Secte du Parc d’accueil de Lisieux : les dessous de l’enquête

Une procédure exemplaire mais aussi une enquête judiciaire inédite, voilà comment les policiers ont mis un terme aux agissements de la gourelle de Lisieux Françoise Dercle.

Dernière mise à jour : 13/03/2014 à 17:26

 

Les policiers ont déployé des moyens inhabituels pour mettre fin aux agissements de Françoise Dercle.
Les policiers ont déployé des moyens inhabituels pour mettre fin aux agissements de Françoise Dercle.

 

” Il s’est écoulé neuf ans entre le début de l’enquête préliminaire et le procès en appel. “ Comme le note Yannick Le Roy, adjoint au chef de la PJ de Caen, l’affaire de la secte du Parc d’accueil a été un feuilleton de longe haleine.

Signalement en 2004

Début 2004, un premier signalement concernant les activités de Françoise Dercle est rapporté à l’ADFI Normandie, par une amie de l’une des adeptes de la gourelle. Un renseignement pris très au sérieux par l’association qui ne tarde pas à informer la police judiciaire. Il faudra attendre novembre 2006 pour que la plainte pour sévices déposée par une jeune femme membre du groupe, permette aux enquêteurs de démarrer un travail sur le terrain. L’enquête commence, elle s’avère très compliquée : ” Par définition, la secte vit repliée sur elle-même, c’est donc très compliqué de savoir ce qui se passe à l’intérieur. “Poussés notamment par la présidente de l’ADFI Normandie, les enquêteurs ne laissent pas tomber. Ils ont l’oreille du juge d’instruction ( ils seront quatre à se succéder sur cette affaire ) , ce qui leur permet de déployer des moyens d’enquête inédits pour ce type de faits. En l’espèce, les policiers démarrent des surveillances physiques des adeptes, ce qui établit que le groupe vit bien replié sur lui-même au sein de la maison de Lisieux.

Téléphone sur écoute

Clé de l’affaire, la PJ démarre des écoutes téléphoniques, ce seront elles qui permettront l’inculpation de Françoise Dercle. Yannick Le Rpy explique : ” C’était compliqué, des heures et des heures d’écoute. Car si Françoise Dercle n’était pas toujours là physiquement, elle était très présente par le téléphone. “ Et les enquêteurs découvrent alors la nature des relations entretenues par Françoise Dercle et ses adeptes : ” C’est comme cela que nous avons découvert l’emprise exercée sur les adeptes. Notamment quand on entend une adolescente parlementer une demi-heure avec une Françoise Dercle qui se fait menaçante parce que la jeune fille veut envoyer un texto à son petit ami. “ Plus impressionnant : ” Quand nous avons entendu cette femme de cinquante ans, totalement soumise, parlant avec une voix de petite fille, répondant juste par oui oui à la gourelle. ” Ces écoutes sont mises entre les mains d’un expert psychiatrique qui confirme ce dont tout le monde se doutait : les enquêteurs sont manifestement face à un abus de faiblesse psychologique.

Tous en garde à vue

Quand le matériel est réuni, les policiers prennent la direction de Lisieux et le 27 juin 2007, ils interpellent Françoise Dercle. Dans le même temps, ils placent tous les adeptes en garde à vue. Une méthode qui peut paraître surprenante, mais qui est tout à fait réfléchie : ” Il fallait absolument exploser le groupe, faire en sorte que les adeptes ne puissent pas communiquer entre eux. ” Choqués et en colère, ces derniers sont pour autant bel et bien un peu plus lucides dès le deuxième jour de garde à vue : ” Nous avons mis en place une équipe de soutien psychologique, nous avons prévu des hébergements d’urgence pour chacun d’entre eux, toujours éloignés pour garder cette idée que le groupe ne se reforme pas. “

Aujourd’hui, l’enquête judiciaire, comme l’ensemble de l’instruction, est qualifiée d’exemplaire. L’idée de déployer des moyens comme les écoutes téléphoniques pour lutter contre les dérives sectaires, s’impose. Depuis 2009, un service d’enquête spécifiquement compétent dans les dérives sectaires existe au niveau national. Il peut enquêter seul comme seconder tous les services de police qui travaillent sur les mouvements sectaires en France. Pour les familles et les associations, toutes ces avancées sont un très grand espoir dans la lutte contre les sectes.

