Bugarach Irène, esclave de l’apocalypse

 

JEAN-PIERRE LACAN
05/11/2012, 14 h 31 | Mis à jour le 05/11/2012, 14 h 31
Des photos du bric-à-brac qu’était le campement : Irène ne veut pas oublier pour témoigner.
Des photos du bric-à-brac qu’était le campement : Irène ne veut pas oublier pour témoigner. (ÉMILIE WOOD)

Irène, adepte d’une secte, a creusé pendant 18 ans dans le pic audois. Témoignage.

On a frôlé le drame ce jour-là sur les pentes du pic Bugarach, seul lieu de la planète qui échappera aux tourments du 21 décembre, si l’on croit les prêcheurs de l’apocalypse. Deux gendarmes de la brigade de Couiza, sur la foi de renseignements probablement donnés par de bûcherons, s’approchent du campement, ignorant que les adeptes ont piégé les abords.

Soudain, l’un d’entre-eux accroche un fil nylon invisible et déclenche la mise à feu d’un chapelet de grenades d’exercice. Terrorisés par les détonations, couverts de plâtre, les militaires dégainent. Persuadés qu’ils sont attaqués, les adeptes se précipitent sur leurs armes. Le temps de quelques longues secondes, tout le monde braque tout le monde.

« Nous montions des gardes armées autour du camp » (Irène, ancienne adepte)

« Nous étions tous tendus, se souvient Irène. Le gourou nous rabâchait qu’il fallait que nous soyons prêts à tout. Qu’il y avait des bandes armées prêtes à fondre sur nous. Nous montions des gardes en permanence autour du campement. On se relayait chaque trois heures, de jour comme de nuit. J’ai donc dû apprendre à tirer. »

Le lendemain, les hommes sont convoqués à la brigade, obligés d’amener les fusils. Ils reviendront avec. « Aujourd’hui encore, je me demande pourquoi ils n’ont pas été saisis ce jour-là ? », s’interroge-t-elle.

Irène a fréquenté le campement installé sur les hauteurs de Camps-sur-Agly, pendant 18 ans : « J’y venais dès que mon emploi me le permettaitmais il y avait en permanence quatre personnes sur les lieux. J’expliquais à mes collègues de travail que je participais à des fouilles archéologiques. »

Sous l’emprise d’un gourou : « Il a tout de suite détecté mes failles »

Drôles de fouilles en réalité. Quand elle débarque sur ce site, à une heure de marche de la route la plus proche, Irène est, depuis huit ans, sous l’emprise du gourou. Elle l’a rencontré dans une librairie ésotérique de Nice à l’âge de 20 ans. Irène est alors une fille fragile : « Il a tout de suite détecté mes failles. »

Il la convainc de le rejoindre à Montpellier, puis dans la base de repli sur le Larzac. Elle l’accompagne enfin à Bugarach. « Il affirmait dialoguer avec celui qu’il appelait “Le Père”. Il lui avait révélé où les Cathares avaient enfoui leur trésor et les Templiers, l’Arche d’Alliance. C’est cet endroit que nous devions investir pour nous préparer à l’ère nouvelle. »

Le groupe creuse, creuse et creuse encore : quatre puits profonds d’une vingtaine de mètres où l’on descend en rappel et des galeries qui parfois se connectent avec un réseau de grottes. « On y allait à la pioche, à la barre à mine, à l’explosif. Un jour, l’un d’entre-nous a même été grièvement blessé à la main. Il a cru que la mèche avait fait long feu. Il est retourné et tout a pété », se souvient Irène.

En 1998, du jour au lendemain, le campement est abandonné

Dans ce bout du monde haut perché où il faut crapahuter longtemps pour aller puiser l’eau dans l’Agly, l’ambiance est celle d’un groupuscule en résistance pour sa survie (« Nous étions vêtus de treillis ») et baignant dans le mysticisme.

