Sukyo Mahikari : Les hommes de l’empereur (1/2)

 

  PREAMBULE

J’écris ce récit de mes expériences dans la secte religieuse japonaise, Mahikari, d’un point de vue d’amour. Utilisez ce livre comme un guide afin de ne pas vivre les mêmes souffrances et les mêmes angoisses que ma famille et moi-même. Ne prenez pas le même chemin. Il vous sera bien plus agréable de vivre ce que nous avons vécu chez vous, confortablement assis dans votre fauteuil. Croyez-moi !

J’ai toujours cherché la vérité, parfois peut-être avec un peu trop de zèle, mais j’ai toujours essayé de m’en approcher un peu plus. La vérité ne change jamais, seules la manipulation et la perception de l’homme changent. C’est une étoile aux facettes multiples qui brille éternellement. Cet éclat nous éblouit tous, parfois même au point de devenir aveugles.

Heureusement pour l’humanité, cet aveuglement n’est souvent que temporaire, même si ses effets peuvent s’avérer dévastateurs. Cet avertissement doit nous faire comprendre que l’aveuglement peut se reproduire si nous pensons que nous nous approchons de la lumière.

Des mots simples comme amour, vérité et Dieu peuvent véhiculer un sentiment ou un message puissant. Parce qu’ils partagent la même essence.

On ne peut pas nier que souffle un vent de changement. Ce vent se fait plus violent sous l’impulsion des formidables progrès de la science, de la technologie, des communications, de l’enseignement et des voyages. Ce n’est pas tellement la violence du vent qui s’avère préoccupante, mais la direction dans laquelle il nous emmène. La route vers n’importe quelle destination est importante et il n’est pas bon de subir des souffrances tout au long de cette route, avec, pour conséquence, d’arriver à une destination tout a fait différente. C’est ce qui nous est presque arrivé.

Vérité et Dieu sont synonymes. Comme un insecte dans l’obscurité est attiré par la lueur d’un réverbère, l’homme est attiré par Dieu.

C’est immuable.

NOTE DE L’AUTEUR

A certains stades de notre existence, nous sommes tous d’une certaine façon perturbés par le contact avec une secte ou avec ses membres et par son influence sur notre vie. Peut-être que vous lisez ce livre parce que cela vous est déjà arrivé. Peut-être que d’autres le lisent en préparation de ce qui pourrait leur arriver.

A divers moments de notre vie, nous sommes ou nous serons de jeunes adultes, nous nous marierons et nous aurons peut-être des enfants. Nous pourrons devenir des grands-parents. Nous faisons tous partie d’un cercle familial plus large composé d’enfants, de frères, de soeurs, de parents, d’oncles, de tantes, de cousins, de nièces, de neveux, etc. Si vous n’êtes pas influencés directement par une secte, au moins un membre de votre entourage immédiat ou plus large le sera sûrement. Alors, croyez-moi, mieux vaut prévenir que guérir.

Quelles que soient les raisons qui vous poussent à lire ce livre, vous vous embarquez pour une aventure qui vous emmènera au fin fond d’un monde secret et mystérieux. J’espère que ces expériences que nous partagerons ensemble vous inciteront à voir certains aspects de la vérité et de la réalité sous une autre perspective.

Un diamant magnifique et précieux ne peut être pleinement apprécié que s’il a de multiples facettes taillées sous des angles différents. Chaque facette ne donne une indication sur son incroyable beauté que si le diamant est admiré dans son ensemble. Si quelqu’un ne se cantonne qu’à certains aspects de la vérité, la lumière universelle ne brillera que d’une faible clarté.

Note du traducteur

La traduction de cet ouvrage a été réalisée bénévolement par un ancien membre de la secte qui, comme Garry Greenwood, a compris le danger qu’elle représentait et s’est senti trahi. Le fait de connaître la secte de l’intérieur, son langage, sa façon de penser, d’imposer ses vues, et d’appréhender le monde constitua un avantage indéniable dans la traduction de ce livre. Il me faut préciser que cette traduction a été réalisée avec toute la rigueur possible, dans les règles de l’art et en toute intégrité, sans préjudice toutefois d’erreurs involontaires. J’ajoute que les informations contenues dans cette oeuvre ont été vérifiées et recoupées, via Internet, d’autres publications, ainsi qu’en prenant contact avec diverses personnes de différents pays qui sont toutes arrivées aux mêmes conclusions.

N’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. N’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. N’est pire muet que celui que ne veut pas parler…

AUX QUELQUES MEMBRES DE MAHIKARI QUI SERAIENT SUFFISAMMENT COURAGEUX POUR LIRE CE LIVRE

Peut-être que lorsque nous faisons le choix du voyage de notre vie, nous sommes amenés à avoir certains contacts avec Mahikari et même à entrer en contact les uns avec les autres. Nous ne devons pas commettre l’erreur de renoncer à notre libre-arbitre et à notre liberté de choix. Nous sommes tous responsables et maîtres de nos destinées. Nier ce fait est une entorse à la vérité. J’ai été ébloui par tout ce que j’ai vu pendant 17 ans au point de devenir complètement aveugle. Comme beaucoup de maux qui affligent la race humaine quelquefois, cet aveuglement peut se guérir. A présent, je commence à retrouver la vue.

Comme un bon médecin a étudié différents textes et manuels afin de guérir votre corps, je vous demande sincèrement d’utiliser ce livre de la même manière, comme un texte destiné à vous guérir de votre aveuglement. Je ne disposais d’aucun texte et d’aucune autorité lorsque j’ai entamé mes activités de missionnaire dans Mahikari. Les expériences que j’ai accumulées au cours de ces 17 ans, la plupart en tant que dirigeant, me permettent de me poser en guide pour vous amener à un nouveau point de départ. A présent, suivez-moi.

« Il ne peut y avoir de liberté de religion sans liberté d’esprit » THOMAS JEFFERSON

Les événements relatés dans ce livre sont basés sur les véritables expériences que j’ai vécues en tant que membre de la secte religieuse Mahikari pendant 17 ans. Certains individus cités dans ce livre ne correspondent pas à des personnes vivantes en particulier.

REMERCIEMENTS

Lorsque j’ai commencé pour la première fois à écrire mon manuscrit, ma préoccupation principale était de montrer au grand jour certains pratiques « pas très jolies » de la secte de Mahikari. A peine avais-je entamé le récit de mes expériences que j’étais inondé d’offres d’assistance. Très vite, de nouveaux faits inconnus sont apparus sur Internet dans tous les pays du monde, ajoutant des pièces au puzzle. Deux ans plus tard, je me suis aperçu que j’avais mis de côté ma plume, car l’image que nous étions tous en train de reconstituer devenait simplement plus sombre et inimaginablement déplaisante.

Toutefois, je dois remercier sincèrement tous ces individus courageux, à commencer par ma femme Wendy qui apporta tant de contribution alors qu’elle devait faire face à des montagnes de peur et de culpabilité quant à ce qui pourrait nous arriver si nous révélions ce que nous savions.

Merci aussi à mes enfants de m’avoir ramené dans la réalité chaque fois que j’étais emporté vers d’autres royaumes à la recherche de nouvelles réponses.

Merci à Yumi Allerton pour toutes les heures utilisées à passer en revue les nombreux volumes en japonais de Mahikari révélant des faits cachés aux non-Japonais.

Une pensée va aussi aux nombreux journalistes d’investigation japonais qui continuent à se battre et sont confrontés à l’incapacité de leur propre pays à affronté une situation, bien avant même qu’elle ne se manifeste.

Un de ces journalistes d’investigation est Yoichi Shimazu, qui m’a énormément aidé à découvrir les chaînons manquants qui se sont avérés être les plus dangereux. Shimazu a récemment été démis de son poste éditorial au « Japan Times Weekly » pour s’être trop approché de la vérité. Son journal fut dévasté par un incendie. Il publie à présent, sans restriction de liberté, sur Internet, le nouvel ennemi du mensonge. Bien conscient de ceux qui veulent détourner Internet à de mauvaises fins et de ceux qui veulent contrôler le Réseau des réseaux qui est en effet devenu le nouveau médium de la libre expression et de la liberté des idées et de la connaissance, accessible à tous ceux qui souhaite l’utiliser avec maturité. Cette opportunité est sans précédent dans l’histoire de l’humanité et, sans le Réseau, cet ouvrage n’aurait jamais été possible.

CHAPITRE 1

J’étais très heureux de rouler vers le Nord. Le temps à Sydney, cet hiver-là, avait été plutôt froid et je cherchais le soleil. J’avais travaillé à Canberra et à Sydney comme photographe pendant plusieurs années. Nous étions en 1968, les opportunités de travail abondaient. Nous étions tous actifs et occupés à accumuler de l’argent et toutes sortes de biens que cette prospérité nous accordait. Je possédais une magnifique voiture flambant neuve et assez d’argent en poche pour me permettre tout ce que je désirais. Tout semblait donc indiquer que les choses ne pouvaient qu’aller de mieux en mieux. L’Australie était sûrement le plus beau pays du monde. Seule ombre au tableau à cette époque : l’engagement de l’Australie dans la guerre du Vietnam. Cet événement revêtait pour moi un intérêt particulier, car mon nom et ma date de naissance étaient inscrits dans l’appel à conscription de cette année-là pour un possible service actif au Vietnam. Il était obligatoire pour tous les hommes d’inscrire leurs noms et dates de naissance l’année de leur vingt ans.

Beaucoup de choses dépendaient de cet appel, pour de nombreuses personnes, il serait synonyme d’une condamnation à mort. Bien sûr, nous en étions conscients, même ceux qui désiraient s’engager. Je savais que, pour moi, cela signifierait un changement majeur de direction dans ma vie. Si j’étais perdant, il était presque certain que je serais envoyé me battre dans la guerre de quelqu’un d’autre. Si j’en sortais gagnant, je pourrais tirer profit de ma liberté et accumuler diverses expériences, rencontrer des gens intéressants et voyager. Mais pas au Vietnam.

Pour l’instant, je trouvais cette situation très satisfaisante et, en outre, je pouvais toujours accumuler des biens matériels plus tard dans ma vie, car il était facile de trouver du travail. Partout, des opportunités abondaient et personne n’avait aucune raison de penser que cela ne continuerait pas.

En ce jour particulier de 1968, j’étais figé devant ma radio. Si j’étais conscrit, ma date de naissance serait annoncée à la radio nationale avec les dates de naissance d’autres jeunes de vingt ans dont les numéros étaient tirés de l’urne. La voix dure sortant de la radio m’effrayait !

« Mon Dieu ! Mon sort allait-il se jouer à la radio nationale ? » pensais-je.

Entre chaque annonce, il y avait une longue pause jusqu’à la lecture de la série suivante de dates de naissance. Ce silence était aussi vécu dans les foyer de milliers d’autres Australiens, qui, eux aussi, attendaient et écoutaient, le souffle coupé. Parfois, les pauses silencieuses paraissaient encore plus effrayantes que les annonces.

« Pourquoi prennent-ils tant de temps ? Sont-ils en train de chercher ma date de naissance ? » pensais-je, tremblant d’anxiété.

« Non, mon numéro n’est pas sorti ! »

« Oui ! J’étais libre ! », c’est du moins ce que je pensais.

Rouler vers le Nord dans l’est de l’Australie est, en soi, une expérience agréable. Une route d’excellente qualité sillonne la côte, passant parfois au bord de la mer ou traversant des montagnes couvertes de forêts sauvages.

Tout au long de la route que je devais emprunter de Sydney pour me rendre au Nord de Cairns, où la route s’arrêtait alors, je rencontrais des hameaux, des villages et des grandes villes. Je n’étais pas pressé et m’arrêter pour me reposer sur une plage déserte et nager dans les eaux chaudes et claires de l’océan Pacifique sud constituait un plaisir régulier. Je travaillais ici et là sur le chemin qui n’arrêtait pas de me conduire vers le Nord.

J’étais enfin arrivé au bout. J’étais le plus au nord qu’on pouvait l’être sans quitter l’Australie. Je fêtais mes 21 ans sur l’île Thursday, à la pointe de l’extrême-nord du Queensland. J’avais trouvé du travail dans les énormes mines de bauxite Camalco à Weipa, quelques centaines de kilomètres au sud des rives du golfe de Carpentarie.

Sans le savoir, c’était là que devait commencer un voyage long et ardu à la découverte de moi-même. Mais ce n’était pas tout ce que j’allais découvrir chemin faisant.

Les premières années de cette odyssée m’ont amené dans les coins les plus éloignés du continent australien, en commençant par une année comme matelot sur un petit remorqueur, le Norm M, effectuant la navette dans les eaux chaudes et calmes du golfe de Carpentarie. Le Norm M opérait près de Weipa, presque aux avant-postes de l’humanité, car le seul moyen d’y arriver était de prendre un navire de commerce passant une semaine sur deux ou les vols hebdomadaires à partir de Cairns.

Chaque fois que cela s’avérait nécessaire, de jour ou de nuit, le skipper, Bert, un ancien petit pêcheur de perles de l’île Thursday, et moi effectuions une série de tâches avec le petit remorqueur dans les eaux du golfe. Un jour normal consistait à transporter un pilote vers un gros minéralier et à l’assister dans sa navigation le long des quais de débardement. Un jour, je me souviens avoir amené des cartes de navigations maritimes du golfe à un chalutier russe. Chaque jour représentait une nouvelle aventure. Bert était un skipper expérimenté, qui avait déjà passé la plus importante partie de sa vie sur un remorqueur, plongeant pour découvrir des perles aux alentours de l’île Thursday et des îles Torres Strait.

Cette journée avait été très chaude. On nous avait appelés cette nuit-là pour escorter un minéralier lourd à travers le canal, dans les nombreux méandres de la rivière et l’assister lors de l’appontement aux quais de déchargement. Il faisait noir comme dans un four lorsque nous pûmes enfin amarrer le Norm M au terme de notre déplacement.

« Regarde, Garry ! », s’exclama Bert, arborant son habituel sourire enfantin. Je savais qu’il souriait, car tout ce que je pouvais voir de son visage noir dans l’obscurité, c’étaient deux longues rangées de dents blanches.

« Regarde mes mains ! Regarde ! Regarde comme elles brillent ! » s’exclama-t-il. Pendant un moment, je fus déconcerté à la vue de ses mains étincellant dans l’obscurité.

« Le phosphore de la mer est inhabituellement brillant ce soir. Cela arrive parfois ! » s’exclama Bert et il continua.

« Surtout après une période prolongée d’ensoleillement intense. »

Il plongea plusieurs fois ses mains dans le mer et les retira et, pendant une fraction de seconde, elles étincelèrent de mille petits éclats délicats blanc vert.

« Regarde mes jambes, Garry ! » L’excitation de Bert montait au fur et à mesure qu’il plongeait sa jambe dans l’eau.

« Je n’ai plus vu un tel éclat depuis longtemps, » dit Bert.

A présent, il s’aspergeait le corps d’eau de mer. Je n’y tenais plus et je le rejoignis.

« Bert ! Regarde-moi ! Mes mains ! Elles brillent comme les tiennes. Remuons l’eau et on verra ce qui se passera ».

Et pendant un certain temps, nous jouâmes comme des enfants avec l’eau très phosphorescente et chaude du golfe.

« Ces éclats brillants de lumière viennent du soleil, n’est-ce pas surprenant ?. Le soleil s’est couché il y a plusieurs heures et nous pouvons encore voir son énergie dans le noir. De minuscules micro-organismes de la mer ont absorbé beaucoup de cette énergie sous forme de lumière. Que ferions-nous sans le soleil ? »

Bert savait jouer au philosophe quand il voulait, ce qui arrivait assez souvent. « Le soleil est vraiment trop chaud ici, si tu veux mon avis, » répondis-je, d’une voix insensible, mais franche.

« Les gens comme toi viennent ici du sud profond, de vos grandes villes. Il faut toujours aller vite, vite, pas le temps de s’arrêter et de regarder ce que la nature peut vous montrer, » lança Bert.

Je me sentis honteux de ma remarque insensible.

« Bon, Bert, je suis désolé. Je comprends ce que tu veux dire. Je suis d’accord avec toi. J’essaierai de devenir un meilleur étudiant ».

Ainsi commença mon apprentissage d’une nature plus ésotérique.

