Trois lamas du temple Kagyu Ling comparaîtront devant le tribunal pour abus de faiblesse.

La plainte pour abus de faiblesse et abus d’ignorance, déposée par une ancienne résidente du temple Kagyu Ling, vise trois lamas bhoutanais.

L’audience est fixée au lundi 16 mai, mais elle a déjà été reportée trois fois, faute d’interprète bhoutanais. Dans cette affaire, beaucoup de rumeurs mais une seule plaignante, une femme de 56 ans de la Loire, qui accuse trois lamas du temple Kagyu Ling d’avoir abusé de sa vulnérabilité psychologique. Des manipulations qui pourraient être d’ordre financier.

Les lamas qui résident dans le temple (une dizaine d’hommes et de femmes, français et bhoutanais) touchent une allocation mensuelle de la part du centre, ils ont également un revenu grâce aux stages d’enseignement qu’ils animent. De manière beaucoup moins contrôlable, les lamas peuvent aussi toucher des dons directs de la part de leurs disciples, « des dons qui s’élèvent parfois à plusieurs milliers d’euros », témoigne un ancien résident du temple qui évoque des cas de dons de voitures, de maisons, ou des vacances tous frais payés.

Si le don est une pratique essentielle dans le bouddhisme puisque l’autre est placé au centre des préoccupations, l’enrichissement personnel des lamas est évidemment proscrit. Avant que la justice française ne soit saisie, le jeune Kalu Rinpoché ou le grand lama (qui représente, à 22 ans, la réincarnation du fondateur du temple) aurait déjà « destitué » un lama peu scrupuleux l’année dernière, pour ne pas ternir l’image de sa lignée.

Celui qu’on présente comme un proche du Dalaï-lama, actuellement au temple de La Boulaye dans le cadre d’un tour d’Europe, s’est exprimé mardi sur son blog, dans une rubrique intitulée : Le soleil brille à nouveau. « J’ai eu l’impression d’avoir nettoyé nos vieux vêtements. Le précédent Kalu Rimpoché a apporté des habits pour vous et moi je dois les laver maintenant », a-t-il écrit après avoir expliqué qu’il est en train d’effectuer une réorganisation du temple et de mettre en place une nouvelle équipe.

Les réponses des internautes sont unanimes : « Ce lieu va enfin pouvoir revivre avec des lamas sincères », « J’ai été profondément attristé de voir certains lamas donner une image aussi affligeante du Dharma »… Les propos du web ne sont pas plus explicites mais les rumeurs vont bon train et notamment celles concernant les pratiques adultérines des lamas mariés (un seul lama du temple est moine, les autres sont laïcs). Le maire, Armand Dufour, a été informé de l’affaire par les enquêteurs et n’a pas souhaité s’exprimer. En attente du jugement, les trois lamas sont présumés innocents. SOURCE : Marion GOUSE JOURNAL DE LA SAONE ET LOIRE