Comme d’autres adeptes, Irène est chargée de pourvoir aux besoins du groupe sur ses propres deniers : « Je montais des provisions, j’achetais des outils. C’est avec notre argent, jamais le sien, qu’on s’est équipé d’un treuil électrique et d’un groupe électrogène, d’une foreuse pour placer les bâtons de dynamite… » Irène ne l’avoue pas mais elle a également acheté des pièces d’or chez un numismate montpelliérain parce que, quand viendra l’ »ère nouvelle », les monnaies, bien sûr, n’auront plus cours.

En 1998, du jour au lendemain, le campement est abandonné. Le groupe se replie dans sa base arrière sur le Larzac. Irène n’est pas là et le gourou ne lui donnera jamais la moindre explication logique : « Il nous a simplement dit que “Le Père” lui avait enjoint de partir. » Ils ont donc quitté les lieux, définitivement et précipitamment, laissant derrière eux la cabane, le four à pain, les outils, un stock de provisions et des tonnes de remblais sortis pour rien des entrailles de Bugarach.

« JE ME SUIS RÉVOLTÉE POUR LES AUTRES »

Comment Irène a-t-elle finalement échappé au groupe en 2003 ? « J’allais avoir 50 ans, explique-t-elle, j’ai voulu faire le bilan de ma vie. Au fond de moi, j’avais fini par accepter que je m’étais fait avoir. » Peu à peu, elle prend conscience que le gourou les manipule : « Il nous divisait. Un jour, on était son favori et le lendemain, sans explication, on tombait en disgrâce. J’ai tout lâché quand j’ai découvert un secret vieux de 12 ans. L’une de nous lui avait donné une grande propriété qui venait de ses parents. Il la tenait en lui faisant croire qu’elle était malade et que lui seul pouvait la sauver. Je l’ai convaincue de partir. La honte empêche de se révolter pour soi-même. Quand on se révolte, c’est pour les autres. »

JUSTICE – NON LIEU ET SURSIS

Le 16 août 2004, une adepte en rupture avec le groupe qu’elle a quitté en même temps qu’Irène, se rend dans une mairie du Larzac. Elle affirme que des armes ont été stockées illégalement chez elle et qu’elle a été victime de manipulations mentales. Dans les semaines qui suivent, Irène et deux autres personnes portent plainte à leur tour pour abus de faiblesse.

Les armes seront effectivement retrouvées : 81 au total (fusils, carabines, pistolets-mitrailleurs…) ainsi que 2 000 munitions. Il y a également des pièces d’or. Le gourou sera mis en détention préventive pour six mois. Au terme d’une très longue instruction de cinq ans, en 2009, la juge chargée du dossier rend un non lieu pour l’abus de faiblesse ; les conséquences « gravement préjudiciables » qui doivent en découler au sens de l’article 223-15-2 du Code pénal, n’ayant pas été démontrées selon la magistrate. La chambre de l’instruction confirme.

Au cours de son procès, devant le tribunal correctionnel de Millau en juin 2009, le gourou et quatre de ses proches n’avaient à répondre que de détention d’armes sans autorisation. Ils ont écopé de peines d’emprisonnement avec sursis.

SON ARME : LE TEMOIGNAGE

« Le moins que je puisse faire, c’est de témoigner pour que d’autres ne tombent pas dans cet enfer », explique aujourd’hui Irène qui s’interroge, amère : « Nous nous sommes battues pour échapper aux griffes du groupe. La démarche qui nous a amenées à porter plainte fut pour moi une thérapie mais à quoi cela a-t-il servi en dehors de ça ? J’ai pris le non lieu dans la figure. J’en veux à la Justice. Mon combat, c’est aujourd’hui le témoignage. » Elle parle donc, Irène, comme l’autre jour à Salses (66) lors du colloque organisé par la Fédération européenne des centres de recherche et d’information sur le sectarisme (Fecris).