Etant donné la nature de notre travail, nous disposions souvent de longues périodes où nous faisions simplement la navette dans les eaux très prospères du golfe.

Bert et moi passions régulièrement des heures à discuter de toutes sortes de sujets et cela se terminait souvent par le récit fait par Bert de sa compréhension et de ses expériences du rêve originel, du savoir et des légendes. Je pense qu’il ne pouvait pas tout me dire, car certaines choses étaient probablement taboues.

« Parfois, de puissants esprits viennent et observent notre comportement, » expliquait Bert d’une façon qui me prit par surprise.

« Certains sont si puissants qu’ils peuvent apparaître sous forme de lumières juste au dessus du sol. Parfois, ils demeurent à une certaine distance et parfois ils sont vraiment très près. » poursuivit-il.

« Je n’ai jamais vu de telles lumières, et toi ? », demandais-je.

« Souvent ! », répondit-il promptement.

« Comment cela se fait-il que je n’en ai jamais vu et que je ne connais personne d’autre qui en a déjà vu ? », demandais-je d’un ton respectueux.

« Cela dépend beaucoup des croyances et du respect. D’abord, tu ne crois pas dans des choses que tu ne vois pas et si tu les vois, tu n’y croirais quand même pas, » répondit-il impatiemment.

Nous avons navigué des mois et des mois. Je recevais un merveilleux aperçu des croyances de son peuple sur le monde mystérieux des lumières, des esprits et des puissances. Il me raconta même comment ils peuvent attirer les esprits sur eux-mêmes ou sur les autres et comment les utiliser.

Comme toutes les bonnes choses, cette relation skipper-matelot, maître-élève, approchait de sa fin. Il était temps de penser à s’en aller. J’étais encore jeune, impatient et débordant de vie. Dans un certain sens, je pense que Bert était fier de nous deux, car il avait réussi à élargir considérablement mes horizons.

« Comme tu n’est plus aussi ignorant que quand tu es arrivé, je veux te montrer quelque chose avant que tu ne partes. Quelque chose de visible cette fois, » dit Bert avec un brin d’affection et de remords dans la voix. Il continua.

« A notre prochaine journée de libre, nous irons y jeter un coup d’oeil, d’accord ? »

« Ca va pour moi, Bert, » répondis-je, pensant :  Qu’est-ce qu’il peut bien me montrer dans cet endroit retiré que je n’aie pas encore déjà vu ?

Quelques jours plus tard, nous louâmes un vieux tout-terrain délabré et roulâmes vers le sud, traversant une savane parsemée de quelques arbres. Une heure plus tard, nous nous arrêtions.

« A partir d’ici, nous devons marcher un peu, » expliqua Bert.

Pour son âge, Bert était très en forme et agile. Nous nous frayâmes un chemin à travers les herbes qui nous arrivaient à mi-corps. Parfois, nous butions sur des rochers ou des souches que nous n’avions pas vus. Pour me faciliter la marche, je suivais littéralement les pas de Bert qui s’enfonçait dans les herbes épaisses. Il faisait très chaud et humide et j’étais heureux qu’au moins cette zone était plate. Le relief plat était caractéristique de cette partie du Cap d’York et j’estimais que nous étions à environ 5 à 10 kilomètres des eaux du golfe.

Il ne fallut pas longtemps pour que la texture du sol ne commença à changer. L’herbe avait rapidement disparu, faisant place à un tapis de coquillages.

« Plutôt étrange, » pensais-je. « Pourquoi tous ces coquillages de forme identique jonchent-ils le sol ici, si loin dans les terres ? »

« Peut-être que la mer les a charriés ici il y a longtemps. Après tout, la caractéristique de ce terrain, c’est son relief plat. »

A présent, Bert et moi marchions côte à côte lorsque nous nous arrêtâmes tous deux. La densité moyenne des arbres, qui était une autre caractéristique monotone de cette région, fit soudain place à une clairière un peu plus grande qu’un terrain de football.

« Nous l’avons trouvé ! », s’exclama Bert. « Cela fait longtemps que je ne suis plus venu ici, » ajouta-t-il.

Nous nous trouvions à la base d’une butte de six à huit mètres de haut composée entièrement de coquilles de moules ouvertes, semblant toutes identiques en variété et en forme, mesurant toutes environ cinq centimètres de large.

« Regarde là, Garry ! », s’exclama-t-il encore. « La zone toute entière est couverte de ces buttes ! »

Les mots, « Quoi ? Comment ? Pourquoi ? » résonnaient dans ma tête.

« C’est un mystère, Garry ! Réfléchis ! Ces buttes ne sont rien d’autre que des coquillages placés tous de cette façon. Escaladons-les pour y jeter un coup d’oeil de plus près, » proposa-t-il.

C’était vrai, ces énormes buttes presque circulaires, dont le diamètre à la base était d’environ 30 mètres, n’étaient rien d’autre que des coquillages, tous identiques en forme et en taille.

« Quelqu’un ou quelque chose doit les avoir mis ici, » expliqua Bert et il continua à révéler un peu plus de ce mystère.

« Regarde là, un bulldozer s’est un jour enfoncé dans une de ces buttes pour que l’on puisse voir l’intérieur. Regarde ! Ce n’est rien d’autre que des coquillages, du sommet à la base ! ».

« La mer n’a pas pu provoquer cela et ils ne sont pas venus ici d’eux-mêmes. Les Aborigènes du coin ont dû les manger et les laisser ici », dis-je, pas très convaincu de ma tentative d’explication.

Bien sûr, nous escaladâmes plusieurs de ces buttes et contemplèrent ce spectacle insolite dans un état d’émerveillement. Le volume global de ces coquillages avait empêché la végétation de pousser dans la baie. Seuls quelques jeunes arbres maigres étaient capables de prendre pied sur et autour des buttes.

« Qu’en penses-tu Garry ? », demanda Bert.

« Il a fallu des milliers d’Aborigènes pendant des milliers d’années pour les manger tous et les mettre là, » répondis-je.

« C’est encore un mystère pour moi. Les Aborigènes australiens sont en général des nomades. Il n’est pas possible qu’ils aient pu en rassembler et en manger autant dans une zone aussi localisée pour ensuite placer tous ces coquillages en un seul endroit.

En général, les coquillages auraient été pêchés sur les rives et mangés probablement dans un rayon de quelques kilomètres du lieu où on les a trouvés ou simplement jetés. Pour transporter les coquilles vides et les empiler à un seul endroit sur une période qui a dû couvrir des milliers d’années, ça ne rime à rien ! » expliqua Bert. « Il y a dû y avoir quelque chose d’autre, cela ne rime à rien, » ajouta Bert.

Nous passâmes plusieurs heures à fouler ces coquillages très bien préservés sous le torride soleil tropical. Mon esprit commençait à se rebeller contre sa perception méthodique et bien entraînée de la réalité. Bert avait ébranlé cette perception en les nombreuses occasions où nous avions discuté de ses coutumes, de ses légendes et de ses croyances lorsque nous naviguions ensemble dans le golfe. Toutefois, ce phénomène dans lequel j’étais plongé jusqu’aux chevilles était réel, tangible et défiait toute explication.

« Je t’ai amené ici pour ton apprentissage futur. N’oublie pas ce que tu as vu ou n’en doute pas », continua-t-il. « J’ai pu constater que tu avais commencé à te poser des questions et à examiner les choses plus en profondeur au cours de notre travail ensemble tout au long de ces mois sur le bateau. Tu es encore jeune et tu dois être prudent. Jusqu’à présent, une bonne partie de ce que je t’ai expliqué sur nos coutumes et nos croyances que tu n’a pas cru automatiquement, tu ne l’a pas rejeté non plus. Cela m’a montré que tu avais une certaine foi en toi-même. Je crois que c’est plus important que d’avoir une foi aveugle dans ce que les autres, moi y compris, veulent que tu croies. Ce que les autres disent, peut ou non être vrai. Il est important d’essayer de comprendre pourquoi ils veulent que tu croies en ce qu’ils disent. Si tu ne fais pas preuve de prudence, tu peux avoir de sérieux ennuis. La foi en quelque chose ou en quelqu’un doit croître silencieusement et progressivement et doit s’accompagner de preuves concrètes. Alors seulement, cela contient probablement une part de vérité. Le mystère caché derrière tous ces coquillages m’a été expliqué de plus d’une douzaine de façons. Un scientifique donnera son explication, un ingénieur une autre, et de même pour un archéologue ou un anthropologue. En toute sincérité, ils croirons que leur théorie constitue la vérité et, pour diverses raisons connues uniquement d’eux-mêmes, chacun essaiera de persuader les autres de le croire. Même moi, j’ai ma théorie, » confia Bert.

« Et quelle est-elle, Bert ? », demandais-je.

« Je la garde pour moi pour le moment, Garry, si ça ne te dérange pas. »

« D’accord, Bert, bien sûr, » répondis-je aussi respectueusement que possible à mon skipper-philosophe.

« Lorsque j’aurai des preuves, je te la dirai. Peut-être que je n’aurai jamais de preuves, » ajouta-t-il. « Si tu as perdu un objet de valeur, tu vas bien entendu le chercher longuement et avec minutie et regarder partout. C’est bien naturel. Si tu avais perdu ton portefeuille dans le jardin ce matin, tu reviendrais sur tes pas plusieurs fois. Peut-être que tu retournerais l’herbe avec un bâton. Naturellement, tu découvrirais toutes sortes de créatures et de choses. Des choses que tu ne savais pas être là auparavant. Il est très probable que tu dérange un serpent dormant dans l’herbe. Il est possible que tu déranges ce serpent bien avant de trouver ton portefeuille. La frayeur peut même bien te dissuader de poursuivre tes recherches, » conclut Bert avec un gloussement découvrant deux rangées de dents blanches.

CHAPITRE 2

C’était un beau jour d’été en ce début décembre 1976. Je n’avais encore jamais assisté à un festival sur les modes de vie alternatifs. C’était neuf, non seulement pour moi, mais sans aucun doute aussi pour de nombreux citoyens conservateurs de la capitale fédérale de l’Australie, Canberra, qui accueillait ce festival. A environ à 15 minutes de voiture des immeubles du Parlement fédéral, la préparation à une nouvelle façon alternative de vivre et de penser battait son plein. A ce moment, je ne comprenais pas vraiment ces nouveaux concepts, idéaux et méthodes, synonymes de notion de vie alternative. Le mieux pour en apprendre davantage était d’aller voir par moi-même.

Même en 1976, j’étais conscient du mécontentement et de la frustration croissants qui régnaient parmi de nombreuses personnes au sujet de la direction que prenait la société. A certaines occasions, j’avais été moi-même engagé dans des polémiques à ce sujet. Beaucoup de gens prétendaient que les choses devaient changer, certains parlaient même de méthodes alternatives.

Le site de ce festival était idéalement situé sur les rives du paisible fleuve Cotter. Ses eaux étaient claires et attrayantes en ce chaud jour d’été. Le site était parsemé de chapiteaux, de dômes circulaires et de stands couvrant une zone de cinq acres. Les couleurs naturelles de ce début d’été se mêlaient aux vêtements bigarrés du millier de personnes présentes pour former un véritable kaléidoscope de couleurs et de formes. Ma femme Wendy et ma fille m’accompagnaient. Nos oreilles étaient emplies de sons de tambours, de symboles éclatants, de chants continus et d’instruments de musique que nous n’avions jamais entendus auparavant. Le bref parcours à travers l’étalement typique de la banlieue de Canberra ne préparait pas nos sens à ce spectacle de sons et d’images. Pour la première fois, nous observions des choses comme la cuisson de briques en terre dans de petits fours, des gens apparemment en état de transe, de nouvelles méthodes de génération de puissance, diverses formes de massage, de traitement, etc.

En dépit de mon conservatisme nouvellement acquis dans la banlieue de Canberra, au fond de moi, je savais que voulais aussi participer à l’ébranlement de ce status quo. J’étais ravi et surpris de découvrir que tant d’autres gens partageaient mes convictions profondes sur le besoin de changement et avaient le courage de montrer publiquement leurs produits et leur idéalisme. Pour être honnête avec moi-même, je savais que le choc continu des symboles et les inlassables chants religieux ne représentaient pas ma volonté de contribution au changement. Mais je savais qu’un jour je trouverais un chemin qui me conviendrait. Pendant plusieurs heures, Wendy, ma fille et moi flânèrent sur ce festival jetant un coup d’oeil par-ci, lisant cela et généralement prenant le temps d’écouter, d’observer et d’expérimenter.

Comme nous avions chaud, nous nageâmes dans les eaux rafraîchissantes du fleuve Cotter. Beaucoup d’autres participants eurent la même idée et nous en profitâmes tous pour nous rafraîchir. « Les enseignements de Mahikari sont destinés à toute l’humanité, pour unir les familles, les nations et les religions. La lumière de Mahikari peut guérir et résoudre toutes sortes de problèmes. »

Je pense que c’étaient là les mots que je pus à peine entendre dans le vacarme des conversations, des mégaphones, des chants et du vrombissement continu des chants religieux et des battements de tambours.

« Les enseignements de Mahikari disent qu’une nouvelle ère approche rapidement et nous devons nous préparer et préparer les autres à faire partie de cette nouvelle ère passionnante. »

Les mots se faisaient plus audibles et plus clairs au dessus de la cohue au fur et à mesure que nous nous approchions de la source de ces mots intrigants..

« Après simplement trois jours de cours, Mahikari vous apprend à vous soigner et à soigner les autres grâce à la lumière de Dieu. N’importe qui peut apprendre à le faire. Je suis dans la branche médicale et j’ai plusieurs diplômes. J’ai étudié les effets de cette lumière au Japon. Ce que j’ai découvert est vraiment remarquable et je veux partager tout cela avec vous. » Je pouvais à présent entendre parfaitement les mots.

A travers la cohue, je pouvais maintenant voir la source de ces mots prometteurs. Grant, comme il se présenta plus tard, se tenait debout, un micro à la main, sur un podium couvert en légère pente. Assis dans l’ombre accueillante, il y avait environ 50 participants, montrant tous des degrés d’intérêt divers. Certains semblaient comme cloués sur place par les mots de Grant, certains parlaient doucement entre eux tandis que d’autres étaient étendus dans l’ombre, peut-être endormis ou sous l’effet de drogues. Wendy et moi décidâmes de nous joindre à ce public pittoresque. Nous nous étendîmes également dans le mélange d’ombre et de couleurs et écoutâmes. « Ce que j’ai vécu avec Mahikari au Japon vous stupéfiera. Des gens guéris de toutes sortes de maladies et de problèmes simplement en leur transmettant la lumière de Dieu. Des choses incroyables se sont passées. Mahikari donne les réponses à des questions comme : « Pourquoi sommes-nous ici ?, Quel est le but de l’homme ? Que se passe-t-il après la mort ? Et les esprits existent-ils ? » Il avait à présent capté notre attention. Je n’avais pas de réponses à ces questions éternelles non plus. Je pense, comme beaucoup d’autres personnes curieuses, qu’elles resteraient sans réponse. Bien sûr, j’avais entendu de nombreux dogmes religieux pendant ces années, mais beaucoup de ces questions restaient quand même sans réponse.

« Je suis allé au Japon pendant deux ans pour étudier la médecine et, là-bas, par hasard, j’ai rencontré Mahikari. Je pense maintenant fermement que Mahikari est bien plus efficace pour résoudre toutes sortes de problèmes que la médecine ne le sera jamais, » confia-t-il, exalté, avec un air d’autorité.

« Voilà qui est intéressant, un membre du corps médical qui a renoncé à sa carrière prestigieuse, bien payée et rassurante, pour l’amour d’une organisation inconnue du Japon et cet homme était sérieux ! Comme c’est étrange !, » pensais-je.

Grant parlait de manière très sincère et très convaincante, imperturbable devant le spectacle de couleurs et de bruits tout autour. Parfois, d’autres personnes venaient à l’ombre et écoutaient, tandis que d’autres se levaient simplement et partaient. Je ne pouvais pas comprendre cette attitude. « Entendaient-ils ce qu’il disait ? » me surpris-je de dire à Wendy. Wendy restait silencieuse et écoutait.

