je, essayant de justifier d’une manière ou d’une autre ce que je venais de lire. Cette pensée me fit prendre conscience combien, même après tant d’expériences désagréables, je voulais toujours défendre automatiquement Keishu. Ce réflexe montrait le degré de contrôle que l’esprit de Mahikari avait sur moi.

Assez étonnamment, j’avais conservé quelques amis dans l’organisation avec qui je pouvais me confier et partager ces informations calomnieuses. Parmi eux, Brett Jones, un homme d’affaire prospère de Brisbane. A certaines occasions, Brett s’était plaint que, afin de servir le programme de Dieu, il avait acheté et restauré un grand immeuble pour en faire le centre local de Brisbane. Il avait injecté environ 150.000$ dans ce projet divin pour l’usage de tous les membres locaux. Deux ou trois ans plus tard, un conflit se développa entre le conseil local, certains voisins et l’administration de Mahikari sur les autorisations et le choix de faire fonctionner un centre dans une zone résidentielle. A la suite de ce conflit, l’organisation de Mahikari dut vendre l’immeuble et déménager dans une zone conçue pour ce type d’activité.

La vente d’un immeuble nouvellement restauré se révéla facile et un petit profit fut même engrangé. Bien sûr, tous les membres locaux attendaient que ces fonds soient disponibles pour rétablir un nouveau centre, mais ce ne fut pas le cas. L’argent s’évanouit tout simplement et les membres locaux n’avaient plus ni centre, ni fonds.

L’esprit bien entraîné de Brett adopta une approche philosophique de l’incident déclarant qu’il avait donné l’argent à Dieu et ce que Dieu en faisait après ne le regardait plus.

Plusieurs mois plus tard, Brett et sa femme Judy se rendirent au Japon avec un groupe de membres pour un pèlerinage annuel de Mahikari. Brett et Judy avait déjà accompli celui-ci à de nombreuses reprises déjà. A cette occasion, il était de coutume de visiter la grande propriété de Keishu où Yoshikazu Okada avait vécu dans les collines surplombant Atami et l’Océan Pacifique. Arrivant à la gare d’Atami, le groupe devait se réunir pour attendre les taxis et voyager en convoi vers sa maison. Hélas, Brett et Judy furent retardés alors qu’ils essayaient de sortir de la gare et ils ratèrent les taxis. Ne parlant pas japonais, ils tentèrent quand même leur chance auprès d’un taxi en attente. Tout ce que Brett put faire était de répéter ces mots : ² L’endroit de Okada ! L’endroit de Okada !² , espérant que le chauffeur les amènent enfin à la maison des Okada et c’est exactement ce qu’il fit. Dix minutes plus tard, on les déposa à l’endroit de Okada et le chauffeur disparut, mais il ne s’agissait pas de la résidence des Okada qu’ils avaient visitée auparavant. Elle appartenait à un certain Mokichi Okada (1882-1955).

Comprenant qu’il était trop tard et probablement trop difficile de rejoindre le groupe principal, Brett et Judy décidèrent de profiter des splendides jardins et immeubles de Mokichi Okada, qui, à l’opposé de ceux de Keishu, étaient ouverts au public.

Ils passèrent plusieurs heures agréables dans ces magnifiques jardins, visitant le musée d’art et la grande église. Au moment voulu, les gardiens de cet endroit des plus impressionnants les invitèrent à la traditionnelle cérémonie japonaise du thé et à une explication sur la signification se cachant derrière tout ce qu’ils avaient rencontré. Il était difficile pour Brett et Judy de comprendre pleinement ce qu’ont leur expliquait, mais il était clair que Mokichi Okada était une sorte d’artiste, philosophe et leader spirituel japonais admiré, dont les croyances de base apparaissaient similaires à celles qui avaient été révélées à notre sauveur Yoshikazu Okada (Okada est un nom répandu au Japon). Brett et Judy apprécièrent énormément leur excursion imprévue et me firent le récit de leurs expériences dès leur retour en Australie.

Bien sûr, ils étaient également curieux de lire ce que Winston Davis avait écrit à propos de Keishu. Environ à cette époque, un autre ami de Mahikari, Daniel de Sydney, m’envoya une sélection d’enseignements de Mokichi Okada. Daniel était considéré comme une sorte de marginal dans Mahikari en raison de son refus de soumettre totalement son esprit et son corps à la cause. En règle générale, un membre est soit complètement engagé dans le programme divin, soit il finit par partir. Daniel était attiré par certains aspects des enseignements et pourtant possédait la capacité de négliger d’autres aspects qu’il ne pouvait pas accepter. Dans la perspective de Mahikari, il vivait dans une sorte de ² limbe spirituel² .

Un ami de Daniel avait rencontré un groupe de disciples de Mokichi Okada aux Etats-Unis et avait passé ses enseignements à Daniel. Ces enseignements comprenaient un grand volume relié, ² Fondations du Paradis² .

C’était avec le sentiment d’être une innocente victime de quelque drame cosmique que je commençais finalement à étudier la vie et les nombreux volumes des enseignements de Mokichi Okada.

Dix-sept ans étaient passés à présent depuis que j’étais devenu membre de Mahikari.

Mokichi Okada est né en 1882 dans la famille d’un petit commerçant du centre de Tokyo. Pendant sa jeunesse, il n’a eu aucun lien direct avec les affaires religieuses, même s’il cultivait un profond désir d’aider les autres, ce qui l’amena à faire de fréquents dons à l’Armée du Salut. ² Pas parce que je n’avais aucune sorte de foi, mais parce que j’aimais partager le travail de ces groupes pour la société.² Il aimait beaucoup l’art et aspirait à devenir un jour peintre. Il fut forcé d’abandonner ce rêve lorsqu’il contracta une grave maladie des yeux. Il se tourna alors vers les affaires et, pendant un temps, il fut prospère, jusqu’à ce que son entreprise soit détruite par le grand tremblement de terre de Kanko en 1923. Ayant alors atteint l’âge de quarante et un ans, il fit ce que de nombreuses personnes font confrontées à ces vicissitudes, il se tourna vers Dieu. Plus tard cette année-là, il rejoignit la secte religieuse shinto, Omoto Kyo.

Entre autres choses, le shintoïsme avait une croyance profonde dans les nombreux niveaux du monde des esprits et une myriade de niveaux différents de Dieux, déités et esprits, tous travaillant dans une structure hiérarchique rigide, pour ou contre le plan divin. Son long et profond engagement dans cette secte shintoïste l’éveilla à la réalité de Dieu, à la puissance de la prière et au travail du monde des esprits. « Mokichi Okada commença à méditer fréquemment, probablement lorsqu’il prit peu à peu conscience de l’existence, dans sa vie, d’une autre force mondialement puissante que son profond engagement dans Omoto Kyo semblait confirmer. » En 1926, il commença à recevoir une série de révélations, qui, entre autres choses, indiquaient qu’il existait un Dieu suprême, le créateur de l’univers, un Dieu d’amour et de salut destiné à élever l’homme de son état actuel malheureux et confus. La secte Omoto Kyo ne reconnaissait pas l’existence d’une déité suprême, mais plutôt la coexistence de nombreuses déités et esprits, chacun doté de sa propre fonction. Les révélations affirmaient aussi que l’homme est destiné à finalement construire le paradis sur terre.

Inspiré par ces révélations et d’autres encore, il cultivait mystérieusement une méthode de guérison qui créa un grand enthousiasme et attira de nombreux fidèles. En 1934, sa liberté d’esprit ne put rester confinée dans les limites de la secte Omoto Kyo et il la quitta, fondant une nouvelle organisation. Au départ, l’objectif principal de sa nouvelle organisation était de guérir les gens et d’apprendre aussi à ses disciples comment reproduire ses méthodes de guérison. Plus tard, l’organisation commença diverses formes d’agriculture organique, ² d’agriculture naturelle² , comme on l’appela plus tard. Même alors, Mokichi Okada était conscient des effets négatifs que les produits chimiques agricoles devaient avoir sur la nature et les hommes. Il prédit également la défaite des puissances de l’axe bien avant que la seconde guerre mondiale aie même commencé. Ses sentiments antimilitaristes à ce moment particulier de l’histoire du Japon devaient le mener en prison, où il fut même torturé. Mokichi Okada enseignait la nécessité pour les hommes de reprendre contact avec la nature et, afin de faciliter ce but, il construisit plusieurs ² mini-paradis sur terre² au Japon. Ces magnifiques jardins sont ouverts aux publics et les visiteurs sont les bienvenus. Il conserva son amour pour l’art et considérait l’appréciation de l’art comme un moyen nécessaire pour s’élever spirituellement. Ses convictions étaient si fortes qu’il établit deux grands musées d’art privés au Japon. Ces deux musées, qui sont ouverts au public, contiennent des milliers d’objets, dont de nombreux sont considérés comme inestimables.

Mokichi Okada enseigne : ² Des oeuvres d’art remarquables créées par des artistes dont les âmes sont pures peuvent servir de véhicule d’élévation spirituelle pour tous ceux qui les apprécient. Des artistes de genres différents, notamment la littérature, les beaux arts, la musique, le théâtre, la danse et le cinéma, doivent avoir une certaine noblesse de caractère et toujours s’efforcer de purifier leur âme afin de pouvoir guider les autres vers la vérité, la bonté et la beauté à travers leurs activités créatrices.² C’était avec cette conviction, étant lui-même un peintre prolifique, qu’il écrivit une soixantaine d’articles sur l’art, une quarantaine de volumes contenant ses réflexions sur la culture religieuse, la nature et la science sociale et publia 3.000 articles dans des journaux et périodiques et environ 4.000 poèmes. En outre, il existe de très nombreux volumes de ses discours et de ses sermons.

L’organisation qu’il fonda est connue aujourd’hui au Japon sous le nom de Sekai Kyusei Kyo (SKK). L’Organisation pour Aider le Monde. Ses préceptes, ainsi que ses méthodes d’agriculture naturelle sont enseignées et pratiquées dans environ 50 pays et ses méthodes d’agriculture naturelle ont fait leur chemin en Thaïlande, en Chine, à Taïwan et, plus récemment, en Amérique du Nord. Une version condensée des révélations, des enseignements et de l’histoire de Mokichi Okada est reprise dans ² Fondations du Paradis² .

Mon étude de ce volume et d’autres publications du SKK ne laissait, à moi et aux autres lecteurs, aucun doute dans nos esprits que les révélations divines de notre sauveur se trouvaient, en réalité, dans les enseignements de Mokichi Okada ! A ma stupéfaction et avec incrédulité, je lisais sujet après sujet ce que je croyais être les révélations divines de notre sauveur, Yoshikazu Okada, mais qui étaient en fait les mêmes enseignements que ceux de Mokichi Okada. Il ne pouvait y avoir d’erreur sur leur similarité, ni sur leur origine.

Mon conditionnement me suggérait automatiquement que Mokichi Okada avait évidemment copié les révélations de Yoshikazu Okada, mais ce ne pouvait pas être vrai, car les enseignements de Mokichi Okada étaient antérieurs à ceux de notre bien-aimé Yoshikazu Okada d’au moins dix à vingt ans. ² Etait-ce une sorte de tromperie spirituelle ?² Mon esprit commençait à présent à voir objectivement les preuves indiscutables que j’avais en face de moi.

La prise de conscience que j’avais peut-être passé de nombreuses années productives à propager des révélations fausses et de seconde main à des milliers de personnes commençait à peser lourdement sur ma conscience. Je devais aller au fond de l’affaire et je refusais de laisser les choses en l’état. Je me sentais obligé de protéger les autres de ces révélations jusqu’à ce que leurs origines soient clarifiées ou pour laver notre sauveur de toutes accusations de tromperie et je décidais d’agir immédiatement.

Une autre étude de l’oeuvre de Winston Davis révéla également que Yoshikazu Okada fut membre du SKK. Inévitablement, lorsque je parlais du sujet avec l’administration de Mahikari en Australie, on me reprocha de douter des mots et des intentions de notre sauveur. On m’avertit que toute investigation de ma part dans cette matière démontrerait clairement que j’étais ligué avec le diable dans une campagne de persécution religieuse qui pouvait miner le programme de Dieu. Cet édit divin me laissa assez bouleversé et, afin d’apporter un éclaircissement spirituel dans cette affaire, je décidais que Wendy devait écrire directement à Keishu et demander poliment si notre sauveur avait jamais été membre du SKK.

Toutefois, entre-temps, mes amis Daniel et Brett, indépendamment, avaient pris sur eux-mêmes de procéder à des investigations et avaient téléphoné aux quartiers généraux du SKK en Amérique du Nord à Los Angeles. Leur numéro de téléphone se trouvait dans leur documentation et on supposait que quelqu’un là-bas parlait anglais.

Après avoir été transféré d’un officiel du SKK à un autre, on me mit enfin en contact avec un très ancien membre japonais du SKK disposé à discuter du sujet. Il fit le récit, qu’il prétendait vrai, de ce qui s’était passé il y a presque cinquante ans.

En 1950, ce prêtre était membre d’un centre du SKK de Tokyo et déclara que son supérieur de l’époque était Maître Yoshikazu Okada. Il déclara également que Maître Yoshikazu Okada fut révoqué de son centre pour mauvais comportement. Le vénérable prêtre refusa de divulguer complètement les événements précis qui avaient mené à la révocation de Maître Yoshikazu Okada, mais poursuivit en expliquant que Maître Yoshikazu Okada fut alors responsable d’un beaucoup plus petit centre. Quelques années plus tard, Maître Yoshikazu Okada quitta SKK, probablement en raison de son mécontentement quant à sa position mineure et à son horizon bouché. Quelques années plus tard, ce membre, alors jeune, devint lui-même dirigeant du SKK et fut transféré aux Etats-Unis, où il est resté depuis. Cet ancien responsable accepta de mettre le contenu de ces conversations téléphoniques dans une lettre, ce qu’il fit et j’en reçus une copie.

Le drame cosmique commençait à se dénouer rapidement, car, dès que j’obtins une copie de cette lettre, la réponse à la lettre de Wendy arriva de Keishu. Elle était écrite de la part de Keishu par son secrétaire, ancien ami personnel de Yoshikazu Okada, M. Tomita. Dans cette lettre, les mots suivants sont à mettre particulièrement en exergue : ² Il semble que Yoshikazu Okada, notre sauveur, ait étudié l’organisation, mais il n’est pas vrai qu’il en était membre.²

Il était évident que quelqu’un mentait, mais qui ? Il aurait été plus facile d’accuser le SKK, car je n’avais jamais eu aucun contact avec eux, si ce n’est pour étudier leurs enseignements identiques. L’idée de suggérer que notre sauveur était impliqué dans une sorte de tromperie divine et avait plagié les révélations de quelqu’un d’autres me rendait mal à l’aise. Néanmoins, j’étais déterminé à poursuivre quand même mes investigations. Je devais savoir.

Le vieux ministre du SKK aux Etats-Unis m’avait gentiment donné le numéro de téléphone d’un prêtre du SKK qui se trouvait à présent en Australie et suggéra que nous l’appelions.

Maître Nagano avait été nommé dans la région de l’Amérique du Nord pendant plusieurs années et avait récemment été réaffecté à Hawaii pour aider à l’établissement du SKK en Australie. Après avoir parlé avec Maître Nagano, il devint rapidement évident qu’il ne connaissait que très peu de choses sur Mahikari et encore moins sur Yoshikazu Okada. Toutefois, il indiqua qu’il devait bientôt visiter la maison-mère du SKK à Atami, au Japon et si quelqu’un souhaitait l’accompagner, il serait heureux d’offrir toute son aide afin de résoudre ce imbroglio divin.

Je savais que je devais y aller, car je ne pouvais pas en rester là. Heureusement, Brett Jones pensait de même et, en juin 1994, Maître Nagano, Brett Jones et moi-même retournèrent à ces magnifiques jardins qui abritaient le musée d’art et la maison-mère de Mokichi Okada, qui se dressaient sur les collines d’Atami, surplombant l’océan Pacifique. C’était là que quelques années auparavant, Brett et sa femme Judy avaient été laissés par erreur par leur chauffeur de taxi lorsqu’ils s’étaient séparés du groupe de pèlerins de Mahikari.

J’avais visité Atami à plusieurs occasions en tant que responsable de Mahikari, car il était de coutume de visiter la grande résidence de Keishu en tant que partie intégrante des pèlerinages. A ma grande stupéfaction, je pouvais voir la propriété de Keishu d’assez loin, perchée sur les collines de l’autre côté de la baie où nous nous trouvions, dans les allées d’azalées des jardins de Mokichi Okada. Au cours de mes précédentes visites à Atami, je n’avais jamais entendu parler de l’existence de ce ² mini-paradis² .

Au cours de notre visite de deux semaines, il fut prévu que nous rencontrerions d’anciens responsables et membres du SKK à Kyoto, Nara et Atami. On nous expliqua que plusieurs de ces anciens membres avaient connu ou rencontré Yoshikazu Okada fin des années 1940 et début des années 1950. Peut-être qu’ils détenaient la clé de notre mystère.

D’abord, cependant, nous avions obtenu un dépliant d’information bien présenté, en anglais, publié par Sekai Mahikari Bunmei Kyodan, l’organisation originelle fondée par Yoshikazu Okada en 1959. Comme prévu, il contenait les photos de Yoshikazu Okada et de M. Sekiguchi, leur leader spirituel actuel. Je fus horrifié de voir plusieurs pages de ce pamphlet représentant des photographies en couleur du temple de Dieu. Pas notre temple doré à Takayama, mais le leur ! Il existe donc deux temples de Dieu pour ses élus, tous deux construits pour accomplir l’alliance sacrée qui aurait été établie entre Dieu et Yoshikazu Okada. Les deux factions avaient déclaré être chacune seule responsable de l’accomplissement de l’alliance, ce qui donna, non pas un, mais deux temples.

Ce temple que je venais de découvrir, situé sur la péninsule d’Isu non loin d’Atami, semblait même plus grand et plus luxueux que le nôtre ! Tout l’autel était en or massif et une grande partie de la zone de l’autel était couverte de plusieurs tonnes d’or. Il mesure environ huit mètres et demi de haut ! Sa construction a dû coûter des milliards de dollars.

Mon coeur faiblit. Je pensais à tous les efforts fournis par tant de membres de mon ex-congrégation qui se privèrent si longtemps pour établir le temple de Dieu. ² Oh, cette pauvre retraitée de Canberra qui a vendu sa maison et vit dans la pauvreté et, à présent, dans l’ignorance, dans un appartement à loyer modéré. Quelle énorme tromperie ! Quand cette folie va-t-elle s’arrêter ? Tous mes dons et toutes mes années de total sacrifice ? Chaque faction va-t-elle aussi construire sa pyramide en mémoire de Yoshikazu Okada ? Qui était Yoshikazu Okada ?² Voilà les pensées, les sentiments et les questions qui me rongeaient alors.

Entre-temps, Maître Nagano avait réussi à obtenir une entrevue avec une ancien responsable du SKK affecté à la maison-mère d’Atami. Apparemment, ce responsable avait connu Yoshikazu Okada de nombreuses années auparavant et serait heureux de relater son expérience avec lui à cette époque. Ce responsable était à présent dans les dernières années de ses soixante-dix ans et était heureux de discuter du sujet avec tout ceux qui prenaient la peine de lui rendre visite.

Selon ce responsable, Yoshikazu Okada était un officier de haut rang très charismatique. Il rejoignit le SKK aux environs de 1947 et devint un membre très enthousiaste, si bien qu’en 1949, il devint un dirigeant à plein temps rémunéré. Peu après, il fut affecté à un centre de Nishigikobo, à Tokyo. Ce responsable fut également affecté au même centre en tant qu’assistant de Yoshikazu Okada. En 1953, Yoshikazu Okada fut révoqué en tant que responsable pour avoir agressé sexuellement un membre féminin de sa congrégation. Il fut dit également qu’il avait été averti à plusieurs occasions par Mokichi Okada de cesser ses pratiques inhabituelles d’évocation ou de conjuration des entités spirituelles, car cette attitude pourrait conduire à de problèmes dans le futur.

En ce qui concerne Keishu, on dit qu’elle n’était même pas sa fille adoptive, mais bien sa maîtresse. Yoshikazu Okada était marié et avait au moins deux filles, alors que Keishu venait d’une famille très honorable. Une des soeurs de Keishu est une membre active du SKK et est mariée à un de leurs dirigeants. La femme de Yoshikazu Okada ne mourut que récemment et, apparemment, il resta membre du SKK même après avoir été révoqué, jusqu’aux environs de 1957, peu après la mort de Mokichi Okada.

Afin de donner plus de poids à ces informations, ce responsable nous donna une grande photographie d’un groupe de dirigeants du SKK prise en 1949. Tous les dirigeants sur la photo proviennent de cette région particulière, ou diocèse, de Tokyo, Nishiogikobo. Plusieurs des dirigeants sur la photo sont toujours en vie aujourd’hui et notre dirigeant et Yoshikazu Okada peuvent être clairement reconnus sur cette photo. Pour supprimer les derniers doutes concernant l’origine des enseignements de Mahikari et les détails du rôle joué par Yoshikazu Okada, on nous donna une copie d’un document original du SKK montrant clairement, en japonais, les détails de l’affectation de Yoshikazu Okada en tant que responsable et son départ. Je fis traduire et certifier ces détails par un traducteur japonais en Australie.

Nous écoutions attentivement notre vieux responsable raconter clairement ses expériences avec Yoshikazu Okada et j’eus la nette impression que Brett et moi étions les seules personnes qui avaient jamais discuté du sujet avec lui.

Au cours de notre visite au Japon, nous eûmes des entrevues avec plusieurs anciens autres dirigeants et membres de Kyoto et de Nara, qui ont confirmé ces mêmes faits.

Par hasard, j’ai rencontré une ancienne membre qui visitait le Japon et venait de Los Angeles. Elle n’avait pas entendu parlé de Mahikari et lorsque je lui montrais la photographie de Yoshikazu Okada, elle supposa automatiquement qu’il était toujours membre du SKK, car elle l’avait vu en de nombreuses occasions à leurs cérémonies dans le passé, bien avant son départ en Amérique. Elle lui parla à plusieurs reprises et fut abasourdie d’apprendre ce qui s’était passé. Il est clair que, parmi les anciens membres, tout ceci est bien connu et tous ceux que j’ai rencontrés indiquèrent qu’ils n’en avaient jamais parlé avant que nous leur en prions.

Avant de quitter le Japon, je savais ce qui me restait à faire. En attendant de monter à bord de mon avion à l’aéroport international de Narita, j’appelais rapidement Wendy, lui expliquant brièvement ce que nous avions découvert. Je voulais qu’elle prennent tout ce qui concernait Mahikari, tous les livres sacrés, les enseignements, les révélations, etc. afin de les brûler.

Je savais que nous devions purger toute trace de Mahikari et de son influence dans notre maison, notre vie et, espérons-le, notre conscience. Je savais qu’à présent le temps était venu de rompre les liens.

Lorsque nous arrivâmes à la maison le matin suivant, l’âtre témoignait encore du feu sacrificiel, qui avait physiquement et symboliquement nettoyé tout notre être de dix-sept ans d’asservissement à Mahikari. Il avait fallu plusieurs heures à Wendy pour collecter et brûler toute trace. Après de nombreuses années, nous avions accumulé plusieurs caisses d’enseignements, de sermons, de bulletins, etc., car il était toujours considéré comme trop irrespectueux de les jeter, et comme la plupart des membres, nous gardions simplement tout.

Enfin, nous étions libres, nous avions brisé le joug qui nous avait asservis pendant ces dix-sept dernières années. Nos sentiments de crainte et de culpabilité avait été incinérés dans ce feu et nous avions été rendus à l’univers. Nos âmes nous avaient été rendues. Nous reprenions le contrôle de nos vies et de nos destinées. Oh, quel sentiment de paix et de joie !

Ces sentiments n’étaient tempérés que par la tristesse que nous ressentions pour tous les autres membres malheureux qui sont toujours prisonniers de la tromperie. Finalement et irrévocablement, nous étions parvenus à fermer cette porte. Pour ne plus jamais l’ouvrir.

CHAPITRE 7

La vie est ainsi faite que lorsqu’une porte se referme, une autre s’ouvre et ma vie ne constitua pas une exception.

En 1994, la faction de Mahikari fidèle à Keishu publia enfin la version anglaise tant attendue de Daiseishu, un recueil de mémoires, d’enseignements et de récits concernant la vie de Yoshikazu Okada. Dans ce livre, il est décrit comme étant un élégant ² porte-étendard de régiment² . On y raconte qu’en 1922, il sorti de l’académie militaire et fut affecté au premier régiment d’infanterie de la Garde Impériale, dont le rôle consistait à protéger le palais impérial. ² Le plus grand honneur que l’on pouvait imaginer était de porter le drapeau du régiment au service de l’empereur.

Yoshikazu Okada était une « étoile parmi les porte-drapeau du pays » et il devint vite second lieutenant et officier au service de l’empereur, Hiro-Hito. Le prince Chichibunomiyo, frère cadet de Hiro-Hito, fut son condisciple à l’académie et un ami proche du Lieutenant Yoshikazu Okada. « En 1931, après être devenu officier de la sixième compagnie du premier régiment d’infanterie des Gardes Impériaux, il devint instructeur d’infanterie. »

Enfin, l’élégant jeune lieutenant parvint à quitter les Gardes Impériaux pour jouer un rôle dans la future invasion de la Chine et de l’Indochine. ² Devenu commandant de section en 1937 du premier département de transport aux quartiers généraux impériaux, il joua un rôle actif dans la stratégie de transport tactique à Shanghai, la baie de Hanchow et dans la chute de Nankin.²

Le 5 novembre 1937, la dixième division japonaise, qui comprenait Yoshikazu Okada et son premier département de transport ferroviaire, attaqua Nankin. ² Ce fut une époque fatidique pour Yoshikazu Okada qui occupait une position de responsabilité dans les forces armées japonaises² et il est cité dans une revue de Mahikari, sous le titre ² Un récit de lumière²  : ² Même si j’étais responsable des opérations ferroviaires à l’arrière, je suis tombé malade avec une grande fièvre et je dus m’aliter avec un téléphone… Enfin, lorsque nous apprîmes par téléphone notre entrée triomphale dans la forteresse de Hanchow, je tenais le récepteur et je commençais à perdre conscience. Je n’aurais pas pensé à la mort jusqu’à la reddition de Hanchow² . Ensuite, il se lamente : ² Je me posais des questions sur mes camarades… dans le feu de l’action, dans le monde sanglant de Nankin. Je priais pour être sur le champ de bataille encore une fois.² Selon tous les récits rapportés dans Daiseishu, il apparaît que le lieutenant-colonel Yoshikazu Okada était un jeune officier héroïque et impétueux dédié au service de l’empereur.

Toutefois, les Chinois et les forces alliées de l’époque virent et vécurent les choses sous un angle assez différent.

Les officiers et soldats japonais victorieux tuèrent et torturèrent systématiquement 200.000 soldats et civils chinois qui s’étaient rendus et violèrent 20.000 femmes dans les mois qui suivirent la reddition de Nankin. On appela cet épisode ² Le Viol de Nankin² . Le monde était scandalisé, car, jusqu’alors, il s’agissait du pire acte d’atrocité commis au cours de ce siècle. Leur goût du sang était si fort que même les Nazis essayèrent une médiation avec les officiers commandants pour réprimer le bain de sang. Au cours des quinze années d’occupation japonaise, on estime que près de 35 millions de chinois furent tués.

Dans les années précédant la seconde guerre mondiale, le gouvernement japonais avait progressivement pris le contrôle de l’Armée Impériale. En effet, le pays était dirigé par les officiers de l’armée, qui peu à peu imposèrent leur loi. Ces hommes sont décrits comme des brutes criminelles et commettaient les pires méfaits au nom du patriotisme. Cette période est appelée « le gouvernement par assassinat ». En d’autres termes, tout ceux qui s’opposaient à ce patriotisme étaient assassinés, notamment sur l’ordre des officiers de l’armée. Ces officiers contrôlaient même le système d’enseignement et leur but était de favoriser leur idéologie parmi les jeunes générations.