Source : libertebonhomme

Des partouzes célestes et sectaires

Par , publié le 

Deux victimes d’une micro-secte dangereuse, dont la gouroue a été condamnée à 5 ans de prison, témoignent dans un livre de leur asservissement financier et sexuel. Extraits exclusifs.

Des partouzes célestes et sectaires
 

La gouroue d’une secte a été condamnée à 5 ans de prison ferme.

afp.com/Jacques Demarthon

 

Le 16 octobre, la gouroue Françoise Dercle a été condamnée à cinq ans de prison ferme pour avoir imposé à ses adeptes des relations sexuelles en groupe et leur avoir soutiré 400 000 euros. La Cour d’appel de Caen a rajouté un an de prison à la condamnation décidée le 22 janvier dernier par le Tribunal correctionnel de Lisieux (Calvados).

Cette affaire exceptionnelle caractérise une micro-secte hyper-dangereuse. Le « Parc d’accueil » de Françoise Dercle a sévi le 2002 à 2007 et la prise de conscience des adeptes manipulés a été telle que la grande majorité d’entre eux se sont retrouvés sur les bancs des parties civiles, 21 personnes.

François Dercle a été condamnée pour abus de faiblesse aggravéune qualification qui comprend des faits de complicité de viols et d’agressions sexuelles, mais aussi de violences volontaires sur personnes vulnérables.

La gouroue avait inventé les « mêlées célestes » ou les séances de  » navigation  » pour contraindre ses adeptes de lui offrir le spectacle de méga-partouzes… en prétendant qu’il ne s’agissait pas de relations sexuelles mais d' »effusions du Saint-Esprit « . Elle-même affirmait qu’elle prêchait en tant qu’épouse de Jésus et que Dieu parlait à travers elle.

Le 23 octobre, Eric et Julie Martin, deux anciens adeptes de la secte de Françoise Dercle, publient le récit bouleversant de « Cinq ans de cauchemar » (City Editions), avec l’aide du journaliste Manuel Sanson.

EXTRAITS EXCLUSIFS

Navigation en eaux troubles

« Le sexe s’impose au fur et à mesure. Comme à son habitude, Françoise Dercle procède par étapes. Pas question de nous braquer. Il faut y aller par petites touches… Nous glissons d’un enseignement spirituel classique à des rapports plus charnels. (…)

Après ces frottements de dos, on passe aux guili-guili. Comme avec des gosses. À tour de rôle, nous devons chatouiller nos acolytes en effleurant de plus en plus les parties intimes de chacun. Peu à peu, l’ob­jectif se précise : tous les prétextes sont bons pour évoquer la libération des corps. Notre « mère » revient emballée d’un voyage en Finlande.

Elle y a observé les gens se rendant au sauna et au hammam. Quel que soit leur sexe, ils n’ont aucun problème à se mettre nus, selon elle.

Elle loue ce supposé détachement. Et sa nouvelle consigne tombe : désormais, nous devons nous embras­ser, nous faire plein de bisous. Notre guide réoriente sa doctrine. Elle choisit des binômes en fonction de ses révélations. (…)

Attouchements sur les organes génitaux

À travers nos vêtements, les attouchements se multiplient sur les organes génitaux. Françoise Dercle nous suggère également de nous caresser les seins.