« Ce que je trouve de plus merveilleux, c’est que tout le monde, sans distinction de race, de religion ou d’âge, peut facilement apprendre cette technique stupéfiante de guérison en seulement trois jours. Même un non-croyant peut le faire et guérir juste en assistant à ce cours. » ajouta Grant de manière convaincante. A présent, son public semblait lui accorder davantage d’attention qu’auparavant.

« C’est vrai, même si vous avez des doutes ou que vous ne croyez pas en Dieu, vous pouvez le faire. Vos expériences vous éveilleront finalement à Dieu. J’étais un peu comme ça moi-même, mais mes expériences dans Mahikari m’ont appris que Dieu existe vraiment, qu’il a un projet pour nous tous. » Grant poursuivit avec des informations plus pratiques. « Si quelqu’un veut savoir comment guérir et faire partie de cette nouvelle ère, il y aura un cours à Canberra le week-end prochain. Un professeur japonais viendra enseigner comment cela est possible et transmettra cette stupéfiante puissance à tous les participants du cours. »

« Pour être honnête, j’aime le concept d’un monde meilleur. Je crois en une dimension invisible, même si c’est un mystère pour moi. Mes expériences vécues et mes prédispositions ont éveillé en moi un intérêt pour les phénomènes mystérieux et inexpliqués. Je n’ai pas pu obtenir de réponses satisfaisantes, ni la reconnaissance de mes convictions au travers de la religion traditionnelle, » raisonnais-je en moi-même. « Peut-être que certaines de ces questions pourraient trouver leurs réponses en Orient, au Japon. Je me demande ce que Wendy en pense ».

« Je serais encore là peu après cette présentation, donc si quelqu’un est intéressé par le cours ou veut en savoir davantage, nous pourrons en parler après, » conclut Grant.

Wendy et moi étions assis tous deux dans l’ombre pensant aux mots que nous venions d’entendre. » Ca me paraît intéressant et sans danger », dis-je.

« Je n’avais jamais entendu parlé de Mahikari avant. » Wendy parlait pour la première fois et continua. « Cet homme doit être sincère s’il a renoncé à sa carrière médicale pour Mahikari. »

« On ne sait jamais, nous pourrions même apprendre de nouvelles choses, » dis-je, me sentant un peu plus convaincu.

« Ca ne peut pas faire de mal d’en chercher à savoir plus. Demandons-lui combien cela coûte pour suivre le cours, » demanda Wendy.

« D’accord. Je vais lui parler. »

A présent, Grant avait terminé sa présentation et était entouré par quatre ou cinq personnes qui, elles aussi, avaient décidé de l’approcher pour en savoir plus.

Diverses questions fusèrent. Wendy et moi n’avions qu’à nous mêler à ce petit groupe et à écouter les questions et les réponses.

« Cela coûte 75$ et couvre tout. Le cours commence le vendredi à 09H00 et finit à 17H00 les trois jours. Apportez votre repas. Voici l’adresse. C’est en ville dans une salle publique. C’est vrai, tout le monde pourra transmettre la lumière de Dieu après le cours. Oui, c’est quelque chose de nouveau et d’unique, vous en saurez plus pendant le cours. Ce sera le premier cours de Mahikari en Australie et vous serez les premiers à apprendre cette technique. Des personnes viennent de tous les coins d’Australie, certains sont même des professionnels du secteur de la santé et il y a au moins un docteur de Sydney. » Les questions fusèrent et les réponses suivirent de la même manière pendant environ dix minutes.

« Donc, si vous êtes intéressé, vous connaissez les détails et voici mon numéro de téléphone sur cette affiche. Je vous verrai vendredi, au revoir. »

Grant conclut et commença à quitter le podium.

« Je suppose que si nous ne disons rien à personne sur ce que nous allons faire, je pourrais y aller, » dis-je à Wendy.

« Si tu y vas, j’y vais aussi. Nous pouvons toujours arrêter quand nous le voulons. Après tout, nous vivons dans un pays libre, » ajouta Wendy.

Nous essayions de ne pas trop y penser les jours précédant le cours.

Aucun de nous deux n’avait assisté auparavant à des cours destinés à s’améliorer ou à prendre conscience de soi. Nous étions donc très excités et avides de savoir quand vint le vendredi matin 09H00.

En plus de Wendy et de moi-même, presque 100 personnes étaient assises dans une salle publique du bas de Canberra attendant le début du cours.

Tendant l’oreille à certaines conversations murmurées venant du hall, je réussis à comprendre que nous étions en compagnie de naturopathes, d’infirmières, de médiums, d’un docteur ou deux, d’hypnothérapeutes et d’une variété de personnes curieuses qui étaient effectivement venues de divers endroits d’Australie. On remarquait un air de sincérité et de respectabilité évident et nous nous sentions en sécurité et à l’aise assis parmi ces gens.

Peu après 09H00, Grant Thompson, accompagné de Hara-san, le conférencier japonais et Murakami-san, son interprète féminine, apparut. Tout sourire, ils s’inclinèrent immédiatement profondément et sincèrement selon la tradition japonaise. Grant saisit le micro et, d’une voix claire et confiante, commença les présentations et souhaita la bienvenue, à nous et aux hôtes japonais, Hara-san et son interprète, Murakami-san.

On nous présentant également une autre jeune dame japonaise, Yasuko Shimada, qui était arrivée en Australie en provenance du Japon quelques années auparavant essayant d’y établir Mahikari. Yasuko était évidemment ravie d’assister enfin à la genèse de quelque chose qu’elle avait tant contribué à mettre sur pied. Finalement, Dieu allait permettre l’expansion de Mahikari dans cette partie du monde.

« Hara et Murakami-san font partie de l’organisation de Mahikari depuis le début, il y a environ vingt ans. Ils voyagent à présent partout dans le monde pour tenir ces cours. Hélas, Hara-san ne parle pas anglais, mais pour palier à cet inconvénient, nous bénéficions de la présence de sa charmante interprète, Murakami-san, dont l’anglais est excellent. Vu les différences de langue et de culture, certaines choses pourront vous sembler un peu japonaise au cours de ces quelques jours, mais ne vous en préoccupez pas. »

A ce stade, Murakami-san prit le micro et commença à parler. « Bonjour à tous. M. Hara et moi sommes ravis d’être ici à Canberra pour ce premier cours de Mahikari en Australie. Nous sommes très heureux de voir tant de participants. Je voudrais féliciter Grant pour ses grands efforts et son courage, car à lui seul, il vous a tous amenés ici ce matin. Nous nous réjouissons de passer ces trois prochains jours avec vous. J’espère que nous pourrons tous apprendre de merveilleuses choses les uns des autres. Je me considère toujours comme une étudiante et j’espère apprendre beaucoup de vous. Vous êtes tous les vrais pionniers pour l’établissement de la prochaine nouvelle époque. »

Lorsque Murakami-san eut fini, Hara-san se levant et tenant le micro, commença à parler. « Bonjour à tous. Je suis si heureux de vous rencontrer également. »

Un petit rire embarrassé fut respectueusement étouffé parmi l’assistance. Le contraste de vêtements entre nos « professeurs » et nous, les « étudiants » était frappant. Hara-san portait un costume sombre, une chemise blanche, une fine cravate noire et avait de courts cheveux noirs.

Murakami-san portait une longue robe ultra-conservatrice et avait des cheveux noirs mi-longs.

Dans la culture occidentale des années soixante-dix, il était à la mode pour les hommes d’avoir les cheveux longs et de porter des vêtements bariolés. Les femmes, elles aussi, étaient portées sur la variété de couleurs, la liberté d’expression et souvent, n’hésitaient pas à se découvrir de manière terriblement tentante.

« Pouvons-nous commencer ? » annonça Grant d’un ton plutôt formel. « Comme nos invités sont japonais, nous allons commencer le cours à la façon traditionnelle japonaise. Hara-san va dire une prière pour demander aide et protection. Levez-vous s’il vous plaît ! » Nous nous levâmes tous. Derrière nos professeurs, était suspendu sur le mur, juste au dessus de notre tête, un cadre contenant des inscriptions japonaises.

Avec peut-être un peu trop de pompe et de cérémonie à mon goût, les trois professeurs se tournèrent dans un unisson parfait vers le cadre et s’inclinèrent respectueusement. Hara-san glissa hors de ses chaussures sans lacets et avança de quelques pas bien orchestrés vers le cadre et s’arrêta. Une ou deux secondes plus tard, il s’inclina plusieurs fois et frappa dans les mains. Je sentis monter en moi un rire irrespectueux. Me sentant quelque peu honteux, je luttais pour l’étouffer avant qu’il prenne le meilleur sur moi. « Nous sommes tous Australiens dans cette salle, pourquoi ne s’adapte-t-il pas un peu ? » pensais-je, dirigeant à voix basse mes paroles vers Wendy à mes côtés.

J’avais à peine vaincu mes troubles pensées que les professeurs entamèrent un chant religieux japonais rythmé. Je me sentis très embarrassé et je fus soulagé lorsque, à la fin de toute cette pompe, la cérémonie et les chants se terminèrent. Nous reprîmes nos sièges et attendîmes le début du cours.

Une fois encore, Grant pris le micro et nous assura que c’était la manière de faire au Japon, il ne fallait pas nous en préoccuper, nous apprendrions toute la signification des prières, ainsi que la manière correcte de prier pendant le cours. Pour l’instant, nous n’avions qu’à nous rasseoir et à ouvrir notre esprit à ce que nous allions entendre.

C’est ainsi que commencèrent trois jours d’endoctrination spirituelle pour la centaine de participants présents, y compris Wendy et moi, de 09H00 à 17H00.

Hara-san ne parlait que le japonais et semblait suivre un texte placé en face de lui sur un pupitre. Murakami-san traduisait en anglais avec un léger accent américain, que je trouvais assez captivant.

De mon point de vue, les enseignements étaient un mélange de satisfaction et de déception. Je recevais des réponses à certaines de mes questions, à ma grande satisfaction, tandis que, d’autre part, d’autres croyances étaient mises en doute.

Je croyais fermement que nous partagions tous une origine commune et que nous devrions tous nous unir les uns les autres, par opposition à la mentalité de division qui prévaut aujourd’hui. L’explication sur la réincarnation était assez cohérente. Si nous sommes nés une fois, pourquoi pas plusieurs fois ? Si nous faisons du bien et que nous progressons dans la vie présente, la fois suivante nous nous réincarnerons dans de meilleures circonstances et l’inverse se produisait en cas de mauvaises actions. Cela me paraissait assez raisonnable.

Tout au long du cours, on nous a assurés que si nous avions des difficultés avec certains de ces concepts, nous ne devions pas trop nous en préoccuper, car nous serions toujours capables de transmettre la lumière de Dieu. Ce que nous n’acceptons pas ou que nous ne comprenons pas nous deviendra apparent plus tard au fur et à mesure de nos progrès spirituels.

Le concept de karma n’était pas trop difficile à saisir. Pour moi, il s’agissait d’accumuler une richesse spirituelle dans les cieux ou d’être jugé sévèrement par Dieu à notre mort à cause de l’accumulation de mauvaise actions et d’aller en quelque sorte en enfer. La manière orientale d’expliquer les choses me paraissaît bien plus compréhensible et viable. Je pensais que si nous croyions à ces concepts, nous voulions automatiquement les vivre.

Eviter la nourriture polluée et les produits chimiques toxiques me paraissait raisonnable. Permettre au corps de se débarrasser des produits chimiques et médicaments ingérés avait aussi du sens. Et cela se poursuivit, heure après heure, ces sujets et d’autres encore furent enseignés en profondeur. A 17H00 le premier jour, j’avais commencé à prendre des notes. Je commençais à en tirer une certaine cohérence. Le premier jour du cours se termina par une nouvelle série synchronisée de chants japonais, de saluts et de frappements dans les mains.

« Je suppose que je vais devoir vivre avec ça », expliquais-je à Wendy.

De manière surprenante, nous étions tous deux assis attendant impatiemment le début du cours à 09H00 le matin suivant. Des discussions et un vif débat se faisaient jour dans la salle, les participants étant enthousiastes à l’idée de partager leurs différentes perceptions des enseignements du jour précédent. Certaines personnes faisaient référence à des passages particuliers lus dans des livres récents ou établissaient des comparaisons entre certains sujets expliqués la veille et leurs croyances ou leurs expériences. La salle vibrait d’explications, d’interprétations et d’anticipations spirituelles. Tout le monde y allait de son mot et, étant donné que nous étions tous des étrangers hier, j’étais surpris de voir combien tout le monde était devenu ouvert et franc.

A 09H00 précise, nous nous levâmes silencieusement et assistâmes à une nouvelle série synchronisée de chants, de saluts et de frappements de mains en face du cadre manuscrit japonais. Cela semblait moins agaçant ce matin, car je me réjouissais de vivre un autre jour de réponses possibles et de défis. Une fois le rituel d’ouverture terminé, on pouvait sentir une aura plus détendue autour des participants. Je pouvais même entendre des éclats de rire d’excitation étouffés pendant que nous attendions. Grant, captant l’atmosphère plus détendue et plus réceptrice, décida de passer quelques instants à parler librement avec l’assistance. Cela nous permit à tous d’en apprendre un peu plus sur les autres. Grant commença à parler.

« Qui fait du yoga ? » Quelques mains se levèrent.

« Qui fait de la méditation ? » D’autres mains se levèrent.

« Qui fait de la théosophie ? » Davantage de mains se dressèrent.

« Qui est végétarien ? » Et il continua ainsi pendant un petit temps, jusqu’à ce que presque tout le monde ait levé la main au moins une fois. Terminant par une touche d’humour, il demanda « Qui est normal ? » Tout le monde rit lorsque seuls Wendy et moi levâmes la main, à la grande joie de tous.

Comme le jour précédent, nous continuâmes l’étude approfondie d’une grande variété de sujets ésotériques et, comme prévu, ce fut un jour de réponses et de défis. Nous examinâmes des sujets intéressants et importants, comme la santé parfaite, le bonheur et l’harmonie, pour ne citer que ceux-là. Parfois, il était difficile de maintenir une concentration suffisante heures après heures. Alors, parfois, nous nous levions pour nous dégourdir jambes et bras. Cette occasion permettait l’éclosion soudaine de nombreuses conversations simultanées, qui, souvent, étaient difficiles à stopper lorsque l’on nous demandait de nous rasseoir.

« Nous allons à présent vous faire visiter le monde des esprits, » traduisit Murakammi-san d’une voix qui avait davantage de volume et de sensibilité que celle de Hara-san. A en juger par le silence soudain régnant dans la salle, tout le monde, Wendy et moi y compris, était impatient de faire cette grande visite.

« Les enseignements divins disent que la plupart des gens sont perturbés ou possédés par différents esprits, » déclara Murakami-san sans ambages. On pouvait entendre une mouche voler.

« Cela devient intéressant, » pensais-je entre moi-même.

« D’abord, il est nécessaire d’acquérir une bonne compréhension du fonctionnement du monde des esprits et d’étudier ses différents niveaux. C’est ce que nous allons étudier, » expliqua Murakami-san.

Deux ou trois heures plus tard, nous étions revenus de notre voyage spirituel, qui nous avait emmenés des noires profondeurs de l’enfer aux sommets illuminés des cieux. On nous présentait une série d’êtres situés à certains des nombreux niveaux, et nous étudiâmes les nombreuses raisons pour lesquelles ils se trouvaient à ces niveaux. Nous étudiâmes également les nombreux niveaux du monde des esprits et comment ils nous influençaient. Je trouvais très intéressant d’étudier tous les différents types d’esprits, des divinités de haut rang aux esprits gardiens, en passant par les esprits d’ancêtres, esprits d’animaux, esprits de la terre et esprits possesseurs.

Je ressentais que ce sujet constituait un défi pour de nombreux participants, mais, de manière surprenante, j’étais capable de garder un esprit ouvert envers ce que l’on m’enseignait sur les esprits. Ce que je ne pouvais comprendre maintenant, décidais-je, je le verrais plus tard. En dépit de mon relatif conservatisme, je penchais plutôt vers l’acquiescement. Bien des années auparavant, j’avais vécu certains phénomènes qui, à l’époque, m’avaient simplement été expliqués comme le  » travail des esprits ». Je me rappelais comment, 10 ans auparavant, étudiant au centre du Pays de Galles, au Royaume-Uni, un ami journaliste m’invita à l’accompagner, ainsi que deux policiers, dans une maison supposée hantée du district. Je me souviens que, à l’époque, je n’avais pas hésité à accepter son invitation, car ce n’est pas tous les jours que l’on est invité à participer à des recherches sur une maison hantée.