Ces officiers féroces se considéraient eux-mêmes comme des chevaliers héroïques, ou shoguns, engagés dans une glorieuse guerre sainte et investis de la mission divine de conquérir le monde entier pour la gloire éternelle de leur empereur, Hiro-Hito, et de la famille impériale.

Après leurs campagnes réussies pour conquérir la Mandchourie, la Corée et une grande partie de la Chine, leur prochaine étape était de faire face à l’Amérique, à la Grande-Bretagne et à leurs alliés dans l’espoir de les vaincre et de les asservir également.

L’Indochine, appelée maintenant Vietnam, devait être le tremplin pour lancer leurs assauts sur les Britanniques et leurs alliés à Singapour. Et ce fut donc en Indochine que le lieutenant-colonel Yoshikazu Okada fut réaffecté en tant qu’officier supérieur chargé de superviser le transport ferroviaire aux quartiers généraux de l’armée en Indochine française. En 1941, alors qu’il était en service là-bas, il ressentit de nouveau des douleurs à la poitrine conséquentes à des blessures reçues lorsque son cheval tomba lors d’un concours en 1938. On diagnostiqua un problème aux vertèbres thoraciques. Peu à peu, son état empira et il dut finalement se retirer de tout service militaire actif avec le rang de lieutenant-colonel.

Le pronostic de ses docteurs indiquait qu’il ne lui restait que trois ans à vivre et ce fut à cette époque qu’il décida de consacrer les trois ans qui lui restait au service total de Dieu. Etrangement, cependant, ce fut également à cette époque où il investit toute sa fortune dans des usines de fabrication d’avions militaires pour la guerre. « Par la grâce de Dieu, mes usines connurent mystérieusement une croissance très rapide. En outre, mon état physique s’améliora. Je ne dus plus porter un corset orthopédique. Alors, un matin, juste avant la fin de la guerre, toutes mes usines, toute ma fortune, furent complètement détruites par un raid aérien. Il ne me restait absolument rien. Mon usine d’aviation de 66.000 mètres carrés et les bâtiments adjacents furent complètement anéantis. »

De manière surprenante, l’état médical précoccupant de Yoshikazu Okada disparut peu après la fin de la guerre et, en 1953, il devint cadre de la société de construction Tada, grâce aux efforts de son ancien ami, M. Fukuda, qui devint plus tard premier ministre. « Une occasion se présenta juste après la guerre lorsque M. Fukuda me fut d’une grande aide. Au cours de la guerre, j’étais président d’une société qui fabriquait des avions militaires. »

« De plus, je gérais trois autres sociétés, y compris une de textiles. Comme il s’agissait d’entreprises d’importance nationale, je fus immédiatement sur la paille à la fin de la guerre. Toutefois, grâce aux mesures rapides de Shoshiro Kudo, qui est à présent responsable de la banque Tomin et Takeo Fukuda, je pus me tirer de cette situation sans mal. »

Enfin, en 1959, après avoir reçu une série de révélations divines, il fut guidé par Dieu pour fonder l’organisation de Mahikari et sauver le monde.

Mystérieusement, toutes les traces de ces dix années d’engagement dans le SKK de 1947 à 1957 ont été omises de toutes les publications de Mahikari, y compris sa biographie, Daiseishu.

Même si mes sentiments de crainte et de culpabilité s’étaient évaporés, de nombreuses questions demeuraient. Ayant retrouvé mon esprit critique normal, j’étais à présent en état de regarder objectivement ce qui se cachait derrière les organisations de Mahikari, car tant d’efforts avaient été faits pour modifier la perception des gens en ce qui concerne son origine et l’histoire de Yoshikazu Okada et de Keishu.

Il doit y avoir une signification plus profonde à tout cela.

Peut-être qu’il est temps à présent pour le lecteur d’entreprendre une courte, mais intéressante, étude de certains aspects de la culture et de l’histoire japonaise. En particulier, comment les choses se passaient au Japon juste avant la seconde guerre mondiale et juste après.

Pendant des siècles, la religion nationale japonaise avait été le shintoïsme et, entre autres choses, cette religion croit en l’existence d’une multitude de déités et d’esprits, tous investis de rôles et d’objectifs divins différents. Par exemple, ils croient que des déités particulières de haut niveau sont en charge du temps, qui à leur tour influencent d’autres déités affectées à la croissance des récoltes et qui, à leur tour, ont une influence sur les déités ou esprits qui commandent aux humains, etc. Dans ce format pyramidal d’une hiérarchie stricte, tout dans l’existence reçoit sa propre place et sa fonction. Cette hiérarchie comprend également les humains, ainsi que leurs relations avec les autres et leur environnement dans tous les domaines. Par exemple, la structure familiale et commerciale possède son propre ordre hiérarchique strict. Enfin, toute création, qu’elle soit visible ou non, tangible ou intangible, doit recevoir sa juste place ou son rôle dans l’ordre des choses.

Au Japon, l’élément le plus important et dominant de leur pyramide spirituelle et sociale était l’adoration et le bien-être de l’empereur et de la famille impériale. Au contraire des monarchies similaires d’Europe, l’empereur japonais était considéré comme divin ou comme leur Dieu. ² Le nom japonais de la maison impériale est ‘Ceux qui demeurent au dessus des nuages’. L’empereur était inviolable et sa personne était sacrée. Un Japon sans empereur n’est pas le Japon. Le Japon sans l’empereur est inimaginable. L’empereur est le symbole du peuple japonais, le centre de leurs vies religieuses. Il est un objet super-religieux.²

On croyait qu’il descendait de la déesse du Soleil et cette croyance était absolue et immuable. Le shintoïsme possède également sa série de sectes et de factions. « Certaines sont des bastions du nationalisme… certaines sont des sectes guérisseuses souvent comparées avec la science chrétienne. » tandis que d’autres « sont spécialisées dans les états de transe et les pèlerinages aux temples sacrés. »

Mokichi Okada, le fondateur du SKK d’où Yoshikazu Okada semble avoir ² emprunté² ses révélations, était un disciple dévoué d’une de ces sectes Shinto, Omoto Kyo. Les organisations de Mahikari sont un mélange de tout cela, avec des éléments supplémentaires.

Etant donné que l’empereur était considéré comme divin, quelle que fut sa volonté pour son peuple, elle était également considérée comme la volonté de Dieu.

Simplement en suivant son ordre, vous étiez sauvé. Si l’empereur était divin et, comme tous ses sujets, vivait dans sa pyramide hiérarchique divine, ses sujets partageaient cette divinité avec lui à divers degrés. Ce principe divin s’étend naturellement pour inclure le Japon tout entier, qui était considéré comme ² le pays de l’origine de l’esprit² . Le ² pays du soleil levant² . Le soleil étant la déesse du Soleil ou Dieu. Le Japon était satisfait de cet arrangement divin, au point qu’on ne voulait, ou ne pouvait, tolérer toute influence extérieure ou contact qui pourrait affecter cette condition. Le Japon refusait simplement d’avoir quelque contact que ce soit avec le monde extérieur, surtout avec les barbares de l’Occident. Il fallut attendre le commandant Perry, qui, en 1858, put contraindre le Japon à un traité commercial avec les Etats-Unis pour qu’enfin le Japon commença à ouvrir ses portes.

Au fil du temps, le Japon, avec son empereur bien assis sur son trône divin, commença à voir le monde entier dans un état d’anarchie global. Ils pensaient qu’il ne pourrait y avoir de paix dans le monde ² tant que chaque nation n’avait pas de souveraineté absolue² . Le monde extérieur ne vivait pas en accord avec les principes divins indigènes profondément enracinés dans la structure même de la nation japonaise. Le Japon, avec son empereur-Dieu au sommet, et avec environ 90 millions de disciples, était, en réalité, la secte religieuse la plus grande du monde et la plus dangereuse, complétée par une importante armée bien équipée.

A partir de 1930, cette secte débuta un programme d’expansion, d’abord avec ses voisins. Même si le Japon avait déjà annexé la Corée en 1910, il devint vite clair que son objectif final était de placer toute l’humanité dans sa pyramide hiérarchique divine. Le Japon, bien sûr, devait occuper la position au sommet, car il était une nation divine et on pensait qu’il s’agissait de la divine providence. Cette croisade divine signifiait que toutes les autres nations du monde seraient placées dans un ordre correct quelque part sous eux. Ce n’est qu’alors que l’anarchie mondiale se terminerait et la paix serait enfin établie. Il était essentiel que chaque nation reçoive sa propre place et ce n’est qu’alors qu’une nation pourrait prospérer et trouver enfin la paix. Pour renforcer la conviction en cette croyance, on rappelait souvent au peuple japonais que leur pays n’avait jamais encore subi d’invasion. Même les puissantes forces d’invasion de Kublai Khan, avec son armée bien équipée, furent détruites par l’intervention divine avant d’avoir pu atteindre les rives du Japon. Un vent divin, le kamikaze, souffla, éparpillant et coulant la plupart des navires. Cet épisode eut lieu au treizième siècle et Dieu était toujours avec eux et, le cas échéant, il allait de soi que le vent divin soufflerait encore.

Il était devenu clair pour les Japonais, surtout sous l’insistance de leur armée, que leur mission divine était d’établir la paix mondiale. Une paix à tout prix.

Avant longtemps, l’armée impériale devait commencer à réaliser cette vision fantastique. En 1931, leur armée, sous le commandement de ses officiers sectaires fanatiques, y compris Yoshikazu Okada, commencèrent leur djihad, leur guerre sainte. La Mandchourie fut facilement défaite, avec presque aucune condamnation du reste du monde. Peu après, la Chine était envahie et, de nouveau, le monde ne bougea pas. La Société des Nations protestait toutefois contre l’invasion de la Chine, ce qui incita le gouvernement japonais à se retirer de l’organisation. L’Indochine était occupée en 1941, Pearl Harbour était attaqué le 7 décembre 1941, suivi peu après par des attaques au Guam et à Singapour.

Leur croisade fanatique battait alors son plein. Il n’y avait pas de plus grand honneur que de mourir au nom de Dieu et de l’empereur. Chaque soldat recevait un dépliant, dont le contenu ne devait laisser « aucun doute sur les raisons pour lequelles ils doivent se battre, pour qui ils doivent se battre et comment ils doivent se battre ». On y lit : « La nouvelle restauration des années 1930 avait répondu au désir impérial de paix en Extrême-Orient. Sa tâche est de sauver l’Asie de l’agression blanche. Déjà, le Japon, le pionnier de ce mouvement, a sauvé la Mandchourie des ambitions des Soviétiques et libéré la Chine des extorsions des anglo-américains… ».

Entre-temps, le général Araki, militariste fanatique et ministre de la guerre, écrivait un livret similaire, adressé ² à toute la race japonaise² , dans lequel ² la véritable mission du Japon était de répandre et de glorifier l’empire aux extrémités des quatre mers. L’insuffisance des forces ne doit pas nous préoccuper. Pourquoi nous préoccuper de ce qui est matériel² .

La quête pour la première théocratie du monde avait commencé. Hélas, les officiers supérieurs alimentant cette flamme du fanatisme refusaient de comprendre qu’il n’y avait qu’eux et leur empereur qui ressentaient le besoin d’une théocratie mondiale. Plusieurs millions de gens moururent et un désastre camouflé furent les conséquence de cette vision sainte moderne.

Nous devons à présent nous pencher sur la question de savoir si cet esprit est mort sur les champs de bataille de l’Asie et du Pacifique avec ses millions de morts ignorants ou s’il est toujours latent, quelque part, attendant les bonnes conditions pour s’enflammer de nouveau et s’il renaît, sera-ce dans les flammes ou se manifestera-t-il sous d’autres façons ?

Le 2 septembre 1945, l’armée japonaise impériale capitula formellement après six années de guerre sanglantes. La cérémonie de signature eut lieu à bord du navire américain Missouri. Les hostilités cessèrent presque immédiatement, car l’empereur avait ordonné à ses forces de cesser le combat. Deux semaines avant cet événement, l’empereur Hiro-Hito avait fait une annonce historique à ses sujets.

C’était à midi, juste au moment où le soleil était le plus haut.

Dans chaque rue, le peuple s’inclinait devant les haut-parleurs attachés aux lampadaires. Dans chaque usine et chaque atelier, dans chaque maison, chaque bureau, chaque baraquement, le travail s’arrêta et tout le trafic fut interrompu et le peuple du Japon s’agenouilla et attendit.

« Une émission de la plus grande importance va débuter. Veuillez vous lever, » demanda la radio. A l’exception des malades et des handicapés, seul Hiro-Hito resta assis.

« Nous retransmettons respectueusement sa voix, » avertit encore la radio.

« A Nos bons et loyaux sujets, » commença Hiro-Hito.

« Après avoir mûrement réfléchi aux tendances générales prévalant dans le monde et aux conditions existant aujourd’hui dans Notre Empire, Nous avons décidé de régler la situation actuelle par une mesure d’exception. » La voix de l’empereur était entendue pour la première fois par ses sujets. Ils entendaient la voix de Dieu, mais hélas les nouvelles n’étaient pas bonnes. Les paroles divines montraient clairement que le Japon allait se rendre. Pire encore, le général MacArthur lui ôtait sa divinité. L’empereur, cependant, incluait dans son discours. des mots de réconfort pour ses sujets.

² En outre, l’ennemi a mis en oeuvre une bombe nouvelle d’une extrême cruauté, dont la capacité de destruction est incalculable et décime bien des vies innocentes. Si Nous continuions à nous battre, cela entraînerait non seulement l’effondrement et l’anéantissement de la nation japonaise, mais encore l’extinction totale de la civilisation humaine² .

Ces paroles furent prononcées pour faire prendre conscience à ses sujets qu’il n’était pas seulement conscient de leur bien-être, mais qu’ils tenaient également le futur de l’humanité entre leurs mains.

² Que la nation entière se perpétue comme une seule famille, de génération en génération, toujours ferme dans sa foi en l’impérissabilité de son sol divin, gardant toujours présents à l’esprit le lourd fardeau de ses responsabilités et la pensée du long chemin qui lui reste à parcourir.²

L’empereur acceptait clairement la défaite, mais son adroit discours aurait été interprété par de nombreux de ses sujets ainsi : même s’ils avaient perdu une bataille, la guerre n’était pas encore terminée.

Le général MacArthur était bien conscient que les forces alliées avaient été engagées dans une guerre sainte et il espérait qu’en ôtant à l’empereur Hiro-Hito son statut divin, beaucoup d’enthousiasme dans l’armée japonaise à continuer sa croisade sacrée aurait disparu. Il devait également décider de ce qu’il devait faire de l’empereur. Devait-il être jugé comme criminel de guerre ? S’il était arrêté et exécuté, une force encore plus horrible n’aurait-elle pas pris sa place ? Enfin, il fut décidé de lui permettre d’aller librement, sans faire face à un procès où il aurait presque certainement été reconnu coupable de crimes de guerre. Il devait cependant renoncer à son statut divin. Les procès de guerre eurent finalement lieu et de nombreux hauts ministres et officiers de l’armée passèrent en jugement. Un millier d’entre eux furent exécutés, y compris plusieurs officiers qui avaient participé au Viol de Nankin.

Soudain, le Japon se retrouvait sans son leader divin, il était comme un homme sans âme et de nombreuses personnes commencèrent à perdre leur raison d’être. ² Partout au Japon, mais surtout à Tokyo, il y eut de nombreux suicides et, devant le palais, les gens s’agenouillaient, le front touchant le sol, murmurant : ² Pardonnez-nous, Oh Empereur, nos efforts n’étaient pas suffisants.²

Une nation obsédée par la hiérarchie avait soudain perdu sa tête. Le Japonais avait été privé de son idéal le plus cher.

Pour bien comprendre le sentiment national à cette époque, il faudrait le comparer à ce que ressentiraient les catholiques les plus dévoués si, pour la même raison, un gouvernement puissant ou un mouvement mondial privait le Pape de ses responsabilités spirituelles et de son infaillibilité, forçant les catholiques à ainsi abandonner leur foi. Les conséquences d’une telle action seraient énormes. Cela ne ferait que les amener à cacher leur foi. Il est improbable que les cardinaux et les évêques jetteraient leurs habits, tourneraient le dos à leur foi et vivraient une vie séculière. Il est raisonnable de supposer qu’ils envisageraient la situation comme une sorte de persécution religieuse, tiendraient bon et attendraient jusqu’à ce que de bonnes conditions leur redonnent à nouveau leur liberté d’adoration. Ils penseraient alors à rassembler leur troupeau.

Ne serait-il pas également raisonnable de supposer que les vaillants chevaliers de l’empereur auraient éprouvé des sentiments similaires lorsqu’on leur ordonna de renoncer au statut divin et de déposer les armes ?

Yoshikazu Okada avait consacré tout son être, jour et nuit, au service de l’empereur. Lorsqu’il fut incapable de se battre pour lui en raison de la maladie, il créa des usines d’avions militaires. Cette dévotion peut mieux être qualifiée d’obsession et l’histoire devait révéler plus tard comment cette obsession était partagée par la plupart des officiers militaires et leurs hommes, avec des conséquences dévastatrices inimaginables.

Dans Daiseishu, on trouve un éloge affectueux donné par un ami à présent mort de Yoshikazu Okada lors de ses funérailles en 1974 :

« Il était élégant, ses nobles traits témoignaient de l’héritage de sa famille. En plus de son élégante présentation, il avait une façon enjouée et ses paroles étaient recherchées et raffinées. Je me souviens d’un poème d’une grande poétesse de l’ère Meiji, Akiko Yosano, ‘Le Grand Bouddha de Kamakura peut être le Bouddha, mais il est toujours élégant’ Il était rempli de grand amour et rayonnait d’affection. »

« Lorsque nous avions du temps libre à l’académie militaire, le jeune Okada et moi discutions fréquemment de Dieu ou de l’empereur. Je me souviens qu’un dimanche soir, assis sur la pente herbeuse d’une petite colline où l’empereur observait l’art de monter à cheval des cadets lors de ses visites à l’académie, nous étions si absorbés par notre discussion que nous avions utilisé tout le temps libre dont nous disposions ce soir-là. Il insista sur le fait que l’empereur était un descendant direct d’un Dieu qui descendait dans le monde physique. Il disait que l’empereur avait un caractère divin et accomplissait le programme de Dieu. »

Il serait naïf de penser que de telles convictions profondes de la part de Yoshikazu Okada et d’autres officiers militaires se seraient simplement évaporées sur l’ordre du général MacArthur lorsque les forces alliées ont occupé le Japon.

En me basant sur les enseignements et mes expériences dans Mahikari, il est clair que, selon Yoshikazu Okada, la notion de Japon étant une terre divine dirigée par une être divin n’est pas morte sur les champs de bataille d’Asie et du Pacifique, ni sur l’insistance du général MacArthur.

En 1988, lorsque je quittais ma position de dirigeant dans Sukyo Mahikari, il y avait environ 750.000 membres actifs. Presqu’un tiers d’entre eux étaient des non-japonais comme moi et, en Australie, il doit y avoir environ 2.000 membres actifs, 4.000 ayant abandonné. Un nombre de membres beaucoup plus important qu’en Australie se trouvent en Amérique du Nord et du Sud, en Europe occidentale, en Afrique de l’Ouest et, bien sûr, en Asie du Sud-Est. Les activités de recrutement n’ont jamais cessé et, à présent, le total des membres doit être considérablement plus élevé.

Lorsque Yoshikazu Okada visita Paris en 1972, entre autres activités, il eut une entrevue avec des journalistes du « Monde » et de l' »International Herald Tribune ». Un article sur Mahikari dans le Herald Tribune estime qu’alors (1972), il y avait 300.000 disciples au Japon. Ces chiffres ne représentent que la faction de Keishu. Je pense que l’organisation originelle Sekai Mahikari Bunmei Kyodan doit avoir un nombre de membre similaire. D’autres factions récentes sont : Subikari Kouha Sekai Shindan, Shin Yu Gen Kyusei Mahikari Kyodan, Mahikari Seiho No Kai et Yokoshi Tomo No Kai.

Des pyramides hiérarchiques de Mahikari, parfaitement conçues et fonctionnant sans à-coups, existent aujourd’hui à divers stades de réalisation dans presque tous les pays de la terre. Toutes les grandes factions ont connu des dissidences de petits groupes. Pour tous ces groupes, il y a toujours un lieutenant qui se sépare du troupeau en emportant quelques moutons avec la promesse de plus verts pâturages.

Il est probablement plus précis d’utiliser le mot esclave plutôt que membre, car un esclave est totalement soumis à son maître qui le domine. En d’autres termes, un esclave est toujours à la merci du maître et c’est exactement comme cela je perçois la relation entre les membres et Yoshikazu Okada.

Pendant des années, ce groupe d’esclaves s’est transformé en quelque chose ressemblant à une armée clandestine, baignée dans l’ignorance par l’idéal de fonder une théocratie mondiale centrée sur l’empereur et la nation du Japon. Ce maître contrôle ses esclaves à sa guise et les maintient dans l’ignorance à son propre profit, juste comme une armée d’invasion asservit une nation conquise.

Les nombreuses tentacules de la pieuvre Mahikari s’étendent à présent profondément dans presque toutes les nations sur terre et son étreinte se resserre avec l’enchaînement de chaque nouveau membre. L’esprit qui nourrit l’organisation s’est simplement métamorphosé, se rendant pratiquement invisible à détecter à l’oeil nu.

Il séduit les hommes avec un visage souriant et promet un monde meilleur, tout en assurant son étreinte.

Les fonds, la plupart exonérés de taxes, qui sont générés dans leurs pyramides hiérarchiques se retrouvent enfin au Japon, où ils sont utilisés pour intensifier encore cet esprit. En Australie seulement, ces fonds s’élèvent à des millions de dollars chaque année.

Mon coeur va vers les nombreux hommes et femmes qui sont devenus membres et qui ont combattu. La plupart d’entre eux, je le sais, ont combattu durement et longtemps dans les jungles de Nouvelle-Guinée et de Bornéo pour éteindre cette flamme qu’à leur insu, ils sont occupés à raviver.

Comme tous les membres de Mahikari, avant d’être initié au cours élémentaire, je ne disposais pas du pouvoir qui faisait que ceux qui recevaient la lumière parlaient des langues étrangères et faisaient des mouvements violents, comme c’est souvent le cas. Indéniablement, il existe une puissance dans ce mouvement et je devais à présent savoir d’où elle venait.

CHAPITRE 8

Pour célébrer les cinquante ans de la fin de la seconde guerre mondiale en 1995, le documentaire britannique, qui fut d’ailleurs primé, ² The World at War² (Le Monde en Guerre) fut rediffusé dans de nombreux pays anglophones. Ce documentaire se compose surtout de films réels pris au cours de la guerre et est commenté par Lawrence Olivier. Dans l’épisode six, ² Banzai – Japon 1931-45,² on trouve plusieurs scènes montrant le peuple japonais saluant le drapeau japonais et le drapeau du parti nazi avec un enthousiasme évident. Car le Japon et l’Allemagne partageaient de nombreuses valeurs idéologiques et culturelles à ce moment.

Le père de Yoshikazu Okada, le major-général Inasaburo Okada, a même étudié ‘la stratégie de mobilisation militaire’ en Allemagne pendant trois ans juste avant l’éclatement de la première guerre mondiale. Le major-général Okada était évidemment impressionné par ce qu’il vécut en Allemagne. ² Il retourna au Japon appréciant l’esprit germanique et le transmit à son fils.²

Au milieu des années 30, Adolf Hitler, qui était récemment parvenu au pouvoir en 1933 en Allemagne en tant que chef du parti Nazi, cherchait des alliés qui partageaient les mêmes valeurs idéologiques et culturelles, s’alliant finalement avec le gouvernement italien dirigé par Mussolini et avec l’empereur japonais Hiro-Hito. En 1939, le partage réciproque des mêmes vues culturelles et politiques conduisit à l’établissement du Pacte Tripartite, dont l’Allemagne, l’Italie et le Japon étaient les seuls membres. Entre autres choses, il s’agissait également d’un pacte d’alliance militaire. Le Japon était impatient de se faire de nouveaux alliés, car il venait tout récemment de se retirer de la Société des Nations pour protester contre les réprimandes reçues lors de son invasion de la Chine et des atrocités commise. Le préambule du Pacte Tripartite stipule : ‘Les Gouvernements du Japon, de l’Allemagne et de l’Italie considèrent comme la condition indispensable à toute paix durable que toutes les nations du monde reçoivent leur propre place ». Afin de souligner encore davantage cet objectif, un rescrit impérial japonais fut ajouté à la signature du pacte. ² Renforcer notre grande vertu sur la terre entière et faire du monde une seule famille constituent l’ordre important donné par nos ancêtres impériaux et nous nous y attacherons du plus profond de notre coeur, jour et nuit… la tâche de permettre à chaque nation de trouver sa place et à tous les individus de vivre en paix et en sécurité est de la plus haute importance. Ce fait est sans précédent dans l’histoire.²

De ce pacte, il ressort clairement que l’Allemagne, elle aussi, commençait à se considérer comme une nation spéciale ou supérieure, dont la mission divine était également de conduire le monde vers une paix éternelle.

Le Japon, sous le règne divin de son empereur-Dieu, se considérait lui-même comme une nation divine habitée par des Dieux et des êtres divins depuis des temps immémoriaux. Comme il s’agissait de la terre où les Dieux ont créé les humains, du Jardin d’Eden originel et du seul gouvernement national dirigé par un Dieu, il allait de soi que le Japon, sous l’influence de ses officiers impériaux, assume lui-même la responsabilité de trouver la propre place de chaque nation, avec le Japon, bien sûr, au sommet.

En 1939, la Corée, la Mandchourie et la Chine avaient trouvé leurs nouvelles places et il était prévu que bientôt toutes les nations trouvent leurs places. La Mandchourie et la Chine étaient très riches en ressources naturelles qui, à présent, seraient entre les mains du Japon. Etant donné que le Japon était peu doté à cet égard, ces ressources étaient considérées comme un des avantages de l’expansion territoriale.

Un des concepts de base, les plus terribles du nazisme était sa politique extérieure, le « Lebensraum », l’espace vital. Hitler comprit également les avantages de l’expansion des frontières de l’Allemagne, qui devait se faire au profit de son peuple. Non seulement il désirait plus d’espace, « d’espace vital », mais toutes les ressources qui accompagnaient cette expansion constitueraient indubitablement un énorme profit pour lui et son peuple. Il s’enthousiasma rapidement à l’idée que son peuple était spécial également, car il descendait d’une super-race, les Aryens venant du centre de la Perse, aujourd’hui l’Iran. Etre des descendants de cette super-race blanche signifie qu’eux aussi étaient spéciaux et avaient reçu la mission divine de mettre fin à l’anarchie mondiale et d’établir la paix éternelle, excepté que, dans ce cas, l’Allemagne devait occuper le sommet.

Adolf Hitler n’était pas le seul créateur de la notoire politique du Lebensraum. Il s’agissait de l’idée originale du professeur Karl Haushofer, professeur de géographie politique à l’université de Munich. Haushofer enseigne : ² L’espace n’est pas seulement le véhicule de la puissance, c’est la puissance !² Il donnait des conférence aux dirigeants nazis : ²J’entends enseigner la géographie politique comme une arme pour réveiller l’Allemagne à l’accomplissement de sa grande destinée. Je rééduquerai toute la nation en lui faisant prendre conscience du rôle de la géographie dans l’histoire afin que chaque jeune allemand cesse de penser avec l’esprit de clocher, mais pense plutôt en terme de continents entiers.²

Nous savons combien cette théorie impressionna grandement Adolf Hitler, qui était impatient d’en savoir davantage. L’historien de Hitler, Trevor Ravenscroft, écrit dans son livre,²The Spear of Destiny² , que Haushofer enseignait de manière provocante sa ² théorie de l’agression territoriale sur une échelle globale. Son appel pour le Lebensraum pour le peuple allemand et ses plans pour le réaliser n’étaient qu’une justification pour le brigandage international à grande échelle² . Il allait, en effet, devenir le projet de Hitler pour la conquête du monde. ² Dans le même temps, il couvrait la géographie d’un voile de mysticisme racial² .