Source : http://www.midilibre.fr/2012/11/05/irene-esclave-de-l-apocalypse,589150.php

Esotérisme La fin du monde à l’épreuve de la science

Retour d’apocalypse

La fin du monde vue par Lars von Trier dans Melancholia (2011). Document remisLa fin du monde vue par Lars von Trier dans Melancholia (2011). Document remis

Selon le calendrier maya, la fin du monde aura lieu le 21 décembre prochain. Enquête sur un phénomène irrationnel.

Les millénaristes s’en étaient déjà donnés à cœur joie lorsque l’humanité avait basculé dans le XXIe siècle. Mais une fois le réveillon franchi sans autres dégâts que la gueule de bois, il a bien fallu trouver autre chose.

Passé le flop de l’épidémie de grippe aviaire, les Mayas sont arrivés à point nommé. Selon leur calendrier, le monde actuel s’achèvera le 21 décembre 2012. Ce qui se passera ce jour-là ? Les astronomes mayas n’en ont rien dit, laissant libre cours onze siècles après leur disparition à l’imagination débridée des scénaristes et aux fantasmes.

Peine perdue pour ceux qui croient lire dans leur bulletin météo les signes annonciateurs du cataclysme final : il n’y a pas plus de tempêtes ou de tornades en ce début de XXIe siècle qu’autrefois… Et l’anéantissement final ne devrait pas plus venir de l’espace.

En la matière, tout est certes affaire de statistiques mais « la probabilité pour qu’un corps céleste de plus d’un kilomètre de diamètre heurte la Terre est très faible, de l’ordre de un tous les cent millions d’années » résume François Colas, astronome à l’Observatoire de Paris.

La dernière fois, c’était il y a 65 millions d’années : une météorite de plusieurs kilomètres de diamètre s’était écrasée dans le Yucatan, creusant le golfe du Mexique. Mais en décembre prochain, aucun objet de grande taille connu — et ils le sont dans leur très grande majorité — ne croisera dans les parages.

« Plus on se rapproche de la date fatidique, moins on m’en parle »

D’autres théories évoquent aussi une mystérieuse planète invisible nommée Nibiru, une inversion du champ magnétique terrestre ou encore l’alignement des principales planètes du système solaire.

Ce dernier argument amuse beaucoup François Colas : « La force d’attraction de Jupiter est inférieure à celle d’une personne qui se tiendrait à un mètre de vous » relativise-t-il. Pour les grandes marées, il faudra donc se contenter de l’attraction lunaire, comme d’habitude…

Restent évidemment les séismes, les tempêtes, les accidents nucléaires, les épidémies… On n’est pourtant plus là dans le registre du cataclysme global, mais dans celui de la catastrophe ordinaire.

Moins grandiose ? Sans doute, mais le soufflé apocalyptique du 21 décembre serait déjà en train de retomber : « Les gens nous ont posé beaucoup de questions, mais plus on se rapproche de la date fatidique, moins on m’en parle » conclut François Colas. Comme quoi on peut craindre la fin du monde et avoir peur du ridicule.

Source : http://www.dna.fr/religions/2012/10/28/un-mythe-universel

Aude Fin du monde : « péquins » ou pèlerins, combien seront-ils à Bugarach ?

 

GÉRARD CATHALA
23/10/2012, 10 h 11 | Mis à jour le 23/10/2012, 12 h 59
Aucune mesure prise à deux mois de la fin du monde annoncée...
Aucune mesure prise à deux mois de la fin du monde annoncée… (D.R)

La seule chose qui est sûre, c’est que le préfet de l’Aude ne veut « pas rajouter de la rumeur à la rumeur ». Il faut dire que le calendrier maya annonce l’apocalypse le 21 décembre prochain. Seul Bugarach serait épargné de la fin du monde.

Les journaux nationaux en ont fait les gros titres. Les hebdomadaires. Les chaînes de télévision du monde entier itou. Ce qui inquiète davantage le préfet de l’Aude que les articles de la presse quotidienne régionale.

Dispositif de sécurité ?