C’était un logement social type anglais, avec les chambres à l’étage et les pièces d’habitation au rez-de-chaussée. La maison paraissait plutôt grise et était située dans un ensemble de maison tout aussi gris. Les occupants s’étaient plaints récemment d’étranges frappements qui se produisaient toutes les nuits aux alentours de 22 heures. Ces frappements pouvaient être entendus à plusieurs endroits dans la maison. C’était comme si des enfants jouaient des tours aux occupants en faisant des bruits qui provenaient d’endroits différents. Les occupants prétendaient aussi que, à cette occasion, la vaisselle tombait mystérieusement de l’évier ou des étagères.

Nous arrivâmes tous à 21 heures ce soir-là et on nous fit entrer. Je ne pouvais pas m’empêcher de remarquer que l’intérieur de la maison s’accordait parfaitement avec l’extérieur terne. Seul l’homme de la maison était resté, car sa famille en avait eu assez de tout cela et avait récemment déménagé. Ils avaient introduit une demande pour un autre logement et s’étaient installés dans la famille pour le moment.

La police et mon ami journaliste posèrent à l’homme diverses questions concernant ces bruits étranges. Il expliqua qu’aux alentours de 22 heures chaque soir, les bruits commenceraient comme au cours de ces derniers mois. Je constatais un sentiment de scepticisme de la part du policier. Malgré cela, j’étais content d’être là. Mon ami journaliste avait pris des notes de la conversation. A 22 heures précises, les frappements commencèrent à se faire entendre dans la chambre à coucher de l’étage. Un policier s’y rendit tandis que l’autre sortit avec une torche. Quelques moments plus tard, ils revenaient tous deux, sans avoir trouvé la source des bruits. Entre-temps, j’étais resté rivé à mon fauteuil. Les bruits avaient changé de place et de nouveau les policiers refirent la même procédure, un allant à la source du bruit et l’autre dehors. Les bruits se firent entendre dans quatre ou cinq endroits en tout.

Mes cheveux se dressèrent sur ma tête lorsque les policiers essayèrent de communiquer avec « les bruits » en reproduisant les frappements en utilisant le dos de leurs torches. On ne savait pas très bien qui reproduisait qui, mais, pour moi, il devint clair que, quelle que soit la source des bruits, ce n’était pas quelque chose de ce monde. Après environ une heure de ce régime, il devint évident à toutes les personnes présentes qu’aucune explication physique ne pouvait être fournie.

Le journal du lendemain donnait un récit complet et précis des événements de la veille. Mon nom y était associé et j’étais considéré comme un « témoin fiable ».

Peu après, je retournais en Australie, mais j’appris plus tard qu’un exorciste avait été appelé pour voir s’il pouvait remédier à la situation.

« Veuillez vous lever et détendez-vous pendant quelques moments. Beaucoup de monde semble somnoler, » tonna la voix de Grant amplifiée par le système audio. C’était si bon de se lever, de s’étendre et de sentir ma tête s’éclaircir de nouveau.

Après nous être détendus, nous continuâmes à percer davantage les profondeurs inconnues du monde des esprits.

« A cause de nos impuretés spirituelles, nous sommes tous possédés par toutes sortes d’esprits. » Je fus choqué par ces paroles traduites par Murakami-san, dont le sourire éclatant essayait de nous consoler, comprenant que c’était pour nous un dur morceau à avaler.

« Au fil du temps, vous verrez comment ces esprits possesseurs se manifestent. Parfois, des personnes peuvent être prises de secousses et contorsionner leurs corps. Certaines peuvent même parler dans des langues étrangères, » continua à traduire Murakami-san.

Je me souvenais que j’avais vu ce type de phénomène auparavant et je supposais que c’était de cela que nous allions parler. En tant qu’étudiant, j’avais visité une église spiritualiste au Royaume-Uni où, après des chants solennels et des discours inspirés, une personne qui était considérée comme un médium ou un canal se leva alors ou s’assit devant l’autel et apparut soudain comme étant possédée par certaines entités. Cette entité parlait alors à travers cette personne, souvent avec un accent étrange, sur divers sujets, souvent de nature personnelle.

J’avais également assisté à des messes de guérison dans des églises pentecôtistes de banlieue. De même, après certains chants et des discours inspirés, les membres de la congrégation étaient invités à s’approcher pour recevoir le saint esprit et être bénis. A chaque fois, la plupart de ceux qui s’approchaient semblaient perdre le contrôle de leurs corps. Certains tombaient même sur le sol et d’autres parlaient dans des langues étrangères.

« Cela témoigne de l’amour et de la puissance du saint esprit, » déclara le prêtre à sa congrégation.

« Ce doit être ce que nous sommes en train d’étudier, » pensais-je, ma curiosité s’aiguisant de minute en minute.

Le temps d’étudier les esprits, la possession d’esprits et comment ils nous contrôlaient, il était 17H00. Naturellement, de nombreuses questions furent posées par les participants sur ce sujet et, pendant une heure, il fut convenu que nous pouvions tenir une séance de questions-réponses sur ce sujet très important. Pensifs, Wendy et moi nous assîmes tranquillement à écouter les questions et les réponses qui fusèrent en abondance.

« Je pense que les personnes attirent ces esprits et cette sorte de phénomènes. Cela n’a rien à voir avec la lumière de Dieu ou la bénédiction de l’esprit saint. Comme ces personnes se tournent vers cette sorte de chose, bien sûr, cela finit par leur arriver. Ils ne devraient pas le faire. Cela n’a rien à voir avec Dieu ; il s’agit seulement de jouer avec des esprits d’animaux ou quelque chose comme ça ! » furent les mots prononcés par un monsieur âgé assis derrière nous et visiblement irrité. Il s’appelait Ken et j’avais entendu une partie de sa conversation avec d’autres personnes, il apparaissait comme une sorte de théosophe libre-penseur.

Ces mots résonnaient dans ma tête, lorsque Wendy et moi sortîmes ce jour-là, nous sentant usés et mentalement exténués.

Si seulement j’avais écouté Ken !

Le dernier jour du cours commença immanquablement par la même prière rituelle du matin bien que cette fois, on nous invita à nous joindre à eux si nous le désirions. J’essayais de frapper dans les mains un nombre de fois que je pensais corrects et au bon moment, espérant que les autres ne me verraient pas. Je fus surpris de voir que de nombreuses autres personnes étaient heureuses de faire, elles aussi, une tentative.

Après l’appel du matin, il fut clair que presque 20 participants n’étaient pas revenus pour ce dernier jour important. Je remarquais que Ken était absent.

« Bonjour, » salua chaleureusement Grant. « Hier, nous avons étudié des sujets importants et intéressants. Le sujet concernant la possession d’esprit est très intéressant et il est très important de le comprendre. Etant donné que la plupart des esprits qui possèdent les gens haïssent la lumière de Dieu, il est tout naturel qu’ils se révoltent et manipulent les gens pour éviter la lumière. Ne vous préoccupez donc pas si de nombreux participants ont abandonné. Ceci, en soi, constitue un exemple de la perturbation d’esprit que nous avons étudiée hier. C’est aussi leur karma. Félicitations donc à tous ceux qui sont ici aujourd’hui. Dieu vous a choisis comme graine pour l’aider à construire la nouvelle civilisation sacrée. »

Sans avoir une seconde pour saisir pleinement la signification des paroles de Grant, on nous demanda d’ouvrir nos cahiers et de nous préparer à prendre notes.

« Ce matin, nous allons étudier l’origine de Mahikari et la vie de l’homme sacré dont la mission est de nous transmettre ces précieux enseignements et cette puissance, » traduisit Murakami-san, arborant son sourire rafraîchissant du matin. Après une courte pause, elle continua.

« L’homme sacré qui a rendu tout cela possible est appelé « sauveur de l’humanité ». « Il est né sous le nom de Yoshikazu Okada en 1901 au Japon. Après ses études en 1920, il entra à l’académie militaire de l’armée impériale japonaise, où il passa sa jeunesse. Pendant, la majeure partie de sa vie, il fut un militaire et il servit plus particulièrement comme cavalier porte-drapeau pour l’empereur et le prince. »

« En 1941, il revint au Japon après une affectation en Indochine, aujourd’hui le Vietnam, à cause d’un problème médical chronique. A son retour au Japon, on diagnostiqua qu’il souffrait d’une maladie gastro-intestinale chronique, la pyélite, qui est une inflammation des reins, de pierres au reins et d’infection des vertèbres. De très éminents chirurgiens ne lui donnaient plus que trois ans à vivre. Se rendant compte de sa situation désespérée, il décida de se tourner vers Dieu et de servir l’humanité du mieux qu’il put pour le reste de sa vie.

« Mystérieusement, il ne mourut pas après les trois années prédites par les docteurs et continua à chercher Dieu. Il n’appartenait à aucune religion et n’était certainement pas un responsable de quelque religion que ce soit. »

« Au petit matin du 27 février 1959, il commença à recevoir des révélations de Dieu. Parmi ces nombreuses révélations, il lui fut ordonné de prendre le nom spirituel de Kotama, qui signifie globe de lumière. Dieu lui a révélé qu’il devait lever la main et transmettre la lumière de Dieu afin de purifier les hommes et préparer le plus de gens possible pour la prochaine civilisation sacrée. Il lui fut également demandé de transmettre cette puissance stupéfiante aux autres, qui deviendront alors des graines. Afin d’accomplir ce but progressivement, il fut ordonné d’établir l’organisation de Mahikari, dont vous êtes tous membres à présent. D’abord, notre sauveur douta de ces révélations et de la possibilité de transmettre la lumière de Dieu par ses mains.

Au début, il leva la main sur un chien aveugle qui miraculeusement retrouva la vue.

« Donc, à partir de ce jour, il consacra le reste de sa vie à répandre dans le monde ces enseignements qu’il avait reçus de Dieu. En raison de ses grands efforts, il vous est à présent permis d’entendre beaucoup de ces révélations divines et de donner la lumière de Dieu. Dieu l’a sauvé de toutes les maladies et il vécut jusqu’en juin 1974. Dix jours avant sa mort, il fut révélé que seule sa fille adoptive, Keishu, serait son successeur et reprendrait son travail divin et répandrait les révélations jour et nuit. C’est ce qu’elle fait encore aujourd’hui. Keishu m’a demandé de vous transmettre son amour et son appréciation pour tous vos efforts et vous accueille dans cette heureuse famille d’amour et de lumière. Grâce aux efforts héroïques de notre sauveur et de Keishu, Mahikari prospère à présent partout dans le monde. Vous êtes les graines pour cette partie du monde, félicitations ! »

« Vous avez été spécialement choisis par Dieu pour cette mission. Comme il vous a été donné une mission si importante, vous serez soumis à la tentation et recevrez de nombreuses épreuves. Soyez particulièrement attentifs aux efforts des mauvais esprits, qui essaieront d’insuffler la confusion dans vos pensées. Ces esprits provoquent beaucoup de perturbations chez les hommes. Ils provoquent toutes sortes de malheurs ; par exemple, ils peuvent causer des accidents de voiture et des difficultés financières. Etant donné qu’à présent, vous allez servir Dieu dans le cadre de son plan divin, vous recevrez une protection spéciale, car Dieu a besoin de vous pour sauver et aider les autres. Nous devons être très reconnaissants envers notre sauveur, car c’est grâce à lui que nous recevons cette puissance merveilleuse et cette protection. », conclut enfin Murakami-san, traduisant les paroles de Hara-san, qui lisait son texte d’une voix très monotone.

Heureusement pour nous tous, Hara-san n’utilisait jamais de micro et sa voix avait ronronné de manière monotone au cours des trois jours. D’autre part, Murakami-san avait beaucoup d’expression, pas seulement dans sa charmante voix, mais aussi par son visage, ce qui contribuait énormément à maintenir notre attention.

Le cours était prêt de se terminer. L’idée que Wendy et moi étions devenus des élus et allions recevoir une protection spéciale commençait maintenant à prendre tournure. Je commençais à m’habituer à l’idée et, au fil des heures, cette conviction était renforcée par les histoires fascinantes que racontaient les autres membres qui avaient évité toutes sortes de désastres et de malheurs.

« Bien sûr, ces histoires sont absolument vraies. Même si je ne connais pas ces gens personnellement, je les crois. Maintenant que nous allons tous travailler pour Dieu, quelle importance si on ment ou on exagère ? Que pourrait-on y gagner ? », pensais-je pour me convaincre.

Nous commencions évidemment tous à ressentir de l’impatience. « Oui ! Nous voulons tous améliorer le monde. Oui ! Nous ferons tout notre possible pour remplir nos missions spéciales en tant que graine. Oui ! Nous serons fidèles à notre sauveur. Oui ! Nous serons braves et courageux. Et oui ! Nous recevrons la protection spéciale de Dieu qui avait besoin de nous, ». Voilà les pensées et les aspirations de tout le monde qui s’étaient à présent fermement implantées dans nos esprits ! Il nous avait fallu seulement trois jours et nous étions prêts à agir.

Pour conclure ces trois jours d’études et de défis continus, nous reçûmes tous un petit pendentif doré. On nous expliqua qu’afin d’être éclairé par la lumière de Dieu et pouvoir la transmettre aux autres, il était nécessaire de porter ce pendentif, ou talisman, tout le temps. Il empêcherait également toute possession ou influence des mauvais esprits qui rechercheraient désormais activement des hommes jouant un rôle crucial dans l’accomplissement du programme divin.

« Portez-le tout le temps, même lorsque vous dormez. Ne permettez pas aux esprits de vous manipuler ou de vous posséder, » nous avertit Murakami.

« Veillez-y comme si c’était plus précieux que votre propre vie. Il vous est accordé par la grâce et la pitié de Dieu. Ne le laissez pas tomber, ne le mouillez pas et ne le donnez à personne. Il vous relie à Dieu par un lien spirituel doré spécial. Donc, si vous n’en prenez pas soin correctement, ce lien sera coupé. Les mauvais esprits qui ne pouvaient pas vous perturber pourront alors prendre leur revanche. Prendre ces précautions pour veiller sur votre talisman divin n’est qu’un petit prix à payer en comparaison de la puissance de salut que vous possédez, sans parler de la merveilleuse protection que vous recevrez jour et nuit. »

Sur ces remarques de Murakami-san, on nous demanda de former une file et, un par un, par ordre alphabétique, nous fûmes amenés devant à Hara-san, qui tenait cérémonieusement le pendentif divin, suspendu à une chaîne, et le mit à notre cou.

Dans notre état naïf de félicité spirituelle, aucun mot ou aucun raisonnement n’aurait pu nous prévenir que cette fine chaîne de métal bon marché, portée à notre cou, serait impossible à enlever ou à briser avant 17 longues années.

Cette chaîne devait devenir notre joug spirituel. Sous celui-ci, Wendy et moi allions trébucher et chanceler jusqu’à l’exténuation, presque qu’au point de destruction. C’est un joug que la plupart des membres de Mahikari ne seront jamais capables de briser.

Le cours se termina par des applaudissements, étreintes et embrassades.

La secte japonaise, Mahikari, avait enregistré sa première génération de 87 nouveaux membres en Australie, Wendy et moi en faisions partie.

CHAPITRE 3

« Nous seuls pouvons changer le monde. Tout le monde est possédé et perturbé par de mauvais esprits. Nous seuls savons ce qui va se passer. Le jour du jugement de Dieu approche rapidement et nous sommes les Elus de Dieu. Soyez courageux et levez la main comme notre sauveur l’a fait. Dieu nous protégera. » Voilà des pensées typiques nourries par les révélations de notre sauveur.

Je savais maintenant que nous étions ici pour accomplir une mission. Armés de cette conviction, nous avions commencé nos activités divines. D’abord, nous devions sauver notre famille et ensuite nos amis. De manière surprenante, il ne fut pas trop difficile de manipuler certains d’entre eux afin de leur transmettre la lumière et de leur expliquer les révélations divines. Nous visitions régulièrement ceux qui nous étaient ouverts.