Ce mysticisme racial évolua dans le principe de la super-race aryenne, qu’Adolf Hitler, et plus tard le peuple allemand, adopta de tout coeur. Comme le Japon, ils étaient également prêts pour la conquête du monde. Le professeur Haushofer était également le principal architecte du Pacte Tripartite et toutes les conférences au cours desquelles fut constitué le projet de conquête mondiale se sont tenues à son domicile près de Munich. Selon Ravenscroft, ² Lors de ces réunions cossues, des officiels japonais, sous l’égide du célèbre premier ministre Matsuoko et les hommes d’Etat nazi ont discuté de ‘coopération culturelle’.²

Haushofer considérait le Japon comme le frère de l’Allemagne et Matsuoko, à son retour au Japon, aurait déclaré : ² Une nation ne reçoit l’opportunité d’accéder à la grandeur qu’une seule fois sur des milliers d’années.²

Il est clair que le Pacte Tripartite constituait un moyen efficace pour les deux nations d’échanger des stratégies militaires, des idéologies politiques et des valeurs culturelles et spirituelles. Il ne s’agit pas d’une pure coïncidence si, soudain au même point dans leur histoire, les deux nations partageaient des vues presque identiques sur leur statut de super-race et les obligations divines de réagencer l’ordre mondial existant. On ne peut que se demander laquelle des deux nations a, la première, formulé ce projet de conquête du monde et la notion d’espace vital-Lebensraum.

Il faut noter que le professeur Haushofer était également un officier militaire remarquable et son grand intellect, ainsi que son ² exceptionnelle compréhension des affaires orientales² l’ont conduit à être nommé observateur militaire supérieur à l’ambassade allemande de Tokyo de 1908 à 1912. Il parlait japonais couramment, ² maîtrisait le sanskrit et devint une autorité en mysticisme oriental² . Etre observateur militaire supérieur à Tokyo avait très certainement nécessité qu’il apprenne les mentalités et les aspirations des officiers de l’armée impériale japonaise, qui eux-mêmes étaient déjà embarqués dans leur programme d’expansion territoriale, ayant déjà annexé la Corée en 1910.

Adolf Hitler était très impressionné par les idéaux de géographie politique du professeur Haushofer qui devint un visiteur fréquent de Hitler alors qu’il était emprisonné dans la forteresse de Landsberg. Adolf Hitler avait participé à la tentative de coup d’Etat manquée en 1923 et purgea huit mois d’une peine de cinq ans. C’est là qu’il écrivit Mein Kampf, qui, ce n’est pas surprenant, place le Lebensraum au centre de l’agenda politique nazi.

² Dans le chapitre 14 de Mein Kampf, on peut presque sentir la présence de Haushofer, même si les lignes étaient écrites par Hess sous la dictée de Hitler. Ce que Haushofer faisait, c’était de brandir une épée de conquête, alors encore dans son fourreau, idée tirée de son arsenal de recherches savantes. Hitler la dégaina, aiguisa la lame et jeta le fourreau.²

Le professeur Haushofer était si proche d’Adolf Hitler et avait une influence si profonde sur lui et la formulation de ses politiques que, dans certains milieux, il était considéré comme le bras droit de Hitler et son successeur possible. Hitler se montrait également impressionné par sa forte détermination pour la conquête du monde, car il avait juré qu’en cas d’échec, il se suiciderait.

Entre-temps, le lien entre les deux pays ² frères² continua à se renforcer. Hitler publia Mein Kampf en 1926 et le japonais fut l’une des premières langues dans laquelle il fut traduit. Ce fut en 1928. Le drapeau nazi, une sphère blanche sur fond rouge est le contraire de l’ancien drapeau sacré de l’empire japonais, sans l’ajout de la svastika noire. Hitler choisit le dessin et les couleurs personnellement. Pour les nazis, la svastika représentait l’énergie du feu ou du soleil.

Presque toutes les pages de Mein Kampf ne manquaient de faire référence à la suprématie et à la destinée divine de la race aryenne. Hitler en vint à penser que les Aryens étaient les survivants du continent perdu d’Atlantide, qui avait subitement été submergé dans l’océan Atlantique des milliers d’années auparavant. Les survivants aryens à la peau blanche et aux yeux bleus établirent une civilisation prospère et extrêmement avancée en Perse et, il y a environ 3.000 ans, ils émigrèrent en masse dans la zone appelée aujourd’hui Allemagne. Le peuple blanc germanique d’aujourd’hui constitue ses descendants, toujours selon Hitler.

Hélas, avec le temps, à cause de la pollution de leur sang par le métissage avec des peuples de races inférieures, les héritiers présents ont perdu la plupart de leurs caractéristiques glorieuses de surhomme. Celles-ci comprenaient de grandes capacités spirituelles et physiques, ainsi qu’une force surhumaine et de la noblesse. Une partie du projet de Hitler était de purifier génétiquement le sang germanique par une sélection minutieuse. Selon lui, une grande source de cette pollution sanguine provenait de la race juive. Yoshikazu Okada enseigne une théorie similaire, sauf que les Japonais sont les survivants du continent de Mu, qui sombra dans l’océan Pacifique il y a environ 15.000 ans. Selon lui, la civilisation du continent de Mu était bien plus évoluée que celle d’Atlantide et lorsqu’elle disparut soudain dans la mer, la seule partie qui demeura fut les îles qui forment à présent le Japon.

Il est possible que la facette la plus redoutable et la plus dévastatrice du projet de domination mondiale d’Adolf Hitler était déjà en sa possession dès 1919. Car c’est environ à cette date que les prétendues minutes des réunions du Congrès Juif Mondial, tenu à Bâle en Suisse en 1897, avaient été sorties en fraude de Russie où elles avaient été tenues secrètes jusqu’alors et elles furent publiées en Allemagne et dans d’autres pays. Ces minutes ont été publiées sous le titre ² Les Protocoles des Sages de Sion² et sont censées être les résolutions et les projets d’une conspiration juive pour la domination du monde. Naturellement, les protocoles suscitèrent un grand intérêt à l’époque et une intense polémique quant à leur authenticité. De nombreux savants soutiennent que ² Les Protocoles² étaient simplement écrits pour créer des sentiments antisémites dans les monde. La polémique sur ce point persiste aujourd’hui encore et cette conspiration supposée a été le sujet d’innombrables livres et a été responsable de l’établissement de nombreux groupes de conspiration ou de mouvements anti-juifs de par le monde.

La nation allemande récemment défaite absorba le contenu des ² Protocoles² comme une éponge sèche, car ils leur expliquaient au moins pourquoi leur puissante nation avait connu une défaite si amère au cours de la première guerre mondiale. Grâce aux ² Protocoles² , ils ont pu comprendre qu’ils n’étaient que les victimes d’une conspiration mondiale, ce qui permettait aux Allemands de rejeter, pour tous les malheurs concevables, la faute sur les juifs. Non seulement les juifs étaient accusés de la défaite du puissant empire allemand au cours de la première guerre mondiale, mais aussi des obsessions matérialistes croissantes de l’homme. En d’autres termes, ils avaient pollué l’âme humaine en éloignant l’humanité de Dieu, uniquement pour se perdre dans l’obsession du matérialisme.

Adolf Hitler fut obsédé par le contenu des fameux ² Protocoles² et jura de venger son peuple.

Pendant plusieurs années, ² les Protocoles² circulèrent en Europe et partout, on parlait de l’existence d’un réseau juif international conspirant secrètement pour obtenir le contrôle du capital mondial et manipulant les politiques du monde dans le but final d’obtenir la domination du monde.

Le professeur Ala Bulloc, probablement un des premiers historiens mondiaux de Hitler, écrit : ² C’était une époque où les théories de conspiration trouvèrent une audience réceptive en Europe. L’Allemagne des années 20 accorda une extraordinaire attention aux Protocoles des Sages de Sion, supposés être le récit de la ‘conspiration juive mondiale’ pour détruire la civilisation chrétienne et ériger un Etat juif mondial. Ils auraient été organisés en une série de réunions à Bâle en 1897 au moment du premier congrès sioniste. Les Protocoles étaient, en fait, un faux document fabriqué de toute pièce par la police secrète tsariste et publié pour la première fois en 1903. Traduits en de nombreuses langues, ils devinrent un classique de la propagande antisémite et furent repris par Hitler, qui fit de l’antisémitisme une caractéristique principale de ses discours des années 1920.²

Pratiquement chaque page de Mein Kampf contient des références haineuses et revancheresses envers les juifs et ce qu’il pourrait faire d’eux s’il arrivait au pouvoir. Aux yeux de Hitler, ils représentaient la personnification des forces du mal et étaient totalement responsables de tous les maux du monde. ² Les Protocoles soulevèrent une vague houleuse de haine contre les juifs, sur laquelle Adolf Hitler s’appuya pour obtenir le pouvoir… En effet, le ‘Démon’ qui parle des Protocoles a fournit à Adolf Hitler son projet de domination totale, un projet qu’il suivit fermement jusqu’à ce qu’il atteigne le pinacle de la dictature absolue sur le Troisième Reich.²

Les protocoles étaient intégrés dans une publication du professeur Sergius Nilus de Russie afin de faire connaître leur existence ; il pensait qu’une telle conspiration existait réellement. A la fin de sa publication, il écrit : ² On ne peut plus en douter, le règne triomphant du Roi d’Israël se lève sur notre monde dégénéré de Satan, avec sa puissance et ses terreurs ; le Roi né du sang de Sion – L’Antéchrist est prêt à monter sur le trône de l’empire universel.²

Quelques années plus tard, une copie des Protocoles arriva au British Museum, où ils furent traduits en anglais par Victor Marsden, un ancien correspondant russe du Morning Post. Dans la préface de sa traduction, Marsden déclare : ² On peut dire avec vérité que cette oeuvre a été exécutée au prix du propre sang de M. Marsden. Il a dit à l’auteur de cette préface qu’il ne pouvait pas travailler plus d’une heure d’affilée sur la traduction au British Museum, car l’esprit diabolique de la traduction qu’il était obligé de faire en anglais le rendait vraiment malade.²

De manière étonnante, les Protocoles sont relativement faciles à obtenir et je pus m’en procurer aisément une copie dans une librairie alternative.

En tout, il s’agit de 24 Protocoles, dont certains sont très longs et couvrent plusieurs sujets tandis que d’autres sont assez courts et n’en relatent que quelques-uns. Chaque protocole est complètement consacré à certains aspects de la supposée conspiration mondiale.

Mahikari tient les juifs pour totalement responsables du déclin de l’humanité. Selon eux, ce sont les juifs qui ont éloigné l’humanité de Dieu, uniquement pour devenir obsédés par le matérialisme. Afin d’apaiser Dieu, les organisations de Mahikari sont nées pour construire le(s) temple(s) de Dieu au Japon. Selon Okada, la justification de l’extermination de 6.000.000 de juifs par Hitler est la purification ou le jugement de Dieu.

Les membres du cours supérieur de Mahikari reçoivent un manuel de 130 pages qui tient lieu de notes de cours. Ce manuel contient des cartes détaillées du continent Mu avant et après son immersion, ainsi que des cartes similaires de l’Atlantide.

Dans ce manuel, on demande aux membres de faire des recherches ultérieures sur ces sujets en lisant ² Mu, le Continent perdu² du Colonel James Churchward et ² Le Continent enfoui d’Atlantide² de L. W. Robinson. On demande également aux membres supérieurs d’étudier ² The Future Course of Japan² (L’Avenir du Japon) de Kido Honda. Un aperçu des chapitres un et deux de ce livre prend dix pages du manuel. Le chapitre un énumère six articles du plan secret des juifs francs-maçons pour la domination mondiale. Ces six articles sont clairement destinés à susciter des sentiments anti-franc-maçons et anti-juifs. Le chapitre deux est une version abrégée d’un discours secret censé avoir été prononcé par le chef des juifs francs-maçons lors d’une réunion secrète des juifs, où chaque membre présent jurait le secret sous la menace de mort s’ils divulguaient le contenu du discours.

Le préambule de ce discours secret donne un bref historique de ses origines. Il est intéressant de noter qu’en 1919, ces articles et lettres ont été sortis en fraude de Russie et publiés en Europe. Le contenu de cette lettre abrégée est complètement consacré à une conspiration juive mondiale. J’ai étudié les Protocoles des Sages de Sion et il est clair que la lettre abrégée est une version abrégée des Protocoles qui sont publiés dans le manuel supérieur. L’effet sur le lecteur est également le même, susciter des sentiments antisémites. Pour éviter d’être taxé d’antisémitisme moi-même, je n’ai repris que quelques fragments des Protocoles abrégés du manuel.

² La puissance de l’argent est la source de notre énergie. Les différents pays du monde, unis ensemble dans une alliance, peuvent nous empêcher pendant un temps, mais ne vous inquiétez pas. Pendant deux mille ans, nous avons nourri les racines de la désunion parmi les peuples du monde. Ces racines ne peuvent à présent plus être arrachées. Vous pouvez dire que si les peuples du monde remarquent la véritable situation, ils nous attaqueront par la force des armes avant que nous ayons pu réaliser notre plan, mais nous sommes préparés à cette éventualité… Quant à notre gouvernement transcendantal, nous nous sommes équipés des qualifications nécessaires à exercer le vrai pouvoir sur le monde. On peut dire que nous sommes les législateurs ; nous disposons de la puissance de la vie et de la mort, car la police et les tribunaux sont entre nos mains. Le peuple avalera certainement notre démagogie et notre lutte pour obtenir le pouvoir politique, se ruinant lui-même. Nous serons alors capable de l’utiliser à notre guise ; grâce à l’intrigue, et à l’utilisation de la puissance financière placée sous notre contrôle, nous pourrons créer une panique économique et, d’un seul coup, priver les travailleurs de leurs maisons. Nous avons préparé les moyens de détruire l’industrie de chaque pays. Grâce à l’industrie, nous allons spolier la terre des propriétaires et de son capital et, par spéculation, récolter tout l’or du monde entre nos mains. Aucun peuple d’aucun pays du monde ne pourra éviter d’être ruiné et de se prosterner à nos pieds. Ainsi, grâce aux divers moyens que je viens de mentionner, nous allons forcer chaque pays du monde à un état d’épuisement et ainsi construire notre gouvernement transcendant, avec la puissance de chaque pays entre nos mains.²

Il y a de nombreux juifs dans Mahikari ; tous, à leur insu, nourrissent la même flamme qui a incinéré 6.000.000 de leurs compatriotes pendant la seconde guerre mondiale. C’est très triste à constater. Un des jeunes qui décéda tragiquement dans l’accident de voiture où les cinq membres du groupe des jeunes périrent sur le chemin du retour de Melbourne était juif. Quelle tristesse.

Les Protocoles abrégés publiés dans le manuel supérieur de Mahikari comprennent également ce qui suit : ² Vous pouvez dire que si les peuples du monde remarquent la véritable situation, ils nous attaquerons par la force des armes avant que nous ayons pu réaliser notre plan, mais nous sommes préparés à cette éventualité. Nous avons un plan terrible qui terrifierait le plus courageux des héros : le métro. D’ici peu, la capitale de chaque pays du monde possédera son métro et nous serons capables de détruire toutes les institutions gouvernementales et les archives importantes de ces gouvernements dans le même temps.²

Je comprends pourquoi certains groupes et individus mécontents peuvent trouver des justifications de leurs opinions et de leurs sentiments antisémites et anti-establishment. Ces Protocoles ne suscitent pas seulement des sentiments antisémites, mais aussi anti-establishment, car de nombreux groupes d’extrême-droite pensent que la conspiration juive est déjà parvenue à contrôler les gouvernements et d’autres institutions publiques. Cette croyance justifie leurs actions qui veulent lutter pour replacer le contrôle entre les mains de groupe non contrôlés par les juifs, c’est-à-dire eux-mêmes.

Il n’est pas inhabituel pour ces organisations de créer leur propre histoire, car ils vivent de fantasmes. Et c’est exactement ce que firent les Nazis et les officiers de l’armée impériale japonaise.

La plupart de ces personnes célèbres sont à présent mortes, mais le contenu subversif des Protocoles, d’où ils tiraient une grande partie de leur inspiration, continue à circuler dans le monde et ce n’est que récemment que j’ai découvert que Mahikari diffuse et encourage leur étude.

Les mots, ² Nous avons un plan terrible qui terrifierait le plus courageux des héros : le métro…et nous serons capables de détruire toutes les institutions gouvernementales et les archives importantes de ces gouvernements dans le même temps² , ont une résonance particulière. Le 20 mars 1995, la secte japonaise de fin du monde, Aum Vérité Suprême, commença à vivre ses propres fantasmes, c’est-à-dire déstabiliser le gouvernement du Japon en injectant du gaz sarin mortel dans le métro de Tokyo. Dix personnes moururent et 5.000 furent blessées. Cette secte d’extrême-droite s’attaqua plus tard aux métros de Yokohama et, à nouveau, de Tokyo.

Quelques jours plus tard, plusieurs firmes japonaises en Australie et dans d’autres pays ont reçu des lettres envoyées par courrier prioritaire, rédigée dans un très mauvais anglais et signées « L’Equipe » (« The Team »). On y lisait entre autre que  » le métro n’était qu’un coup d’essai. Les firmes et les compagnies aériennes japonaises en Australie seront les prochaines sur la liste ».

Deux semaines plus tard à Oklahoma City, une voiture piégée explosa devant un important immeuble du gouvernement fédéral. Environ cent soixante innocents furent tués et l’immeuble fut complètement détruit. Le suspect principal de l’explosion, Timothy Mc Veigh, serait membre d’un mouvement d’extrême-droite, la Michigan Militia. Il est indiqué que cette organisation se propose de renverser le gouvernement des Etats-Unis. Entre-temps, Timothy McVeigh est en prison et réclame le statut de ² prisonnier de guerre² . On croit que le véritable cerveau de l’explosion se trouve à des lieux de là.

Est-il possible que tous ces groupes terroristes violents soient liés, autrement que par la probabilité qu’ils tirent une grande partie de leur inspiration et de leur justification des Protocoles des Sages de Sion?

Les mots, ² Nous avons un plan terrible qui terrifierait le plus courageux des héros : le métro…et nous serons capables de détruire toutes les institutions gouvernementales et les archives importantes de ces gouvernements dans le même temps² , sont le protocole n°9, dernier paragraphe !

Dans le magazine australien New Dawn n°32, septembre-octobre 1995, on trouve un article d’un membre américain de Aum Vérité Suprême écrit pour dissiper tout malentendu sur son dirigeant et l’organisation.

² Le nom signifie Vérité Suprême et l’organisation fut mise sur pied il y a huit ans par Sa Sainteté Shoko Asahara, qui, dans une vie antérieure, était une incarnation d’Imhotep, le vizir du Pharaon de Zoser, qui a conçu les pyramides… En outre, Maître Asahara parle de conspiration internationale des francs-maçons pour l’établissement d’un gouvernement mondial après les calamités… Il dit qu’ils aspirent à dominer le monde… Ils contrôlent déjà les marchés financiers mondiaux, les gouvernements et les grandes nations industrialisées et les mass média.² Dans mon esprit, il ne subsiste plus de doute quant à savoir où Sa Sainteté Maître Shoko Asahara, par ailleurs constructeur de pyramide en son temps, a tiré son inspiration.

L’édition de novembre 1995 du magazine australien Cultwatch a publié un extrait de ² Women of the Cult² (Les Femmes de la Secte), un livre révélant la vie des femmes dans Aum Vérité Suprême. Entre autres points effrayants : ² On expliquait aux enfants que Hitler, admiré par le gourou, était un héros.²

De récents rapports d’investigation concernant les opérations de couverture de Aum Vérité Suprême révèlent que ce groupe préparait secrètement une technologie et un équipement nucléaire à partir de matériels provenant de l’empire soviétique en lambeau. Aujourd’hui, au Japon, de nombreuses personnes se posent des questions sur les activités de certaines agences et de certains fonctionnaires de leur gouvernement, les accusant de couverture, ou au mieux, de cacher la révélation de la vérité. Affaire à suivre.

Une étude récente des Protocoles de L. Elliott, intitulée ² This Lie Will Not Die² (Ce mensonge ne mourra pas), donne un aperçu éclairant de leur circulation globale à l’heure actuelle. Il dit : ² Ce manuscrit du diable a uni des fanatiques de tous horizons et, en même temps, a réclamé des millions de vies² et ² est devenu un outil important de propagande des groupes islamiques fondamentalistes agressifs.² Par exemple, au Liban, ils furent un best-seller en 1970. ² En 1985, le gouvernement iranien publia le livre avec une introduction élogieuse… Les statuts actuels du Hamas, le groupe terroriste palestinien, citent à de nombreuses reprises les Protocoles.² Déjà en 1927, Henry Ford publia 500.000 copies de son livre ² The International Jew : The World’s Formost Problem² (Le Juif international : Le premier Problème mondial) qui contenait des articles antisémites basés sur le contenu des Protocoles. Son livre lui valut une action en justice pour diffamation et il renia finalement ² The International Jew² .

Yoshikazu Okada semble prompt à rendre responsable les juifs de beaucoup de maux actuels également. Comme le prouve ce passage du manuel du cours élémentaire : ² La médecine symptomatique, qui commença avec les maçons juifs il y a 2.500 ans, fut, dès le départ, fondée sur de faux préceptes. Cette thérapie symptomatique n’a pas fait un seul pas vers le royaume de la thérapie causale et continue à exister à un niveau inférieur.²

Au contraire de beaucoup d’autres groupes qui basent leur philosophie sur des idéaux néo-nazis et dont les membres se reconnaissent souvent par leurs uniformes traditionnels de skinheads, par des tatouages et des chaussures militaires, les membres de Mahikari sont toujours bien mis, courtois et occupent souvent des positions élevées. Il faut creuser profondément et longtemps afin de découvrir ce qui se cache réellement en dessous de tout cela.

Au cours de mes dix-sept années de membre, dont la plupart en tant que dirigeant à plein temps, je n’ai jamais soupçonné que j’étais occupé à promouvoir les mêmes idéaux que ceux d’Adolf Hitler. En général, ce que je faisais était souvent englobé dans un mysticisme divin ou qualifié de ‘volonté de Dieu’. On m’apprit très tôt à ne croire que dans les enseignements de notre sauveur, ainsi qu’à abandonner mes propres pensées et mon bon sens. C’était même un péché de les mettre en question. Nous avions tous observé les stupéfiantes et souvent effrayantes manifestions des divers esprits et démons en de nombreuses occasions. Nous savions tous que si nous nous éloignions de cette ligne, nous perdrions la protection spéciale de Dieu et ces esprits et démons s’empareraient de nous. Cette crainte de l’invisible est extrêmement puissante et même les membres qui ont quitté l’organisation demeurent généralement très silencieux.

Presque tous les jours sur ces dix-sept années, j’ai été impliqué d’une façon ou d’une autre dans l’invocation de ces esprits et, à présent, en considérant les véritables origines de Mahikari, je ressentis le besoin impérieux d’investiguer plus profondément cette facette de l’organisation. En d’autres termes, quelle est la source de cette puissance ou qu’est-ce qui permet à ce phénomène de se produire ?

En juin 1994, lorsque je visitais le Japon, essayant de clarifier les origines des enseignements de Yoshikazu Okada et son appartenance supposée à l’organisation SKK, j’ai eu une entrevue avec un ancien responsable du SKK, les détails de l’entrevue sont relatés en profondeur au chapitre 6.

Parmi les nombreuses révélations ahurissantes de ce responsable et d’autres encore, il y avait les fréquentes réprimandes données par Mokichi Okada à Yoshikazu Okada. Celui-ci semble avoir reçu ces réprimandes pour avoir invoqué constamment diverses entités spirituelles. Ce qui n’était pas une pratique de l’organisation SKK et Mokichi Okada lui demanda de cesser, car, selon lui, cela ne pouvait que conduire à des problèmes à l’avenir. Toutefois, Yoshikazu Okada continua, en dépit des avertissements réguliers et, selon notre ancien responsable, sa persistance dans cette pratique indésirable, s’ajoutant à une agression sexuelle sur une des membres, conduisit à sa révocation.

Etant donné que cette pratique ou technique d’invocation des esprits n’était pas enseignée ni pratiquée dans l’organisation SKK, Yoshikazu Okada doit avoir acquis cette capacité ailleurs.

A cette époque, au Japon, florissaient de nombreuses sociétés secrètes pratiquant toutes sortes de rituels diaboliques, mais, en général, il était difficile d’être accepté dans leurs rangs et il n’est pas clair s’il en fut jamais membre.

Toutefois, il est connu que le professeur Karl Haushofer, le principal architecte du Pacte Tripartite et de la politique du Lebensraum de Hitler, était aussi le chef d’une communauté secrète d’initiés en Allemagne et constituait une autorité sur tous les aspects de la ² doctrine secrète² .

La doctrine secrète est supposée donner aux initiés une étude profonde des oeuvres du monde des esprits, les bons et les mauvais aspects, et sur la manière de dompter ses puissances afin de permettre aux initiés de dominer ou manipuler les autres.

Cette pratique fut introduite du Tibet, où ces enseignements existaient depuis 10.000 ans. ² Ce n’est pas enseigné d’une manière intellectuelle, ni transmis comme un enseignement d’une génération à une autre. Ce n’est que quand les centres du corps astral d’un novice ont atteint un certain niveau de réalisation et que son organisme éthérique a été ouvert complètement, que la doctrine secrète peut lui être révélée.²

Témoignant de l’enthousiasme dont fit preuve Haushofer dans ces activités, il fut initié à la Société du Dragon Vert au Japon. ² Seuls deux autres européens ont été autorisés à rejoindre cet ordre japonais, qui exige un serment de secret et d’obéissance d’une manière bien plus stricte que des sociétés secrètes similaires en Occident.²

Afin d’être accepté dans la Société du Dragon Vert, il faut avoir déjà acquis un degré prescrit de pouvoirs surnaturels, comme c’était le cas du professeur Haushofer. ² L’initiation à la Société du Dragon Vert exige la capacité de contrôler et de diriger les forces de vie des plantes, un peu comme le faisaient les Atlantes. L’initié doit activer le processus de germination d’une graine et l’amener par magie à maturation afin que la floraison apparaissent en quelques minutes. Ces puissances ne sont pas seulement connectées au contrôle des esprits fondamentaux, mais aussi au développement complet et à l’activation du chakra à dix bras situé dans le corps astral, s’interpénétrant avec l’abdomen aux environs du nombril physique.²

C’est à partir des enseignements de la doctrine secrète que le professeur Haushofer devait formuler son idéologie et ses visions d’une race maître descendant des Aryens du continent d’Atlantide.

Il ne fait aucun doute que le professeur Haushofer avait de nombreuses occasions de fréquenter régulièrement les réunions de la Société du Dragon Vert alors qu’il était officier supérieur de renseignement militaire attaché à l’ambassade allemande à Tokyo. Etant donné qu’il était le principal architecte du Pacte Tripartie entre l’Allemagne et le Japon, ce type d’informations pouvait facilement passer d’un pays frère à l’autre et, plus particulièrement, entre officiers militaires de haut rang.