À chacune des séances, elle nous fait changer de partenaire. Homme ou femme, pas de distinction. C’est Françoise Dercle seule qui, à sa guise, forme et défait les couples. (…)

Une fois qu’elle en a terminé avec ses « prières », tout le monde se retrouve en duo sur de vieux matelas de gymnastique récupérés par l’un de nos acolytes. Les travaux pratiques se déroulent maintenant en sous-vêtements. Chacun doit se dénuder et personne n’y échappe, y compris les femmes les plus âgées qui font partie intégrante du groupe. Ma mère et Lucile sont de la partie. Et gare à ceux qui refuseraient de s’y plier.

Que vous soyez malade ou dérangé, rien ne peut vous empêcher de participer aux séances. Si elle perçoit la moindre réticence, elle se lève en sursaut et assène de violentes gifles aux contrevenants. Je ne suis pas de ceux-là, du moins au départ.

Je me lance dans ces séances de « navigation » – le terme employé par Françoise Dercle pour qualifier ces séances orgiaques. Je suis inquiet, mais d’une obéissance absolue, faisant taire toutes les pensées qui m’assaillent et me préviennent qu’il s’agit d’une folie. Je reste convaincu: il faut chasser les démons. En mon for intérieur, je suis captif, « accroché » par son ensei­gnement. (…)

 Suite de l’article

La gourou de Lisieux rejugée en appel ce lundi à Caen

Françoise Dercle a été condamnée le 22 janvier 2013 à 4 ans de prison ferme dans l’affaire de la secte du « Parc d’accueil ». Ce lundi, le procès en appel a débuté. L’accusée semble vivre dans un autre monde et fuit les questions.

  • Par Christophe Meunier
  • Publié le 14/10/2013 | 09:01, mis à jour le 14/10/2013 | 18:00
Françoise Dercle ce lundi lors de son procès en appel à Caen
Françoise Dercle ce lundi lors de son procès en appel à Caen
Françoise Dercle, 56 ans, a été condamnée le 22 janvier à cinq ans de prison dont un avec sursis et au versement de plus de 440.000 euros de dédommagements à une vingtaine de victimes parties civiles. Ancien professeur d’anglais auprès de jeunes désocialisés pour la fondation catholique Les Apprentis d’Auteuil à Lisieux, Françoise Dercle avait comparu, pendant deux jours et demi, fin novembre, lors d’un procès à huis clos pour « abus frauduleux de l’ignorance ou de la faiblesse d’un tiers », dans le cadre de la loi About-Picard de 2001 contre les dérives sectaires.

Françoise Dercle avait fait appel de ce jugement. Elle est rejugée en appel ce lundi 12 octobre à la Cour d’appel de Caen. Elle ne conteste pas le versement de dommages et intérêts, 400 000 euros pour les parties civiles, mais la peine de prison prononcée en première instance. « Nous considérons que 4 ans de prison ferme est une sanction inadaptée à la situation, à cette affaire, à la personnalité de Mme Dercle », a déclaré ce lundi matin Maître Schneider, son avocat, « Et puis, si vous avez suivi les premiers débats, vous savez que je n’ai pas plaidé alors j’espère que cette fois-ci, je pourrai apporter des éléments de réflexion de nature à influencer la décision ».(…)

Secte à Lisieux : 5 ans ferme requis contre « l’épouse de Dieu »

Publié le 28-11-2012 à 15:37:59 par M.G

La peine maximale a été requise contre une femme de 56 ans accusée d’être le gourou d’une secte à Lisieux dans le Calvados, ce mercredi 28 novembre, au troisième jour de son procès à huis-clos. Elle pourrait donc être condamnée à 5 ans de prison ferme.

« Vous avez instauré un système totalitaire », a déclaré le procureur de la République de Lisieux (Calvados), Bruno Dieudonné, lors de l’audience, selon des déclarations rapportées par un avocat et confirmées par le procureur. Le tribunal correctionnel de Lisieux rendra sa décision le 22 janvier.

Ancienne professeur d’anglais auprès de jeunes désocialisés pour la fondation catholique Les Apprentis d’Auteuil à Lisieux, la prévenue comparaissait libre depuis lundi pour « abus frauduleux de l’ignorance ou de la faiblesse d’un tiers », dans le cadre de la loi About-Picard de 2001 contre les dérives sectaires.