Comme Murakami-san l’avait promis, cela se produisit soudain. Une membre particulier de notre famille, à qui j’avais donné la lumière, ou esprit saint, en levant la main, commença effectivement à bouger et son corps fut secoué de mouvements involontaires. D’abord, ces mouvements étaient légers et presque indécelables, mais, après quelques moments, le phénomène gagna en intensité jusqu’à devenir évident. C’était en fait notre première expérience de possession d’esprit. A ce moment, je transmettais la lumière à la soeur aînée de Wendy, Sarah.

« C’est comme Murakami-san l’a dit, ces enseignements se vérifient par notre expérience pratique, » m’exclamais-je très excité à Wendy.

« Tout ce que nous avons appris au cours doit être vrai. En voici la preuve ! », criais-je.

Pour nous, cet incident constituait le témoignage vivant que Wendy et moi étions effectivement investis d’une mission. Nous étions les élus et tout le monde devait être possédé ! Les mouvements incontrôlables de possession d’esprit de Sarah continuèrent pendant environ cinq minutes et commencèrent ensuite peu à peu à décliner. Wendy et moi ressentions un mélange de peur, d’excitation et de soulagement ; nous n’avions encore jamais été face à une possession d’esprit.

Nous savions que nous n’avions pas cette puissance avant et nous apprenions rapidement que notre sauveur nous avait effectivement transmis une puissance mystérieuse et il n’avait fallu que trois jours !

En définitive, le phénomène de possession d’esprit de Sarah disparut complètement et elle put de nouveau ouvrir les yeux et parler.

« Qu’est-ce que c’était ? », s’exclama-t-elle, paraissant complètement ahurie. « Ce n’était pas moi ! »

« C’était comme nous l’a enseigné notre sauveur. Les gens sont possédés par de mauvais esprits qui veulent faire du mal et détruire nos vies, » répondit Wendy, plus confiante maintenant que les enseignements étaient devenus réalité.

« Ce phénomène prouve que tout ce que notre sauveur dit est vrai, » ajouta encore Wendy.

Sarah resta fort pensive et commença à poser questions sur questions sur notre sauveur et les révélations.

Il ne fallut pas longtemps avant qu’elle aussi étudie nos notes de cours et la littérature de Mahikari que nous avions, car Sarah était décidée à assister au prochain cours et à devenir une graine elle aussi. Wendy donna régulièrement la lumière à Sarah et presque toujours l’étrange phénomène incontrôlable de possession d’esprit se reproduisait. Parfois, il se manifestait de différentes manières.

L’influence que ce phénomène avait sur nous trois nous permettait de nous rapprocher de notre sauveur et de la volonté de Dieu. Un jour, nous étions des hommes normaux vaquant à des activités ordinaires et trois jours plus tard, deux d’entre nous possédaient une mystérieuse puissance invisible. En réalité, il n’y avait pas que nous deux. Quatre-vingt-cinq autres adultes en Australie s’apercevaient également que quelque chose de mystérieux s’était produit chez eux aussi, car ils avaient vécu des phénomènes similaires.

« Nous sommes bénis !, » m’exclamais-je souvent.

Etant donné que nous étions à présent des graines préparées par Dieu à sauver le monde, il était de notre devoir de dire à tout le monde qu’eux aussi pouvaient être sauvés. L’un après l’autre, nous visitions systématiquement toute notre famille et nos amis. Nous devions les sauver tous, car c’était à présent notre devoir. Bien sûr, nous rencontrions diverses réactions. Certains écoutaient patiemment que nous ayons fini, d’autres étaient contents de recevoir la lumière, d’autres encore nous prévenaient que nous nous étions embarqués dans quelque chose qui ne pouvait nous conduire qu’à des regrets. Un ami nous insulta même en disant que, selon lui, nous avions tous les deux subi un lavage de cerveau.

« Comment peuvent-ils penser cela ? Si seulement ils savaient ce que nous savons. Il nous serait reconnaissant de savoir que nous nous préoccupons d’eux au point d’essayer de les sauver, » dis-je un jour à Wendy après qu’un ami proche m’aie demandé de ne plus jamais aborder le sujet. « Notre sauveur dit que tout le monde ne sera pas sauvé ; cela dépend de notre karma, » disait Wendy en de telles occasions pour nous consoler.

Et ainsi, semaine après semaine, le contact entre notre famille et nos amis diminua rapidement, sauf, bien sûr, avec les rares qui eux-mêmes étaient intéressés à en apprendre davantage. C’était vers ceux-là que nous dirigions toute notre attention à présent.

Environ trois ou quatre semaines après le cours, je reçus un appel de Grant Thompson, le coordinateur du cours, invitant tous les membres de Mahikari de la région à une réunion. Bien sûr, Wendy et moi étions d’accord, car nous étions impatients de relater nos récentes expériences et d’entendre comment les autres membres s’en sortaient. Cette réunion se révéla très intéressante, car presque tous les membres de la région, environ 40 en tout, décrivirent leurs expérience, leurs prises de conscience et leurs aspirations.

Lors de cette réunion, Wendy et moi comprîmes que, même si nous avions peut-être perdu quelques amis récemment, nous en avions gagné 40 autres qui partageaient tous la même mission et les mêmes idéaux. Nous étions en fait nés dans une nouvelle famille de graines.

Grant déclara que sa femme ne partageait pas ses croyances et son intérêt dans Mahikari. Il expliqua qu’il avait fait de son mieux pour l’éveiller, mais, hélas, en vain et, comme sa mission de coordination des activités de Mahikari en Australie était à présent indispensable, il avait besoin d’une complète liberté pour assumer ses responsabilités divines. Ce n’était pas possible dans sa situation maritale, il dut donc à contrecoeur décider de divorcer.

« L’avenir d’un mariage ne peut jamais interférer avec le salut d’un pays entier, » expliqua Grant avec raison. « Bien sûr que non ! », fut notre réaction silencieuse.

Dans les deux semaines suivant cette première réunion, nous avions établi un modeste centre dans une petite maison de la banlieue de Canberra. Wendy et moi avions pris en charge la permanence deux après-midis par semaine de 14H00 à 19H00. D’autres membres assuraient la permanence avec nous pour nous aider à faire face au flot important de visiteurs, de candidats au cours et de membres, qui eux-mêmes souhaitaient recevoir la lumière.

« Il vaut mieux recevoir la lumière divine tous les jours, si possible. Plus vous recevez, plus rapidement vous êtes purifiés. Plus vous êtes purifiés, plus vous deviendrez heureux et en bonne santé. C’est aussi simple que cela. Plus vous êtes purifiés, plus il est difficile pour les mauvais esprits de vous posséder et de vous faire du mal, » expliquait Grant.

Bien sûr, Wendy et moi prenions le temps de nous transmettre la lumière tous les jours et nous transmettions régulièrement à notre seul enfant, alors âgé de trois ans. Notre foi et notre confiance en notre sauveur augmentaient énormément, car elles étaient nourries et renforcées par le spectacle visible et omniprésent des manifestations d’esprits. Souvent après seulement quelques visites, un nouveau venu commençait à montrer visiblement les caractéristiques habituelles d’une personne possédée par des esprits. En général, les mouvements ou les sons étaient légers au début. Le caractère imprévisible de sa forme extérieure constituait une source constante d’excitation et de stupéfaction pour nous tous. Il était de coutume pour une personne recevant la lumière de s’asseoir ou de se mettre à genoux tranquillement sur le sol, les yeux fermés.

Un membre de Mahikari levait alors la main et la gardait ainsi à environ 30 cm du front du receveur pendant environ 15 minutes. La puissance que notre sauveur nous avait transmise était vraiment remarquable, car il était habituel que les receveurs commencent à se balancer violemment, à tomber, à se traîner sur le sol, à parler, souvent dans une langue étrangère, à crier, parfois à frapper quelqu’un ou à essayer de s’éloigner du donneur de la lumière divine. Souvent, plusieurs de ces différentes formes de manifestations se produisaient pendant une même séance.

Plus tard, nous observions que des membres plus expérimentés de Mahikari tenaient parfois des conversations avec ces entités se manifestant. Ces conversations étaient envoûtantes pour tous ceux qui les observaient, mais, en général, elles n’avaient pas beaucoup de substance. Toutefois, le spectacle de cet événement nous captivait et réaffirmait notre engagement envers notre maître et notre mission.

Le second cours de Mahikari approchait rapidement et les activités du centre augmentaient, car l’intérêt croissait rapidement. Il apparut qu’environ 70 personnes attendaient impatiemment à devenir des graines. Ce nombre comprenait également 30 personnes venant d’autres Etats. Ils avaient été préparés par les membres du premier cours après leur retour à la maison dans leurs villes respectives. Nous allions tous être entraînés par cet enthousiasme soudain, cet expansion et ces sentiments de crainte révérencielle pour nos puissances et missions nouvellement acquises.

Etant fidèle à notre rôle, Wendy et moi avions amené trois candidats, dont Sarah, pour le deuxième cours. Nous savions que Dieu serait content de nos efforts et que notre dette karmique serait allégée considérablement.

« Je ne peux pas comprendre pourquoi certains de mes amis disent que je suis fanatique. Ne peuvent-ils voir le bien que je fais ? Je suppose que leur perturbation d’esprit ne leur permet pas de le voir. Peut-être que Dieu ne veut pas qu’ils deviennent des élus, » c’était ce que j’étais à présent entraînés à penser. Dans les deux mois suivant le premier cours de Mahikari, 70 nouvelles personnes étaient nées en tant que graines. Sur celles-là, 30 venaient d’autres Etats et un jeune homme retournait en Nouvelle-Zélande.

Comme pour le premier cours, ces candidats se composaient d’un large éventail de personnes, de tous les niveaux de vie et disposant de différents bagages. De nombreuses personnes étaient des gens mûrs qui avaient un travail et qui, j’imagine, comme moi, étaient préparés à tout essayer pour améliorer le monde.

Nous, en tant qu’anciens membres, étions encouragés à réassister au second cours, car on nous avait dit que nous saisirions mieux des enseignements que nous n’avions pas réellement entendu la première fois, même si le contenu était identique.

« Ecouter les enseignements encore et encore les transformera en notre chair et notre sang, » expliqua Grant d’une voix encourageante et, naturellement, c’est exactement ce que nous voulions.

Au cours de trois jours pleins, le deuxième cours se déroula de 09H00 à 17H00 chaque jour, Hara-san lisant le texte divin en japonais et Murakami-san le traduisant en anglais.

« Le monde tel que nous le connaissons touche à sa fin, comme Jésus-Christ le prophétisa dans la Bible. Nous devons nous purifier rapidement et chercher d’autres graines comme nous-mêmes qui survivront à cette catastrophe pour construire la prochaine civilisation sacrée, » dit Murakami-san. « Afin de fonctionner comme une organisation efficace, je voudrais vous expliquer la structure de Mahikari et comment vous pouvez l’aider à croître peu à peu, » continua-t-elle. « La structure de l’organisation est celle d’une pyramide. Au sommet, nous avons Dieu, puis vient notre sauveur. Dans ce monde physique, nous avons Keishu au sommet de la pyramide et directement en dessous d’elle, il y a de nombreux dirigeants. Ceux-ci sont chargés de régions particulières au Japon ou outremer. Certains d’entre eux ne sont pas en charge d’une région, ils sont chefs d’un département particulier à la maison-mère du Japon. Par exemple, il y a le chef du département des publications et celui du département de l’expansion outremer, etc. Les responsables en charge une région ont plusieurs subordonnés qui s’occupent des centres de cette région. Ces régions couvrent tout le Japon et le monde entier. Vous pouvez aussi devenir assistants de ces divers responsables.

« Comme nous sommes une organisation spirituelle avec Dieu au sommet de notre pyramide, la puissance divine coulent par l’intermédiaire de notre sauveur, de Dieu à Keishu dans le monde physique. Elle canalise alors la puissance vers nous à travers nos talismans divins via les divers dirigeants. Il est donc extrêmement important de maintenir cette structure afin de garder les canaux ouverts et maintenir un flot de puissance divine abondant. Si vous court-circuitez les dirigeants placés au-dessus de vous, la puissance ne peut pas couler et vous êtes coupés. Les membres sont la base de la pyramide et, plus la base est large, plus la pyramide grandit. Plus la pyramide s’élève, plus nous recevons de puissance et de protection de Dieu, » conclut Murakami-san.

« Que se passe-t-il si un des dirigeants au-dessus de moi ne fait pas bien son travail ou que nous ne nous entendons pas ? » fut la question d’un nouveau candidat.

« Dieu prend en charge cette situation. Pas besoin de s’en préoccuper. Si vous rencontrez ce genre de problème, prenez conscience que cela fait partie de votre entraînement. Soyez obéissant, car vous entrez dans la puissance divine et vous ne devez vous préoccuper que de cela. Soyez également conscient qu’un tel problème peut être la conséquence de votre karma négatif ou une perturbation de votre esprit possesseur, » répondit Murakami-san et elle continua.

« Etant donné que tous les dirigeants sont nommés spécialement par Keishu, qui est la représentante de Dieu sur terre, elle ne fait aucune erreur dans ce domaine. Keishu guide spirituellement ses disciples jour et nuit, donc ce qu’ils disent ou font est ce que Keishu et Dieu veulent qu’ils disent ou fassent.

« Il est important de suivre leurs conseils de manière obéissante, même si vous ne les comprenez pas sur le moment. Prenez conscience que c’est à travers cette structure hiérarchique que vous recevez la puissance. Veillez donc à garder vos canaux ouverts. Comprenez bien que ce cours ne représente que le commencement. A présent que vous avez établi un centre, nous devons tenir des séances d’étude régulières et approfondir ces sujets. J’espère que vous pourrez tous y assister régulièrement et apprendre ce que sont exactement les plans de notre sauveur et de Keishu. Nous tenons des cours supérieurs au Japon, mais, avant d’y assister, vous devez bien comprendre les enseignements de base donnés à ce cours élémentaire. Les enseignements des cours supérieurs sont très profonds et très avancés et les participants reçoivent encore davantage de puissance, » conclut Murakami-san.

« Quand savez-vous si quelqu’un a bien compris ces enseignements de base et est prêt à étudier le niveau supérieur ? » demanda quelqu’un.

« Nous saurons si vous êtes prêts lorsqu’il est clair que vous vivez ces enseignements. En d’autres termes, lorsqu’ils sont devenus votre chair et votre sang. Une des façons de le savoir, c’est quand nous constatons que vous avez amené au moins sept personnes à devenir des graines. Alors, vous êtes prêts, » répondit Murakami-san.

« Davantage de puissance ! Wendy et moi avons presque fait la moitié du chemin ! » pensais-je fièrement.

« Nous apprenons les enseignements et vivons des phénomènes qui ne sont accordés qu’à de rares personnes choisies. Apprendre les secrets profonds de Dieu est vraiment une bénédiction et ce privilège doit se mériter, » ajouta Murakami-san.

Ce fut à ce moment que Wendy et moi décidâmes de nous consacrer plus sérieusement à notre sauveur et à mériter le privilège d’apprendre les enseignements secrets.

J’avais plus de chance que les autres, car j’étais indépendant, ce qui me permettait d’arranger mon travail quotidien de façon à être disponible chaque après-midi à 14H00. Bien sûr, cela se traduirait par une diminution de mes revenus, mais je ne pouvais pas laisser quelques dollars se mettre en travers de mon chemin. Nous avions une mission à accomplir ! Nous étions en train d’être sauvés et nous étions protégés des perturbations d’esprit !

A partir de ce jour, nous fréquentions le centre six jours par semaine de 14H00 à 19H00 ; celui-ci entre-temps s’était rempli. Souvent, les visiteurs devaient attendre leur tour pour recevoir la lumière. Sur le temps qu’ils attendaient, ils pouvaient souvent observer les différentes formes de manifestation d’esprit, ce qui, bien sûr, les renfonçaient dans leur volonté d’être protégés. Entre-temps, nous, anciens membres, jouions simplement nos rôles de pionniers spirituels.