Adolf Hitler, obsédé par la domination du monde, chercha l’inspiration auprès du professeur Haushofer et, en plus de sa politique de Lebensraum, en tira également le monde de l’occulte. Comme Hitler absorba les idéaux géopolitiques enseignés par le professeur Haushofer, il s’empara également des enseignements et des rites secrets du monde de l’occulte. Car il existe là une puissance secrète et invisible qui favoriserait sa cause pour la domination mondiale. Le professeur Haushofer devint maître magicien du parti nazi, qui lui-même était une fusion de plusieurs groupes mystiques. Hitler avait ajouté une nouvelle arme à son arsenal, la puissance de l’occulte.

Hitler était si enthousiaste à développer et comprendre sa nouvelle arme qu’il créa l’Ahnenerbe, le Bureau Occulte Nazi. Ce bureau spécialement créé, avec 49 filiales en Allemagne, était placé sous le commandement du Reichführer SS Heinrich Himmler.

C’était au sein de cette institution financée par le gouvernement que Hitler et ses officiers ont étudié l’occulte, ont expérimenté des drogues agissant sur l’esprit et la conscience et invoquèrent des entités spirituelles. La connaissance et la puissance satanique collective était canalisée, à chaque fois que c’était possible, vers le bureau occulte nazi de Himmler, l’Ahnenerbe, pour étude et analyse. Ce qui fit que de nombreux officiers nazi reçurent ² l’ordre d’assister à des cours de méditation, de transcendantalisme et de magie.²Au sein des murs du bureau occulte nazi, le professeur Haushofer commença ses fameuses expériences sur la génétique humaine alors que des officiers prêtaient des serments d’allégeance irréversible aux puissances sataniques. Cette force internationale de satanistes était destinée à libérer et à utiliser les puissances de Satan pour établir leur domination mondiale totale.

On ne peut douter que les différentes trouvailles et résultats obtenus par les études de l’Ahnenerbe furent transmis au Japon, très probablement via les canaux du Pacte Tripartite. Une force internationale comme celle-là, qui comprenait plusieurs membres de la Société japonaise du Dragon Vert, ne pouvait pas passer inaperçue dans les rangs de l’armée impériale japonaise. Il est déjà clair, sur base du manuel du cours supérieur, que Yoshikazu Okada avait étudié les Protocoles et, comme il était un officier supérieur de l’armée, il est presque certain qu’ils avaient également été étudiés par de nombreuses autres officiers supérieurs de l’armée impériale japonaise, car, eux aussi, partageaient le même fantasme de la conquête du monde, se comportant comme les hauts prêtres de la secte religieuse la plus importante du monde, le Shintoïsme d’Etat.

Un enseignement de Mahikari apparemment inoffensif présentait en détail à tous les membres les puissances qui travaillent pour rendre la création harmonieuse. On y explique comment toute la création est réalisée en utilisant les deux grandes forces opposées. Un exemple simple explique la création d’électricité par la fusion harmonieuse d’une charge électrique positive et d’une charge électrique négative. Le courant produit n’est jamais ni positif ni négatif, mais quelque chose de complètement différent. Le même principe s’applique à tous les aspects de la création. La combinaison correcte du capital et du travail produit un commerce prospère. La combinaison entre un homme et un femme produisant un nouvel être humain. De même, en combinant un oriental et un occidental. Je me souviens très bien lors de l’étude un membre demander sur le ton de la plaisanterie : « Et donc, qu’obtient-on en croisant un Juif et un Japonais? »

Le plan « Fugu »!

Un programme eugénique japonais développé durant la guerre à l’Université de Tokyo visant à créer une nouvelle race super intelligente en croisant les Juifs et les Japonais.

Le terme « Fugu » provient du poisson Fugu qui est considéré comme le poisson le plus délicat par les Japonais. C’est aussi le plus cher. Sa chaire est considérée comme la plus délicieuse de toute tandis que d’autres parties de son corps contiennent un poisson toxique bien plus mortel que le cyanure. Mangez la mauvaise partie et vous êtes mort!

N’étant ni Juif, ni Japonais, je me demande à présent quelle race constituait la partie délicate du poisson et laquelle constituait la partie toxique.

Le professeur Haushofer, M. Matsuoka, le ministre japonais des Affaires Etrangères représentant l’engagement du Japon dans le Pacte Tripartite, le Pacte lui-même, et sans aucun doute d’autres, étaient probablement tous des véhicules et des canaux hautement efficaces et dévoués pour partager et diffuser ces informations entre « nations frères ».

De nouveaux détails mettent à présent en lumière le rôle de l’Unité biologique clandestine 731 établie avant la deuxième guerre mondiale en Mandchourie. Les chercheurs ont découvert que l’armée japonaise, comme son homologue nazi, a aussi expérimenté des armes de destruction de masse, dont le laser et les systèmes électromagnétiques, ainsi que l’occultisme.

J’ai de graves inquiétudes concernant les origines de la puissance générée au sein des organisations de Mahikari, vu le long et profond engagement de Yoshikazu Okada au sein des officiers supérieurs de l’armée japonaise, qui n’auraient reculé devant rien pour gagner leur guerre sacrée.

A cette époque, une poignée d’individus, cependant, put prévoir les horreurs que de telles pratiques pouvaient libérer sur l’humanité. L’un d’entre eux était le philosophe René Guenon, auteur de plusieurs livres sur la métaphysique et le mysticisme oriental.

² Les faux messies que nous avons vus jusqu’à présent n’ont réalisé que de très petits miracles et leurs disciples ne sont pas très difficiles à convertir. Toutefois qui sait ce que l’avenir nous réserve ? Lorsque vous réfléchissez sur le fait que ces messies n’ont jamais été rien d’autre que des outils plus ou moins conscients de ceux qui les ont conjurés et lorsque l’on pense plus particulièrement à la série de tentatives réalisées dans les temps contemporains, on est forcé de conclure que ce n’était là que des essais, des expériences, qui seront renouvelés sous différentes formes jusqu’à obtenir le succès… Ce n’est pas que nous, occultistes ou spiritualistes, sommes assez forts par nous-mêmes pour mener à bien ce type d’entreprise. Mais ne pourrait-il y avoir derrière ces mouvements quelque chose de plus dangereux dont les dirigeants ne savent peut-être rien, étant eux-mêmes, à leur tour, les outils inconscients d’une puissance démoniaque supérieure ?² .

La voix de René Guenon n’a pas été entendue à son époque, mais ses paroles n’en résonnent pas moins plus terribles aujourd’hui.

Mokichi Okada, le fondateur du SKK, célèbre philosophe et artiste, vit également le danger et exprima ses inquiétudes avant le début de la seconde guerre mondiale. A cette époque, ses sentiments le menèrent à l’emprisonnement et ce ne fut qu’après la guerre qu’il put, sans être inquiété, publier ses sentiments. ² Un mot commun de par le monde est le patriotisme. Au Japon également, jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, une fièvre patriotique incroyablement puissante avait prévalu dans toute la nation. Une telle intensité était en partie à attribuer au système impérial du Japon, où chaque empereur était révéré comme le symbole de la nation et vénéré comme un Dieu vivant. C’est toujours frais dans notre mémoire. Ce respect et cette vénération provenait du fait que le Japon avait connu une lignée ininterrompue d’empereurs depuis le début de son histoire et la plupart des gens partageaient ces sentiments. Toutefois, il y avait un groupe d’individus ambitieux qui aspiraient au pouvoir et qui fit de son mieux pour intensifier les sentiments de la nation à vénérer l’empereur actuel afin d’utiliser ce sentiment pour réaliser leurs ambitions.

« Ces circonstances ont donné naissance à un pays tout à fait unique, sans précédent avec le reste du monde. Il se considérait lui-même comme une « terre divine » et se comportait comme un enfant capricieux dans une famille aisée, qui pense qu’il peut faire tout ce qu’il désire sans se soucier des conséquences. »

« En plus de cela, les savants contrôlés par le gouvernement ont enflammé l’orgueil de la nation de manière très habille d’un point de vue historique et logique. L’esprit de loyauté et de patriotisme se répandit partout dans la nation, si fortement que les Japonais en vinrent à penser à sacrifier leurs vies pour leur pays et leur empereur, croyant qu’il s’agissait là de la plus haute vertu. »

² Cette autosuffisance de la nation fut complètement détruite cependant avec la défaite de la guerre, le peuple développa alors un complexe d’infériorité. L’annonce de l’empereur, proclamant immédiatement après la guerre qu’il n’était plus un Dieu vivant, mais un simple être humain, choqua la nation toute entière. Une nouvelle constitution fut élaborée et le Japon devint un pays démocratique dont la doctrine était que la souveraineté devait rester au peuple. Il s’agissait là de la plus grande réforme sans précédent dans l’histoire du Japon. Le renoncement de l’empereur à sa divinité n’affecta pas beaucoup la façon de penser du peuple, mais, pour l’opinion publique ; le futur s’annonçait très sombre, car elle avait perdu son objet de vénération. Les gens étaient perdus, ne sachant pas vers où se tourner et cette situation persiste encore d’une certaine manière aujourd’hui… Les Japonais avaient jusque là donné la priorité au profit de leur propre nation, que ce soit juste ou non. Ils commencèrent même à lancer le slogan absurde ² Le monde entier sous un seul toit² , signifiant que toutes les nations devaient se trouver sous la domination du Japon. Ils allèrent même plus loin en pensant que si seul leur pays prospérait, ils ne se préoccuperaient pas du bien-être des autres nations. Une telle façon de penser s’identifia dans un esprit de loyauté et de patriotisme. La nation toute entière se précipita alors vers sa propre perte ; les racines de cette terrible calamité avaient été plantées bien longtemps auparavant.²

Le « groupe d’individus ambitieux aspirant au pouvoir », c’étaient, bien sûr, les officiers de l’armée impériale japonaise. Ce furent eux qui ‘plantèrent les racines de la terrible calamité bien longtemps auparavant’. Il ressort plus clairement de tout cela la raison pour laquelle les idéaux et les pratiques de Yoshikazu Okada contribuèrent à sa révocation en tant que responsable du SKK.

Après la défaite de l’Allemagne dans la seconde guerre mondiale, le professeur Karl Haushofer fut recherché par les alliés pour être traduit devant tribunal de crimes de guerre de Nuremberg. Haushofer, sentant son destin s’accomplir, se suicida comme il l’avait juré plusieurs années auparavant, en s’éventrant lui-même à la manière traditionnelle japonaise.

A1brecht Haushofer, fils du professeur Karl Haushofer, lui-même nazi, comprit tragiquement que son père avait été responsable de la libération de la Bête de l’Apocalypse sur l’humanité en utilisant le désir fou de domination mondiale d’Adolf Hitler.

Plus tragiquement, Albrecht fut impliqué dans l’attentat manqué visant à assassiner Adolf Hitler le 20 juillet 1944. Avec 4.000 autres suspects, qui furent tous finalement exécutés, Albrecht attendait son exécution en prison et ce fut là qu’il écrivit ses pensées, dont certaines sous forme de petits sonnets. Lui aussi avait étudié la philosophie orientale et avait même passé un an au Tibet à étudier avec les lamas.

Selon une légende orientale qu’il avait apprise au Tibet, ² Les esprits des puissances du mal sont incarcérés, enfouis dans les profondeurs de l’océan. Ils y restent emprisonnés par la main bienveillante de Dieu, jusqu’à ce qu’une fois en mille ans, un pécheur choisit librement de libérer ces redoutables démons, à moins qu’il ne rejette sa terrible prise dans les profondeurs.²

Après l’exécution d’Albrecht, on trouva son sonnet final dans sa veste maculée de sang.

Pour mon père, le sort en était jetéUne fois encore, le démon devait être repoussé et rejeté dans sa prison Mon père a brisé le sceau. Il n’a pas senti le souffle du mal Mais l’a libéré pour parcourir le monde.Le sonnet final est très similaire à un passage de la Bible, Rev. 20. v. 7.

Après mille ans,

Satan se libérera de sa prison et

Il ira tromper les nations

se répandant dans le monde entier.

CHAPITRE 9

Après la défaite du Japon au cours de la seconde guerre mondiale, les forces d’occupation, appelées simplement SCAP (Supreme Command for the Allied Powers, Commandement Suprême des Puissances Alliées), sous le commandement du général américain Mac Arthur, avait la tâche peu enviable de se débarrasser de ce qui s’était avéré la secte religieuse la plus dangereuse et la plus importante du monde.

En général, pour parler de secte religieuse, un groupe doit avoir à sa tête une personne qui se réclame ou est reconnue par ses fidèles, comme un messie ou qui a reçu ses révélations exclusivement de Dieu. Les membres d’une secte continuent à vénérer cette personne et suivent ses supposés conseils divins comme étant la volonté et les paroles de Dieu ou un être spirituel suprême.

Le jour du nouvel an 1946, l’empereur japonais fut forcé de renoncer à son ‘statut divin’ et ce fut le premier et le plus important coup porté à la secte. Plus tard, en 1947, le SCAP dirigea l’élaboration de la nouvelle constitution, qui rendait inconstitutionnel pour l’Empereur d’assumer un statut divin. Le financement du Shintoïsme par l’Etat fut également interdit et la liberté religieuse fut garantie pour tous. Ces directives étaient établies dans les articles 1, 20 et 89 de la nouvelle constitution. L’empereur Hiro-Hito lui-même n’offrit pas de résistance à l’élaboration de la première constitution démocratique de son pays par les forces d’occupation alliées, les premières forces à jamais envahir et occuper le pays. A la fois le général Mac Arthur et l’empereur Hiro-Hito savaient très bien qu’en épargnant à Hiro-Hito un procès pour crimes de guerre, ce qui aurait certainement conduit à sa condamnation et à son exécution, Mac Arthur avait empêché l’éclatement d’une longue guérilla fanatique au Japon. Lorsqu’il fut d’abord question de poursuivre Hiro-Hito, le général Mac Arthur déclara : « J’aurais besoin d’au moins un million de renforts si une telle décision était prise. Je crois que si l’Empereur était inculpé et peut-être condamné en tant que criminel de guerre, le gouvernement militaire devrait être institué sur tout le Japon et une guerre de guérilla éclaterait probablement. »

Sous la contrainte de la nouvelle constitution et de son nouveau rôle, les responsabilités de l’empereur Hiro-Hito furent transformées, un peu comme si un Pape règnant et qui n’en fait qu’à sa tête, puisse facilement assumer un rôle nouvellement créé, Roi d’Italie, par exemple, si la Constitution le permettait. En modifiant une constitution, un scénario si impensable pourrait être rendu possible d’un point de vue politique. Mais que se passe-t-il d’un point de vue spirituel ou théologique ? Il nous reste à savoir si les articles d’une constitution peuvent supplanter ou nier des croyances religieuses qui constituent la pierre angulaire de la religion. Est-ce que la transformation politique d’un Pape obstiné entraînerait la désaffection de la succession apostolique ou l’abandon de l’Eglise catholique elle-même ?

De même, la transformation politique de l’empereur dans son nouveau rôle peut-elle anéantir les croyances et les traditions Shinto qui ont été vénérées et pratiquées depuis des temps immémoriaux et depuis bien plus longtemps que celles du Catholicisme ou de la Christianité ? Une des croyances fondamentales du Shintoïsme est que l’empereur est un descendant direct de la Déesse du Soleil, un objet de vénération. Nier ce fait pouvait être comparé, par exemple, à un reniement de la signification du rôle transmis par Jésus-Christ. Nier le message et le rôle de Jésus-Christ revient à nier la Christianité.

Aucune constitution ne pourra jamais réaliser cela. Supprimer la vénération dans le crucifix pour la Christianité reviendrait à redessiner le drapeau japonais, symbole de la Déesse du Soleil et preuve du statut divin de l’empereur. Existe-t-il une formule politique acceptable aux disciples des religions ?

Vu les circonstances extraordinaires de l’époque, il nous reste à nous demander si tous les Japonais ont jamais accepté complètement la déchéance divine de l’empereur.

La nation repose sur l’empereur pour demander aux Dieux des différentes saisons une récolte généreuse de riz ou d’autres produits agricoles. Leur survivance même en dépend et toute menace envers cette coutume ancestrale serait difficile à tolérer. Peut-être que ce que Mac Arthur avait fait était simplement de séparer la politique de la religion, une chose nouvelle pour les Japonais, mais avec laquelle ils devraient apprendre à vivre.

Entre-temps, l’empereur Hiro-Hito continua à vénérer la Déesse du Soleil dans les trois sanctuaires de l’enceinte impériale et à effectuer son pèlerinage annuel aux grands temples Shinto d’Ise, sanctuaire de la Déesse du Soleil, jusqu’à la fin de ses jours.

Immédiatement après sa reddition, l’armée japonaise, qui était chargée du système d’enseignement, supprima complètement toutes références et informations concernant l’agression japonaise, l’occupation et les atrocités commises pendant la guerre. Tous les documents et les films sur leur récente guerre sainte furent confisqués ou détruits. Nulle part, surtout aujourd’hui, peut-on trouver des références japonaises sur ce que l’armée fit dans les années avant 1945. Ce qui signifie que tous les Japonais nés après cette année, ce qui représentent environ 75 pour-cent de la population, ignorent presque tout de ces actes. Aucun japonais de moins de 50 ans ne connaît l’infâme ² Viol de Nanking² , les marches mortelles de Bataan ou de Sandakan, etc. L’empereur lui-même n’apprit le Viol de Nankin que bien après la guerre. J’ai demandé à plusieurs membres japonais de Mahikari s’ils étaient conscients de ² l’incident de Nankin² et ils ont tous répondu par la négative. Toutefois, on a parlé aux Japonais de leur combat pour stopper l’impérialisme étranger et que ce combat résultait du bombardement de Tokyo qui fit 200.000 morts, sans compter la destruction de Hiroshima et de Nagasaki par les bombes atomiques.

La machine de propagande de l’armée japonaise, avec le soutien du gouvernement japonais, a effectivement réécrit sa propre histoire aux dépends, et au péril, de son peuple.

Il existe toutefois aujourd’hui au Japon des voix qui s’élèvent contre les dangers d’une histoire réécrite. Une de celle-là, le professeur Ienaga, s’est battu depuis 30 ans auprès des tribunaux pour déclarer inconstitutionnelle cette suppression des crimes de guerre. En 1970, il gagna son procès, mais le verdict fut renversé un peu plus tard, malgré les protestations de nombreux pays asiatiques voisins. Aujourd’hui âgé de 82 ans, il mène une troisième et dernière tentative. Il semble que la vieille garde possède encore un pouvoir important. Depuis 1986, le cardinal Shirayanagi de Tokyo s’est publiquement excusé pour les atrocités commises par le Japon au cours de la seconde guerre mondiale et, le 15 août 1995, sa commission de la Paix et de la Justice diffusa, pour la première fois au Japon, un documentaire ² électrifiant²  : La guerre dont on ne nous (les Japonais) a pas parlé – Les guerres des militaristes japonais et les atrocités commises dans les Philippines. Les collègues du cardinal Shirayanagi déclarent qu’il est prêt à ² vivre le symbolisme du chapeau rouge² , c’est-à-dire de voir répandre son propre sang, car récemment l’ancien maire de Nagasaki, M. Hitoshi Motoshima, fut tué d’une balle dans la poitrine.

La volonté de suppression et la censure des Japonais concernant les activités de guerre, à l’insistance de certains éléments de la vieille garde encore influante, sont probablement les tentatives de désinformation les mieux connues dans le monde. Mais ce qui n’est pas mondialement connu, c’est que le protocole numéro 16 des ² Protocoles des Sages de Sion² , exige cette censure.

J’ai visité le Japon huit fois en tout, d’abord en tant que membre, ensuite en tant que dirigeant de Mahikari. Au cours de tous ces pèlerinages, j’ai voyagé dans le train à grande vitesse Shinkansen. Le Shinkansen, géré par les Chemins de Fer Japonais (JNR), constitue un chef-d’oeuvre de technologie avancée et représente peut-être le mieux l’ingéniosité, la technologie et l’orgueil national. Ce train à grande vitesse extrêmement sûr parcourt à présent toute l’île principale de Honshu. Son horaire est si précis que les heures d’arrivée et de départ se mesurent par la précision des secondes. Un retard de trente secondes serait impardonnable. Au cours d’un de mes derniers voyages en Shinkansen, un vénérable responsable japonais de Mahikari m’éclaira fièrement en ce qui concerne la façon dont l’empereur est toujours vénéré par de nombreux japonais. Avant sa renonciation au statut divin en 1946, il était interdit de regarder son visage ou de se tenir debout en un endroit qui serait plus haut que sa personne, car c’était considéré comme se placer plus haut que Dieu. Aujourd’hui, au cours des rares occasions où l’empereur voyage en Shinkansen, il est toujours considéré comme trop irrespectueux si, au cours de son voyage, un autre train, un véhicule ou un piéton, passe au dessus de lui. En d’autres termes, aucun autre train, véhicule ou personne ne peut se trouver ou voyager au dessus de lui pendant son voyage. Afin d’éviter ce manque de respect, tout le parcours du Shinkansen est relevé de manière à rendre impossible cette transgression divine par ses sujets. La plus grande partie de cette ligne traverse des centaines de kilomètres de banlieues étendues ou de villes congestionnées, mais personne ne peut voyager au dessus. Le coût supplémentaire pour la nation japonaise a dû se chiffrer en milliards de dollars, simplement pour créer cette prouesse unique de l’ingénierie divine spécialisée.

Quand le Shinkansen fait la navette entre Tokyo et Nagoya, par un matin clair, on peut apercevoir le Mont Fuji dans toute sa gloire, dominant le paysage environnant. On m’avait appris que tous les humains ont un nombril et que ce nombril sert à nous rappeler que nous sommes nés dans ce monde physique, attaché à notre mère par notre cordon ombilical. Au fil du temps, la seule preuve de ce miracle de la naissance est notre nombril. De même, la terre a son nombril également, il s’agit du Mont Fuji. Le Japon a été choisi par les Dieux comme étant le meilleur endroit pour placer cette ² marque divine² . Les Dieux sont descendus là et y vivent encore peut-être à son sommet et on m’a enseigné que c’est pour cette raison que tous les couloirs d’aviations sont déviés pour éviter de survoler la montagne. Sinon, cela invoquerait inévitablement le courroux de certains de ces Dieux.

Ces expériences sur le Shinkansen me font à présent me demander comment les Japonais considèrent aujourd’hui le rôle de leur empereur, car il apparaît très clairement de par mon expérience dans Mahikari que les membres japonais n’ont à aucun moment accepté la déchéance divine. Yoshikazu Okada a consacré toute son existence à la glorification et au service de l’empereur, et ce en dépit de l’imposition d’une constitution élaborée par des étrangers. Cet esprit est encore très vivace aujourd’hui dans les organisations de Mahikari et gagne encore en vitalité. Nous éclaircirons cet aspect de la doctrine de Mahikari un peu plus tard, mais à présent essayons de percevoir comment de nombreux Japonais nés après la guerre se considèrent et considèrent leur empereur.

Le Shintoïsme considère la politique et la religion comme une seule et même chose et même si le général Mac Arthur a essayé de contraindre à séparer ces deux pouvoirs, il apparaît que le Shintoïsme demeure encore généralement peu influencé par les réformes ou les changements constitutionnels. Fondamentalement, existe encore la croyance dans le statut divin de l’empereur. Politiquement, cette notion a peut être été mise au frigo, mais pas spirituellement. Au moment voulu, ces deux facettes séparées sont réunies une fois de plus, car cette unité fait partie intégrante du système de croyance. Une autre composante de ce système de croyance est la croyance en le ² pays divin² , par opposition aux nations ou aux pays des autres. Si nous étudions l’utilisation japonaise du mot étranger, ² gaijin² , nous apprenons que, quel que soit le temps qu’un étranger ait pu passer au Japon, il est toujours considéré comme un gaijin, un étranger. Seul le peuple japonais peut être japonais. L’entrée dans le sanctuaire intérieur d’Ise est d’ailleurs toujours interdite aux étrangers.

Le drapeau de l’empereur divin, symbolisant le pays de la Déesse du Soleil ou le statut divin de l’empereur, flotte toujours sur tous les immeubles publics et est considéré lui-même comme sacré. En 1979, le gouvernement japonais exigea qu’à partir de ce moment, tous les documents officiels soient datés selon le nengo. Ce nom est donné au règne de l’empereur, suivi par le nombre d’années qui se sont écoulées depuis le début de son règne. Par exemple, le règne de Hiro-Hito a été appelé Showa et 1989 était Showa 64. Nous sommes à présent dans le règne de Heisei. Cette réforme gouvernementale, adoptée par toute la nation, signifie que le temps est à nouveau mesuré par le règne de leurs empereurs et que leur temps est différent du temps des autres. Ce qui, en retour, renforce l’idée que les Japonais sont spéciaux et uniques par rapport au reste du monde.

La restauration, sous un nom différent toutefois, en 1966 du Kingensetsu pour célébrer la fondation de la dynastie impériale fut une nouvelle fois marquée par un congé légal. Plus tard, en 1972, les habitants d’Ise ont fait une pétition envoyée au gouvernement pour réinstaurer le Kenji no Godoza, une cérémonie Shinto spéciale interdite auparavant par le SCAP en vertu de la nouvelle constitution. L’approbation du gouvernement fut accordée dans l’année.

Il est considéré comme irrespectueux dans la culture japonaise de poser des questions qui exigent une réponse directe, surtout si un oui ou un non doit être prononcé. Plutôt que de dire directement non, qui pourrait offenser ou décevoir, il est préférable de répondre par l’affirmative à chaque question. Cette caractéristique culturelle a appris aux Japonais à devenir des maîtres d’ambiguïté et à être très adroits pour interpréter les signaux de leurs contemporains, ainsi qu’à transmettre leurs propres signaux. Les étrangers trouvent souvent que cette caractéristique culturelle est très frustrante et consitue une grande source de confusion, lorsque, selon eux, un oui ou un non franc suffit. Cette ambiguïté encourage également de multiples interprétations, qui peuvent toutes se justifier.

Un cas classique est la nouvelle constitution japonaise élaborée sous le contrôle du général Mac Arthur en 1947. Comme l’essence théologique ou spirituelle du Shintoïsme est elle-même quelque chose d’intangible, d’invisible, les nombreuses interprétations concernant son influence sur le système de croyance sont elles-mêmes entourées d’ambiguïté. Les interprétations constitutionnelles varieront d’un groupe à l’autre, d’un individu à l’autre et sans doute d’empereur à empereur. Ce principe devient très clair en observant comment les organisations de Mahikari interprètent la constitution, ainsi que les récentes modifications effectuées par le gouvernement en réinstaurant les pratiques Shinto auparavant déclarées inconstitutionnelles. Depuis 1947, la constitution n’a pas changé, mais son interprétation certainement.

Que quelque chose soit légal ou illégal, juste ou injuste, dépend de celui qui fait l’interprétation, ainsi que des conditions qui prévalent à ce moment.

Déjà en septembre 1951, le Japon fut admis en tant que membre des Nations Unies, parce que, selon le président américain Truman, présent lors de la conférence de paix historique de San Francisco : ² Au cours de ces six années, le Japon est devenu un nouveau Japon.²

Trente-huit ans plus tard, un journaliste néerlandais, Karel Van Wolferen, publia son livre, ² L’Enigme de la Puissance japonaise² , qui, entre autres chose, dit ² qu’aux cours de ces six ans, rien d’important n’a changé dans la politique japonaise.²

Selon les anciennes coutumes Shinto, tous les vingt ans, un nouveau temple est construit et un ancien est démoli dans l’enceinte du grand sanctuaire Shinto à Ise. Cette pratique Shinto consacrée a été appliquée depuis des temps immémoriaux, mais fut interdite par le Général Mac Arthur. Lorsque, en 1949, le moment arriva de construire un nouveau temple, une réinterprétation de la nouvelle constitution permit à cette pratique consacrée de perdurer pour seulement quatre ans.

En 1955, l’Institut Impérial pour l’Etude du Sanctuaire d’Ise, qui avait également été interdit par le SCAP, fut également ressuscitée. Son principal objectif était de savoir comment réinstaurer le Shintoïsme en tant que religion d’Etat officielle. Même si on pouvait considérer cet acte comme subversif, le gouvernement ne prit aucune mesure.