Éric Freysselinard était justement invité par les rédacteurs locaux à dévoiler quelques informations sur le dispositif de sécurité qu’il compte mettre en place. Nous n’en saurons rien (vous non plus, ndlr), de la part du représentant de l’État. Pas plus que de celle de son directeur de cabinet, Nicolas Martrenchard, ancien gendarme lui-même.

Si, on a appris qu’il y aurait « un dispositif adapté ». Ouah ! « Nous sommes dans l’analyse de la situation. Nous n’avons absolument aucune information qui nous permette de prédire le nombre de personnes qui seront présentes à Bugarach ? 150 “péquins”, 3 000, des dizaines, voire des centaines de milliers de “pèlerins” ? »

À demi-mot, il reconnaît pourtant qu’une étude est actuellement en cours, menée par les gendarmes, puisqu’il en attend les résultats, de son aveu même…

Et les mesures alors ?

« Je ne vous dis pas qu’on va fermer les routes. Mais je ne vous dis pas que je ne vais pas les fermer. Je n’en sais rien, à l’heure actuelle. L’accès au pic lui-même sera sans doute interdit. Je ne vous dis pas qu’on n’interdira pas l’accès aux cavités souterraines. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne va pas en obstruer les entrées à coup de toupies de béton hélitreuillées, comme j’ai pu le lire… »

Que le préfet le veuille ou non, un certain nombre d’orientations ont été données aux gendarmes. Les réservistes sont mobilisés pour la fin de l’année…

Source : http://www.midilibre.fr/2012/10/23/combien-a-bugarach-150-pequins-ou-des-centaines-de-milliers-de-pelerins,582539.php

Société.Fin du monde le 21 décembre 2012 : la bonne affaire des sectes

Publié le 20/10/2012 à 11:58

Mis à jour il y a environ 2 heures

Certains l’ont fixée au 21 décembre 2012, selon une interprétation du calendrier maya, mais pour d’autres l’apocalypse ne surviendra que dans 72 milliards de milliards de milliards d’années. A quand donc cette 183ème fin du monde annoncée depuis la chute de l’Empire Romain il y a quelque 1 600 ans (soit plus d’une tous les dix ans) et qui, dans le catastrophisme ambiant, fait l’affaire de nombreux groupes sectaires?

2012, le film de Roland Emmerich sorti en 1009

2012, le film de Roland Emmerich sorti en 1009

Face à l’imminence annoncée – et amplifiée sur internet – d’un cataclysme qui engloutirait le monde d’ici deux mois, une véritable industrie est apparue pour satisfaire la demande des «preppers» (les «préparés» ou «survivalistes »).
Rien, scientifiquement, ne corrobore les prophéties New Age de l’Américain José Argüelles, selon lesquelles des «Mayas galactiques», viendraient en 2012 des étoiles, pour sauver 144 000 terriens évolués à bord de leurs vaisseaux.
Rien non plus, chez les astronomes, qui crédite les thèses alarmistes du Guatémaltèque Carlos Barrios, fondées sur une interprétation du calendrier de ses ancêtres mayas qui ferait du 21 décembre le dernier jour de notre vie.

Mais, aux Etats-Unis, en Russie, en Espagne ou en France (en Dordogne ou à Bugarach, dans l’Aude), des sectes ufologistes (qui analysent et interprètent les données concernant le phénomène OVNI) se préparent au pire. Location de bunkers, vente sur internet de kits de survie (135 euros les 72 heures, pour 4 personnes), stockage d’eau, de rations lyophilisées.
Certains consultent fébrilement les «Survivalist’s How to», manuels des futurs survivants: comment attraper un poulet encore vivant, le plumer, le vider et allumer le feu pour le faire cuire, au cas où on se retrouverait seul dans la nature?
Dans son ouvrage, «Apocalypse, menace imminente?» (Calmann-Lévy), Georges Fenech, jusqu’à récemment président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) en témoigne.

