Langage et emprise sectaire

« Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté » Confucius

Les familles que nous recevons nous signalent souvent avoir été alertées quand un de leurs proches s’est soudain mis à tenir des propos étranges comme s’il récitait un texte appris, dans un vocabulaire qui jusqu’alors n’était pas le sien. Elles sont aussi frappées par l’intonation de la voix et le débit des paroles : certains parents décrivent par exemple « un bêlement monotone très particulier ». C’est dire combien l’emprise sectaire imprègne celui qui y est soumis…

Sans chercher à faire un quelconque inventaire, l’article qui suit propose quelques observations sur l’importance du langage dans ce contexte.

Introduction

Les hommes communiquent entre eux par un langage constitué d’abord de la langue parlée, mais aussi de divers modes d’expressions. Ce langage est élément de lien social dans la mesure où le sens des mots est partagé.

Mais, gourous ou maîtres à penser se singularisent en s’affranchissant du sens commun. Ils cherchent à s’imposer comme de géniaux fondateurs, créateurs d’un monde nouveau idéal, réservé à une élite… et instaurent de nouvelles relations sociales. Pour cela, ils n’hésitent pas à manipuler la langue tout en immergeant leurs adeptes dans une ambiance, une organisation, un environnement insidieusement porteur de messages.

Permettant d’instaurer une vérité absolue à laquelle les adeptes seront amenés à croire, au sens religieux du terme, ce nouveau langage vise à les reconditionner en brouillant leurs repères habituels, et en les séparant du reste de la société. Bien sûr, pour attirer des adeptes il doit laisser entendre qu’il répond à des aspirations et interrogations légitimes.

(…)