Peut-être que la raison de cette inaction gouvernementale pouvait se trouver dans les mots de Shigeru Yoshida, premier ministre japonais, dans sa lettre au général Mac Arthur. « … même en vertu de la nouvelle constitution, la position de l’empereur en tant que symbole de l’Etat et de l’unité du peuple, est en accord avec la foi traditionnelle qui est fermement enracinée dans la nation japonaise depuis la fondation du Japon. Il s’agit d’une position élevée et sublime. En outre, il est indéniable que l’empereur est ethniquement le centre de la vénération nationale. »

L’empereur Hiro-Hito succéda au trône impérial en 1928, peu après la mort de son père, Yoshihito, prenant ainsi la place qui lui était dévolue à la fin d’une lignée ininterrompue d’ancêtres impériaux qui avaient régné avant lui. Le processus réel de succession se compose d’une série de cérémonies Shinto spéciales étalées sur une longue période de temps. Le processus comprend deux rites différents et pourtant complémentaires. Un consiste à établir ses pouvoirs et ses responsabilités temporels et l’autre consiste à recevoir les puissances surnaturelles de la Déesse du Soleil afin que le bien-être de la nation toute entière soit protégé et que ses sujets puissent prospérer.

Ces cérémonies spéciales de succession prennent leurs origines dans l’Antiquité et la cérémonie spéciale de transmission des pouvoirs surnaturels au nouvel empereur est appelée Daijosai. C’est la validité ou l’authenticité du Daijosai que le général Mac Arthur a essayé de supprimer dans déchéance divine de l’empereur en 1946.

Au cours du processus de succession, les pouvoirs impériaux sont d’abord conférés lors d’une cérémonie qui se tient immédiatement après la mort du précédent empereur. A cette occasion, le nouveau successeur est annoncé devant un autel dédié à Dieu et, ensuite, devant un autel consacré aux esprits des ancêtres impériaux. Même si cette facette de la succession consiste en une cérémonie, elle est toujours tournée vers le statut terrestre. Cette cérémonie en elle-même se compose de plusieurs cérémonies, de processions, avec musique, danses, offrandes de nourriture aux Dieux et la construction d’un sanctuaire spécial de succession. A ces rites sacrés sont présents les représentants du gouvernement, y compris le premier ministre, les parents de la famille impériale et d’autres invités triés sur le volet.

La cérémonie de Daijosai se déroule souvent plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard et sa date est fixée par les prêtres Shinto après consultation d’un oracle. Cette cérémonie de transmission des pouvoirs surnaturels est très complexe et est poursuivie par la croissance d’un riz spécialement choisi dans des zones sélectionnées du Japon.

Il est également demandé aux Dieux de descendre sur terre et de jouer leurs rôles respectifs dans la cérémonie. Des pratiques et des techniques divines spéciales sont utilisées pour assurer que l’esprit du nouvel empereur ne s’échappera pas de son corps. A ce rite très complexe sont également présents le premier ministre, les membres de la famille royale et leurs invités. Lorsque cette série d’événements tout à fait surnaturels est terminée, l’empereur a acquis le statut divin. Il devient un dieu vivant. Hiro-Hito est devenu un dieu vivant le 30 novembre 1928 et régna sur ses sujets plus de 60 ans.

Le 7 janvier 1989, l’empereur Hiro-Hito décéda et, lors de ses funérailles, qui eurent lieu un peu plus de six semaines plus tard, les représentants de quelque 160 pays y participèrent. Selon le magazine Time : ² Parfois, … cela ressemble davantage à un sommet des dirigeants mondiaux qu’à une occasion de pleurer la mort d’un empereur âgé et controversé² . Depuis l’abolition en 1946 du Shintoïsme, religion subsidiée par l’Etat, il est surprenant d’apprendre que les 74 millions de dollars des funérailles furent financés par le gouvernement japonais. Immédiatement après la mort de Hiro-Hito, son fils Akihito assuma son rôle de nouvel empereur. Différents rendez-vous et arrangements furent pris en ce qui concerne le moment des cérémonies nécessaires de succession formelle, permettant à Akihito d’assumer ses responsabilités temporelles. Ces événements s’achevèrent le 12 novembre 1990.

Le gouvernement annonça les différentes dates des cérémonies pour la succession temporelle formelle bien à l’avance, mais refusa de dire si le nouvel empereur Akihito effectuerait la cérémonie de Daijosai et assumerait le statut divin rendu inconstitutionnel par la nouvelle constitution. Le premier ministre Takeshita, en réponse à une question parlementaire, admit ² que cette cérémonie fut supprimée par la constitution de 1947; d’autre part, un comité devait être constitué pour étudier la question plus avant.²

Lors d’une réunion tenue au centre de presse étranger de Tokyo le 22 juin 1990, le secrétaire du vice-chef de cabinet, Nubuo Ishihara, déclara que la position officielle était que :² La constitution prévoit que la succession est héréditaire, de sorte que le gouvernement se considère autorisé à organiser un Daijosai aux frais de l’Etat, sinon, la succession, comme elle est prévue dans la constitution, ne serait pas possible.² Il déclara en outre que : ² suivant l’avis de quinze experts de tous horizons, il n’y avait aucun conflit avec les articles 20 et 89 de la constitution.²

Ce ne dut pas être une surprise pour de nombreuses personnes lorsque le nouvel empereur Akihito annonça officiellement que la cérémonie de Daijosai devait avoir lieu le 22 et le 23 novembre 1990.

Les ambiguïtés des quarante-quatre années précédentes n’étaient plus un problème. L’empereur Akihito est leur dirigeant divin incontesté. La secte religieuse la plus importante du monde et la plus puissante a retrouvé son chef. Son objet de vénération a été remis à sa vraie place et l’aberration spirituelle désagréable des quarante-quatre années passées est déjà loin. A présent, il est temps de ré-établir et de renforcer le troupeau.

Selon l’auteur japonais, Shigeyoshi Murakami, il n’y a jamais eu aucune ambiguïtés concernant le statut primordial de l’empereur. Dans son livre, « Japanese Religion In The Modern Century », qui traite du rôle des nouvelles religions japonaises dans le regain d’engouement militariste, il écrit : « En novembre 1976, les cérémonies en l’honneur du cinquantième anniversaire du règne de l’empereur ont été menée à grande échelle et le mouvement visant à restaurer le système impérial passa une nouvelle étape. En août 1977, dans une station balnéaire à Nasu, Préfecteure de Tochigi, l’Empereur a prononcé une déclaration publique dans laquelle il nia qu’en 1946, il avait réellement renié son statut divin et proclamé son caractère humain. »

L’histoire de la nation entre les années 1930-45 a été complètement réécrite et il apparaît que cette situation persistera tant que les survivants de la vieille garde conserveront leur grande influence. Cette même influence a sans aucun doute contribué grandement à la restauration ou à une réinterprétation du statut divin du nouvel empereur.

L’influence de l’ex-lieutenant-colonel Yoshikazu Okada continue de croître fermement jour après jour. Ses croyances à prédominance Shinto, associées à l’idéologie de suprématie telle qu’exprimée par Adolf Hitler, sont propagées et exaltées très ouvertement au Japon et jouissent du soutien considérable du gouvernement. Lors de toutes les cérémonies importantes de Mahikari, il y a toujours un grand nombre de politiciens japonais présents, jouissant du statut et des privilèges accordés aux invités spéciaux.

J’ai assisté à plusieurs cérémonies anniversaires annuelles de Mahikari et, à chaque fois, le premier ministre japonais du moment s’assurait toujours d’être représenté en envoyant un de ses collègues à sa place. Récemment, des amis de Mahikari ont déclaré que la cérémonie anniversaire ressemblait davantage à une convention politique du parti libéral-démocrate. Des centaines de politiciens du parti au pouvoir occupent plusieurs rangs devant le temple doré de Dieu lors de ces cérémonies. Enfin, ils sont présentés un à un à toute la congrégation et cette présentation fait partie intégrante de la cérémonie.

Le 17 février 1972, Yoshikazu Okada reçut l’Ordre de Saint Dennis de Zante décerné par l’Institut Américain International pour ses contributions remarquables pour le bonheur de l’humanité, l’amélioration de la société et la paix mondiale. L’Institut Américain International fut fondé en 1901 et confère cette distinction, l’ordre grec souverain de Saint Dennis de Zante, à des hommes qui ont apporté des contributions significatives à l’humanité. Gravées sur la médaille, huit sphères représentent les huit vertus nécessaires à la chevalerie : le courage, la modération, la droiture, la foi, l’amour, l’espoir, la charité et l’humilité.

Dans la biographie de Yoshikazu Okada récemment publiée, Daiseishu, on trouve une photographie de lui recevant sa médaille de Saint Dennis de Zante. Assis à côté de lui, Takeo Fukuda, son vieil ami et ancien ministre des affaires étrangères japonais, qui devait devenir premier ministre quatre ans plus tard. Au cours de la réception de présentation qui suivit, M. Fukuda prononça un discours de félicitations en l’honneur de Yoshikazu Okada. Son discours est repris dans Daiseishu, en voici un extrait :

² La première fois que j’ai rencontré M. Okada, c’était il y a environ dix ans. Son oeuvre ne peut pas être restreinte à la catégorie de la religion. Lorsque j’ai appris qu’il avait un plan pour établir la fondation d’une nouvelle civilisation, j’ai ressenti un grand respect pour lui et je l’ai observé dans son rôle de grand professeur pendant dix ans. En outre, au cours des onze années qui se sont seulement écoulées depuis la fondation de Mahikari, ses idées ont trouvé un appui non seulement au Japon, mais aussi dans le monde entier. Voyant cela, j’ai senti qu’il apportait une grande contribution à l’humanité et à la civilisation… De ce point de vue, la vue de M. Okada travaillant pour l’établissement d’une nouvelle civilisation inspire une crainte respectueuse… nous sommes particulièrement fier de le connaître.² Lorsque M. Fukuda eut fini son discours, Yoshikazu Okada répondit : ²Parmi tous ces invités distingués, je vois qu’il y a des invités de tous les partis politiques, des membres de la Cour Suprême, des membres de l’agence de police nationale, des médecins, des représentants des arts, ainsi que des représentants de l’industrie du divertissement… En outre, il y a des représentants diplomatiques de différents pays… Pendant plus de dix ans, j’ai prôné et expliqué un nouveau Japon et une nouvelle civilisation pour l’humanité…²

Un ancien membre américain a récemment contacté l’Institut Américain International à Washington DC. Elle parla avec une personne qui avait administré l’Institut pendant les 20 dernières années. Cette personne fut stupéfaite d’entendre qu’Okada prétendait avoir reçu une récompense de leur part et affirma que l’Institut n’avait jamais offert de tels récompenses. Cette révélation a incité l’Institut à mener ses propres investigations.

Mais quand est-il de la récompense, la médaille de Saint Dennis de Zante?

J’ai découvert d’autres détails concernant l’ordre de Saint Dennis de Zante. Une note de l’éditeur du site web de « l’International Commission for Orders of Chivalry » affirme que : » Il est évidemment délicat de nommer tous ces ordres fabriqués de toute pièce à cause de la nature litigieuse bien connue de ceux qui les proposent, mais il est bon d’affirmer que les « ordres » suivants sont frappés d’un grand point d’interrogation et je conseillerais une extrême prudence envers eux, (…)l’ordre re de Saint Dennins de Zante. »

Un autre site web sur les ordres chevalresques géré par François R Velde contient un article écrit par Guy S. Saintly dont voici un extrait : « L’Ordre Souverain de Saint Dennis de Zante : fondé à l’origine par le célèbre « Comte » Pericles Voultsos, apparemment repris à présent par H.S.H. Comte Thomas John Taglianetti. Cette ordre prétend compter parmi ses membres l’ancien président George Bush, encore un autre exemple de ces groupes qui envoient une récompense à un individu éminent et prétendent ensuite qu’il est membre de leur ordre. »

Après dix-sept ans d’expérience dans Mahikari, ma compréhension de l’idéal de Mahikari d’un nouveau Japon et d’une nouvelle civilisation n’est rien d’autre que celle qui a été propagée par Yoshikazu Okada et d’autres officiers de l’armée impériale japonaise avant et pendant la seconde guerre mondiale.

Les organisations de Mahikari rassemblent à elles seules un à deux millions de membres, dont environ un tiers sont des non-japonais disséminés dans presque tous les pays du monde. Chaque membre s’efforce avec ferveur d’améliorer le monde. Selon moi, il est clair que le Japon est manipulé par des puissants éléments internes dont le but est de recréer le scénario ² tous les peuples sous le même toit² , avec, bien sûr, le Japon au sommet, en se cachant derrière une théocratie spirituelle sacrée.

Depuis 1990, le Japon, avec son nouvel empereur divin et sa nouvelle armée sainte internationale de soldats précurseurs, est manipulé pour cultiver et entretenir ces même graines qui ont été plantées dans les années 1930. Entre 1939 et 1945, de nombreuses de ces graines ont germé et leurs fruits empoisonnés ont tué des millions d’oubliés. En fin de compte, elles ont été détruites par les forces alliées, mais il semble que beaucoup ne l’ont pas été et continuent à croître dans un sol fertile. Cette fertilité est grandement favorisée par les organisations de Mahikari et, sans aucun doute, par les autres survivants de la vieille garde.

En avril 1995 (Heisei 7), un ami japonais de Mahikari, qui était responsable d’un important peloton du groupe des jeunes de Mahikari, me rendit visite en Australie pendant ses vacances. Il se plaignit du fait qu’avant les élections nationales, des affiches politiques soutenant les candidats du parti libéral-démocrate au pouvoir furent placées dans son dojo situé au centre du Japon. Lorsque je le questionnais plus avant, il me révéla qu’il avait également vu les mêmes affiches dans d’autres dojos de la région. Comme il avait une position de responsable dans Mahikari, il chercha à savoir la raison de la soudaine apparition de ces affiches et s’il s’agissait simplement de l’oeuvre d’un partisan acharné du PLD dans son dojo.

On lui dit que ces affiches devaient être placées dans tous les dojos et que cette directive venait de l’administration supérieure de Mahikari. Il ajouta qu’il y avait de nombreuses rumeurs circulant parmi les membres selon lesquelles Sukyo Mahikari recevait un arrangement financier du PLD. L’interprétation de mon ami japonais était que ces politiciens omniprésents reçoivent probablement des rétributions financières pour leur soutien. Le placement de ces affiches dans les dojos et le grand nombre de politiciens du PLD qui assistent toujours aux cérémonies importantes du temple dorée de Dieu ajoute grandement foi aux rumeurs. Que ces rumeurs soient vraies ou non est difficile à prouver, mais il n’y a aucun doute en ce qui concerne les liens étroits entre certains éléments du PLD au pouvoir et Mahikari qui considère que la religion et la politique ne font qu’un.

Récemment un ancien membre japonais du groupe des jeunes, qui vit à présent en Australie, me confia que, en tant que membre du groupe des jeunes, elle fut obligée de mener une tournée électorale téléphonique en tant que service divin dans son dojo en faveur d’un politicien du PLD local pour permettre son passage au Sénat. Il est à présent sénateur.

Depuis 1990, certains membres du niveau avancé de Mahikari expliquent qu’ils ont appris, lors de récents cours supérieurs au Japon, qu’il est prévu que le prochain dirigeant spirituel de Mahikari, ou successeur, ne serait autre que l’empereur lui-même. Etant donné l’ambiguïté des Japonais, on peut interpréter cette annonce de différentes façons. Une est que c’est précisément ce qui va se passer. Mais je pense que l’interprétation peut être la suivante. Comme Akihito a restauré son statut divin, il est donc redevenu l’objet de vénération de tous les Japonais, ce qui inclut automatiquement les membres de Mahikari, qui est en soi une secte Shinto. Le fait que presque la moitié de ses membres sont des non-japonais ne servira qu’à renforcer la notion de statut divin à l’échelle mondiale.

Avoir l’empereur Akihito à la tête de Mahikari est simplement la réaffirmation qu’il est un être divin présidant un peuple divin et de nombreux membres de Mahikari s’efforcent avec ferveur de répandre son empire divin à travers le monde.

Dans le contexte chrétien, on pourrait le comparer à une des 2.000 sectes chrétiennes réaffirmant Jésus-Christ en tant que leur leader spirituel. Si, par exemple, on avait interdit aux Témoins de Jéhovah, pour certaines raisons, de vénérer Jésus-Christ, sous la pression du gouvernement ou de tout autre influence, pendant 40 ou 50 ans, et soudain, à cause d’un changement du gouvernement, cette vénération était de nouveau autorisée, il y aurait sans aucun doute différentes manifestations de réaffirmation de cette objet de vénération.

Du point de vue de Mahikari, cela ne fait que réaffirmer leur mission divine d’établir une théocratie mondiale avec l’empereur en tant qu’objet principal de vénération.

J’ai commencé à me demander ce que Sekai Mahikari Bunmei Kyodan, l’autre secte la plus importante, pensait de tout cela. Un ami japonais qui était retourné récemment au Japon, ayant marché sur mes pas en suivant le même chemin de déception, parvint à obtenir une entrevue, qu’il coucha sur le papier, avec un de ses hauts dirigeants japonais. Lorsqu’il demanda : Quelle est l’importance de l’empereur japonais ? on lui répondit. ² L’empereur japonais est à l’origine l’empereur de toute l’humanité, un descendant direct de Dieu et de l’homme qui unifia le monde entier dans des temps anciens. Notre sauveur disait que pendant le règne de notre troisième dirigeant spirituel (ils en sont au troisième dans cette organisation), quelqu’un apparaîtrait qui deviendrait le dirigeant du monde, ce qui impliquait que cette personne serait l’empereur, mais il n’est pas bon de dire une telle chose aujourd’hui.²

Cette mission divine, soutenue par le gouvernement japonais et partiellement financée par la sueur des centaines de milliers de non-japonais à travers le monde, est largement basée sur l’idéalisme notoire qui entraîna le monde dans la seconde guerre mondiale, prônant notamment que les Japonais sont une race spéciale et donc ont le droit divin, ou la responsabilité, d’imposer leur volonté aux autres. Dans ce cadre, les organisations de Mahikari ont été extrêmement performantes dans la mesure où elles ont effectivement asservi presque 500.000 non-japonais, qui, comme je l’ai été, sont totalement subordonnés à l’ex-lieutenant-colonel Yoshikazu Okada.

Dans le chapitre 8, il a été établi que Yoshikazu Okada a étudié les Protocoles des Sages de Sion et crut fermement dans la conspiration sioniste pour la domination mondiale. N’importe quel lecteur de la philosophie de Mokichi Okada et des ‘révélations’ de Yoshikazu Okada s’apercevra rapidement que, par essence, elles ne font qu’un, sauf que la philosophie de Mokichi Okada est antérieure aux révélations de Yoshikazu Okada de dix ou vingt ans. Mokichi Okada ne partage pas la croyance de Yoshikazu Okada dans le statut divin de l’empereur, ni ses sentiments antisémites, car les Juifs ne sont pas mentionnés dans ses écrits. On comprendra qu’un lecteur des oeuvres des deux hommes en vienne à la conclusion que Yoshikazu Okada a combiné certains aspects parfaitement sains de la philosophie de Mokichi Okada avec le mysticisme Shinto et les a camouflés derrière des références bibliques séduisantes.

Un lecteur des Protocoles en viendra lui aussi à la conclusion que Yoshikazu Okada a, de manière sélective, adopté certains aspects du complot des Protocoles pour sa propre volonté de pouvoir et a détourné l’attention de son objectif réel, à savoir, l’aider à réaliser son fantasme, ou celui de sa nation, de domination du monde. La notion d’un ennemi reconnu, dans ce cas, à la fois la conspiration des Juifs et le monde inconnu et effrayant des esprits et des démons, s’est avérée très efficace pour détourner l’attention des membres sur les véritables buts des organisations de Mahikari. C’est exactement de cette façon que procédait Hitler.

Victor Marsden, l’Anglais qui a traduit les Protocoles en anglais, les décrivit comme contenant un ² esprit diabolique² . On pourrait aussi dire que le complot décrit en détail dans les 24 protocoles est extrêmement intelligent et trompeur. La suppression de l’histoire passée figure dans les Protocoles, tout comme le contrôle du peuple par le lavage de cerveau et la création de guerres commerciales. Par exemple, le protocole 16 stipule : ² Nous allons supprimer de la mémoire des hommes tous les faits des siècles passés qui nous sont indésirables et ne laisser que ce qui décrit toutes les erreurs des gouvernements du peuple.²

Le complot exige l’établissement d’un ² culte de l’or² . Les protocoles 4 et 22 : ² Leur seul guide sera le gain, à savoir l’or, qu’ils érigeront en un véritable culte.² Et ² Nous aurons entre nos mains la plus grande puissance à ce jour, l’or.²

Peut-être que ce fait explique pourquoi Sekai Mahikari Bunmei Kyodan revendique dans son dépliant de propagande que ² enfoui à l’intérieur du temple, on trouve le premier autel mondial en or massif.²

D’une importance primordiale au succès de la conspiration, on trouve la création d’une figure centrale qui se dressera lorsque la société aura dégénéré à un degré irrécupérable et se proclamera Roi des Juifs, un nouveau Roi David. Ce scénario se réfère à plusieurs des 24 protocoles et est souvent accompagné de références au « Peuple élu ». Certains exemples se trouvent au protocole 14 : « Lorsque l’on en vient à notre royaume, il serait indésirable pour nous qu’il existe une autre religion que la notre, avec le seul Dieu auquel notre destinée est liée par notre position de Peuple élu et par lequel notre destinée même est unie aux destinées du monde. Nous devons donc éliminer toute autre forme de croyance. »

Protocole 17 : ² Le Roi des Juifs serait le vrai Pape de l’univers, le patriarche d’une église internationale.²

Protocole 23 : « Il sera alors possible pour nous de dire aux peuples du monde : rendez grâce à Dieu et prosternez-vous devant lui qui porte sur son front le sceau de la prédestination de l’homme. Dieu lui-même a conduit son étoile et personne d’autre que lui ne peut nous libérer de toutes les forces du mal mentionnées précédemment. »

Il est intéressant de noter que le sceau ou le symbole le plus couramment utilisé de Sukyo Mahikari est l’Etoile de David. Il apparaît sur toutes les publications, tous les badges portés par les membres et est représenté sur le temple d’or de Dieu.

Selon Yoshikazu Okada, le symbole lui-même provient du continent Mu avant son engloutissement. Etant donné que les îles japonaises sont les restes de l’ancien continent Mu, cela explique pourquoi Mahikari utilise ce symbole. Yoshikazu Okada dit qu’à l’origine, le symbole leur appartenait et que le Roi David l’a copié des descendants des survivants de Mu.

De ce qui précède et d’autres passages des Protocoles, il est clair, selon moi, que Yoshikazu Okada s’est aussi consacré lui-même nouveau Roi des Juifs ou des Elus, prenant modèle sur certains aspects de la supposée conspiration sioniste pour la domination mondiale. Cette auto-consécration s’effectue de la même façon qu’il justifie les origines de ses révélations.

Pour assurer l’accomplissement du complot contenu dans les Protocoles, il est nécessaire de réaliser la destruction de toutes les religions, sauf une, bien sûr, le Judaïsme et, de ce point de vue, les Protocoles sont émaillés de ce type d’instructions. Quelques exemples dans le protocole 15 : ² Lorsque le Roi d’Israël aura revêtu la couronne qui lui a été offerte par l’Europe, il deviendra le patriarche du monde.² Est-ce la couronne que portait Keishu pour la grande inauguration de ‘son’ temple d’or de Dieu ? Protocole 17 : ² Nous avons depuis longtemps pris soin de discréditer les prêtres des goyim (non-juifs) et ainsi de ruiner leur mission sur terre, qui, en ces jours, pourrait constituer un grand obstacle pour nous… seules quelques années nous séparent du moment du naufrage complet de la religion chrétienne; pour les autres religions, nous aurons moins de difficultés à nous occuper d’elles… Lorsque le temps viendra enfin de détruire la cour papale, le doigt de la main invisible des nations se pointera sur cette cour. Lorsque, toutefois, les nations se jetteront sur cette cour, nous viendrons à la rescousse en guise de défenseurs, comme pour éviter un bain de sang excessif… Mais, dans le même temps, tandis que nous sommes en train de rééduquer la jeunesse dans la nouvelle religion traditionnelle, puis dans la nôtre, nous ne pointerons pas un doigt franc sur les églises existantes, mais nous les combattrons par des critiques destinées à produire un schisme.²

Il n’est pas surprenant de découvrir que Mein Kampf d’Adolf Hitler, la bible nazi, regorge également de sentiments similaires, car elle considérait également les religions établies comme un obstacle à sa quête globale.

Je trouve fascinant que le terme méprisant de « goyim » (une insulte pleine de mépris pour le non-Juifs, et parfois traduite par le terme « bétail ») semble si proche du terme employé pour les non-Japonais, « gaijin ».

Tous les membres de Mahikari étudient ² Les Paroles sacrées² , un livre de 441 pages contenant 52 révélations données par Dieu à Yoshikazu Okada. Cela ne me surprit pas lorsque je lus des révélations qui exprimaient des sentiments similaires. Par exemple, à 4:40 le 20 août 1961, Dieu dit à Yoshikazu Okada : ² Les hommes tiennent des propos tels que : Il faut respecter la tradition! Il faut protéger les enseignements de notre religion! Nouvelle religion! Etc. Ces hommes ont transformé leurs religions en religions de l’époque passée. Comment osent-ils penser que leurs religions soient conformes à la Volonté de Dieu, selon ce qu’Il vient d’expliquer ? Avec suffisance, les hommes prétendent qu’ils agissent rationnellement ou scientifiquement. Ces hommes ne subissent pas de graves conséquences, tant qu’ils réussissent à tromper le monde avec leur publicité exagérée, mais ils connaîtront bien des difficultés (239)… Si Dieu a permis aux hommes d’avoir les fausses religions, ce n’est pas pour voir l’augmentation du nombres de croyants, ni pour l’épanouissement des religions. Mais c’est pour qu’au moyen des fausses religions et des religions , les hommes conservent éternellement en eux, sous une certaine forme, l’attitude qu’ils avaient eue à l’époque divine en se mettant face à Dieu correctement. Contrairement à l’intention de Dieu, les hommes, au cours des temps, ont transformé négativement les religions, en s’appuyant trop sur l’intelligence humaine.(242) … Mais les hommes ont déformé les enseignements à leur guise. Maintenant, les religions sont, non seulement encombrantes, mais aussi des ennemis qui empêchent les hommes de faire l’unité entre eux tous, et, de plus, de travailler en harmonie avec Dieu.(243) … Prêtres shintoïstes, prêtres chrétiens, prêtres bouddhistes, quittez vos vêtements sacerdotaux et rejetez les signes de la hiérarchie, tous les deux produits de l’intelligence humaine. Arrachez vos yeux, observateurs obstinés, coupez vos mains, afin que vous puissiez vous trouver dans le même uniforme. (244).²

Comme un des buts principaux de Mahikari est d’unifier toutes les religions, je peux comprendre à présent que la signification cachée du mot ² unifier² est en réalité de détruire toutes les religions, sauf une, bien sûr, Mahikari. C’est, par là même, la base de la théocratie mondiale que les organisations de Mahikari s’efforcent d’accomplir, centrée sur l’empereur japonais et la nation du Japon.

Il est bien connu que Yoshikazu Okada était un officier militaire de haut rang et un instructeur de l’école d’infanterie. Nous devons à présent nous demander quelle était la diffusion des Protocoles parmi les officiers de l’armée japonaise impériale, dont les rescapés comptent parmi les éminences grises du Japon. Le refus absolu du Japon de reconnaître son rôle au cours de la seconde guerre mondiale me suggère que les rescapés de la vieille garde et d’autres fantasment encore sur la conspiration décrite dans les Protocoles.