Chaque semaine, nous commençâmes des séances d’études, conduites par Grant, qui avait assumé le rôle de coordinateur. Lorsque Grant avait été guidé par Dieu à découvrir Mahikari au Japon, il avait reçu de nombreux cours particuliers de différents responsables du département de l’expansion en outremer. Ces responsables considérèrent sans aucun doute Grant comme une merveilleuse occasion de répandre l’esprit divin en Australie et même au-delà. Il avait été préparé pour cette mission et avait reçu tous les enseignements et révélations de notre sauveur disponibles en anglais. Nous considérions tous Grant comme notre guide, car il avait connu une carrière médicale éminente et il avait reçu son entraînement spirituel au Japon. A part Grant, personne dans nos rangs n’avait plus de connaissance ou d’expérience de Mahikari. Nous étions tous très heureux de cet arrangement. Les séances d’étude hebdomadaires étaient généralement bien suivies et duraient environ deux heures. Wendy et moi ne voulions pas en manquer une. Nous avons commencé à apprendre certaines prières japonaises, leurs significations et leurs valeurs spirituelles.

« Etant donné que la langue japonaise que nous connaissons aujourd’hui est dérivée de la langue originelle des Dieux des temps anciens, il est important d’acquérir une prononciation correcte, même si vous ne comprenez pas la signification des mots, » expliquait Grant.

Bien que leur langue semblait étrange à nos oreilles, nous essayâmes de reprendre quelques expressions japonaises communes et d’adopter certaines de leurs coutumes. De nombreux membres commencèrent à expérimenter la cuisine japonaise et l’arrangement floral. Je commençais à prendre des leçons de langue japonaise formelle. Il ne nous fallut pas longtemps avant de prendre les japonais pour modèles et nous pensions que, comme Mahikari était parti du Japon, tout ce qui venait du Japon devait être bon.

Cette attitude contribua à nous aliéner de la société ordinaire. Celle-ci ne nous concernait pas, car nous étions occupés à créer un nouvelle société centrée sur Dieu et nous savions que seuls ceux dotés d’oreilles pour écouter pourraient entendre et que tous les autres devraient simplement subir le courroux de Dieu et leurs perturbations spirituelles. Nous avions développé nos propres clichés spirituels, nos slogans et nos leitmotivs. Ce qui nous rendait unique était le fait qu’ils contenaient de nombreux mots japonais tirés des révélations divines. Quel mystère et quelle puissance nous avions sur les autres !

C’est environ à cette époque qu’un de nos pionniers, Yasuko Shimada, retourna au Japon. J’eus l’impression qu’elle pensait avoir rempli son rôle ici et cherchait à servir Dieu d’une autre manière. Quelle dévotion!

Les activités du centre étaient en forte croissance. Davantage de visiteurs se préparaient à devenir des graines et d’autres cours étaient prévus. Des appels téléphoniques venaient constamment des membres de toutes les grandes villes qui cherchaient des contacts ou des informations sur les prochains cours et nos séances d’étude hebdomadaires. Ces séances étaient à présent suivies par plusieurs membres de Sydney, Melbourne et Adélaïde. Le fait d’être isolé du centre de Canberra ne devait pas les empêcher de s’éveiller à la signification de leurs missions sacrées. Ces membres absorbaient chaque mot comme une éponge sèche et il ne fallut pas attendre longtemps pour que ces clichés et leitmotivs divins ne commencent à apparaître dans ces villes également.

Notre modeste petit centre remplissait également le rôle de quartier général. Ce fait, ainsi que toutes les allées et venues dans les locaux, me faisaient clairement penser que nous allions rapidement dépasser la capacité de notre centre.

Mes activités quotidiennes au centre commencèrent à inclure d’autres tâches, comme l’acquisition de fournitures, la prise d’appels téléphoniques, la coordination des permanences et la tenue de la caisse.

« Pouvoir offrir de l’argent à Dieu pour l’aider à accomplir son plan pour sauver l’humanité est une merveilleuse bénédiction, » furent les premiers mots de Grant lors d’une séance d’étude.

« Si les dons en argent sont faits volontairement et avec une attitude correcte, prenez conscience qu’il s’agit d’un merveilleux moyen de communiquer directement avec Dieu, de montrer sa gratitude, de demander pardon et d’éliminer péchés et impuretés. Les révélations divines disent que nous avons tous un karma financier très lourd, quel meilleur moyen, donc, d’éliminer ce karma que de donner cet argent à l’organisation de Dieu. En clair, plus il vous est difficile de donner de l’argent, plus vous devez donner de l’argent. Cela montre simplement la profondeur de votre karma financier. Les mauvais esprits essaient de vous empêcher d’éliminer votre karma, car leur influence sur vous diminuera. Ainsi, donner de l’argent vous évite toute sorte de perturbations spirituelles. Quelle bénédiction ! Ne soyez pas avare.

« Donner et il vous sera donné, enseigne notre sauveur. »

« Il voulait dire par là que, comme nous sommes des graines, Dieu souhaite bien sûr que nous réussissions dans notre mission. Ainsi, même si vous donnez votre dernier dollar, Dieu s’arrangera pour que vous receviez plus d’argent. Nous avons tous observé la puissance de la lumière, nous devons donc avoir foi dans ce que notre sauveur dit. Il existe huit types différents d’offrandes que vous pouvez faire et j’espère que vous pourrez les faire toutes au moins une fois par mois. Vous devrez faire certaines offrandes chaque fois que vous venez au centre pour donner et recevoir la lumière. Afin de montrer votre gratitude à l’avance pour ne pas donner à Dieu l’impression que vous le payez pour sa puissance que vous recevez. D’autres offrandes sont données pour recevoir une protection, pour demander pardon, pour demander quelque chose de spécial ou pour entretenir le centre. »

« Une offrande particulière est un montant fixe offert tous les mois afin d’exprimer notre gratitude à Dieu pour la puissance qui nous recevons de lui. Si nous ne faisons pas cette offrande, Dieu peut facilement couper le lien spirituel qui nous relie à lui. Si cela arrive, les mauvais esprits pourront enfin assouvir leur vengeance sur vous. Je connais de nombreux cas où cela est arrivé, il est donc important de faire cette offrande quelle que soit votre situation financière. En ce qui concerne les offrandes en général, notre sauveur dit que faire une offrande veut dire que Dieu vous permet de la faire. Donc, nous devons être très reconnaissants lorsque nous pouvons la faire. Au début, il n’est pas accordé à certaines personnes de faire des offrandes ou la somme qu’elles donnent est très faible, mais leur niveau spirituel augmente, Dieu leur permettra d’augmenter cette somme. »

« D’un point de vue pratique, nous devons prendre conscience qu’afin de créer la nouvelle civilisation sacrée, il nous faudra beaucoup d’argent. Donc, j’espère qu’il vous sera permis de donner généreusement, » enseignait Grant à un centre bondé de membres, de candidats et de curieux.

« Où va tout cet argent ? » demanda un visiteur, ce qui choqua ma droiture.

« Je suis étonné que quelqu’un me pose une telle question étant donné ce que je viens de dire. Mais si vous pensez qu’elle peut aider à votre salut, j’y répondrai. Comme Keishu est la représentante de Dieu sur terre et a reçu la responsabilité de sauver l’humanité, nous ne devrions avoir que de la gratitude envers elle. Une manière collective d’exprimer ce sentiment est de lui envoyer la totalité de l’argent, sauf celui offert spécialement pour l’entretien de notre centre. Elle utilisera cet argent afin de réaliser le salut du monde. Ainsi, vos offrandes faites ici contribuent au salut du monde. Il y a encore quelques points que j’ai oublié de mentionner tantôt. Lorsque vous faites une offrande, n’utilisez que de nouveaux billets propres et jamais de monnaie. Nous ne donnons que des billets propres, nous n’offrons pas à Dieu des choses sales ou impurs. Placez-les dans une enveloppe propre et indiquez de quel type d’offrande il s’agit, ainsi que votre nom. Ainsi, je peux voir qui peut avoir des difficultés à comprendre des offrandes particulières et je peux dès lors le guider. Par exemple, si une personne subit une perturbation d’esprit particulièrement sévère, Dieu peut permettre que cela se passe parce que la personne n’exprime pas assez sa gratitude ou son pardon. Une façon pour moi de l’aider à résoudre ce problème est de voir quels types d’offrandes fait cette personne. Dieu peut demander que la personne montre sa gratitude ou son pardon par des actes. Une manière efficace pour cette personne d’exprimer ces sentiments serait de faire des offrandes en fonction de son problème. Si une personne possède un lourd karma financier, peut-être qu’elle devait connaître une faillite plus tard, mais si la personne prend conscience de la profondeur de son karma financier et offre volontairement une bonne partie de ce qu’elle possède déjà pour le salut des autres, bien sûr, son karma ou sa dette spirituelle diminuera. Ainsi, par exemple, en faisant des offrandes sincères, la faillite pourra être évitée. Au Japon, j’ai entendu de nombreux cas de personnes qui se débattaient dans des problèmes financiers, mais, malgré cela, elles ont fait des offrandes avec une attitude de gratitude et de pardon et, peu à peu, leurs difficultés ont disparu. Selon notre sauveur, nous avons tous accumulé un karma terrible de toutes sortes. Si vous n’éliminez pas une grosse partie de ce karma avant l’arrivée de la nouvelle civilisation sacrée, nous ne serons pas dignes d’en faire partie. Les deux façons les plus efficaces d’éliminer ce karma négatif accumulé est de trouver d’autres graines et d’offrir de l’argent afin que Keishu puisse étendre sa grande oeuvre de salut du monde, » conclut finalement Grant après deux heures d’étude intensive.

Un grand sentiment d’urgence et de résolution nous enveloppa tous. Nous savions tous ce que nous avions à faire. Certains membres décidèrent de remanier leurs emplois du temps pour libérer du temps pour travailler pour Dieu, d’autres cherchaient un travail supplémentaire pour faire davantage d’offrandes. Nous n’avions pas le choix. Si nous voulions faire partie de la nouvelle civilisation sacrée, nous devions le mériter. Dieu nous a donné sa puissance, le moyen d’y participer, et plus rien d’autre ne comptait. Ces sentiments habitaient les membres de toutes les villes importantes d’Australie, de Nouvelle-Zélande et, via un message vidéo, ils furent transmis aux membres de Malaisie.

Nous étions tous débordants d’enthousiasme. Un enthousiasme alimenté par les communications et les visites personnelles fréquentes des responsables du département de l’expansion internationale de Mahikari Japon. Après six mois de notre initiation, Wendy et moi, dans notre cercle, avions amené 15 graines et un centre prospère à Canberra avait été établi et était déjà menacé de surpopulation. Des réunions de Mahikari étaient tenues dans presque toutes les villes importantes d’Australie. Des graines potentielles attendaient de devenir membres en Malaisie et en Nouvelle-Zélande.

La plupart des membres étaient si émus par la puissance de l’esprit et toutes les formes visibles de ses manifestations qu’ils faisaient de grands efforts pour amener d’autres graines. Mon beau-père et ma belle-mère, Henry et Mary, étaient devenus des graines. Au début, Henry dut surmonter de nombreux obstacles, car c’était un vétéran des campagnes destinées à chasser l’armée japonaise de la Nouvelle Guinée et de Bornéo au cours de la deuxième guerre mondiale. Il ne pouvait pas oublier les atrocités perpétrées par les soldats japonais sur ses compatriotes et avait souffert de cauchemars fréquents depuis lors. Il espérait que la lumière pourrait l’aider à atténuer le problème et, comme les responsables japonais de Mahikari qu’il avait rencontrés appartenaient à une génération plus jeune, il accepta finalement sa mission de graine.

Les membres se rendirent vite compte de la profondeur de leur karma financier et cela se traduisit par un flot d’argent à sens unique vers Keishu au Japon, flot qui était en augmentation énorme.

« Aujourd’hui, nous allons étudier quelle sorte d’attitude à avoir lorsque vous étudiez et pratiquez les enseignements divins, ». Ce fut par ces mots que Grant nous accueilli lors de cette séance d’étude.

« D’abord, il est nécessaire d’abandonner toutes les idées préconçues sur Dieu, la religion et les points de nature spirituelle. Ecoutez et suivez notre sauveur. C’est essentiel si vous voulez être sauvés. Plus vous mettez en doute ce qu’il dit, plus votre chemin vers le salut sera long et ardu. Votre bon sens est basé sur des idées préconçues et conditionnées et c’est ce que vous devez abandonner à présent. A cause de nos profondes impuretés spirituelles, notre perception des choses est complètement différente de celle de Dieu, si nous continuons à utiliser notre propre raison ou notre bon sens, nous allons nous égarer. C’est pourquoi il est nécessaire de suivre simplement les enseignements de notre sauveur, car ce qu’il enseigne est la volonté de Dieu. Ainsi, le grand fossé entre Dieu et vous se réduira petit à petit. Ouvrez vos coeurs et vos esprits à ces enseignement divins. Vous n’avez rien à craindre. Par exemple, si vous calculez que vous offrez beaucoup trop d’argent ou que vous consacrez trop de temps à Dieu, notre sauveur dit : « Dieu possède une calculatrice divine et connaît la situation de notre compte en banque spirituel. Efforcez-vous de maintenir un bon solde créditeur sur votre compte spirituel. C’est tout ce qui compte. » Parce que Dieu a besoin de vous pour travailler pour lui. Dieu ne va pas se passer de vous indéfiniment. », expliqua Grant.

« Je suis récemment tombé sur un livre intitulé, ‘Dojo, Magic and Exorcism in Modern Japan’. Je ne l’ai pas encore fini, mais dans ce livre l’auteur dit de très vilaines choses sur Keishu. Avez-vous lu ce livre et est-ce vrai ? » fut une question inopportune posée par un candidat au cours.

« J’ai entendu parler de ce livre. Je sais qu’il a été écrit par un universitaire, qui, traditionnellement, n’aura pas la même perception des choses de nature spirituelle. Il ne croit probablement pas en Dieu, donc ce qu’il écrit n’a pas de valeur pour nous. Notre sauveur dit que nous ne devrions lire et étudier que ses enseignements ou d’autres publications de Mahikari. Sinon, notre confusion ne fera qu’augmenter et nous nous égarerons. Il dit que d’autres livres spirituels peuvent contenir certains fragments de la vérité et comme vous pouvez reconnaître ces fragments, vous tomberez dans le piège de croire que tout ce qui se trouve dans ces livres doit être aussi la vérité. Ce serait une grave erreur. Suivez simplement ce que notre sauveur dit de manière obéissante et tout se passera bien. La grande puissance de la lumière qu’il vous a transmise témoigne de la vérité de ce qu’il enseigne, » conclut Grant avec confiance, sachant que le sujet ne sera jamais plus abordé.

Traditionnellement, ces études devenaient des occasions de partager expériences et prises de conscience et d’entendre les progrès de nos activités d’expansion. De plus en plus de personnes venaient de villes lointaines et repartaient toujours inspirées par la suprématie de notre sauveur et baignées dans une protection divine incroyable.

Peter, An et Anthony étaient venus à plusieurs reprises de Melbourne pour assister à ces études. Etant de jeunes étudiants dépourvus de voiture, ils faisaient de l’auto-stop, ce qui leur prenait environ 10 heures par trajet. Ils étaient si assoiffés d’enseignements divins que les considérations pratiques, comme l’absence de voiture ou le manque permanent d’argent, n’avait pas d’importance. Quels exemples ils donnaient à nous tous.

« A dans quelques semaines. Nous allons faire du stop pour retourner à Melbourne. Prions pour que des mécanismes divins nous permettent de retourner chez nous sans problèmes, » dit Peter en partant.

« Bien sûr, si on pense à la calculatrice divine de Dieu, quelle protection ils doivent recevoir, » pensais-je en leur disant au revoir à la porte du centre. Ce ne fut que quand Wendy et moi arrivâmes au centre à 14H00 précises le lendemain que nous apprîmes la nouvelle.

« L’homme qui les a pris en stop à la périphérie de Canberra a eu une collision frontale avec un camion lourdement chargé. Ils sont tous morts ! Le chauffeur du camion est indemne. Selon la police, le chauffeur de la voiture roulait trop vite et se déporta sur la bande opposée en négociant un virage et entra en collision frontale avec le camion à grande vitesse. Tous les quatre sont morts. La police dit que certains corps ne sont pas reconnaissables. Ils n’étaient partis que depuis une heure. J’en ai informé la maison-mère de Mahikari au Japon. Ils ont posé de nombreuses questions et ils me recontacteront, » expliqua Grant, d’une voie solennelle.

