« En avant la vie » se défend d’être sectaire

01/11/2012 05:38
Elie Maudet, Geneviève Bossant et Bernard Michel ont été atterrés par l'article de « Sciences et avenir ».

Elie Maudet, Geneviève Bossant et Bernard Michel ont été atterrés par l’article de « Sciences et avenir ».

Citée par “ Sciences et avenir ” comme “ un relais de sectes à l’hôpital ” auprès des malades du cancer, l’association “ En avant la vie ” se défend.

Infondé, injuste et diffamatoire. Responsable de la formation au sein de « En avant la vie », Élie Maudet résume le sentiment des responsables de cette association créée en 2002 autour de Bernard Michel, son coprésident avec Geneviève Bossant. Bernard Michel retient à peine des larmes de frustration. « Travailler pendant 10 ans et voir tous ses efforts mis par terre. » Les coups de fil des bénévoles et familles de malades se succèdent.

Sectarisme à prouver

A l’origine, un article de « Sciences et avenir » intitulé « Les sectes entrent à l’hôpital » désignant leur association comme un relais de sectes auprès des malades. Il met en cause l’Institut de Cancérologie de l’Ouest qui réunit les centres René-Gauducheau (Nantes) et Paul-Papin (Angers) avec lesquels « En avant la vie » a signé des conventions pour l’accompagnement des malades de tumeurs cérébrales. Selon le mensuel, cet institut serait « peu regardant » sur ses partenaires et cite les formations que Personnalité et relations humaine (PRH) distille aux bénévoles de « En avant la vie ». Il souligne qu’André Rochais, le fondateur de PRH dans les années soixante-dix, était proche du Renouveau charismatique.
« Nos 76 bénévoles suivent une formation de base à l’accompagnement des malades à domicile. PRH est intervenu pour 22 bénévoles et une formation de niveau supérieur à l’écoute », reconnaît Élie Maudet. « J’ai moi-même suivi cette formation et je n’y ai jamais ressenti de dérive sectaire. » Il demande qu’on lui démontre que PRH serait sectaire du fait des affinités de son fondateur.
« En outre, le Renouveau charismatique ne figure pas sur la liste parlementaire des sectes », reprend Geneviève Bossant. « Et puis chaque bénévole signe une charte l’engageant au respect de la personne, de ses opinions, de sa dignité », poursuit Bernard Michel. « Et nous faisons tous les ans l’objet d’une évaluation par nos partenaires. Jamais aucune famille n’a témoigné d’une quelconque manipulation. »
« Nos accompagnants sont salis par cette affaire », dénonce Élie Maudet. Le conseil d’administration se réunira lundi pour réfléchir aux suites à donner à cette affaire. Mais déjà, les élus locaux et les parlementaires (*) se mobilisent par le biais d’un communiqué. « Pour avoir vu ses dirigeants œuvrer depuis 10 ans, ces élus témoignent de la force de leur engagement et de leur intégrité et de leur désintéressement. »

nr.bressuire@nrco.fr

(*) Michel Bécot, sénateur, Jean Grellier, député, et les élus locaux Daniel Amiot, Jean-Michel Bernier, Johnny Brosseau, Pierre-Yves Marolleau, Philippe Mouillier, Bernard Paineau, Patrice Pineau.

Dominique Guinefoleau

La longue marche de la médecine chinoise à l’hôpital

(AFP) – Plébiscitée par un nombre grandissant de patients ou de praticiens, la médecine chinoise, et plus spécialement l’acupuncture, cherche sa place à l’hôpital comme médecine complémentaire alors que son efficacité clinique est toujours en cours d’évaluation.

Sous la pression des malades, près de la moitié des hôpitaux de l’AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) ont déjà ouvert leurs portes à l’acupuncture, avec 16 consultations assurées aujourd’hui par des professionnels de santé, médecins ou sages-femmes qui ont reçu une formation spécifique.

L’acupuncture est, selon l’AP-HP, utilisée pour traiter les douleurs en gynécologie-obstétrique, en gériatrie, en addictologie, mais aussi pour lutter contre les effets secondaires des médicaments anticancéreux.

Le Qi Gong, une gymnastique traditionnelle chinoise qui s’efforce de mobiliser l’énergie vitale ou « Qi », est pour sa part utilisé en addictologie à l’hôpital Beaujon à Clichy, mais aussi dans l’accompagnement physique des patients obèses.

« Il s’agit d’une médecine complémentaire qui intervient pour traiter des symptômes pour lesquels nous n’avons pas grand chose à proposer », précise le Dr Catherine Viens-Bitker, directrice du projet sur les médecines complémentaires à l’AP-HP.

Elle explique que l’AP-HP a décidé de s’intéresser à la médecine chinoise et aux autres médecines complémentaires telles que l’hypnose, l’homéopathie, la sophrologie ou l’ostéopathie, en raison d’une forte demande des patients (30 à 60% y auraient recours). « On se doit de pouvoir dire aux patients que le traitement est efficace et garantir la qualité de l’offre de soins », explique-t-elle.

Une autre gymnastique chinoise qui passe pour avoir un effet bénéfique sur le corps, le Taijiquan ou Tai chi, n’est en revanche pas encore proposée à l’AP-HP.

C’est également le cas pour la médecine chinoise par les plantes, vieille de plusieurs millénaires, en raison d’une réglementation européenne qui a fortement restreint depuis l’an dernier l’importation de médicaments traditionnels à base de plantes, précise le Pr Alain Baumelou, néphrologue et chargé d’un Centre intégré de médecine chinoise à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Créé pour coordonner les expériences en cours, le Centre s’efforce de faire avancer la recherche clinique, en coopération avec la Chine, suite à un accord gouvernemental signé en 2007 et à un nouvel accord signé récemment entre le ministère chinois de la santé et l’AP-HP.

« Pour l’instant, nous mettons l’accent sur l’évaluation et non sur les soins », explique le Pr Baumelou, en soulignant que les études scientifiques menées à ce jour sur l’efficacité de l’acupuncture, principalement en Chine et aux Etats-Unis, sont restées plutôt décevantes. « Mais il y a indéniablement une amélioration de la qualité de vie, même si on ne sait pas si c’est à cause de la prise en charge ou à cause de la technique », ajoute-t-il.

L’efficacité de l’acupuncture sur la douleur n’est pas officiellement reconnue par les autorités sanitaires françaises, même si la Haute Autorité de santé mentionne cette technique parmi les traitements d’appoint pouvant être utilisés dans la polyarthrite rhumatoïde. La Grande-Bretagne vient pour sa part d’émettre pour la 1ère fois un avis positif pour son utilisation dans le traitement des lombalgies.

Parmi les recherches lancées par le Pr Baumelou figurent les effets de l’acupuncture sur les douleurs lombaires pendant la grossesse, ainsi qu’une étude sur une plante de la pharmacopée chinoise qui pourrait avoir un effet positif dans l’atteinte rénale observée chez les diabétiques.

Le Dr Baumelou va devoir se rendre en Chine, toute étude sur cette plante étant pour l’instant impossible en France.

source AFP le 11/10/2012