L’étude probablement fort répandue des Protocoles parmi les éminences grises à l’intérieur du Japon semble très plausible, vu le soutien ouvert offert aux organisations de Mahikari, même depuis la fondation en 1959.

Il m’a fallu presque vingt ans pour finalement découvrir les véritables motifs cachés derrière les organisations de Mahikari. Il me fallut si longtemps, car tout est voilé d’un nuage de mysticisme et d’ambiguïté, tout en promettant l’amélioration du monde en récompense de nos efforts.

Des questions demeurent. Wendy et moi sommes allés voir de plus près le site supposé où repose Jésus-Christ à l’extrême nord de l’île de Honshu. Nous y avons vu deux tombes surmontées d’une croix. L’une était celle de Jésus-Christ et l’autre de son frère.

On nous présenta Mme Sawaguchi, qui s’occupe des tombes et dont la famille affirme être les descendants directs de Jésus-Christ. Selon la légende, Jésus-Christ aurait échappé à la crucifixion et se serait rendu au Japon, siège du savoir et de la culture du monde. Il y demeura, eut trois filles et mourut finalement à l’âge de 106 ans. Une de ses filles se maria dans la famille Sawaguchi, dont les descendants s’occupent de la tombe depuis.

Il est intéressant de noter que la photographie que j’ai vue au cours supérieur, censée représenter les tables de la loi données par Dieu à Moïse et contenant les dix commandements, est apparemment tirée du livre ² Histoire authentique du Monde² de Kiku Yamane. Comme il n’est disponible qu’en japonais, je n’ai pas pu l’étudier et il est possible que les photos que j’ai vues soient tirée de ce livre. Il est intéressant, toutefois, de noter que Yoshikazu Okada cherchait ces tablettes, qui, selon la Bible, contenaient l’Arche d’Alliance. Celui qui les posséderait recevrait une puissance incroyable.

Adolf Hitler et ses acolytes les ont cherchées partout, en raison de leurs puissances occultes supposées. Cela faisait partie intégrante de sa quête pour la domination mondiale. Si nous devons en croire les enseignements donnés au cours supérieur, il n’a pas pu les trouver, car, depuis longtemps, elles sont en sécurité dans les archives du Grand Temple des Ancêtres Impériaux au Japon. En d’autres termes, il est dit qu’elles sont la possession de l’empereur Akihito, que les organisations de Mahikari considèrent comme leur futur dirigeant.

Une version hollywoodienne de la quête d’Adolf Hitler à trouver l’Arche d’Alliance fut décrite de manière romanesque dans le film ² Indiana Jones et les Aventuriers de l’Arche perdue² .

Il faut noter que Kiku Yamane n’est pas membre de Mahikari et son concept selon lequel l’empereur du Japon est le gardien des tablettes sert à démontrer que cette croyance n’est pas simplement confinée aux organisations de Mahikari. Ce qui implique également la notion que Jésus-Christ a vécu et est mort au Japon et, chaque année, des milliers de japonais non-Mahikari se rendent à cette supposée tombe pour le festival annuel du Christ.

Mais est-ce que cela pourrait être une tentative du ² démon qui parle dans les protocoles² pour détruire la Christianité, son principal opposant ?

Le 23 juin 1992, le jour du solstice d’été dans l’hémisphère nord, le mémorial en forme de pyramide de Yoshikazu Okada, fut finalement inauguré. ² Hikaru Shinden² ou ² Temple de Lumière² domine le paysage du Mont Maru au pied du Mont Kurai, non loin du temple d’or de Dieu. Il est dit que de là, nous pouvons entrer en contact avec son esprit divin, qui observe et guide tous les membres et, à partir de ce moment, il y aura des progrès bien plus rapides pour la création d’une civilisation divine.

La pyramide elle-même est située parmi de nombreux acres de jardins dessinés et constitue une réplique exacte de la pyramide Tikal au Guatemala construite par les Mayas il y a des milliers d’années. La pyramide de Tikal est décrite simplement comme un ² prototype² de Hikaru Shinden, Temple de Lumière.

Le Temple de Lumière a été construit en utilisant la technologie la plus récente et est conçu pour résister aux tremblements de terre, de sorte que, pour toute l’éternité, les générations à venir se souviendront du salut qui fut donné à l’humanité par Yoshikazu Okada.

Le Temple se compose de cinq étages et mesure 45 mètres de haut. Au sommet se trouve un symbole du soleil rayonnant sa lumière dans seize directions. Directement en dessous du symbole du soleil, on trouve une grande étoile de David et, sur chacun des cinq étages, le symbole est répété.

Cette énorme pyramide, portant l’Etoile de David, témoigne du fait que le nouveau Roi s’est levé, soutenu par l’esprit des Protocoles. Ses successeurs, disciples et partisans continuent fermement, consciemment ou inconsciemment, à faire vivre son fantasme, ainsi que celui d’autres, de domination mondiale.

Mais s’agit-il réellement de science-fiction absurde? N’est-il pas possible que le monde puisse être mis sous la coupe des Hommes de l’Empereur? Voyons de plus près.

Peut-être devrions-nous entamer une voyage dans le temps. Vers 1948, où tous les criminels de guerre japonais condamnés sont remis en liberté de la prison de Sugamo pour errer de nouveaux sur la terre. A cette époque, les Etats-Unis craignaient davantage le communisme que le fascisme. Cette bande de criminels de masses sans remords, qui avait toujours sur les mains le sang de 35.000.000 millions de Chinois et de millions d’autres qui avaient également été les victimes de leur guerre sainte, furent accueillis en héros dans certains milieux japonais.

Contrairement à leurs homologues nazi, dont la plupart d’entre eux furent condamnés à l’exécution, l’emprisonnement, l’exil ou à la fuite, pourchassés par les chasseurs de nazi, nombre de ces idéologues religieux meurtriers sont simplement retournés à la politique, dans le nouveau parti libéral démocrate où ils ont influencé le façonnement de l’avenir du Japon.

Humiliés par leur défait et assoiffés de revanche, ils ont poursuivis le chemin qu’ils avaient entamé quelques années auparavant.

Il n’est donc pas surprenant de savoir que le nom de plusieurs importants politiciens du PLD a été cité dans le développement d’Aum en Russie où il est bien connu qu’ils ont « essayé » de cacher un arsenal mortel d’armes de destruction de masse dans un empire soviétique en plein effondrement. Ces armes comprennent par exemple des têtes nucléaires, ainsi que des armes sismiques au plasma ou au laser.

En mars 1994, Shoko Asahara, le leader d’Aum, a déclaré : « La guerre finale ne ressemblera pas celle opposant un guerrier chrétien attaquant un Bouddhiste avec son épée. Le combat sera bien plus féroce. A quoi ressemblera la guerre finale ? L’arsenal actuel, comme les bombes nucléaires et chimiques, le laser, le plasma ou d’autres armes encore, seront probablement utilisées en masse. Il y aura également une arme ultime, bientôt à venir, qui pourra détruire une zone de 10 kilomètres de rayon… La puissance qui détiendra cette arme gagnera la guerre. »

L’éminent journaliste d’investigation japonais, Jack Amano, a écrit dans Archipelago (http://www.pelago.com), Vol. 1, N° 1 : « Bien entendu, les activités d’Aum en Russie ne sont pas seulement le résultat d’une secte folle, mais font partie d’une opération de couverture organisée par les services secrets et les hauts politiciens en Russie et au Japon. Qui a soutenu Aum au Japon ? L’ancien membre libéral démocrate de la diète, Koichi Hamada, a cité deux politiciens et fait référence à un troisième, non identifié (selon certains, ce dernier est un ancien chef de l’Agence de la Technologie et la Science et un dirigeant du Minshato, les Socialistes Démocrates).

Parmi eux, Shintaro Ishihara, auteur du « Japon qui peut dire non », ancien chef du bloc conservateur des membres anti-chinois de la diète appelé « Société de la Tempête bleue » et partisan du réarmement japonais. Dans « Le Japon qui peut dire non » (dont le co-auteur est l’ancien président de Sony, Akio Morita), Ishihara se prononçait en faveur d’une alliance technologique avec la Russie, qui aurait pris la forme d’une accord russo-japonais de coopération technologique et scientifique. Il démissionna de la Diète après avoir été officieusement cité comme soutien de Aum.

« L’autre politicien cité était Toshio Yamaguchi, qui était apparemment le cerveau de l’affaire Aum et qui a joué un rôle bien plus important qu’Ishihara.

« Confident et bras droit de l’ancien Premier Ministre Yasuhiro Nakasone, Yamaguchi constituait la figure emblématique du comité des affaires étrangères du PLD. En cette qualité, il a fondé le Collège Russo-Japonais, une institution qui lie sans ambiguïté le PLD à Aum Shinrikyo. Le magazine FOCUS a rapporté que Yamaguchi était vénéré par le chef des services secrets d’Aum, Yoshihiro Inoue, qui avait prévu, et ce fait est bien connu, d’instituer Yamaguchi Premier Ministre d’un gouvernement mis sur pied après un coup d’Etat militaire. Voilà donc la relation étroite qui liait les deux hommes. »

« Pourquoi Yamaguchi n’a-t-il pas fait l’objet de poursuites en liaison avec l’affaire d’Aum ? Peut-être parce que les conséquences politiques de telles poursuites déboucheraient sur la destitution, l’exil et l’emprisonnement de dizaines de hauts politiciens et de bureaucrates, dont au moins un ancien premier ministre, le chef de la faction de Yamaguchi. »

« Pourquoi les Russes ont-ils accueilli la secte bouddhiste japonaise à bras ouverts ? Pour l’argent, d’une part; pour la technologie d’autre part. La Russie avait besoin de la haute technologie japonaise et Tokyo avait besoin de la technologie militaire et nucléaire russe. »

Dans une publication officielle japonaise de 384 pages de Sukyo Mahikari, Go Taidan Shu, qui peut être décrite comme un recueil de conversations et d’interviews de Yoshikazu Okada avec d’éminents érudits japonais, une trentaine de pages de commentaires sont consacrés entièrement à une conversation entre lui-même et Shintaro Ishihara, le soutien d’Aum d’après Hamada. Une photo d’Ishihara est également reprise. L’essence de cette conversation de 30 pages est centrée sur la littérature et son influence. On y apprend également que le niveau spirituel d’Ishihara est élevé et, par conséquent, qu’il a une mission spéciale en tant que romancier qui guidera la prochaine civilisation par ses romans. Okada recommande qu’il fasse l’expérience de Mahikari qui lui permettra de vivre des expériences mystiques. Okada l’invite alors à assister à un séminaire privé suggérant de venir avec un ou deux de ses amis. Ishihara se montre très impressionné par l’aspect pragmatique de Mahikari et décrit Okada comme quelqu’un d’un niveau spirituel réellement élevé, rempli d’énergie yang.

Ishihara a récemment déclaré : « On dit que les Japonais ont commis un holocauste ici (Nankin), mais c’est faux. C’est une histoire inventée de toute pièce par les Chinois. Cela a terni l’image du Japon, mais c’est un mensonge. »

Le 5 mai 1997, Ishihara faisait partie d’un groupe de Japonais ultra-nationalistes qui a atterri sur la petite île chinoise de Uotsuri (une des îles de Diaoyu-Senkaku), où ils ont brandi le drapeau japonais, à la grande indignation de la Chine.

Un rapide coup d’oil aux autres publications propagandistes en japonais de Sukyo Mahikari révèle qu’au moins 6 messages de félicitations ont été envoyés à Keishu Okada par l’ancien premier ministre japonais Nakasone. Un des messages comprend une photo des deux personnages, suivis de deux pages de mots de félicitations de Nakasone.

Le grand patron du PLD, qui a récemment quitté le saint des saints de l’Eglise d’Unification (Moon), Shin Kanemaru, envoie également ses félcitations à Keishu. Kanemaru a récemment été trouvé en possession de plusieurs lingots d’or sans identification, lingots identiques à ceux détenus par Aum.

A l’image de Mahikari, Aum Shinrikyo est profondément lié au PLD, dont certains membres sont clairement engagés dans une course à la suprématie mondiale tout en adhérant à l’adage « la fin justifie les moyens ». Les deux sectes tirant leur inspiration ou leurs révélations des Protocoles.

On peut également affirmer que les politiciens du PLD conspirant derrière ces deux sectes tirent leur inspiration de la même source également.

J’ai demandé à l’ancien éditeur du Japan Times Weekly et co-éditeur du magazine Archipelago, Yoichi Shimazu, qui a examiné et suivi de près les activités d’Aum, s’il pensait qu’il existait des liens entre les deux groupes. Il répondit : « Disons simplement ceci : une main ne comporte-t-elle qu’un seul doigt ? »

La main à laquelle il faisait allusion est connue des Chinois comme la « Main noire » et les enquêteurs au Japon peuvent à présent mettre des noms sur chacun des doigts : Aum Shinrikyo, Sukyo Mahikari, L’Eglise d’Unification (Moon), Agon Shu et Soka Gakkai.

Maintenant qu’un des doigts de la main (Aum Shinrikyo) a été coupé, les quatre restants doivent travailler plus dur pour le faire repousser ou le remplacer par quelque chose de différent, probablement sous une forme déguisée.

Selon les enquêteurs au Japon, un point commun qui saute aux yeux de beaucoup est la fréquence toujours croissante d’Etoiles de David. Les chercheurs actuels l’appellent la « théorie Jewpanese ».UnUniunnnn

U Cet ancien conte folklorique pittoresque décrivant les Japonais comme un tribu perdue d’Israel prend une tournure bien plus dangereuse. Parmi des contes similaires enfouis dans les brouillards du temps, ce récit semble avoir été accepté et cru par des gens très haut placés. L’Etoile de David apparaît non seulement sur des panneaux du site du prétendu tombeau de Jésus Christ, sur de nombreuses lanternes de pierre autour des grands temples shinto d’Ise, où le contenu de l’Arche d’Alliance est supposé être gardé, et sur tous les immeubles, les temples et les poitrines des membres de Sukyo Mahikari, mais aussi sur le Musée japonais de la Fondation de Promotion de la Science. Situé dans le parc de Kitanomaru, le musée est financé par l’industrie nucléaire japonaise. La Fondation sponsorise également un musée consacré aux combattants suicidés. C’était au musée de la Fondation de Promotion de la Science que des cadres bien connus d’Aum avaient l’habitude de se rencontrer. Le musée est couvert d’environ 5.000 Etoiles de David!

On a même suggéré que, peut-être, certaines armes de cette technologie avancée de destruction de masse ont échappé à la détection des autorités japonaises et étrangères entre 1990 et 1995 et qu’elles sont cachées quelque part, prête à une apocalypse déclenchée par la main de l’homme, semblable à celle qu’Aum est accusé d’avoir fomentée. Une secte annonçant l’apocalypse ne peut s’en sortir sans une apocalypse!

A 23H03 le 28 mai 1993, une énorme boule de feu éclaira le ciel pendant presque deux heures dans une partie reculée de l’Etat d’Australie occidentale. Une forte explosion accompagnait la boule de feu et la terre trembla sur plusieurs kilomètre à la ronde. Le tremblement de terre qui en résultat (3,6 sur l’échelle de Richter) fut enregistré par 23 capteurs sismiques en Australie occidentale et dans le Territoire du Nord. Des aborigènes locaux, des conducteurs de poids lourds et des chercheurs d’or ont été témoins de l’événement. L’événement mystérieux a été rapporté par les médias et une commission sénatoriale américaine a lancé une enquête.

Le géologue australien, Harry Mason, a préparé un long rapport, dans lequel il a conclu que la cause était « … un système d’arme électro-magnétique avancé. »

A la demande du Sénat américain, le « Incorporated Research Institutions for Seismology » a mené une enquête et a conclu que l’explosion équivalait à une petite explosion nucléaire de 2.000 tonnes, avec environ un septième de la puissance destructrice de la bombe atomique qui a rasé Hiroshima.

Les observatoires sismiques en Australie ont situé le site de l’explosion à 28,47 degrés de latitude sud et 121,73 degrés de longitude est; dans les environs immédiats ou à l’intérieur de la propriété de Banjawarn, des pâturages à moutons de 500.000 acres détenues par Aum et située à environ 540 km au nord est de Perth.

Selon Mason, l’accord concernant la vente de Banjawarn aux cadres d’Aum a été conclu le 23 avril 1993, 35 jours avant l’événement de la boule de feu, ce qui leur donnait la possession légale du ranch. Le comité pastoral du gouvernement de l’Australie occidental a enregistré en bonne et due forme et officiellement le changement de propriétaire bien plus tard, en septembre 1993.

Mason affirme qu’on a offert de l’argent liquide aux propriétaires qui ont refusé, optant plutôt pour une chèque bancaire qui n’a pu être finalisé que le 1 juin 1993.

Le rapport de Mason indique qu’en utilisant des forages multiples qui lui ont été donnés par plusieurs observateurs à différents endroits, il a pu situer le « degré zéro » à la limite de la propriété de Banjawarn. Est-ce simplement une coïncidence ? Selon des témoins, une heure après l’événement, une autre explosion, moindre cette fois, s’est produite dans la même zone.

Cela me rappelle le passage de la bible : « Et elle (une autre bête sauvage) opère de grands signes, jusqu’à faire descendre du feu du ciel sur la terre, sous les yeux des humains. Et elle égare ceux qui habitent sur la terre, à cause des signes qu’on lui a donné d’opérer sous le regard de la bête sauvage, tandis qu’elle dit à ceux qui habitent sur la terre de faire une image à la bête sauvage qui avait (reçu) le coup d’épée, mais qui a repris vie. (Révélation 13:13-14).

Selon le rapport scientifique du New York Times du 21 janvier 1997, « des membres de la secte sont arrivés en avril 1993, un peu plus d’un mois avant l’explosion mystérieuse. M. Hayakawa, apparemment fraîchement de retour de ses visites en Russie… Les indices furent jugés suffisamment inquiétants pour mettre en branle une vaste enquête scientifique toujours en cours à l’heure actuelle… Les enquêteurs ont découvert que la secte Aum Shinrikyo avaient essayé d’acheter des têtes nucléaires russes. La secte a apparemment envoyé une partie de ses membres en ex-Yougoslavie afin d’étudier les travaux de Nikola Tesla, inventeur du courant alternatif qui mena à la théorie des armes sismiques… Les membres semblent avoir modifiés la thèse de Tesla, ainsi que d’autres recherches concernant de telles armes. » Un reportage du Sydney Morning Herald du 20 mai 1995 a détaillé les activités du vice-leader d’Aum, Hayakawa, au début d’avril 1993. Celui-ci cherchait à acheter des pâturages reculés et « menait des expériences au bénéfice de l’humanité ».

Sentant le coup fourré, Mason rapporta les événements au gouverneur de l’Etat d’Australie occidentale, Richard Court, pour s’entendre dire : « … le Commissaire de police m’a informé que les membres de la secte Aum n’étaient pas en Australie au moment du tremblement de terre enregistré le 28 mai 1993… et les événements du 28 mai 1993 constituent un phénomène naturel. »

Ainsi, si le tremblement de terre, un phénomène naturel, qui s’est produit le 28 mai 1993 (deux fois selon les témoins) à l’intérieur ou aux environs immédiats de la propriété d’Aum, n’était pas causé par leur volonté, qui donc se trouve derrière tout cela ? Quels noms apparaissent sur le titre de propriétés de Banjawarn ?

Un de ces noms est celui de Yasuko Shimada, la jeune dame japonaise qui aida à établir Mahikari en Australie aux alentours de 1974! (voir chapitre 2). Moi qui la connaissais en tant que membre de Mahikari!

Etant citoyenne australienne, elle a pu remplir les conditions gouvernementales nécessaires à l’achat d’une propriété pastorale pour ses impérialistes étrangers. Elle en est co-signataire et co-propriétaire avec le leader d’Aum, Asahara! Shimada a acheté la propriété auprès d’un agent immobilier d’origine japonaise de Perth, Miky Webb.

A Tokyo, on se souvient de Shimada comme d’une enthousiaste distributrice de la littérature d’Aum. Après plus de 15 ans d’entraînement en tant qu’activistes de Mahikari, elle a reçu une initiation « éclair » par Asahara en une période de quelques semaines après avoir donné à Aum un lingot d’or d’une valeur de plusieurs milliers de dollars.

Un membre australien de Sukyo Mahikari qui a récemment quitté la secte et que je connais l’a rencontrée fin 1989 au Japon où ils participaient tout deux à un énorme rassemblement du groupe des jeunes de Sukyo Mahikari. Elle s’est présentée comme une membre très active de Sukyo Mahikari qui a introduit Mahikari en Australie.

Shimada fut la cheville ouvrière qui guida et aida la pénétration d’Aum en Australie, dont le point culminant fut l’explosion nocturne dans le désert de l’Australie occidentale en mai 1993. Il est à noter que Shimada fut ordonnée nonne d’Aum après avoir co-signé les actes de la propriété de Banjawarn et immédiatement après la visite du leader d’Aum en Australie.

En dépit d’intensives recherches, on ignore où elle se trouve actuellement.

Il est intéressant de noter que les deux sectes croient qu’un Armageddon était sur le point d’annihiler le Japon et une grande partie du monde et c’est une des raisons pour lesquelles ils ont établi des endroits sûrs dans l’hémisphère sud, en Australie. J’en sais quelque chose. J’ai été utilisé par Keishu pour installer son propre petit paradis.

Et que penser lorsque Yoshikazu Okada, se faisant passer pour une divinité japonaise, Kotama (boule de lumière), déclare/menace, « … même si les hommes fond des manifestations en réclamant « la paix, la paix », « coexistence pacifique, coexistence pacifique » ou encore « Non aux bombes atomiques, non aux bombes atomiques », la fabrication des boules de feu dans le monde physique ne cessera jamais. »

Je pense que cette menace tire son origine de la fameuse Unité japonaise 731 de la dernière guerre.

Le quotidien de Perth, « The West Australian », publia un intéressant article le 18 février 1994, intitulé « How the Court’s Commit Mahikari » révélant que : « Le cabine de Court a confirmé que Mme Court est membre (de Mahikari) …. Des passants ont vu M. et Me Court aller et venir séparément… Vu l’approche sans heurts et positive de la vie de Mahikari, peut-être que tous les politiciens feraient bien de s’y rendre. »

D’autres révélations concernant l’engagement des Court dans Mahikari ont paru dans le « Brisbane Courier Mail » le 12 avril 1996, dans le « Canberra Times » le 2 mars 1997 et dans le « Australia Israel Review » le 22 mars 1997. Plusieurs autres articles furent également publiés dans le « West Australian » en octobre et en novembre 1997.

Franca Arena, qui a chassé les réseaux de pédophilie en Australie et politicienne de Nouvelle-Galles du Sud de son état, a également évoqué l’affaire de leur engagement dans ses discours devant le Parlement à partir du 22 avril 1997. « … Le cabinet de M. Court a confirmé que Mme en est membre, mais a affirmé que l’affaire ne regardait pas le journal… comme le disait un correspondant dans une lettre à l’éditeur du « Canberra Times » … comment une association de charité telle que Sukyo Mahikari peut-elle envoyer au Japon plus de 200.000 dollars australiens en un an sans être soumise à l’impôt ? Sur quelle base le « Australian Tax Office » (fisc australien) a-t-il accordé une exonération fiscale à cette organisation ? »

Des membres de Perth affirment que, le 6 février 1993, le jour où Richard Court a été élu en tant que gouverneur, il a passé la plupart de la journée au centre Sukyo Mahikari de Perth participant aux activités de Mahikari. Ces membres affirment également qu’il assistait encore à la cérémonie de remerciement mensuelle du centre en janvier 1997.

On ne peut que supposer que les Court, eux aussi, ont été victimes des fous qui se cachent derrière la façade séduisante de Mahikari ?

Il est triste de constater que plus on occupe une haute fonction dans la société ou plus on s’engage dans la secte, plus on devient une victime.

Qui d’autre a également été leurs victimes ?

Dans l’article du 2 mars 1997 du « Canberra Times », les citoyens de la capitale australienne de Canberra ont pu apprendre la décision de leur gouvernement régional de décembre 1996 de donner à Sukyo Mahikari une parcelle d’un hectare de terre d’excellente qualité dans les environs de Holder, terrain où ils doivent construire un nouveau quartier général régional de plusieurs millions de dollars. Le terrain est évalué à environ 700.000 dollars, dont Sukyo Mahikari n’a payé que les divers frais administratifs.

Cette affaire, qui montre en partie l’obsession australienne de correction politique, a ouvert la voie pour ce qui sera sûrement le quartier général de la Main noire japonaise en Australie, subventionné par les contribuables australiens!

Une fois réalisé, le centre portera à son fronton l’Etoile japonaise de David qui annoncera l’arrivée des élus, les « Jewpanese ».

Ce qui s’est révélé être la secte religieuse la plus dangereuse du monde, le Shintoïsme d’Etat, a été démantelé en 1946. Cinquante ans plus tard, les services de sécurité internationaux ont poussé un soupir de soulagement lorsque probablement la deuxième secte religieuse potentiellement la plus dangereuse, Aum Shinrikyo, également issue de l’idéologie institutionalisée de suprématie japonaise, fut exterminée.

Toutefois, de nombreuses questions restent sans réponse ou alors certains faits sont-ils simplement trop effrayants pour être révélés ?

Des enquêteurs sérieux dans l’affaire Aum se demandent où se trouvaient les 5 individus de type asiatiques qui, en août 1994, se sont envolés pour Banjawarn dans un avion léger, vêtus de protections chimiques totales ? Certains affirment qu’il s’agissait de placer des résidus de gaz sarin dans les carcasses de mouton afin de détourner l’attention du but réel de l’achat de Banjawarn, à savoir le test d’armes de destruction massive et non pas l’évaluation et la fabrication du gaz sarin. Il a été prouvé que les 29 carcasses de mouton trouvées dans le ranch contenant des résidus de gaz sarin ont été tuées par une explosion à la tête.

Ayant involontairement connu quelques-uns de ces personnages, il ne me surprendrait pas que Banjawarn était multi-fonctionnel.

Mes principales questions sont à présent les suivantes : Quel est leur prochain coup ? Qu’est-ce qu’ils fomentent ? Et qui se trouvait derrière les deux attaques au gaz chloré du centre commercial de Sydney en février 1997 ? Au cours de l’une de ces dangereuses attaques, deux personnes ont été admises à l’hôpital, tandis que plus de 500 personnes ont dû être évacuées.

Shimada a-t-elle été l’instrument qui a permis le survol de Banjawarn par les 5 étrangers vêtus de protections chimiques, à une époque où tous les cadres connus d’Aum avaient quitté l’Australie, sauf Shimada ?

C’est plus qu’une coïncidence si, quelques semaines après sa victoire aux élections en Australie occidentale, Richard et Jo Court, Jo étant une membre enthousiaste de Mahikari depuis environ 10 ans, aient effectué des visites au Japon, à Hong Kong, à Taïwan et en Corée. C’est environ à cette époque que les cadres les plus dangereux d’Aum, Yoshihiro Inoue et Kiyohide Hayakawa, sont arrivés à Perth pour entamer leurs activités clandestines à Banjawarn, avec comme point culminant les événements inexpliqués du 28 mai 1993!

CHAPITRE 10

En 1994, lorsque Wendy et moi nous détournâmes finalement de Mahikari, j’ai naturellement voulu partager certaines des vérités que je venais de découvrir avec quelques membres. Assez excité, j’ai relaté comment tout avait semblé simplement tomber dans mon escarcelle au fur et à mesure que je découvrais les nombreux faits inconnus concernant Yoshikazu Okada et les organisations de Mahikari.