«Exploitation de la peur» 
«La société californienne Vivos s’est attelée à la construction de vingt bunkers pouvant abriter deux cents personnes, chacun avec réserves de nourriture pour une année. La place est vendue 50 000 dollars», écrit-il. D’autres ont aménagé des silos.
En Espagne, «El grupo de supervivencia Espana 2012» a prévu deux bunkers, dans la Sierra de Madrid et la Sierra Nevada (Andalousie) et, en Pologne, la Mission du Pharaon se prépare au «Sauvetage de la Terre et de l’Homme 2012».

Au sein de la secte italienne «Non siamo soli» (nous ne sommes pas seuls), particulièrement surveillée, Giorgio Bongiovanni prophétise pêle-mêle la venue de l’Antéchrist et des extra-terrestres.
Le week-end dernier, la Fédération européenne des centres de recherche et d’information sur le sectarisme (Fécris) organisait un colloque international à Perpignan (Pyrénées-Orientales) sur les «utopies des sectes apocalyptiques».

«L’exploitation de la peur est l’un des procédés les plus efficaces utilisés par les gourous pour attirer leurs proies», a rappelé Serge Blisko, nouveau président de la Miviludes, à l’adresse de 150 participants venus de 20 pays, dont les Etats-Unis, le Canada et l’Afrique du Sud.
«On nous prend parfois pour des alarmistes, mais le monde a connu plusieurs vagues de suicides à la suite de prophéties apocalyptiques. Manipulés par des gourous, des individus ou des micro-groupes peuvent brutalement décompenser psychologiquement et passer à l’acte. D’où notre devoir de vigilance», a-t-il ajouté.

Selon Sandrine Mathen, psychologue et analyste belge, «le phénomène 2012 a pris une telle ampleur aux Etats-Unis, que l’Agence spatiale américaine (NASA) a développé un site commentant de façon critique quantités de rumeurs et craintes partagées par les internautes».
Alors que le compte à rebours s’égrène – plus que deux mois avant la date fatidique -, un épigraphiste texan de renom, David Stuart, a annoncé la bonne nouvelle, après s’être penché sur le calendrier maya: la fin du monde n’interviendrait que dans 72 milliards de milliards de milliards d’années.

Source : http://www.leprogres.fr/france-monde/2012/10/20/fin-du-monde-le-21-decembre-2012

Début de fin du monde à Bugarach : vont-ils obstruer les grottes ?

Les autorités cherchent à se prémunir d’un déferlement d’hurluberlus apocalyptiques à Bugarach, lieu épargné de la fin du monde qui, selon le calendrier maya, est censé sceller notre sort le 21 décembre 2012. Parmi les scénarios envisagés, l’obstruction des cavités courant sous le pic. En attendant, gendarmes actifs et réservistes sont mobilisés.

Dans soixante-trois jours et pas un de plus aura lieu l’apocalypse. Enfin, selon une prédiction maya. Enfin, selon une prédiction basée sur le calendrier maya démenti depuis car en raison d’une erreur d’interprétation dudit calendrier la fin du monde serait reportée à une date ultérieure, d’ici environ deux mille ans. Enfin bon, en dépit de ce contretemps, selon un certain nombre de fin-du-mondistes et autres apocalyptiques, Bugarach serait épargnée de l’anéantissement ultime. Relayé par les tentacules d’internet, le message risque fort d’aimanter une flopée d’allumés dont quelques spécimens ont déjà été repérés dans les environs. À la vérité, quiconque se rend dans ce bled de 200 habitants pourra constater par lui-même qu’on est encore très loin de l’envahissement redouté des autorités.

Une toupie de béton héliportée !

N’empêche, au nom d’un sacro-saint principe de précaution désormais érigé en catéchisme, les services de l’État élaborent un dispositif susceptible de canaliser les foules prophétisées. Officiellement, nous a fait savoir le préfet de l’Aude, Éric Freysselinard, « il est trop tôt pour évoquer ce dispositif ». Mais quelques informations font figure de signes avant-coureurs. Ainsi, cet arrêté municipal d’interdiction d’accès au pic pendant tout le mois de décembre.