Comme tout le monde finissait par entendre les tragiques nouvelles, ils étaient extrêmement choqués. « Pourquoi ? Comment ? » étaient la réaction immédiate de tous.

« Mais n’étaient-ils pas des graines bénéficiant d’une protection spéciale ? » étaient les questions qui se bousculaient dans notre esprit et qui exigeaient des réponses satisfaisantes.

C’était devenu une période où les interprétations spirituelles de tout événement, même mineur ou apparemment insignifiant, abondaient. « C’est leur karma. Perturbation spirituelle intense. Un avertissement pour nous tous pour travailler plus. Peut-être avaient-ils de plus grandes missions à assumer dans le monde des esprits. Peut-être que notre sauveur les voulait avec lui. Peut-être est-ce un sacrifice, » étaient les réponses typiques revenant dans le flot constant d’interprétations spirituelles. Tout le monde essayait de justifier les raisons de ce tragique accident. Surtout à nous !

« Cet accident tragique est un test de notre foi, donc soyez fort et prenez conscience de la profondeur de nos péchés et de nos impuretés. J’ai contacté la maison-mère au Japon dès que j’ai appris la nouvelle pour être guidé. Leur réponse fut que ce grave avertissement n’a pu être permis que parce qu’ils avaient été impliqués dans des activités homosexuelles ou d’autres formes de comportement sexuel illicite. Ils ont aussi dit que cet accident est un avertissement pour nous tous, car Dieu ne veut utiliser que des gens purifiés pour l’aider à construire la nouvelle civilisation sacrée. Nous devons tous faire de grands efforts pour nous purifier avec la lumière et en répandant l’art divin du salut. Comme nous le savons, notre sauveur enseigne que notre façon de mourir ou la condition de notre corps au moment de la mort, est une indication du niveau du monde des esprits où nous allons, » conclut Grant en transmettant les directives divines reçues de la maison-mère du Japon et demandant à tout le monde de prier pour le salut de leurs âmes qui souffraient en enfer. Wendy et moi commençâmes à comprendre que nos péchés et nos impuretés étaient plus profonds que nous l’avions pensé au début. Ce sentiment se renforça lorsque Grant fit également référence aux enseignements de notre sauveur qui indiquait clairement que, bien que les graines de la civilisation sacrée recevront de grandes protections, nous devons aussi comprendre que nous avons un karma négatif plus important que les autres. C’est pourquoi Dieu, dans sa miséricorde, nous a sélectionnés comme graine ! En sachant cela, nous savons qu’il n’y aurait pas de retour. A partir de cet incident, il fut décidé qu’à l’avenir, nous devions filtrer les candidats aux cours. Nous ne voulions pas encourir le courroux de Dieu une nouvelle fois. Les candidats devaient remplir un questionnaire concernant leur situation familiale et leur mode de vie domestique. On espérait que ces informations fournies par les candidats nous avertiraient si des homosexuels, des lesbiennes ou des concubins avaient l’intention de devenir membres. Les mots « Dieu ne tolérera pas de telles activités » résonnaient encore à nos oreilles. Nous ne voulions pas faire du mal à ceux qui ne pouvaient pas ou ne voulaient pas se conformer. Il fut souligné encore et encore que nous étions occupés à créer un groupe élu de personnes spirituellement très pures. Nous étions alors tous prêts à croire et à faire n’importe quoi.

La volonté de notre sauveur était un ordre et il nous incombait de la transmettre aux autres, surtout aux nouveaux candidats.

L’intégration et la communication avec le monde réel devenaient de plus en plus difficiles. Nous regardions tous les visiteurs du centre avec suspicion, de crainte qu’ils n’aient commis des péchés sexuels. On nous avait enseigné qu’il nous fallait créer une civilisation pure avec uniquement des sujets volontaires. Il n’y avait pas assez de temps pour les réhabilitations à long terme. Nos conversations quotidiennes étaient pleines de clichés divins, contenant souvent des mots japonais qui nous rendaient généralement assez difficiles à comprendre. Nous ne manquions pas de fournir nos interprétations spirituelles personnelles de tout incident. Nous donnions ces interprétations spirituelles sans qu’on nous le demande et elles étaient souvent en contradiction flagrante avec l’interprétation des autres du même événement. Ce qui n’avait pas d’importance, puisque la possibilité existait toujours que les deux interprétations soient correctes.

Au point que, si quelqu’un se cognait la tête, un véritable flot de significations spirituelles se déchaînait.

Ce fait servit simplement à diminuer l’estime que chacun avait de lui-même et de nombreux membres préféraient ne pas parler de leurs problèmes de crainte d’être submergés d’un flot d’interprétations.

Le questionnaire récemment introduit avait quelque peu endigué le flot de candidats au cours, ce qui nous permit de souffler un peu pour préparer une structure d’organisation solide pour la future expansion en Australie et outremer.

Grant et moi étions devenus assez proches et ce fut tout naturellement qu’il me demanda de devenir son assistant.

« Garry, la maison-mère de Mahikari au Japon m’a demandé de passer quelques semaines avec eux pour m’entraîner à devenir un dirigeant. Je me sens vraiment honoré et béni que notre sauveur m’ait choisi. Pendant mon absence, pourrais-tu prendre tout en charge ? Tu en connais suffisamment à présent, » demanda Grant, sachant tout aussi bien que je serais honoré de tenir la barre pendant quelques semaines.

« Nous, en tant que pionniers, devons constamment être conscients que notre karma négatif est bien plus important que celui de la plupart des gens, donc Dieu attend plus de nous, » furent les mots de Grant adressés à tous les membres lors de son départ pour son entraînement et sa future ordination au Japon. Nous nous sentions tous très honorés d’avoir bientôt notre propre dirigeant pour l’Australie.

« Notre mission est plus sacrée et plus importante que je n’ai pu jamais l’imaginer, Garry, » déclara Grant, exalté, un mois plus tard, lors de son retour triomphal.

« J’ai à présent été ordonné dirigeant de Mahikari. J’ai rencontré Keishu au Japon à plusieurs occasions et elle m’a dit qu’elle attendait de grandes choses de nous et que l’Australie avait une mission spéciale, » continua Grant d’une nouvelle voix.

« Prépare-toi à bientôt visiter le Japon, Garry. Je lui ai parlé de toi aussi. »

J’étais aux anges d’entendre que, parmi tous les membres, j’avais été cité dans une conversation avec Keishu, la représentante de Dieu ! Mon interprétation de cet événement était que Dieu plaçait un grand espoir en moi et je pris la résolution que, moi aussi, je visiterais le Japon dès que Dieu me le permettrait.

« Etant devenu dirigeant et afin de s’accorder avec la manière de faire dans Mahikari, il faut à présent m’appeler Maître Grant Thompson. Si vous m’appelez Maître, vous recevrez la puissance et la protection divine d’un dirigeant qui dispose d’un canal ouvert vers Keishu. Si vous m’appelez simplement Grant, vous ne recevez que la puissance et l’aide de Grant, » expliqua le nouveau Maître Grant Thompson.

Pendant son absence, les activités du centre avaient continué à augmenter à tous les niveaux et de nombreux domaines exigeaient une attention immédiate.

« Nous devons vraiment prendre nos dispositions afin de trouver un centre plus grand. Certains voisins se plaignent de toutes ces voitures garées dehors, ainsi que du bruit. On peut parfois entendre les chants japonais et les battements de mains à 100 mètres, voire plus. Le centre est simplement devenu trop petit. » expliquais-je au Maître Grant Thompson au cours d’une de nos agréables réunions de planification. Tous les membres ressentaient également l’urgence de trouver un nouveau centre plus grand et il fut décidé que nous devions concentrer notre attention sur ce projet jusqu’à ce que nous en trouvions un.

Je jouais à présent le rôle de second dans tous les domaines. Keishu avait entendu parler de moi par le Maître Grant Thompson durant son voyage au Japon et j’étais déterminé à ce qu’elle en apprenne davantage de moi à l’avenir.

Plusieurs mois plus tard, on trouva des locaux convenables qui pouvaient accueillir environ 300 personnes pour la place destinée aux activités spirituelles. Ces locaux offraient également une même superficie qui pouvait être divisée en bureau, salle d’étude et de travail. Dieu nous avait guidés à trouver exactement ce dont nous avions besoin. Même si le nouveau centre était plus grand que nos besoins actuels, nous nous rappelions les mots de notre sauveur : « Un petit objet demande un petit récipient, un grand objet demande un grand récipient. »

« Notre grand récipient se remplira de personnes en temps utiles. Ayez la foi, » nous guidait le Maître Grant Thompson.

« Comme nous l’avons étudié au cours élémentaire, Keishu occupe le sommet de notre pyramide et nous en sommes la base. Comme la base s’étend, le sommet de la pyramide, dans ce cas, Keishu, s’élève, ce qui accroît encore le flot de puissance vers nous. En Australie, le centre de Canberra est le sommet de la pyramide. S’il est permis à celui-ci de s’élever, la base, c’est-à-dire les membres australiens, s’élargira et la puissance de salut augmentera. Je vous demande donc à tous de nous aider à établir notre nouveau centre à Canberra. Nous avons besoin de milliers de dollars pour le réaliser. C’est une merveilleuse occasion de montrer notre sincérité à Dieu, d’effacer notre karma négatif et de recevoir davantage de protection contre les mauvais esprits. Les personnes à qui il sera permis de faire des efforts héroïques deviendront vraiment des graines pour la prochaine civilisation sacrée. » Voilà le contenu de l’étude du Maître Grant Thompson sur la signification des offrandes transmis aux membres de toutes les villes importantes d’Australie.

Il était bien naturel maintenant que les membres désirent ardemment devenir des graines, éliminer leur karma négatif et soient épargnés de la terrible influence des mauvais esprits et, comme prévu, l’argent arriva abondamment de chaque ville, une semaine ou deux après les visites du Maître Grant Thompson. Si les membres ne disposaient pas immédiatement de liquide, ils pouvaient aussi prendre un prêt et beaucoup le firent. Plusieurs jeunes familles empruntèrent 2.000 à 5.000 dollars chacune. Une famille avait cinq enfants et emprunta 5.000 dollars.

« Dieu a besoin d’argent maintenant et, en outre, le jugement de Dieu peut survenir à n’importe quel moment, » était notre pensée à tous à ce moment, qui justifiait ces offrandes.

Entre quatre et cinq cents personnes purent assister à la cérémonie d’inauguration du nouveau centre de Canberra. Des invités spéciaux étaient présents, dont des politiciens et de nombreux responsables locaux. Keishu envoya un de ses représentants qui lut un discours spécial qu’elle avait préparé. Les membres étaient venus de tous les Etats d’Australie, ainsi que de Nouvelle-Zélande et de Malaisie.

« Un pas de géant dans l’avancement du programme de Dieu qui s’étend sur des milliards d’années a été effectué aujourd’hui, » étaient, entre autres, les mots contenus dans le message spécial de Keishu. Et nous y avions tous participés activement ! Quelle bénédiction ! D’autres discours spéciaux suivirent et des membres racontèrent que, en dépit de graves difficultés, Dieu leur avait permis de donner de grandes contributions financières. Certains avaient vendu des objets de valeur et même parfois leurs voitures. D’autres avaient pris un emploi supplémentaire. Une brave vieille dame avait vendu des gâteaux au centre commercial local. Ces discours nous remplirent tous d’une grande émotion et nous débordions de gratitude pour avoir pu participer à ce pas de géant pour le salut de l’humanité. Presque tout le monde avait sorti son mouchoir. Dieu était content de nous.

« Dans le royaume où Dieu réside, tout est bien sûr de très grande qualité et existe en abondance. Ce centre est aussi proche du royaume de Dieu que l’on peut l’imaginer ici en Australie. Nous n’avons pas épargné nos efforts en essayant de reproduire le monde de Dieu grâce aux efforts de tout le monde. Lorsque vous visitez le centre, prenez conscience que vous ne pouvez pas être plus près des cieux, » furent les mots de clôture du Maître Grant Thompson à la fin de toutes les activités. Les membres purent alors apprécier ce qui avait été construit pour eux. C’était vrai, c’était un endroit luxueux et somptueux pour servir Dieu. Mahikari en Australie avait enfin atteint sa maturité.

« Garry, à présent que nous avons réalisé notre nouveau centre, profitons-en pour gérer ce centre comme un vrai centre de Mahikari, » expliqua le Maître Grant Thompson.

« Tu veux dire de la même manière qu’au Japon, » demandais-je.

« Pas seulement de la même manière qu’au Japon, il s’agit de la façon dont tous les centres fonctionnent que ce soit au Japon, aux Etats-Unis ou en Europe. Nous pouvons procéder petit à petit. Nous pourrions tenir une série d’études pour l’enseigner à tout le monde, » m’expliqua le Maître Grant Thompson de manière convaincante.

Dans les deux semaines, tout le monde avait appris une nouvelle routine divine, qui impliquait d’enlever ses chaussures à l’entrée, de se laver les mains, d’indiquer son nom dans un cahier, de faire des offrandes en face de l’autel, de saluer et de frapper dans les mains correctement, puis de saluer tout le monde à genoux dans le fond de la salle spirituelle. Il fallut un peu de temps pour que tout le monde maîtrise tout correctement, mais si c’était ce que Dieu voulait, qui étions nous pour en douter. Le Maître Grant Thompson nous encouragea petit à petit à suivre la procédure correcte dans le centre.

« Où que vous alliez dans le monde, c’est la façon de faire commune à tous les centres de Mahikari, » nous assura Grant.

L’administration était à un tournant. En tant que vrai centre, nous avions des responsabilités à assumer, comme le paiement du loyer et le remplissage de notre nouveau récipient.

La maison-mère au Japon nous aida très efficacement de sorte que ces responsabilités devaient devenir les responsabilités des membres.

« Les membres doivent faire promesses d’offrandes, comme Dieu a promis de créer une nouvelle civilisation, » étaient leurs mots d’encouragement à nous tous, mots inspirés par Dieu.

« Maintenant que les offrandes de tout le monde sont enregistrées correctement, nous pouvons guider ceux qui éprouvent des problèmes dans ce domaine, » suggérais-je au Maître Grant Thompson.

« Exactement ! Assure-toi que le côté administratif des choses ne rencontre pas d’obstacles. Au cours de mes prochains voyages dans les antennes de l’organisation, je donnerai des études sur l’importance du soutien à Canberra, le sommet de la pyramide, » répondit le Maître Grant Thompson.

Les antennes de l’organisation s’étaient étendues simultanément dans tous les Etats et connaissaient les visites fréquentes du Maître Grant Thompson. Nous formions une excellente équipe. Je prenais la barre au cours de ses longues et fréquentes absences. Entre-temps, Maître Grant Thompson parlait à des réunions publiques, tenait des séances d’études et, parfois, apparaissait à la télévision australienne. « Je suis très impressionné par le comportement de nos membres dans les autres Etats, car, sans leur généreux soutien, nous ne pourrions pas payer notre loyer, » expliquais-je aux membres lors de la première séance d’étude que je dirigeais. « Ils semblent avoir vraiment compris la signification du soutien à donner au sommet de la pyramide. Quelle foi et quel dévouement ils nous montrent. Dieu doit vraiment être content d’eux. Maître Grant Thompson m’appelle presque tous les jours d’une ville différente et raconte les protections et les mécanismes merveilleux qu’ils reçoivent. Nous ne devons pas oublier Keishu, qui est le sommet de la pyramide. Donc, pour exprimer notre gratitude et notre pardon, nous devons faire tout notre possible pour l’aider. » J’étais à présent le numéro deux de fait de Mahikari Australie. Les membres étaient si conscients de leurs missions sacrées que les activités de recrutement ne faisaient que croître. Tous les Etats d’Australie possédaient un centre prospère, avec des activités et des procédures quotidiennes basées sur ce qu’ils avaient vécu au centre de Canberra.

Les activités de recrutement commencèrent en Nouvelle-Zélande et en Malaisie et on prépara également des programmes d’expansion de l’esprit divin dans d’autres pays voisins. Les communications entre la maison-mère de Mahikari au Japon se faisaient sur une base presque quotidienne et il devenait clair qu’une expansion similaire et une augmentation des activités de recrutement avaient lieu sur le plan mondial et en parallèle avec ce que nous vivions ici dans notre région. Au cours de l’une de ces communications, la formation d’un groupe dissident au Japon fut mentionnée. Pour dissiper toute inquiétude à ce sujet, on nous expliqua que, étant donné que Mahikari était si positif et si puissant, il était inévitable que les autres essaient de l’imiter.