A mon grand étonnement, ces informations ahurissantes étaient généralement reçues avec une totale indifférence ou par le mépris. Quelle que soit la manière dont j’essayais de présenter mes faits, la plupart des membres s’efforçaient simplement de justifier les actions de Yoshikazu Okada et de l’organisation. Ce ne fut qu’à ce moment que je commençais à comprendre que nous étions tous des victimes, à des degrés divers, d’une certaine forme de manipulation mentale. J’étais toutefois parvenu à voir les choses un peu différemment que de nombreux autres membres. Cette attitude, je pense, était probablement le résultat de mes expériences traumatisantes de reconnaissance des corps des cinq jeunes membres morts tragiquement dans l’accident de voiture de 1987. Cet événement inattendu doit avoir déclenché quelque chose dans mon subconscient, ce qui provoqua un processus qui me fit peu à peu penser de nouveau à moi-même. En raison de leurs morts malheureuses, j’étais capable d’entamer un retour très graduel à mes sensations, même en restant un dirigeant à temps plein.

Lorsque je remis ma démission, ma famille et moi en étions réduits à être des réfugiés dans notre propre pays et nous errions à la recherche d’un nouvel endroit pour nous établir ou pour s’échapper. Au pire de notre pitoyable situation financière, étant pratiquement désargentés, sans emploi et avec six jeunes enfants à nourrir, Wendy et moi devions nous battre contre nos profondes phobies de crainte et de culpabilité.

Notre principal souhait à l’époque était un désir irrésistible de redevenir simplement ce que nous étions avant de nous engager dans l’organisation, à savoir être libre de ces phobies. A notre insu, nos esprits avaient été involontairement modifiés par un contrôle prolongé. Hélas, renverser ces effets n’est pas toujours facile et prend beaucoup de temps. Il était impossible de discuter de notre situation avec nos amis, car ils étaient eux-mêmes des victimes. Les seuls amis que nous avions étaient des membres actifs de Mahikari. Le coût d’une assistance professionnelle était largement hors de la portée de nos maigres revenus. Nous n’avions d’autre alternative que de simplement porter notre croix et de faire de notre mieux.

Je commençais à lire ce que je pouvais sur le sujet de la manipulation mentale, avec une sorte d’approche personnelle que je m’étais forgée. Je commençais à découvrir que les techniques utilisées pour endoctriner les membres, comme l’importance de l’émotionnel oratoire, les réunions de masses, les slogans simples et répétitifs, la censure littéraire et les rituels, étaient ce qu’Adolf Hitler utilisait avec un succès incroyable pour s’assurer le contrôle des esprits de toute la nation allemande. Une nation considérée à cette époque comme la plus cultivée en Europe. Dans Mein Kampf, il enseigne : ² La compréhension des masses est très limitée et leur intelligence est faible, mais leur capacité d’oubli est énorme. Toute propagande efficace doit être limitée à quelques faits et doit jouer sur ces slogans… La réunion de masse est également nécessaire, car, dans cette réunion, l’individu, qui, au départ, est partisan d’un mouvement jeune et qui se sent seul, pour la première fois, perçoit l’image d’une communauté plus large, ce qui, chez la plupart des gens, a un effet encourageant de renforcement.²

Selon moi, les techniques employées par les organisations de Mahikari pour ‘réveiller spirituellement’ les membres sont similaires à celles créées et utilisées par Adolf Hitler.

L’effet sur l’esprit modifie involontairement la perception et cette modification mène à une mentalité du type : la fin justifie les moyens. Si c’est le cas, tout devient possible. Bien sûr, lorsque quelqu’un est victime de manipulation mentale, cela ne lui apparaît pas de cette façon. Demander à n’importe quel membre s’il est victime de manipulation mentale et il vous rira simplement au nez. Il conviendra, certes, que la manipulation mentale est mauvaise et connaîtra probablement d’autres groupes qui exercent cette pratique, mais eux n’en sont pas du tout victimes. Je me souviens critiquant ces mêmes pratiques de l’Eglise d’Unification, plus connue sous le nom de Moon. Il nous était bien connu qu’ils pratiquaient la manipulation mentale et, bien sûr, nous ne permettrions jamais que de telles choses se produisent dans notre organisation.

Quand je pense à ces tribus primitives superstitieuses de la Nouvelle Guinée, les membres de la secte Cargo, qui déposaient des offrandes sur les pistes de l’aéroport pour s’attirer les bonnes grâces divines, comme j’ai ri à l’époque, mais je suis forcé de me demander qui étaient les plus superstitieux et les plus primitifs finalement.

De récentes preuves inquiétantes découvertes par des enquêteurs au Japon révèlent qu’une montagne sacrée du centre du Japon près de Takayama, très proche du temple d’or de Dieu, a été récemment acquise par Sukyo Mahikari. Il apparaît que, lorsque cette montagne fort convoitée fut mise en vente, de nombreux autres groupes similaires se sont portés acquéreurs. Toutefois, étant donné ses excellentes relations, Sukyo Mahikari est devenu le nouveau propriétaire de la montagne. Ce site va-t-il accueillir un autre temple destiné à attirer l’attention d’un être céleste japonais ? Son sommet a été rasé et les enquêteurs pensent qu’au vu du récent regain d’intérêt populaire pour les OVNI et les extraterrestres, il s’agirait pour Sukyo Mahikari d’une porte vers les cieux, une piste d’atterrissage pour OVNI peut-être ?

Je me rappelle les enseignements donnés par Okada il y a de nombreuses années où il déclarait qu’il avait récemment rencontré un ufologue japonais qui lui expliqua que le récent regain d’observations d’OVNI indique que la fin du monde est toute proche. Si nous nous replongeons dans le manuel du cours avancé, le même qui contient les dix pages de résumé des Protocoles des Sages de Sion, on trouve aussi six pages expliquant que, en des temps anciens, à l’approche de grands bouleversements naturels, les anciens empereurs du Japon étaient descendu sur la planète dans leurs vaisseaux volants de l’ère divine en vue de coloniser la planète Terre. On y trouve même le nom des sommets des montagnes sacrées.

Ce que dit Sukyo Mahikari aux membres avancés, c’est simplement que l’empereur du Japon descend d’une lignée d’extraterrestres et a été envoyé pour coloniser la planète. Lorsque on parlera de la piste d’atterrissage aux membres, s’il s’agit bien d’une telle piste, cette manoeuvre servira simplement à inciter un peu plus les membres à travailler davantage, sinon les OVNI ne viendront pas, un moyen de plus d’étrangler les membres. La mystique entourant les leaders de Mahikari et l’empereur sera encore poussée d’un cran. Joli coup!

Selon moi, la raison principale pour laquelle, des gens apparemment normaux, bien éduqués, en bonne santé rejoignent Mahikari et des groupes similaires est qu’ils ont un urgent besoin de rendre le monde plus sûr, plus heureux. C’est ce que promet Mahikari, en permettant aux membres de jouer un rôle actif dans son établissement. Dans le même temps, il exalte les vertus d’une vie saine, par exemple en évitant de consommer de la nourriture chimiquement traitée ou des médicaments.

Sa ² fenêtre ouverte² sur les royaumes de l’invisible du monde des esprits ne manque jamais d’attirer une énorme attention. Même les plus grands sceptiques éprouvent des difficultés confrontés aux stupéfiants mouvements involontaires de possession d’esprit. Tout cela étant voilé de mysticisme oriental, complété par des prédictions d’un paradis sur terre à établir, il est très difficile de résister pour une personne de bon sens et curieuse.

Comme son but principal est d’établir le paradis sur terre, sans indiquer exactement qui régnera sur ce paradis, il est très important que la plupart des gens qui peuvent y contribuer de manière importante y adhèrent. Il en résulte une proportion inhabituellement élevée de professionnels et d’hommes d’affaire et c’est là que réside sa puissance à attirer davantage de personnes de même provenance.

Selon le psychologue Léon Festinger, la prise de contrôle mental se divise surtout de trois composants, connus sous le nom de ² théorie de dissonance cognitive² , à savoir le contrôle du comportement, le contrôle des pensées et le contrôle des émotions. Steven Hassan est probablement le spécialiste des sectes le plus connu mondialement, car il a conseillé plus de 1.000 victimes de manipulation mentale d’une grande diversité de sectes. Il fut membre de la célèbre Eglise d’Unification, Moon, pendant plusieurs années. Le nom vient du fondateur, un coréen, Sun Myung Moon, qui affirme également être un Messie investi de la mission d’établir une théocratie mondiale sous sa direction. Steven a publié un livre, traitant en profondeur du problème de la manipulation mentale. Il y parle de ces trois composants et en ajoute un quatrième le contrôle de l’information. Selon la théorie de la dissonance cognitive de Festinger, ² chaque composant possède un puissant effet sur les deux autres, en modifier un tend à modifier les deux autres. Si on réussit à modifier les trois éléments, l’individu est balayé.²

Par ² dissonance² , Festinger entend le conflit intérieur qui se produit lorsque les pensées, les sentiments ou le comportement sont modifiés dans leur relation les uns avec les autres. Il affirme, après de nombreuses recherches, qu’une personne ne peut tolérer qu’une petite modification de cette relation et que ² si un des trois composants change, les deux autres tendront à réduire la dissonance.²

Comme la plupart des gens qui rejoignent des sectes le font parce qu’ils veulent s’améliorer ou changer d’une certaine façon, ils deviennent facilement des victimes. C’est particulièrement vrai dans les sectes religieuses, car, très rapidement, ils apprennent que c’est ce que Dieu attend d’eux. C’est à partir de ce point de vue que tout découle.

En partant du contrôle du comportement, il était extrêmement aisé de changer la façon dont les membres vivaient, tout cela au nom de Dieu. Les membres ont vite été ‘japonisés’, par exemple en mangeant avec des baguettes et même en changeant leur régime alimentaire pour y inclure de la nourriture japonaise. Nous avons tous appris à perdre notre individualité à la manière japonaise et à agir comme un seul homme. Presque toutes les tâches dans Mahikari n’étaient pas commencées tant que la chaîne hiérarchique nécessaire n’avait pas d’abord été mise ne place. Nous avons tous appris à rester à genoux par terre pendant de longs moments, à nous incliner devant nos supérieurs et à mémoriser la plupart des salutations japonaises courantes. Notre langage lourd était souvent inintelligible pour un étranger et nous défaire de notre argent durement gagné constituait une ² pratique ascétique² .

Hassan écrit : ² Les dirigeants ne peuvent pas commander les pensées profondes de quelqu’un, mais ils savent que s’ils commandent le comportement, le coeur et l’esprit suivront.²

De même, le contrôle de la pensée était réalisé simplement par la fréquence de l’assistance des membres aux cours et séances d’étude. Les révélations étaient considérées comme complètes et absolues en elles-mêmes et les mettre en cause était impensable. Si un membre éprouvait des difficultés à accepter un aspect particulier de la doctrine, cela reflétait simplement un esprit pollué. Un tel membre était guidé à travailler davantage pour le programme de Dieu. On nous enseignait que nos esprits étaient impurs, et nous ne devions donc penser qu’à réaliser la volonté de Dieu et à concentrer nos pensées sur lui. Même endormi ² rêver simplement de Dieu² .

Les systèmes de croyance des membres étaient modifiés pour croire qu’ils étaient les seuls à être sauvés d’une imminente apocalypse, si tel était leur destin. Dieu les avait choisis parmi cinq milliards d’hommes pour accomplir la mission spéciale de créer le paradis sur terre. De manière surprenante, la plupart des membres y croyaient déjà après les trois jours de cours d’initiation. Ce contrôle de la pensée s’avère très efficace pour filtrer les doutes ou les critiques dirigées sur eux-mêmes, les enseignements, les dirigeants ou l’organisation. Cette barrière auto-imposée ne laisse passer que ce qui est en accord avec la doctrine, tout le reste est rejeté. L’individu perd alors tout sens de ce qui est juste ou non. Tout ce qui compte est de filtrer toutes les informations reçues pour voir celles qui sont en accord avec la doctrine. Tout le reste est faux, mauvais ou sans valeur.

C’est exactement de cette façon que la plupart des membres ont réagi lorsque j’ai partagé la plupart des informations que j’avais accumulées concernant les origines et les vrais motifs de l’organisation. Leurs commentaires typiques étaient : ² Ce n’est pas à nous de juger² ou ² Dieu travaille parfois de cette façon² .

Nous vivions tous sous la menace d’un imminent Armageddon global. Comme les années passaient sans qu’aucun signe de cet événement ne se manifeste, on nous disait simplement que c’était grâce à nos efforts héroïques pour servir Dieu qu’il avait été postposé pour un temps, car Dieu voyait la possibilité de sauver davantage de membres de la race humaine.

En mai 1993, Keishu a visité différents endroits en Europe, ainsi qu’Israël. Au cours de cette visite, une grande cérémonie s’est tenue à Paris à laquelle assistaient plusieurs milliers de membres. A cette occasion, on annonça que, grâce à l’aura de Keishu ou à une entente avec dieu, le trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Europe avait disparu. En réalité, de nombreuses références ont été faites au contrôle des conditions atmosphériques, car un tel contrôle était une condition nécessaire au nouveau siècle sacré.

Je trouve ces références au contrôle des conditions atmosphériques très intéressantes, car, quelques semaines plus tôt, Kiyohide Hayakawa, le numéro deux d’Aum se trouvait en Australie occidentale et le Ministère japonais de l’Environnement allait y entamer une étude « anti-désertification ». Hayakawa avait étudié au département de climatologie de l’université d’Osaka et sa thèse est classée hautement confidentielle. Selon des journalistes d’investigation japonais, il y a de fortes preuves qui suggèrent que ce département n’est qu’une couverture pour la recherche d’armes électro-magnétiques japonaises.

Plus tard cette année-là, le 13 septembre, la fameuse poignée de main entre Yasser Arafat et Yitzah Rabin avait lieu sur la pelouse de la Maison Blanche et était retransmise partout dans le monde. Mahikari n’a pas consacré beaucoup de temps à proclamer l’avènement de la paix mondiale annoncée par la récente mission guidée par Dieu de Keishu en Israël. « Dieu m’a juste demandé d’y aller ».

² Depuis la poignée de mains, Israël a confisqué environ 60 kilomètres carrés supplémentaires de la Cisjordanie, deux fois plus de Palestiniens et d’Israéliens meurent à cause de la violence. La population des colons israéliens dans les territoires occupés augmente plus rapidement encore. La police israélienne, sous le couvert de la loi, torture les Palestiniens plus brutalement et les escadrons de la mort israéliens opèrent toujours en Cisjordanie et à Gaza² Et Rabin lui-même a été assassiné!

Ces informations sont simplement rejetées par les membres, car ils baignent dans la gloire d’être un des disciples de Keishu. La plus grande arme utilisée par Mahikari dans la manipulation mentale est le contrôle des émotions des membres. Au départ, les membres commencent à percevoir la grande profondeur de leurs impuretés. Celles-ci se sont accumulées non seulement par nos méfaits dans cette vie, mais aussi au cours des centaines de vies passées. Par dessus tout cela, il y a le total de toutes les impuretés de leurs ancêtres et ce lourd fardeau doit à présent être éliminé dès que possible avant l’éclatement des désastres. Un désastre peut éliminer une partie de ce fardeau, mais il est de loin préférable de l’éliminer volontairement en se consacrant totalement au service de l’organisation de Mahikari. En réalité, c’est le seul moyen par lequel Dieu permet aux membres de réduire leurs impuretés. Si les efforts des membres ne sont pas adéquats, leurs ancêtres, qui eux-mêmes souffrent en enfer pour leurs péchés, se fâcheront et chercheront à se venger en possédant ou même en tuant les membres. Sinon, Dieu permettra à d’autres esprits de rancune de vous posséder ou de vous perturber.

Cette menace, combinée à la pratique occulte mystérieuse des mouvements involontaires de possession d’esprit, renforce fortement leur crainte dans les esprits et leurs pouvoirs invisibles.

J’appelle cela du terrorisme spirituel ou du chantage spirituel, car il asservit totalement et absolument les membres en leur faisant supporter le poids imaginaire écrasant de leurs impuretés et de leurs péchés. Toute pensée ou toute action qui ne correspond pas à cette croyance est immédiatement sanctionnée par des sentiments de crainte et de culpabilité.

Bien sûr, tout le monde est libre de quitter Mahikari quand il le désire et ceux qui le font emportent toujours une grande partie de cette crainte avec eux, car ils ont vu à travers la ‘fenêtre ouverte’ sur le monde des esprits. Cette fenêtre est toujours ouverte pour tous et permet de rappeler constamment à chacun la puissance de l’invisible.

On raconte souvent au cours et aux séances d’études des récits de membres qui ont eu des problèmes peu après avoir quitté, mais on ne parle jamais des ex-membres qui ont prospéré.

En général, les dictionnaires décrivent un esclave comme ² une personne totalement soumise à une autre² . Cette signification a été récemment renforcée aux Etats-Unis par le procès Etats-Unis contre Ingalls. Ici l’esclave a été défini comme ² une personne qui est complètement soumise à la volonté d’une autre, qui n’a pas de liberté d’action, mais dont la personne et les actions sont complètement sous le contrôle d’une autre.²

Récemment, il y a eu des actions en justice qui ont abouti contre plusieurs sectes religieuses en Australie, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. D’anciens membres de sectes commencent à intenter des procès pour fraude, négligence, servitude involontaire, harcèlement, pertes de salaires, d’argent ou de propriétés donnés à la secte. Par exemple, ²550 anciens scientologues ont intenté un procès d’un milliards de dollars contre la Scientologie² . Plusieurs anciens membres de l’organisation de la Médiation Transcendantale ont également entamé des poursuites. En 1983, les adeptes de Moon ont intenté une action contre le London Daily Mail qui avait publié deux articles leur étant défavorables. A la fin, la cour a estimé que les adeptes de Moon ² lavaient le cerveau de ses membres et essayaient de séparer les membres de leurs familles² . Ce fut le plus long procès de l’histoire de l’Angleterre et il coûta aux adeptes de Moon 2 millions de dollars en frais juridiques.

Une enquête parlementaire belge sur les sectes menée récemment en mai 1997 a conclu, entre autres choses de ses recherches sur Sukyo Mahikari, à des pratiques illégales de la médecine, les membres refusant toute aide médicale, les menant, eux ou leurs proches, à la mort. En outre, les membres sont incités à effectuer des activités gratuites pour la secte. Mahikari est responsable de la désintégration de la famille et est coupable d’évasion fiscale.

« Il est clair que plusieurs organisations sectaires nuisibles souscrivent à des idées totalitaires pouvant être considérées comme antidémocratiques, ainsi que permet de le constater l’examen des textes de base des mouvements suivants : l’Ange Albert, Raël, Fraternité Blanche Universelle, Sukyo Mahikari, l’Eglise de Scientologie, Nouvelle Acropole, Témoins de Jéhovah. » (pp. 176-177).

Récemment, trois membres européens de Sukyo Mahikari se sont suicidés. L’un d’entre eux était la femme d’un « important » membre local du centre de Liège. Elle laisse derrière elle six enfants.

On décourage les membres de lire de la littérature non approuvée et on vérifie souvent dans les centres si cette littérature n’a pas fait son chemin. Outre les publications de Mahikari, les membres sont encouragés à lire uniquement des livres sélectionnés, comme les titres mentionnés au chapitre 8 en ce qui concerne les continents perdus de Mu et d’Atlantide et le livre de Kido Honda, The Future Course of Japan, qui reprend des extraits des Protocoles des Sages de Sion.

Mes dix-sept années dans Mahikari et mes récentes recherches sur la vie des autres personnages qui se sont considérés comme des Dieux, des messies ou des führers, me font partager la même opinion que celle de Steven Hassan lorsqu’il écrit : ² Même si de nombreux leaders de sectes désirent et ont besoin d’une opulence matérielle, ce qu’ils réclament, selon moi, c’est de l’attention et du pouvoir. En réalité, le pouvoir peut entraîner, et entraîne réellement, une accoutumance. Au fil du temps, les leaders de sectes développent un besoin de davantage de pouvoir. Une chose qui rend ces gens si dangereux, c’est leur instabilité psychologique et le fait qu’ils croient réellement leur propre propagande. Ils ne s’agit pas d’artistes astucieux qui veulent se faire de l’argent. En fonction de mon expérience, je pense que la plupart croient réellement qu’ils sont ² Dieu² ou le² Messie² ou un maître éclairé.² J’ajouterais que ce besoin de pouvoir, cette instabilité psychologique et la croyance qu’ils sont un Dieu font en sorte que les membres de Mahikari en viennent peu à peu à voir ces besoins et ces qualités en eux-mêmes. Ce transfert se produit facilement, car la structure même de l’organisation est conçue pour permettre aux membres de s’élever dans la hiérarchie. C’est ainsi qu’Adolf Hitler parvint à contrôler graduellement les esprits de la nation allemande. Une nation qui était considérée comme la plus cultivée et la mieux éduquée de toute l’Europe à cette époque. Son concept de Führer tout puissant permit de l’installer en tant que surhomme mystique spirituel qui régnerait sur son peuple et qui, en retour, tenterait de diriger le monde avec lui.

Cette combinaison mortelle de subordination au Führer, de croyance en une race de maîtres, le manque de préoccupation pour les autres, les pratiques occultes mystiques bizarres et la haine pour les Juifs ont englouti l’Europe, la Russie et l’Afrique du Nord dans un holocauste provoqué par l’homme qui coûta près de 50 millions de vies sur une période de six ans.

Lorsque Hitler se suicida en 1945, la guerre en Europe était déjà pratiquement terminée. Finalement, ses acolytes les plus connus se suicidèrent également, furent exécutés ou emprisonnés par les forces alliées. L’esprit nazi était détruit, même si à travers le monde divers groupes néo-nazi reprennaient le flambeau. Ce flambeau est encore porté par les nombreuses organisations occultes qui connaissent aujourd’hui un regain de popularité et qui adhèrent toujours à de nombreux idéaux du Führer.

En Allemagne, la mémoire de cet holocauste voulu par l’homme est sauvegardée dans divers mémoriaux, cimetières et ruines des camps de concentration disséminés dans tous le pays. Certains de ces camps de concentration ont, depuis, été transformés en sanctuaire à la mémoire des six millions de Juifs qui ont été exécutés par les nazis. Les nouvelles générations savent ce que le Führer a fait en Allemagne et en Europe et comment et pourquoi il a contrôlé les esprits de leurs parents.

Dans la vidéo ² World at War² , sixième épisode, mentionnée au chapitre 8, on trouve certaines scènes montrant les soldats japonais alignés en rangs, vêtus d’un pagne, chantant continuellement jusqu’à ce que nombre d’entre eux semblent entrer dans un état de transe. D’autres scènes montrent des soldats japonais de nouveau uniquement vêtus de pagnes méditant sous une chute d’eau. Ces anciennes pratiques sont conçues pour modifier les états émotionnels, mentaux et comportementaux du pratiquant, dans ce cas, les soldats.

Les membres de Mahikari subissent également des modifications émotionnelles, mentales et comportementales et, comme Yoshikazu Okada était un officier de haut rang, il n’est pas difficile de percevoir les éléments communs du nationalisme basés sur une mentalité sectaire.

Cette mentalité sectaire, fortement centrée sur la vénération de l’empereur du Japon et sur l’ultra-nationalisme, n’est pas simplement confinée aux survivants de la vieille garde et à Mahikari. Si nous nous référons de nouveau à la théorie de dissonance cognitive de Léon Festinger, qui étudie la relation entre le contrôle du comportement, de l’esprit et des émotions, et selon laquelle, si on modifie un élément, les autres suivent, vous verrez que la résurgence graduelle de la vénération de l’empereur et la notion de Japon en tant que pays divin habité par un peuple spécial, sont les principales conditions d’une secte. En d’autres termes, toute personne qui croie que l’empereur est divin, que le Japon est un pays divin et que les Japonais ont un rôle spécial à jouer, doit être considérée comme un membre d’une secte du Shintoïsme japonais, croyance interprétée comme inconstitutionnelle en vertu de la nouvelle constitution. En se basant sur ces notions, Hitler et les officiers de l’armée impérial japonaise ont voulu conquérir le monde.

Depuis 1990, lorsque le nouvel empereur Akihito a restauré son statut divin, la société japonaise s’est une nouvelle fois exposée à une mentalité sectaire favorisée par l’Etat. Jusqu’en 1990, cette mentalité sectaire était largement confinée à des groupes tels que Mahikari et les survivants de la vieille garde, mais, en raison de leurs efforts et du soutien ouvert donné par le gouvernement, leurs sentiments ultra-nationalistes commenceront bientôt à influencer plus largement la société japonaise.

Le but de Mahikari est d’établir une théocratie mondiale centrée sur le Japon. La décision du gouvernement et/ou de l’empereur de réinterpréter les articles de la constitution de 1947, qui interdisait ce genre d’actions et d’idéaux, a à présent ouvert la voie à la résurgence de l’ultra-nationalisme, qui est entretenu avec ferveur dans des sectes telles que Mahikari.

Mahikari est devenu une sorte de ciment utilisé pour coller toutes les pièces d’une image. Les pièces de cette image se composent de l’empereur, des officiels du gouvernement, des survivants de la vieille garde, de nombreuses organisations ultra-nationalistes et des millions de citoyens japonais qui croient dans le statut divin de leur empereur et de leur pays. L’image, bien sûr, est celle du Japon régnant sur une théocratie mondiale. Le ciment lui-même est à peine visible, mais, depuis 1990, il a commencé à se transformer en roc solide. Ce qui rend ce scénario particulièrement explosif est le fait que l’histoire japonaise récente jusque 1945 a été complètement réécrite, grâce à l’armée impériale japonaise de l’époque.

Le philosophe et poète américain, mais d’origine espagnol, George Santayana écrit : ² Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le répéter.² George Santayana fut professeur à l’université de Harvard et auteur de plusieurs livres ésotériques, dont ² Le Royaume de la Vérité² .

Lors d’une visite commerciale au Japon en mai 1995, j’ai vu le premier ministre australien de l’époque, Paul Keating, deux fois à la télévision, essayant de donner aux Japonais une leçon sur leur récente histoire en ce qui concerne leur implication dans la seconde guerre mondiale. En ces deux occasions, ses discours avertissaient les Japonais qu’en choisissant d’ignorer le passé, ² ils le faisaient à leurs risques et périls² .

Des sondages d’opinion menés en 1990 indiquaient que les trois quarts de la population japonaise n’avaient aucune envie de changer la situation en ce qui concerne la constitution de 1947 et la déchéance divine. Cela signifie qu’environ 30 millions de personnes veulent restaurer le statut divin de l’empereur d’avant 1946. C’est parmi ces 30 millions de personnes que l’on trouve l’empereur, les officiels du gouvernement, la vieille garde toujours influente et les membres de Mahikari.

En réalité, ce groupe minoritaire, mais énorme, représente en grande partie le sommet de la pyramide culturelle et politique japonaise. Il faut noter ici que moins de dix pour-cent de la nation allemande fut membre du parti nazi, mais l’histoire a enregistré fidèlement l’impact dévastateur de ce groupe minoritaire sur l’humanité. Le général Mac Arthur est peut être parvenu à mettre au frigo le sommet de cette pyramide entre 1946 et 1990, mais la mentalité de la population n’a pas changé. La religion, la politique et la culture japonaises sont fermement basées sur les traditions qui s’efforcent continuellement de mettre tout à sa propre place. Cette tradition doit s’assurer que le reste de la société japonaise trouve sa propre place dans la pyramide hiérarchique divine impériale. Cette façon traditionnelle de penser, de ressentir des émotions et de se comporter, centrée sur un objet vivant de vénération, est l’essence de la culture japonaise héritée de leurs ancêtres. Cette mentalité, modelée par la tradition, contrôle en retour les esprits de leurs descendants.

Que l’empereur souhaite lui-même être considéré comme divin ou non, ne constitue pas le problème principal, car il n’est pas libre en cette matière. Il est né dans cette tradition et il doit vivre en accord avec elle. C’est lorsque cette tradition puissante est manipulée par des individus ou des groupes intéressés, comme ce fut le cas avant la seconde guerre mondiale, et c’est ce qui se reproduit à présent, que des nuages sombres et menaçants de tempête s’accumulent autour du Mont Fuji sacré.