Cette notion inclut des violences morales physiques ou sexuelles, ce que l’accusée n’a d’ailleurs pas démenti mardi soir, lorsqu’elle s’est présentée devant la presse. Des témoins ont raconté au tribunal que la prévenue organisait ce qu’elle appelait des « navigations », réunions lors desquelles elle imposait différents partenaires sexuels à ses adeptes, voire parfois, des relations incestueuses, selon le parquet.

Selon Me Rouiller, la prévenue a notamment déclaré mardi au tribunal: « Oui, j’ai demandé à des mères d’avoir des rapports sexuels avec leurs fils, mais on était dans une vibration, on était dans une autre dimension, la cinquième… »

Avec AFP

Source : http://www.tendanceouest.com/caen/actualite-44969-secte-a-lisieux-5-ans-ferme-requis-contre-epouse-de-dieu.html?version=cherbourg

Lisieux: la gouroue « a voulu nous faire porter le chapeau »

Par , publié le 29/11/2012 à 08:38

Le procureur de Lisieux a requis le maximum de la peine prévu pour l’abus de faiblesse aggravé -cinq ans de prison ferme à l’encontre de Françoise D., gouroue de la secte « Parc d’accueil », lors du procès qui s’est déroulé du 26 au 28 novembre. La décision du tribunal est annoncée pour le 22 janvier 2013. C’était une rencontre émouvante et à huis clos entre de nombreuses victimes avec celle qui les a persécutées. L’une d’elle la raconte pour L’Express. Appelons-la Claire.

Qui êtes-vous?

Educatrice de profession, j’ai été prise dans les filets de Françoise en octobre 2001, alors que j’avais la trentaine, et j’y suis restée jusqu’aux interpellations policières, juin 2007.

Que redoutiez-vous dans la confrontation avec la gouroue?

Françoise a une double face. Elle a commencé à montrer son personnage timide, presque fragile. Sauf que je sais qu’elle est capable de nous surprendre à chaque instant, qu’elle est intelligente et manipulatrice. Et ce qui m’a le plus surpris, c’est qu’elle est demeurée dans sa logique, du début à la fin du procès. Elle n’a exprimé aucun remord, aucun regret. Tantôt mielleuse, tantôt avec aplomb, elle nous a fait entendre un discours ésotérique avec ses mots nouveaux.

La présidente d’audience est-elle parvenue à la faire redescendre sur terre?

Non. Elle répondait toujours: « Votre réalité n’est pas la mienne. » Lorsque la présidente lui disait qu’elle avait organisé des relations incestueuses, elle répondait: « Nous étions dans la 5e dimension, en vibration suprême dans une nouvelle conscience », un charabia nouveau qu’elle ne nous avait jamais servi. Selon elle, si les mêlées célestes ne terminaient par des vomissements collectifs, c’était bien la preuve que l’on se libérait de ce qu’il y a de mauvais en nous.

A-t-elle été mise une fois en difficulté?

Oui, lorsque mon avocat lui a demandé, au sujet de la relation incestueuse qu’elle a imposée entre une mère et son fils: « Seriez-vous capable d’avoir une relation sexuelle avec votre fille? » Elle était déstabilisée, fuyante. Me Pascal Rouiller l’a poursuivie en reposant la question: elle est apparue tendue, prête à exploser.

Etes-vous intervenue sur ce que vous avez subi?

J’ai raconté les brimades physiques, comment elle m’a secouée, giflée, frappée à coups de pied, aspergée de crachats, tirée par les cheveux.

Comment a-t-elle justifié les « mêlées célestes », les « navigations », en clair les relations sexuelles de groupe sous son emprise?

Elle a dit ne pas comprendre ce qu’on lui reprochait. « On était en transe, on riait aux éclats, en liberté totale », a-t-elle déclaré. Elle a refusé d’admettre que nous étions soumis. Lorsque que je refusais de naviguer, d’avoir des relations sexuelles avec un partenaire choisi par elle, je pleurais et je subissais alors ses brimades, ses violences, ses humiliations publiques.