« C’est la nature humaine, par opposition à la nature divine, » m’assura le Maître Grant Thompson et il poursuivit. « Comme ce sujet a peu d’importance, il n’y a pas lieu de s’en préoccuper. Plutôt que de troubler tout le monde, la maison-mère suggère que nous n’en faisions pas allusion aux membres ». On ne parla plus jamais du sujet. C’est environ à cette époque, plus ou moins deux ans depuis le début de Mahikari en Australie, que le Maître Grant Thompson fut nommé professeur du cours. Jusqu’à présent, tous les cours avaient été donnés par différents responsables japonais qui avaient reçu cette responsabilité spéciale et tant convoitée. Nous étions donc enchantés le jour où le Maître Grant Thompson commença son premier cours au centre, rempli d’environ 300 à 400 membres et candidats.

« Dieu est vraiment content de nos efforts. A partir de maintenant, il sera bien plus facile de préparer des graines. Dieu a permis à cette région d’avoir son propre professeur. Ce qui nous permettra à tous de nous élever spirituellement beaucoup plus rapidement. Ne prenez pas cela à la légère, » avertit le Maître Grant Thompson devant une assistance fascinée.

Ce ne fut pas vraiment une surprise lorsque, quelques mois plus tard, Maître Grant Thompson m’appela dans son bureau pour discuter de ma prochaine ordination.

« Garry, Dieu permet une expansion très rapide. Je dois visiter la Malaisie, Singapour et les Philippines. Il y a des dizaines de personnes dans ces pays qui attendent de devenir des graines. Je veux que tu ailles au Japon pour quelques semaines en vue de devenir un dirigeant, » dit le Maître Grant Thompson.

« Bien sûr ! Je me sens très honoré que Dieu me choisisse pour jouer un rôle majeur dans son programme, » répondis-je ravi.

« Réfléchis profondément à cela en te souvenant ce que nous enseigne notre sauveur : ‘Le fait que vous soyez un de mes disciples indique que vous avez des impuretés plus profondes que les autres, mais Dieu, dans sa grande miséricorde, vous tend sa main pour vous sauver en travaillant pour lui avec de grandes responsabilités. C’est n’est que de cette façon que vous pouvez être sauvé, » cita le Maître Grant Thompson, testant ma résolution.

« Il me semble que Dieu me tend sa main. Comment pourrais-je la refuser, » répondis-je d’une voix solennelle.

« Je ferais bien de revoir mon japonais, » ajoutais-je.

« Cette année, je voudrais préparer un groupe sélectionné de membres pour effectuer un pèlerinage spirituel au Japon. Lorsque ces membres reviendront, ils ajouteront une grande stabilité à notre organisation et inspireront les autres. Le personnel de la maison-mère du Japon s’occupera des divers arrangements pour nous et Dieu peut même nous permettre de rencontrer Keishu. Rencontrer Keishu serait l’événement le plus important et le plus marquant de la vie de quelqu’un. C’est comme être face à Dieu, il ne faut donc pas le prendre à la légère. Les membres qui pourront participer à ce pèlerinage doivent d’abord assister à une étude sur la signification et la supériorité de Keishu, » expliqua le Maître Grant Thompson aux membres de tous les centres qu’il visita en Australie, incitant tout le monde à prendre sérieusement en compte cette invitation divine.

Plus tard au cours de cette année-là, 22 Australiens, y compris Wendy, notre nouveau bébé et moi-même, atterrissions à l’encombré aéroport international Haneda de Tokyo.

« Dieu vous avait préparés et avait poli vos âmes au cours de nombreuses réincarnations pour ce pèlerinage. Grâce aux divers mécanismes invisibles de Dieu et à votre lien étroit et spécial avec Dieu, il vous est permis de visiter le Japon, le pays de l’origine de l’esprit humain, » déclara Maître Tanaka, responsable en chef du département international à notre arrivée lors de la réception donnée en notre honneur.

« Le fait que vous soyez ici au Japon signifie aussi que vous avez une relation spirituelle étroite avec ce pays sacré. Vous découvrirez la vérité de mes paroles au cours de votre séjour ici. Vous avez été choisis par Dieu pour être les soldats pionniers de la croisade sacrée de Dieu contre les forces du mal. Pour le salut de vos compatriotes, je vous en prie, faites de votre mieux pour apprendre autant que possible au cours de votre courte visite au Japon, » conclut le Maître Tanaka dans un anglais étonnement clair.

Selon la tradition japonaise, d’autres discours formels de bienvenue se succédèrent.

Chaque intervenant de la maison-mère nous souhaitait une chaleureuse et cordiale bienvenue, poursuivant par des paroles renforçant nos missions sacrées. Tout le monde était si chaleureux et amical, si impatient d’entendre de notre bouche les récits de nos activités en Australie.

Beaucoup de membres du personnel connaissaient un peu d’anglais, mais peu le parlait couramment. A la fin de toutes les activités formelles, une réception somptueuse fut de tout coeur appréciée par tous. Ce fut une merveilleuse occasion pour nous tous de se connaître, d’échanger des points de vue culturels et de partager notre idéal commun de construire une civilisation sacrée. Me sentant détendu et à l’aise, j’essayais de converser dans mon japonais enfantin, à la grande joie de nos hôtes.

« Demain, vous allez rencontrer Keishu, elle pourra même vous serrez la main. Vous avez fait un long voyage et vous avez eu une dure journée, nous allons donc clôturer toutes les activités de ce jour et nous reposer. Après la cérémonie d’anniversaire de demain, tous les étrangers auront l’occasion de rencontrer Keishu, la représentante de Dieu sur terre. Portez vos plus beaux vêtements et mettez des sous-vêtements propres. Dans vos prières ce soir, priez pour que votre esprit et votre attitude restent purs en sa présence. Keishu a le pouvoir de lire dans vos pensées ; elle sait exactement ce que vous pensez, ne la décevez donc pas. Lorsque ce sera votre tour de la saluer, vous devez vous incliner profondément, pour que vos yeux ne soient pas au dessus des siens. »

« Lorsque vous la saluez, vous pouvez regarder son visage, mais pas le fixer. Si elle tend sa main vers vous, prenez-la doucement. Lorsque elle lâche votre main, vous devez faire de même immédiatement. Ne lui posez pas de questions, mais vous pouvez dire quelques mots de salutations si vous le souhaitez. Souvent, les gens ressentent après une grande chaleur dans leurs mains. Certaines personnes vivent même des miracles, mais quoi qu’il arrive, spirituellement vous êtes une personne différente. Ce que vous recevrez spirituellement d’elle sera fonction de votre foi et de votre dévotion envers elle, » furent les paroles inspirant le respect du Maître Tanaka lorsque nous portâmes un dernier kampai avec nos nouveaux amis et que nous nous préparions à partir pour notre hôtel.

Se réveiller dans un pays exotique provoque un sentiment d’excitation. En plus de cela, savoir que cette après-midi-là nous allions tous rencontrer Keishu, la représentante de Dieu sur terre. Un être divin dont la sphère d’influence s’étendait à présent dans presque tous les pays du monde. Elle avait reçu la mission de diriger toute l’humanité sur l’étroit chemin menant vers Dieu. Elle conversait régulièrement avec Dieu et nous allions la rencontrer face à face. Peut-être même la toucher. Elle savait que nous venions et elle me connaissait même.

Portant nos plus beaux habits, nous arrivâmes vers 09H00 au Nikon Budokan de Tokyo, le lieu de la cérémonie anniversaire annuelle. Quelle vue magnifique nous enveloppa. La première indication que nous approchions de ce lieu furent les longues files d’autocars, qui, comme on nous l’avait dit, étaient venus des quatre coins du Japon cette nuit. Le long de toutes les routes principales menant à l’énorme immeuble, il y avait des rangées de membres du groupe des jeunes de Mahikari. Tous portaient des vestes vertes, des casquettes vertes et des pantalons et des chemises blanches. Lorsque chaque invité passait devant eux, ils s’inclinaient respectueusement avec un timing précis. Quand notre petit autocar transportant 22 étrangers passa devant eux, leurs saluts furent suivis de gestes spontanés et de cris.

En descendant de notre car, nous fûmes accueillis par un flot d’acclamations et d’applaudissements. En arrière-plan, on pouvait entendre une fanfare jouant une musique aux accents militaires frappants. Le groupe des jeunes marchaient au pas devant la grande entrée de l’énorme immeuble.

Des milliers de personnes grouillaient dans l’immense parking, attendant leur tour dans la file pour entrer. Nous fûmes conduits à travers ce vacarme à un point d’attente calme où on nous demanda de rester jusqu’à ce qu’on nous demande d’entrer en groupe ordonné. Enfin, il fut évident que tout le monde se groupait par centre respectif et se préparait à entrer ainsi. Notre tour arriva bientôt. Une longue file de membres du groupe des jeunes à la veste vertes commença à marcher au pas, accompagnés par le son retentissant de la fanfare jouant des musiques militaires. On nous dit de nous préparer, car tous les étrangers devaient suivre les membres du groupe des jeunes. De jeunes stagaires-dirigeants japonais se mêlaient à nous pour nous ranger en ordre du mieux qu’ils pouvaient pour former ce qui ressemblait à trois rangées. On nous donna le signal de suivre immédiatement le grand contingent européen.

En entrant dans la haute salle, j’eus presque le souffle coupé. Vingt mille membres de Mahikari se levèrent, accompagnés d’applaudissements chaleureux. Je pouvais entendre la voix tonnante du speaker présentant chaque pays qui entrait. Il semblait que tous les pays de la terre étaient représentés. Comme ce devait être les débuts de l’Australie, la foule sembla s’enflammer à l’annonce de l’Australie. Quel spectacle de son et de couleur. Les drapeaux représentants chaque région ou pays étaient dressés en face de l’autel à l’entrée de chaque groupe. Je pouvais voir notre drapeau mis en évidence au centre. L’Australie faisait à présent partie du programme de Dieu. Les applaudissements assourdissants continuèrent même bien après que tous les étrangers aient pris leurs places réservées à l’avant. Soudain, les applaudissements cessèrent, comme si un ordre silencieux ou invisible avait été donné. Etait venu un moment de contemplation et de réflexion profonde avant l’apparition de Keishu sur la scène devant l’autel. Le point central de l’autel était le grand cadre japonais à présent familier. Ce type de cadre est présent dans tous les centres et à tous les cours. Il y est inscrit deux caractères japonais, MA et HIKARI, signifiant LUMIERE et VERITE. Pendant ce moment de silence, je pouvais entendre des sanglots étouffés de quelques personnes submergées par des sentiments de respect, de gratitude et de pardon. C’était également une bonne occasion pour moi de regarder la gigantesque salle et je pouvais voir des rangées et des rangées d’étrangers de toutes les couleurs et de toutes les nationalités.

« Keishu va bientôt entrer. Tournez-vous vers Dieu et éliminez de votre esprit toutes pensées superflues, » annonça-t-on dans nos casques multilingues. Cette annonce fut suivie de 30 minutes de silence. « Keishu approche à présent de l’autel. Fermez les yeux s’il vous plaît ! ». Deux minutes et 200 battements de coeur plus tard, j’entendais l’annonceur dire, « Ouvrez les yeux ! Nous allons commencer la cérémonie. Nous prions tous ensemble ! ». Je pouvais clairement voir Keishu qui se trouvait à environ dix mètres de moi. Nous commençâmes à prier. Pendant environ 30 minutes, 20.000 membres de Mahikari venus de tous les coins du monde se concentrèrent intensément en récitant les prières japonaises, tout en accordant toute leur attention sur Keishu. Nous étions un, un avec Dieu. Quel moment spécial de se trouver dans ce pays sacré des Dieux.

« La cérémonie est à présent terminée, félicitations à tous ! Keishu va à présent transmettre les enseignements divins, » annonça la voix. Beaucoup de membres prirent stylos et cahier, prêts à prendre des notes. Keishu se trouvait à présent face à son micro spécial. Dieu allait parler !

« Merci à tous d’être venu aujourd’hui malgré vos emplois du temps chargé, » furent les premières paroles divines, suivies par quelques mots brefs de bienvenue aux visiteurs australiens. Encore une fois, mon coeur fit un bond dans ma poitrine. Je savais que si elle pensait simplement à l’Australie, des miracles et des protections seraient accordés à l’Australie. « Notre présence ici aujourd’hui annonce l’élimination progressive des perturbations d’esprit qui affligent la plupart des Australiens, » pensais-je de manière moralisatrice.

Keishu parla du jugement de Dieu qui approchait et des purifications sans précédents que l’humanité subirait bientôt. Elle développa le sujet des purifications et dit qu’elles étaient nécessaires avant de pouvoir établir une nouvelle civilisation. « En fait, toute tragédie est la méthode de Dieu pour purifier ou nettoyer ce qui n’est plus acceptable ou qui est devenu inutile pour son programme, » expliqua Keishu.

Je repensais brusquement aux trois jeunes membres du groupe des jeunes de Mahikari de Melbourne qui trouvèrent une mort tragique dans un accident de voiture peu après leur départ du centre de Canberra. Je pouvais voir que Dieu était déjà occupé à purifier la terre et qu’ils n’avaient pas leur place dans son programme. Toutes ces pensées me remplissaient la tête.

Lorsque Keishu eut fini son discours sur les enseignements divins, l’assistance fit éclater un tonnerre d’applaudissements.

« Keishu va quitter la salle. Fermez les yeux s’il vous plaît ! », annonça la voix. Pendant deux heures, nous entendîmes des témoignages bouleversants de membres, suivis de discours improvisés et finalement, on nous offrit d’agréables divertissements japonais traditionnels. Entre-temps, on nous avait annoncé que tous les politiciens et les invités d’honneur allaient quitter la salle, il semblait que tout le monde avait sorti son mouchoir. Il devait être environ 15H00 lorsque la voix de l’annonceur invita enfin le groupe australien à se lever et à se diriger vers la sortie. Nous fûmes de nouveau accompagnés par un tonnerre d’applaudissements des 20.000 membres.

« SAYONARA ! ! SAYONARA ! ! » remplaça peu à peu les applaudissements tandis que tout le monde se levait pour nous souhaiter au revoir.

Un jeune stagiaire japonais nous guida vers la grande salle de réception où on nous dit d’attendre avec les 400 autres étrangers. Ce fut pour nous une merveilleuse occasion de nous mêler aux autres. La plupart des membres à la peau noire ne parlaient que français et j’appris qu’ils provenaient de la région de l’Ouest africain, où on me dit qu’il y avait des dizaines de milliers de membres. Les membres d’Amérique du Nord étaient impatients de parler, car la plupart des étrangers ne parlaient pas beaucoup anglais. Il était agréable de converser avec les membres américains, bien que notre anglais soit parsemé de mots japonais et des clichés par trop familiers concernant les mécanismes divins, les perturbations d’esprit, le bon et le mauvais karma, etc. Cela nous permit de renforcer l’idée que nous étions bien tous des membres d’une vaste armée internationale en pleine expansion regroupant des amis pionniers.

Les stagiaires-dirigeants se précipitaient à toute vitesse partout. Un tapis rouge fut déroulé, des paravents et des chaises furent placés. Pendant ce temps, la tension montait. Dans un frisson d’excitation troublant, on nous fit former une grande file selon nos pays respectifs. Keishu était à présent assise à l’autre extrémité de la salle de réception et avait commencé à saluer les étrangers un par un. Il y avait environ 200 membres avant le groupe australien. Environ 20 minutes s’étaient écoulées lorsque je m’inclinais enfin révérentieusement devant Keishu, prenant doucement sa main. Maladroitement, j’essayais de la saluer dans mon frustre japonais, mais les mots ne sortaient pas facilement. Je savais qu’elle n’avait pas compris ce que j’avais essayé de lui dire. J’avais tout gâché. Je n’avais pas le temps pour un second essai. Ses assistants présents firent signe à la personne suivante de s’approcher.

« J’ai tout gâché, » c’était tout ce que je pensais. Je me sentais si embarrassé et si médiocre aux yeux de Dieu.