C’est dans l’ombre de ces nuages menaçants que les Nations Unies ouvrent largement la voie à l’acceptation du Japon en tant que membre à part entière du Conseil de Sécurité des Nations Unies, une nation avec une histoire réécrite et manipulée par ceux qui souhaitent établir leur théocratie mondiale.

Le 23 novembre 1990, le jour où l’empereur Akihito a accompli la cérémonie de Daijosai restera dans l’histoire comme le jour où un être divin a accédé à son trône divin dans son pays divin. Il a regardé le monde et a commencé à se demander comment placer tout ce qu’il voyait dans son ordre hiérarchique correct.

CHAPITRE 11

Messies, führers, leaders de sectes et conspirations mondiales mis à part, il n’en reste pas moins le problème immédiat rencontré par les nombreux individus qui sont devenus leurs victimes et ont besoin d’aide. Dans mon cas, les seules personnes vers lesquelles je pouvais me tourner étaient les membres de la secte eux-mêmes et naturellement ils ne pouvaient m’être d’aucune aide. Un fossé s’était creusé longtemps auparavant entre ma famille immédiate et les membres de la famille au sens large en raison de mon appartenance à la secte. A ce jour, certains membres de la famille que Wendy et moi avions amené dans Mahikari continuent encore à être de fervents disciples.

La prise de conscience de la manipulation mentale par les sectes se fait de plus en plus apparente, ce qui a mené à la formation de diverses organisations établies pour aider à aborder ce problème. Grâce à ces organisations, on peut avoir accès à un réseau complet de spécialistes, de psychiatres et de psychologues qui disposent de l’expérience nécessaire dans ces matières.

Il est possible de changer sa façon de penser ou de recevoir de l’aide, si vous êtes la victime, ou s’il s’agit d’un ami ou d’un parent. Toutefois, il est essentiel que les conseils soient dispensés par quelqu’un qui dispose d’un bagage éprouvé. Une technique particulière est nécessaire pour laver le cerveau de quelqu’un et une approche particulière est nécessaire pour défaire ce qui est devenu partie intégrante du système de croyances de quelqu’un.

N’argumentez jamais avec une victime d’une manipulation mentale sur des matières concernant sa doctrine, car cela ne ferait qu’aggraver le problème. Bombarder une victime de citations bibliques, ne sera pas non plus de grande utilité, car il y aura toujours d’abondantes contre-citations.

Mon intention en écrivant ce livre n’était pas d’étudier les diverses techniques et méthodes d’aide, car il s’agit d’un sujet spécialisé et complètement différent et ce n’était pas là mon intention. L’expérience m’a appris, cependant, qu’avant de pouvoir conseiller quelqu’un, il est essentiel d’étudier auparavant le phénomène ou de chercher une aide professionnelle, sinon vous pouvez aggraver le problème. Les victimes de manipulation mentale croient simplement ce qu’elles croient, comme vous avez vos croyances et j’ai les miennes. Changer un système de croyances ne consiste pas seulement à être exposé à un flux constant de faits ou de contre-opinions, il faut aller plus loin que cela. Je suggérerais le livre de Steven Hassan, « Protégez-vous contre les Sectes » ou des publications similaires, qui représentent un excellent moyen de commencer à comprendre comment conseiller efficacement en matière de secte. Vous apprendrez également que la manipulation mentale n’est pas simplement confinée à des groupes religieux. Bien sûr, prévenir vaut mieux que guérir, mais ce n’est pas aussi simple. Vous apprendrez également que la manipulation mentale ne se limite pas simplement aux groupes religieux. Certaines idéologies politiques peuvent s’avérer dangereuses, également. Surtout une idéologie politique visant au contrôle de l’information.

Le 12 juin 1997, la sénatrice australienne Dee Margetts a soulevé 5 questions essentielles devant le Parlement fédéral australien concernant les événements douteux qui se produisirent à Banjawarn dans la nuit du 28 mai 1993. Les voici :

  1. Le gouvernement expliquera-t-il pourquoi une commission sénatoriale américaine fut chargée d’enquêter quant à savoir si l’explosion du 28 mai 1993 en Australie occidentale était naturelle ou d’origine humaine ? Ce gouvernement va-t-il mettre sur pied une commission sénatoriale quant à savoir pourquoi et comment a été prise la décision de céder ses prérogatives en cette matière à un gouvernement étranger ?
  2. Le ministre va-t-il dresser la liste de tous les mouvements d’Aum en Australie en mai/avril 1993, liste que le gouvernement a apparemment fournie à la commission sénatoriale américaine enquêtant sur l’incident en Australe et montrant quand ils sont arrivés, quand ils sont partis et quelle compagnie aérienne ils ont utilisés ?
  3. Etant donné que les gouvernements australiens et américains s’inquiétaient de savoir si cet événement ne pouvait pas être une explosion nucléaire provoquée par Aum, avec des retombées radioactives possibles dans des zones habitées par des Aborigènes et des Australien, le gouvernement entreprendra-t-il une enquête approfondie des 776 kilomètres carrés de l’impact et confirmera-t-il au peuple australien que l’impact est en fait dû à la chute d’une météorite et non à une explosion nucléaire ? Le gouvernement admet-il que, si cet incident n’impliquait que la chute d’une météorite, l’intérêt scientifique est considérable et vaut la peine de mener une telle recherche ?
  4. Le gouvernement expliquera-t-il quelles recherches ont déjà été entreprises, par qui, quand et où ?
  5. Le gouvernement exigera-t-il des entrevues avec les membres d’Aum qui se trouvent actuellement en prison au Japon et qui étaient présents en Australie en avril/mai 1993 afin de confirmer exactement ce qu’ils faisaient à Banjawarn à cette époque et rapporteront-ils ces informations au Parlement ?

Deux mois plus tard, le gouvernement australien répondaient aux questions de la sénatrice Margett : « L’événement sismique qui se produisit le 28 mai 1993 fut enregistré par l’observatoire de Mundaring, Australie occidentale, comme étant un tremblement de terre d’une ampleur de 3,7 sur l’échelle de Richter. Toutefois, il est possible qu’une météorite soit la cause du tremblement de terre. »

« En mars et mai 1995, la police fédérale australienne (AFP, Australian Federal Police) et la police de l’Australie occidentale ont mené des enquêtes à la station de Banjawarn qui se trouve à 30 kilomètres au Nord de l’épicentre du séisme du 28 mai 1993, concernant les activités de la secte Aum Shinrikyo. Aucune mention du séisme n’a été faite à la police par les habitants de la station ou la famille qui possédait la station de Banjawarn à l’époque du séisme (la station ne fut la possession d’Aum Shinrikyo qu’en octobre 1995 »

« La sous-commission permanente d’enquête du Sénat américain a demandé à l’AFP de lui fournir un rapport sur leur enquête des activités d’Aum Shinrikyo en octobre 1995. »

Fondamentalement, je trouve la réponse fournie par la coalition gouvernementale libérale-nationale australienne trop simpliste et trompeuse. Aucune mention n’est faite des nombreux témoins oculaires qui ont vu la lumière aveuglante qui a accompagné l’explosion. Après lecture du rapport de l’AFP, il est clair que celle-ci n’était pas consciente de chercher des informations concernant une explosion, mais bien concernant une possible usine de fabrication de gaz sarin sur la propriété. Le même rapport de l’AFP indique que tous les membres d’Aum avaient quitté l’Australie le 4 octobre 1993, ce qui peut paraître quelque peu étrange puisqu’Aum n’avait acquis (selon la commission pastorale d’Australie occidentale) la propriété qu’une semaine environ auparavant. Et quant est-il de ce groupe de Japonais étrangement vêtus qui ont campé à une heure du « degré zéro », deux jours avant l’explosion ?

Il est clair que des recherches bien plus objectives sont indispensables, car l’accumulation considérable de preuves fait se dessiner un scénario inquiétant et de nombreuses questions restent sans réponse.

Etant donné la mentalité politique prédominante en Australie, son goût pour le rationalisme économique, il n’est pas surprenant que de telles affaires dérangeantes impliquant de puissants « partenaires » économiques soient mises au frigo, dans l’intérêt national.

Changer la façon dont une nation entière se considère elle-même est une tout autre histoire. Partout, les hommes sont influencés par les autres et c’est également un aspect de la manipulation mentale. Dans la société japonaise, la plupart des individus en général ne sont influencés que par ceux qui occupent une position plus élevée dans leur système hiérarchique vertical. Finalement, la source de leur mentalité peut trouver son origine dans la croyance dans le « statut divin », qui lui-même était hérité depuis longtemps de leurs ancêtres. Si cette croyance pouvait être abandonnée définitivement, comme le général Mac Arthur voulait le faire, alors ce renoncement redescendrait également la chaîne hiérarchique de commandement comme une manifestation positive de la manipulation mentale. Toutefois, l’histoire se rappellera qu’en 1990, l’empereur Akihito accomplit la cérémonie de Daijosai, assurant que la dynastie ininterrompue des empereurs divins continue à régner pour toujours.

Mon rôle en tant que dirigeant à plein temps de Mahikari pendant de nombreuses années et étant partiellement responsable d’une congrégation qui s’étendait de l’Australie à plusieurs pays voisins, transcendait une mosaïque de culture, de religions et de systèmes de croyance. Presque tous les jours pendant 17 ans, j’ai participé d’une certaine façon à conjurer ce qui semblait être des esprits ou d’autres entités se manifestant chez certaines personnes. Quels que soient le pays, la religion ou la culture, ce phénomène se produisait toujours. J’ai rencontré des entités qui pouvaient parler, rire ou faire bouger le corps d’une personne en lui faisant accomplir les mouvements physiques les plus étranges. Mes recherches objectives sur ces années passées m’ont donné une idée plus claire quant à leurs origines et j’ai expliqué mon sentiment au chapitre 8. Comme tous les membres de Mahikari, j’ai fait ce que je faisais en croyant que ce phénomène était un témoignage vivant de Dieu qui me montrait la vérité des révélations. A mon insu à cette époque, j’étais simplement un pion dans la lutte de quelqu’un pour obtenir la suprématie.

Peu de personnes aujourd’hui auront eu des expériences ou des ² qualifications² similaires sur une si longue période de temps parmi des gens de cultures, de religions et de modes de vie aussi différents. Lorsque j’ai quitté la Malaisie, j’étais le premier ² sorcier blanc² que j’avais jamais rencontré. Heureusement, aujourd’hui, je ne porte plus un tel titre. Par conséquent, c’est dans ce contexte que je me sens contraint de tirer de mes expériences un avertissement à ceux qui auraient l’intention, ou sont prêts, à s’ouvrir à devenir des canaux de l’esprit saint.

Lorsque j’ai donné ma démission en tant que dirigeant, j’ai entrepris une étude du phénomène inhabituel ² du don des langues² qui touche des églises chrétiennes contemporaines. J’ai assisté à plusieurs réunions et lu ce que je pouvais sur ce sujet, officiellement appelé glossolalie. J’ai découvert que le phénomène du don des langues était similaire à la pratique de conjurer les esprits que j’avais pratiquée presque quotidiennement pendant 17 ans. J’ai de graves craintes quant à l’origine et à la source de ce que j’invoquais et je sais que cette pratique était efficace pour asservir les gens, comme ce fut précisément le cas pour moi. Entre-temps, il permettait à des individus égoïstes de vivre leurs fantasmes illusoires. Il n’est pas surprenant qu’un schisme se soit développé au sein de l’église chrétienne aujourd’hui. Le nombre d’adhérents aux mouvements pentecôtistes dépassera bientôt celui de l’église traditionnelle qui refuse de participer à cette pratique. Les citations bibliques peuvent être interprétées à la fois en leur faveur ou contre eux et les membres interpréteront naturellement ces références comme ils le voudront, en fonction qu’ils pratiquent ou non la glossolalie.

Lors de mes voyages en Asie du Sud-Est, j’ai transmis la lumière au nom de Jésus aux chrétiens, au nom d’Allah aux musulmans et au nom de leurs ancêtres aux païens. Comme je ne suis membre d’aucun de ces groupes, je pense que je peux maintenant voir ce phénomène d’un point de vue objectif. Mes expériences passées ne me permettront plus jamais de participer à ces activités. Mes observations sur ces années au cours desquelles des personnes montraient fréquemment des phénomènes typiques de possession d’esprit sont que le phénomène lui-même se produisait encore plus facilement et plus régulièrement. Ainsi, souvent des personnes étaient victimes de ces mouvements incontrôlables en dehors de l’environnement de Mahikari, comme, par exemple, au travail ou en attendant un bus. Dans un cas extrême, une amie de Mahikari commença à avoir de violents mouvements de possession d’esprit alors qu’elle était sous anesthésie pour une opération importante à l’abdomen. Elle faillit en mourir. En considérant cet incident objectivement, il est difficile de percevoir toute trace de la protection de l’esprit divin. En 1991, un membre du groupe des jeunes de Los Angeles s’est jeté de la fenêtre du deuxième étage du dojo après « avoir reçu la lumière » tout en montrant des mouvements de possession d’esprit. Il mourut instantanément et on a dit aux membres que, si cet accident s’était produit, c’était le résultat du karma collectif négatif de leur groupe des jeunes.

Ces incidents posent la question de savoir si ces entités ou quel que soit le nom qu’on leur donne, peuvent être si puissantes pour influencer les mouvements de notre corps, quel type d’influence invisible ou indécelable peuvent-elles donc avoir sur nos esprits, nos pensées et nos attitudes ?

Si quelqu’un pense qu’il doit devenir un canal ou recevoir le don de l’esprit saint, je suggérerais qu’il se pose d’abord trois questions importantes. Un : Qu’est-ce qui fait qu’une personne pense qu’elle a besoin de ce don ou de cette aptitude ? Est-ce le phénomène lui-même qui attire son attention ? Est-ce que ce phénomène fait qu’un individu ou un groupe se sent plus spécial ou plus aimé de Dieu ? Deux : Quel est le lien principal entre ce phénomène et la notion ou la croyance que ce phénomène se produit au nom de Jésus-Christ ou de Dieu ? Ce phénomène s’est produit partout où je suis allé en Australie et en Asie du Sud-Est et je l’ai pratiqué au nom de Dieu, de Jésus-Christ, d’Allah ou des ancêtres de la personne. Juste parce qu’il témoigne de l’existence de l’esprit ou d’une puissance, cela n’indique pas automatiquement qu’il prend son origine à un haut niveau d’existence spirituelle. Je pense à présent que les expériences spirituelles d’une nature élevée seraient bien plus subtiles que celles de la glossolalie, par exemple. Et enfin trois : Qui d’autre que vous y gagnera en adhérant à un tel groupe ? Il se peut que votre engagement ne fasse qu’alimenter le désir de pouvoir ou de contrôle de quelqu’un. Et je ne parle pas seulement du clergé qui accomplit ces activités.

Si nous devons tirer les leçons du passé, ou des paroles de gens comme René Guenon (chapitre 8), nous devons comprendre que, dans de plus en plus d’endroits dans le monde, des conditions socio-économiques permettent la résurgence de tyrans manipulateurs qui cherchent à tirer profit de l’intérêt croissant et de la participation dans ce type d’activités, en en retirant leur pouvoir.

Adolf Hitler et son parti nazi prirent le pouvoir en s’appuyant sur une vague d’intérêt et de participation populaire pour l’occulte tandis qu’en Extrême-Orient, les officiers fanatiques de l’armée impériale japonaise incitaient presque toute la nation à soutenir leur quête d’un nouvel âge de lumière. Cet énorme tsunami (raz de marée) déclenché par le fondamentalisme militant a touché une grande partie de l’Asie et du Pacifique et bien des années plus tard lorsque ses eaux se sont enfin retirées, il ne resta que des débris et des épaves. Yoshikazu Okada, ses disciples et ses partisans, sont toujours engagés dans cette lutte.

Avec tristesse, ceux qui sont engagés sur le front de cette lutte ne connaissent pas, ou très peu, les motifs qui se cachent derrière leurs actions.

Au nom de Dieu, j’ai sincèrement essayé d’améliorer le monde et, à la place, j’ai simplement contribué à nourrir les fantasmes absurdes des autres. Cela m’a appris une vérité simple : si vous voulez améliorer le monde, améliorer d’abord votre monde, commencez par vous-même. Il m’a fallu 17 ans pour l’apprendre et, sachant cela, je ne pouvais plus prendre place devant un pupitre pour prêcher. Ni faire partie d’un groupe qui permettrait à quelqu’un d’imposer ses interprétations ou sa volonté aux autres, car je sais à présent que ce n’est pas moi qui vais y gagner.

Ma vie vient de terminer un cycle important. 30 ans se sont presque écoulés depuis le moment où j’étais figé devant une radio à Sydney attendant de savoir si mon numéro allait sortir pour m’envoyer au Vietnam me battre dans la guerre de quelqu’un d’autre. Deux millions de Vietnamiens, 50.000 Américains et 500 Australiens et néo-zélandais ont trouvé la mort dans ce combat, qui, seulement récemment, a été reconnue comme une grave erreur. Mon numéro n’est pas sorti de l’urne, mais j’ai quand même participé au combat de quelqu’un d’autre pendant 17 ans. Même si cela nous a presque détruits, Wendy et moi, nous sommes finalement revenus à notre point de départ, une fois encore prêts à nous relancer dans la vie.

Parfois, je repense à mon vieux capitaine de remorqueur des îles Thursday, Bert, avec qui j’ai navigué dans le Golfe de Carpentarie pendant presque un an. Je me souviens comme si j’y étais encore de ces chaudes nuits tropicales lorsque nous plongions nos bras et nos jambes dans la mer phosphorescente et nous divertissions de la lumière bleu vert émise par les milliers d’organismes microscopiques. Ces minuscules organismes libéraient temporairement leur puissance cosmique accumulée sous forme de lumière brillante sur notre peau. Ils ne pouvaient pas faire la différence entre la peau noire de Bert et ma peau blanche, car nous recevions tous deux la même quantité de lumière. Peu importe que nous étions des saints ou des pécheurs, seule notre appréciation et notre perception de la lumière était différente. Bert doit avoir prévu le long voyage que je devais entreprendre lorsqu’il m’emmena sur ces étranges collines composées entièrement de coquilles de moule, toutes de la même taille. Il avait déjà entendu toutes les explications savantes quant à la raison de la présence de ces coquillages. Il savait que leurs explications se basaient largement sur un besoin d’avoir raison aux yeux des autres, même aux dépends de la vérité. Il essaya de m’avertir de sa manière subtile de me méfier de ceux qui cherchent à contrôler les autres, mais, bien sûr, j’étais trop jeune à l’époque et je n’en ai pas tenu compte. Bert ne me donna jamais son explication sur la présence des coquillages. Toutefois, je me souviens qu’il m’a dit d’être prudent dans mes recherches d’accomplissement spirituel, de crainte de déranger un serpent dormant dans l’herbe.

« Je pense que ma situation est très semblable à celle de Moïse » Y. Okada, Daiseishu, p. 218.

« Je me préoccupais du sort de mes camarades … pris dans le feu de l’action de cette guerre sanglante à Nankin. J’ai prié pour pouvoir me trouver encore une fois sur le champ de bataille. » Y. Okada, Daiseishu, p. 24-25.

« Ne meurs pas là (en Judée). Retourne (au Japon) à tous prix! » L’ancien empereur du Japon à Jésus Christ. Kami Muki Sanji, p. 485. (version japonaise uniquement)

« Il (Dieu) a placé O-Bito (la race des rois) ici (au Japon) et a envoyé les cinq races qui en découlaient à travers le monde. C’est un endroit sans égal où dieu a placé ceux qui ont le rôle d’unir ses sujets pour gouverner le monde. » Y. Okada, Goseigen, p. 275 (version anglaise).

« A l’intérieur de notre organisation, toutefois, le principe de démocratie n’est pas acceptable. Nulle part dans cet univers, ni sur la terre, ni dans les cieux, il n’existe de véritable démocratie. C’est absolument interdit par Dieu. Le principe de l’univers est celui de la théocratie, et rien d’autre. » Y. Okada, Sunkyo, p. 21.

« Comment ferez-vous face à la situation qui verra s’approcher le temps de l’explosion des boules de feu et du chaos incontrôlable ? » Y. Okada, Goseigen, p. 237 (version anglaise).

De tels êtres sont incalculables, ils viennent comme le destin sans cause ni raison, sans aucun égard et sans prétexte. Soudain, ils sont là comme la lumière : trop terribles, trop soudains, trop irrésistibles, trop différents même pour être haïs. Ce qui les anime, c’est le terrible égotisme de l’artiste au regard impudent, qui se sait être justifié pour toute l’éternité dans ses oeuvres, comme la mère est justifiée dans son enfant.

FRIEDRICH NIETZSCHE 1844-1900

Post-scriptum

Plusieurs mois se sont écoulés depuis la première publication de mon manuscrit original, tant en version électronique qu’imprimée. Pendant ce temps, j’ai reçu de nombreuses lettres et messages de membres du monde entier, d’ex-membres et, dans plusieurs cas, de leurs familles et de leurs amis. ² Merci pour m’avoir rendu ma mère et mon frère²pouvait-on lire par exemple.

Depuis récemment, je suis souvent obligé de me demander : ² Où vais-je aller ?² ou ² A présent, en quoi dois-je croire ?² .

Pendant plus de 17 ans, toutes mes croyances spirituelles, psychologiques ou religieuses étaient exposées devant moi et je les exposais à mon tour aux autres pour qu’ils les suivent. Je devais simplement suivre, sachant qu’à la fin, j’en serais récompensé. Tout ce que je ne comprenais pas m’était toujours expliqué de manière convaincante.

La doctrine ou le dogme que je suivais était présenté comme étant complet en soi. Je ne devais pas y penser par moi-même. Mon gourou avait éprouvé de grandes difficultés et avait accompli tout le travail de réflexion pénible à l’avance et pour ce qui était insondable, Dieu lui apportait les parties manquantes. Comme nous étions paresseux. Mais c’était parfait, Dieu comprenait, car j’étais plus préoccupé par ce que je croyais être juste plutôt que d’essayer d’éclaircir les mystères de mon propre univers. ² Pensez comme moi² , me disait-on et, fidèlement, je disais aux autres de faire de même.

Après avoir suivi pendant un certain temps les pas ou l’ombre (sombre) de mon gourou, une sorte d’atrophie mentale ou spirituelle s’installa, au point même de devenir comme un zombie, étant capable, sans trop penser, sans trop d’effort ni d’énergie, d’épouser une doctrine jugée applicable en toutes occasions ou en toute situation négative, pour moi ou pour les autres. C’était si simple.

Soudain, à cause de ce que j’ai découvert, ma foi et mes croyances ont volé en éclat.

Ayant confié complètement le développement de mon âme, de mon esprit, de mon bien-être physique et de mon environnement à mon gourou depuis si longtemps, je me sentais trahi au delà de ce que l’on peut imaginer et j’ai dû m’accommoder du fait que de telles choses puissent se produire au nom de Dieu.

Heureusement, tout cela est bien loin à présent, mais, en me tournant vers l’avenir, je peux voir que je vais devoir réévaluer ma perception de ² ce que je dois croire ?²

Depuis mon départ de la secte, j’ai été invité à rejoindre, et j’ai connu, une grande diversité de groupes et de systèmes de croyances.

Lequel devais-je suivre ou devais-je en suivre un ?

Beaucoup de mes amis et lecteurs que j’ai aidés à sortir de la secte se posent les mêmes questions.

Vu l’étendue de l’offre de systèmes de croyances, je considère parfois tout ce problème d’avantage comme la ² loi de l’offre et de la demande² .

Se pourrait-il que nous sommes tous plus ou moins conditionnés à rechercher les croyances des autres que nous trouvons confortables dans notre conditionnement et que nous suivons, ou au contraire, qui nous guident, sans penser à ce que nos parents ou nos amis croient ?

De nombreuses personnes diront que le problème n’est pas là, car, de toute façon, elles ne sont pas croyantes. Mais le danger n’existe-t-il pas que, même cela, ne devienne un système de croyances en soi, perpétuant une demande en pleine expansion. Et comme nombre d’entre vous l’ont vécu face à notre propre secte, cette demande sera sûrement satisfaite par une offre inépuisable de ceux qui cherchent à tirer profit des besoins mêmes que nous essayons d’éliminer. Et même là se cache le danger que nous nous enfermions dans des spirales, toutes de même nuances.

Peut-être que nous entrons dans une ère, ou que nous commençons à évoluer vers un point, où nous devons comprendre et accepter que nos pensées particulières, nos interprétations et nos croyances appartiennent d’abord, et même seulement, à ceux qui les ont imaginées et qu’elles devraient rester en nous-mêmes.

La plupart des gens semblent se préoccuper d’abord de chercher et ensuite de suivre un système de croyances non prouvé, mal fondé et souvent préfabriqué, que ce soit au nom de la religion, de la spiritualité, du nouvel âge, de la psychologie, de l’économie, de la politique ou de l’idéologie scientifique.

La longue route sinueuse de l’histoire de l’humanité est jonchée des coquilles de l’idéalisme créé par des hommes zélés, le communisme en étant un exemple éclatant récent et le capitalisme effréné étant sur le point d’atteindre son apogée également.

Dieu fasse que nous commencions tous à trouver petit à petit notre propre paix avec notre créateur – Dieu, le cosmos, nous-mêmes ou des convictions qui nous conviennent.

Lorsque nous aurons fait cette paix avec nous-mêmes, soudain la demande disparaîtra.

Et devinez ce qui disparaîtra aussi lorsqu’il n’y aura plus de demande !

Liste de questions permettant d’identifier une secte

Pour vous aider à identifier un groupe dans lequel vous ou quelqu’un que vous aimez peut être impliqué, et le degré de danger possible, j’ai énuméré certains points qui vous aideront à juger de ce potentiel. Si vous répondez par l’affirmative à un des points, et surtout, à plusieurs de ces questions, vous devriez examiner le but et l’histoire de ce groupe, ceux du fondateur, du gourou ou du dirigeant actuel. Dans cette recherche, il sera inutile de compter sur le groupe pour obtenir ces informations. Vous devez chercher des sources indépendantes objectives. Les questions énumérées ci-dessous proviennent d’un questionnaire compilé et utilisé par des experts (psychologues et spécialistes travaillant dans le domaine de l’assistance contre les sectes, qui cherchent à déterminer le potentiel destructeur d’un groupe d’un point de vue religieux, thérapeutique, politique ou commercial).

  • Le groupe est centré sur un leader vivant exigeant un engagement acharné sans se poser de questions ;
  • Il faut rechercher de nouveaux membres ;
  • Il faut rapporter ou donner de l’argent ;
  • Il est découragé, voire même puni, de poser des questions, d’émettre des doutes et des avis contraires ;
  • Des techniques de manipulation mentale (comme des séances excessives de chant, de médiation ou des phénomènes de don des langues) sont utilisées pour supprimer le doute dans le groupe, sur ses croyances et sur son (ses) leader(s) ;
  • Le leader impose, parfois en détail, comment les membres doivent penser, agir, avoir des émotions ;
  • Le groupe est élitiste et revendique une mission et un statut spéciaux et élevés ;
  • Le groupe a une mentalité d’exclusion (eux contre nous), provoquant des conflits avec la société ;
  • Le leader du groupe ne prétend être soumis à aucune autre autorité ;
  • Le leader induit des sentiments de culpabilité chez ses membres afin de les contrôler ;
  • Les membres ont tendance à couper leurs liens avec leurs familles, leurs amis et les intérêts qu’ils considéraient auparavant comme importants dans leurs vies ;
  • Les membres doivent donner une quantité excessive de temps au groupe ;
  • Les membres sont encouragés à vivre et/ou à avoir des contacts sociaux uniquement avec d’autres membres du groupe.

Gary Greenwood