Ainsi aussi, les services de gendarmerie nous ont-ils confirmé une « hypothèse de travail » qui consisterait à obstruer l’entrée des nombreuses grottes parsemant les abords du pech. De quoi décourager ceux qui voudraient se planquer en attendant le lendemain de la fin du monde. Reste à affiner les modalités d’une telle mesure, qui a le don d’exaspérer le président du Spéléo club de l’Aude : « Il est question d’une toupie de béton acheminée par hélicoptère pour condamner les cavités. Cela mettrait par terre 12 ans de travail pour des causes bidons alors qu’il suffirait de mettre trois tracteurs en travers », s’insurge Henri Guillem. Pour lui, les autorités nagent en plein délire car il n’y a pas – et il n’y aura pas – d’afflux d’hurluberlus sur le site : « Ils sont en train de mettre en place un dispositif totalement disproportionné. A croire que nous vivons aujourd’hui dans un état semi-policier basé sur le contrôle des gens ! » De fait, les gendarmes (lire ci contre) se préparent à une drôle de fin d’année, à défaut de fin du monde.


Sous le pic, la rumeur

Le territoire de la commune de Bugarach compte une trentaine de grottes. Un véritable gruyère qui alimente les rumeurs de base extraterrestre située sous le pic aussi appelée « la montagne inversée ». Un nom qui répond à une caractéristique géologique datant de sa naissance : sous la poussée de la plaque ibérique, les couches inférieures se sont retrouvées au-dessus.


Les gendarmes sur le pont

Chez les gendarmes, tous les actifs seront réquisitionnés, et les réservistes sont invités à reporter leurs vacances. Des crédits spéciaux ont même été affectés, comme en atteste le courrier qu’ont reçu les ESR (Engagement à servir dans les réserves) de leur hiérarchie : « En raison d’un surcroît d’emploi durant la période novembre/décembre et plus précisément du 20/11 au 21/12 (Bugarach)

[il vous est demandé] de communiquer dans les meilleurs délais le nombre de jours et les périodes durant lesquels vous pourriez être employable. Il vous est demandé de faire un effort particulier afin de vous rendre disponibles et de faire ainsi face aux charges de fin d’année et de consommer le budget spécifique qui a été octroyé au groupement ». Outre l’interdiction d’accès au pic, les routes menant à Bugarach pourraient également être fermées aux allochtones.


Le chiffre : 5,5 km > de réseau principal. Le « buffo fret », nom du réseau de cavités souterraines principal situé sous le pic, court sur 5,5 km à ce jour explorés. Les spéléologues audois savent également qu’une rivière souterraine de 200 m de long y coule des jours paisibles, et qu’un lac s’y prélasse, lorsqu’il n’est pas à sec comme en ce moment.

source :http://www.ladepeche.fr/article/2012/10/18/1468079-debut-de-fin-du-monde-a-bugarach-vont-ils-obstruer-les-grottes.html

Source : LA DEPECHE 18/10/2012 08:15

La fin du monde fait le bonheur des secte

Georges Fenech, ici au bord du Rhône, dans son fief de Givors, livre dans son dernier ouvrage le fruit d’une immense enquête internationale consacrée au phénomène sectaire. Le DL/Jean-François SOUCHET

Georges Fenech, ici au bord du Rhône, dans son fief de Givors, livre dans son dernier ouvrage le fruit d’une immense enquête internationale consacrée au phénomène sectaire. Le DL/Jean-François SOUCHET

Les prédicateurs en herbe annoncent la fin du monde pour le 21 décembre 2012. Surfant sur un phénomène à l’ampleur planétaire, les sectes font volontiers commerce d’une croyance toujours propice à faire grimper le nombre de leurs adeptes. C’est ce que dénonce dans son dernier ouvrage l’un des piliers de la lutte anti-secte, le député UMP du Rhône et ancien magistrat Georges Fenech.