Pendant l’audience, vos regards se sont-ils croisés?

Jamais elle ne se tournait dans notre direction. Plusieurs d’entre nous ont décidé de la regarder droit dans les yeux. Auparavant, si elle nous fixait, nous baissions les yeux, là, c’est elle qui a fini par baisser la tête. Une première victoire.

Après le réquisitoire, elle a eu le dernier mot?

Elle a quitté son charabia ésotérique et a parlé sur un ton calme, avec des mots très terre à terre. Son discours était simple: pourquoi les parties civiles lui reprochent-elles aujourd’hui d’avoir été une gouroue, alors que ce sont elles qui lui ont donné ce statut, en la issant sur un piédestal? En clair, elle a voulu nous faire porter le chapeau.

Comment vous sentez-vous après cette audience de deux jours et demi?

Exténuée et vidée. Mais soulagée. Françoise D. et nous avons été beaucoup écoutés, avec respect et humanité. C’est le début de ma reconstruction.

Source :

Angers. Des Angevins dans le procès de la secte de Lisieux

Angers. Des Angevins dans le procès de la secte de Lisieux

Des Angevins assisteront ce lundi et ce mardi à Lisieux au procès de la secte du Parc d’accueil qui a sévi à Lisieux entre 2000 et 2008.

C’est même grâce à un couple de parents habitant l’agglomération angevine que l’enquête a démarré.

Ce couple avait assisté à la longe dérive de leur fille, alors âgée d’une trentaine d’années dans cette petite secte d’une quinzaine de personnes.

Celle-ci avait été démantelée lors d’un coup de filet de la police, le 27 juin 2007.

Une enseignante, qui animait la communauté est l’unique prévenue de ce procès.

Considéré comme la « gourelle », elle imposait des « mêlées célestes » à ses adeptes, c’est-à-dire des pratiques sexuelles collectives.

Elle exigeait aussi que lui soit versée « la part de Dieu ». En quelques années, on lui reproche d’avoir ponctionné plus de 400.000 €.

Les parents angevins qui ont sorti leur fille de la secte témoignent ce lundi dans le Courrier de l’Ouest (Maine-et-Loire).

Source : http://m.courrierdelouest.fr/actualite/angers-des-angevins-dans-le-proces-de-la-secte-de-lisieux-25-11-2012-93692

« L’épouse de Dieu » devant le tribunal des hommes

Jugée depuis lundi, une professeur d’anglais était devenue le gourou d’une vingtaine de personnes. Ses victimes témoignent.

À Lisieux, la maison qui accueillait la petite secte Le parc d'accueil.À Lisieux, la maison qui accueillait la petite secte Le parc d’accueil. © Ouest France/Maxppp
Dr Jekyll and Mr Hyde. Ainsi pourrait-on présenter Françoise D., 58 ans, dont le procès s’est ouvert lundi à huis clos devant le tribunal correctionnel de Lisieux dans le Calvados. Cette ancienne professeur d’anglais dans un lycée de la Fondation des orphelins d’Auteuil de Lisieux (1), unanimement appréciée, mère de trois enfants, est aussi le gourou présumé de la secte du Parc d’accueil installée dans une grande maison aux volets bleus du centre-ville de Lisieux. À l’intérieur, pas moins de dix chambres : le nombre nécessaire pour héberger les membres de la communauté.
Comment finit-on derrière les murs de cette maison ? « Lorsque je rencontre Françoise, témoigne dans Ouest France Lydie (prénom d’emprunt), c’est comme une révélation. La fin 2001 est difficile : stress au travail, soucis familiaux, solitude. Une amie me met en contact avec Françoise, professeur, mariée et mère de trois enfants. Elle n’a pas son pareil pour détecter les failles : je suis vulnérable. Pendant quatre week-ends de suite, je me rends à Lisieux : elle parle six, sept, huit heures tout en me laissant aussi beaucoup la parole. Je suis aussi en recherche dans le domaine religieux : un sujet qu’on évoque beaucoup. Je suis séduite, captivée. Hypnotisée. »