D’où vient cette peur d’une fin du monde imminente ?

– Cette croyance, qui dépasse le simple phénomène sectaire, s’est répandue partout dans le monde. Elle repose sur le sentiment que le monde va changer et que cela s’accompagnera de grandes souffrances. Il est inscrit dans l’inconscient collectif qu’il peut y avoir un bouleversement, le tout alimenté par des critères réels, comme la crise ou le réchauffement climatiques, à partir desquels on extrapole.

L’apocalypse du 21 décembre ne serait donc qu’un mythe ?

– Chacun se fera sa propre religion sur l’évolution de notre monde : il y a bien eu par le passé des passages cataclysmiques. Mais si je crois au 21 décembre 2012 ? Non, évidemment. L’expérience a montré que depuis la chute de l’empire romain, on totalisait 183 annonces de la fin du monde.

Pourquoi s’inquiéter, dès lors ?

– Ce qui est nouveau, par rapport aux précédents épisodes de craintes collectives, est de voir le phénomène sectaire s’y greffer en masse, en proposant des échappatoires à un monde extérieur condamné, véhiculés par de grands mouvements sectaires mais aussi par un nombre infini de petits gourous.

Votre ouvrage, qui résume vos années d’enquêtes et de lutte, est donc une mise en garde ?

– En tant que président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, NDLR), j’ai voulu alerter les pouvoirs publics sur cette croyance d’une fin du monde imminente. Car on a une expérience : celle de l’Ordre du Temple Solaire, qui s’est soldée par seize morts dans le Vercors, des gens qui ont préféré se sacrifier en pensant sauver l’humanité. On ne peut rester inactif et attendre que d’autres drames se produisent.

Vos détracteurs vous reprochent pourtant de voir des sectes partout…

– Je ne suis pas dans la paranoïa. Mais j’ai fait le constat durant ces années à la Miviludes que les sectes ont envahi tous les niveaux de la vie publique. C’est pourquoi nos actions se font en lien avec de nombreux ministères, ceux de l’Intérieur, de la Justice, de l’Éducation nationale, de la Santé… Les gourous thérapeutiques, par exemple, sont de plus en plus nombreux.

Selon vous, les lieux de pouvoir seraient aussi infiltrés ?

– Aucun domaine n’y échappe et les lieux de pouvoir aiguisent forcément l’appétit des sectes, dont le but ultime est d’imposer leur modèle de société et leur vision du monde. Or, pour cela, il faut du pouvoir et des moyens. Le tissu économique est ainsi infiltré de manière masquée, via certains instituts de formation professionnelle, et les milieux politiques sont aussi sujets à risques.

Vous en auriez d’ailleurs vous-même fait les frais, lorsque votre élection fut invalidée en 2008 ?

– Je ne dis pas que les sectes m’ont destitué, mais j’ai fait le constat d’un conflit d’intérêt lorsque mon dossier électoral est arrivé devant le conseil constitutionnel. Son rapporteur n’est autre que le conjoint de l’avocat des Scientologues et des Témoins de Jéhovah en France (Michel de Guillenchmidt, NDLR). Qui est aussi l’auteur de la préface du livre que sort tout juste Éric Roux, le responsable français de la Scientologie, sur l’inquisition en France ! (“France 2012, Inquisition en bande organisée”, NDLR)

Si cela s’avérait exact, ne serait-ce pas très cher payé ?

– La lutte contre les dérives sectaires, en effet, est loin d’être un long fleuve tranquille : j’ai fait l’objet d’une trentaine de procès et tous mes prédécesseurs ont aussi fait l’objet d’attaques, qu’ils soient de gauche ou de droite.

Peut-on savoir où vous serez le 21 décembre prochain ?