Quelques semaines plus tard, Lydie quitte son emploi, puis trois mois plus tard s’installe à Lisieux. « Au sein du cercle de ses relations qui s’élargit jusqu’à une vingtaine, elle s’impose peu à peu comme leader. Elle me permet aussi d’approfondir ma relation avec Dieu. Une grande sensation de satisfaction. Mais elle écarte très vite les gens qui lui résistent un tant soit peu. »

« J’étais mort. Vous avez ouvert mon tombeau. »

En 2003 s’amorce un changement progressif : il faut verser un peu d’argent, puis de plus en plus. « À la fin, c’est 90 % du salaire que je percevais. Au sein du groupe, on est toujours réconfortés, voire encensés. À ces aspects positifs, Françoise ajoute peu à peu des éléments négatifs : nous avons besoin de discipline. Menant une double vie, elle met en avant sa propre réussite. En revanche, nous-mêmes sommes remplis de démons qu’il faut extirper. C’est complètement fou : nous sommes prêts à entendre n’importe quoi. »

Courant 2003 commencent des séances d’humiliation, parfois violentes, suivies d’ébats sexuels. « Les démons étant cachés dans nos parties intimes, elle nous impose des relations sexuelles avec différents partenaires pour chasser ces démons. » Des séances qualifiées de mêlées célestes, rendues nécessaires à grands coups de citations prétendument puisées dans les Évangiles par celle qui se présente comme « l’épouse de Dieu ». En novembre 2005, nouvelle étape : le petit groupe s’installe dans la grande maison acquise avec les deniers des membres. Selon l’enquête, les disciples auraient versé près de 400 000 euros.

Mais, en 2004, une adepte a porté plainte, suivie d’une seconde en 2006. Le SRPJ de Normandie est saisi : en juin 2007, tous les membres du groupe sont interpellés. « Un choc très violent. Une deuxième révélation, mais à l’envers. En début de garde à vue, je protège Françoise : je suis perdue pour l’éternité si je la renie. Puis une digue se brise. Je lâche. » Grâce à une aide psychologique et à un soutien familial, Lydie s’est progressivement reconstruite : « Je retravaille. Mais je reste la victime d’une femme qui a forcé mon âme. » Un autre ex-disciple a déclaré aux enquêteurs : « J’étais mort. Vous avez ouvert mon tombeau. » Une dizaine de victimes sont parties civiles au procès pour abus de dépendance psychologique et extorsion de fonds.

(1) La fondation a été mise hors de cause durant l’enquête.

Source : http://www.lepoint.fr/societe/l-epouse-de-dieu-devant-le-tribunal-des-hommes-27-11-2012-1534135_23.php

Justice – La femme gourou : « Je ne comprends pas »

A écouter

Créé le 28/11/2012 à 07h18

Un tribunal Un tribunal / AFP

« Je suis sous le choc ». C’est ainsi qu’a réagi cette femme de 56 ans, soupçonnée d’avoir été la gourou d’une secte. Elle est jugée à huis clos depuis lundi en correctionnelle à Lisieux (Calvados). Cette mère de trois enfants est notamment accusée d’avoir volé près de 400.000 euros à ses adeptes. Le procès prendra fin ce mercredi.ECOUTERFrédéric Veille | 28/11/2012 – 07h45écouterLa réaction de cette femme gourou qui « ne comprend pas » ce qui lui arriveAncienne enseignante d’anglais pour une association qui s’occupe de jeunes désocialisés, elle comparaît libre et encourt cinq ans de prison, selon le parquet.

Selon Me Pascal Rouiller, avocat d’une des victimes présumées et de sa famille, parties civiles, « les anciens adeptes rapportent avoir connu l’enfer d’une prison mentale sur fond de violences morales, physiques et sexuelles, fruit d’une emprise totale de la part du gourou ».