– Certainement pas dans un bunker ! Je pense que je serais dans ma circonscription, avec mes amis, pour fêter le présent et l’avenir, et voir que la planète tourne toujours autour du soleil. Car le ciel ne va pas nous tomber sur la tête sous prétexte que certains gourous fixent des dates…

Source : http://www.ledauphine.com/isere-nord/2012/10/17/cette-fin-du-monde-qui-fait-fantasmer-les-sectes

Le Bugarachs – les anti-sectes s’organisent avant le 21 décembre

 

Le 15/10/2012 à 15h12 | Mis à jour à 15h14

Le maire de Bugarach devant une forêt de caméras : il a l'habitude.

Le maire de Bugarach devant une forêt de caméras : il a l’habitude.  © THIERRY GRILLET

Occupé à couper du bois, le maire de Bugarach ne s’attendait pas à une telle visite. Vendredi après-midi, deux bus pleins à craquer ont fait leur entrée dans le petit village de l’Aude.

Jean-Pierre Delord a vite compris que la petite salle qu’il avait prévue pour recevoir la visite des membres du congrès du Fécris (La fédération européenne des centres de recherche et d’information sur le sectarisme tenait son congrès samedi à Salses, dans les Pyrénées-Orientales) ne suffirait pas.

« Je pensais recevoir une douzaine de personnes tout au plus », s’amuse-t-il tout en invitant les quelque 150 congressistes à rejoindre une salle plus grande. Parmi eux, des représentants d’associations européennes, mais aussi canadienne, russe ou sud-africaine qui luttent contre les dérives sectaires. « Ils sont venus s’enquérir du phénomène pour pouvoir prévenir les gens qui s’adresseraient à eux sur ce sujet dans chacun de leur pays », explique Didier Pachoud, l’un des organisateurs de ce déplacement.

Et si le pic, plongé dans la brume une bonne partie de l’après-midi, ne les a finalement qu’assez peu intéressés, le charisme et la bonhomie du maire les ont fascinés. Il faut dire que l’homme est maintenant à l’aise, même face à une forêt de caméras dont il s’amuse. « Voyez-vous arriver de nouvelles populations ? », interroge un journaliste. « Ça fait des lunes que j’en vois. Depuis 40 ans que je suis là, des gens viennent en pèlerinage à Bugarach. À l’époque, un copain m’avait dit : “tu verras, bientôt, Bugarach sera comme Lourdes”. Je commence à croire qu’il avait raison ! ».

À cette congressiste qui insiste pour connaître la particularité du pic, il vante la qualité du point de vue «à 360°» depuis le sommet. « Et aussi les boussoles qui n’indiquent pas vraiment le nord, comme dans de multiples autres lieux sur terre ! ».

Depuis que le pic fascine sectes et illuminés, le village fait la Une des journaux.Pourtant les rues sont le plus souvent désertes et les maisons à vendre toujours aussi nombreuses. Le chemin qui monte au sommet connaît lui, une belle affluence. « Jusqu’à 20 000 randonneurs par an, contre 10 000 habituellement ».

Si le maire semble prendre les événements avec recul et philosophie, il n’en reste pas moins prudent. « Même si je pense que, finalement, il n’y aura pas grand monde, il faut prendre toutes les précautions. Nous travaillons avec les services de gendarmerie. Depuis deux, trois mois, ils ont repéré tous les accès au pic et tous les abris éventuels. Un peloton de secours en montagne sera sur place ».

Le maire a pris un arrêté pour interdire l’accès au pic pendant tout le mois de décembre. Il est également monté à la rencontre d’un ermite espagnol qui vivait dans un abri de berger pour l’inciter à quitter les lieux. Quant à la soirée du 21 décembre, il s’apprête à la passer tranquillement devant la télévision. Arte diffusera un documentaire sur la vraie vie des habitants de Bugarach.«Formidable ! », selon lui.

Source : http://www.lindependant.fr/2012/10/15/l-europe-des-associations-de-lutte-contre-les-sectes-debarque-a-bugarach,172225.php