Selon l’avocat la prévenue a notamment déclaré mardi au tribunal « Oui, j’ai demandé à des mères d’avoir des rapports sexuels avec leurs fils, mais on était dans une vibration, on était dans une autre dimension, la cinquième… »

Une vingtaine de personnes se sont portées partie civile.

Les faits reprochés se sont déroulés entre 2002 et 2007, mais des videos montrées à l’audience mardi laissent penser que la prévenue qui se présentait tantôt comme l’incarnation de Dieu tantôt comme son épouse a continué ensuite à exercer les activités qui lui sont reprochées, selon le parquet.

La réaction de la femme gourou au micro RTL de Frédéric Veille

« Pour l’instant je suis sous le choc, Beaucoup de choses qui ont été exprimées, ne m’ont jamais été exprimées. Des choses très très très graves alors que quand on a vécu tout ça, ça n’était pas mentionné. Mais on m’a rejeté en disant que c’était normal ‘car tout le monde a peur de vous' ».

Vous sentez vous trahie aujourd’hui ?

« Je ne peux pas me sentir trahie parce que tout le monde a une responsabilité et parce que chacun a le droit de voir ce qu’il veut. Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est comment aucune de ces personnes après tout ce temps où on était ensemble. C’est vrai on a vécu des choses très très fortes, on était à un endroit presque en transe et donc on a vécu des choses d’une autre réalité mais bon on m’a envoyé tellement de choses aujourd’hui que je vous assure que… »

Source : http://www.rtl.fr/actualites/info/article/justice-la-gourou-je-ne-comprends-pas-7755238101

Lisieux: 5 ans de prison requis contre la gourou d’une secte

Par LEXPRESS.fr, publié le 28/11/2012 à 12:33, mis à jour à 12:54

Cette femme de 56 ans est soupçonnée d’avoir volé près de 400 000 euros à ses adeptes et de leur avoir infligé des violences morales, physiques et sexuelles.

La peine maximum. Le procureur a requis une peine de cinq ans de prison à l’encontre d’une femme de 56 ans soupçonnée d’être la gourou d’une secte, révèle ce mardi RTL. Elle est jugée depuis ce lundi en correctionnelle à Lisieux pour avoir volé près de 400 000 euros à ses adeptes et leur avoir infligé des violences morales, physiques et sexuelles. Selon la radio, le procureur dans son réquisitoire que « la justice triomphait de l’obscurantisme ». Et d’ajouter: « votre défense a fait pschitt! »

La prévenue, qui s’est dite sans profession, comparaît pour « abus frauduleux de l’ignorance ou de la faiblesse d’un tiers », dans le cadre de la loi About-Picard de 2001 contre les dérives sectaires. Ancienne enseignante d’anglais pour une association qui s’occupe de jeunes désocialisés, elle comparaît libre et encourt cinq ans de prison, selon le parquet.

« L’enfer d’une prison mentale »

Selon Me Pascal Rouiller, avocat d’une des victimes présumées et de sa famille, parties civiles, « les anciens adeptes rapportent avoir connu l’enfer d’une prison mentale sur fond de violences morales, physiques et sexuelles, fruit d’une emprise totale de la part du gourou ». Selon l’avocat la prévenue a notamment déclaré mardi au tribunal « Oui, j’ai demandé à des mères d’avoir des rapports sexuels avec leurs fils, mais on était dans une vibration, on était dans une autre dimension, la cinquième… »

Une vingtaine de personnes se sont portées partie civile. Les faits reprochés se sont déroulés entre 2002 et 2007, mais des vidéos montrées à l’audience mardi laissent penser que la prévenue qui se présentait tantôt comme l’incarnation de Dieu tantôt comme son épouse a continué ensuite à exercer les activités qui lui sont reprochées, selon le parquet.

Source : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/5-ans-de-prison-requis-contre-la-gourou-d-une-secte_1192742.html#xtor=AL-447