Justice. Journée hallucinante au procès de la secte de Lisieux

C'est dans cette petite maison de Lisieux que la

Audience très étonnante depuis lundi à Lisieux où se déroule, à huis-clos, le procès de la secte du Parc d’accueil.

Le procès, qui devait se terminer ce mardi soir prend finalement du retard. Les réquisitions sont attendues ce mercredi matin.

On saura dans la matinée si le jugement est mis en délibéré.

Depuis lundi, la quinzaine de victimes défilent à huis clos devant la barre du tribunal correctionnel pour décrire les manipulations mentales, sexuelles mais aussi financières de la prévenue, une enseignante de 55 ans.

Les quelques propos d’audience qui ont filtré en disent long. Sur le petit groupe d’une quinzaine de personnes qu’elle régentait, les exigences de la « gourelle » étaient extrêmes : « Oui, j’ai demandé à des mères d’avoir des rapports sexuels avec leurs fils, a convenu la prévenue. Mais on était dans une vibration, dans une autre dimension, la cinquième… ». Et lorsque la présidente du tribunal a récapitulé la multitude d’agissements qui lui étaient reprochés, celle qui se dit « sœur de Dieu » a répondu : « Entre la loi et la vie, j’ai choisi la vie… ».

Des détournements d’argent estimés à 400000 € lui sont également reprochés.

Source : http://www.courrierdelouest.fr/actualite/justice-journee-hallucinante-au-proces-de-la-secte-de-lisieux-27-11-2012-93923

Secte à Lisieux. La gourou présumée s’explique

Justicemardi 27 novembre 2012
Pour la première fois, Françoise Dercle, qui comparaît depuis lundiau tribunal correctionnel de Lisieux pour avoir mis sous sa dépendance 21 membres de la secte Le Parc d’accueil de Lisieux, s’explique.

 « Je suis sous le choc »

C’est une femme visiblement empruntée qui accepte de s’expliquer et qui dit chercher encore à « comprendre » les accusations portées contre elle.

« Pour l’instant je suis sous le choc. On m’a traitée de beaucoup de choses… »

« On a vécu dans une autre réalité »

Cheveux châtains, 56 ans, mère de deux enfants, Françoise Dercle, l’ancienne professeur d’anglais, seule accusée dans ce procès – qui se tient à huis-clos – livre sa version des faits.

« On était dans un endroit… presque dans une transe. On a vécu des choses d’une autre réalité. »

En délibéré jusqu’en janvier ?

« L’autre réalité », ce sont ces « mêlées célestes », séances de purification divine où les adeptes s’adonnaient à sa demande à des rites spirituels, qui se terminaient en ébats sexuels et gifles violentes.« Comment peut-on vivre un tel truc, recevoir de tant de gens, sans qu’un seul instant on ne dise quoi que ce soit ? »

InInitialement prévu sur deux jours, le procès se termine ce mercredi par les réquisitions du procureur et la parole à la défense.

Le jugement devrait être mis en délibéré au mois de janvier.

Yann-Olivier BRICOMBERT.

Source : http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Secte-a-Lisieux.-La-gourou-presumee-s-explique_40771-2137893-pere-bno_filDMA.Htm

Procès de la secte à Lisieux. « La secte est une cage virtuelle séduisante qui vous emprisonne »lisieux

Secte à Lisieux : « C’était affreux »
Après une interruption de séance, l’audience a repris au tribunal correctionnel de Lisieux au procès de la secte « le parc d’accueil », qui s’est ouvert ce lundi.

La gourou, une ancienne professeur d’anglais de 57 ans autoproclamée « l’épouse de Dieu », a demandé le renvoi du procès, ce qui lui a été refusé par le tribunal.

Plusieurs témoins sont entendus à huis clos depuis ce lundi matin. Le procès doit se dérouler sur deux jours.

« La secte, une cage virtuelle »

Au tribunal, la présidente de l’UNADFI, Catherine Picard, a déclaré : « La victime sectaire est une victime particulière car il lui faut un temps souvent long pour réaliser qu’elle est victime ; elle s’est retirée au fil du temps pour ne plus appartenir qu’à une personne et ses diktats, pour ne plus disposer d’aucune autonomie. L’emprise est très déconstructive. »

Un expert psychiatre spécialisé a indiqué au tribunal : « La secte est une cage virtuelle, sécurisante, qui vous maintient mais qui vous emprisonne. Dans un 1er temps, on ne peut pas convaincre une victime de secte, on ne peut que l’écouter ».

Source : http://www.ouest-france.fr/region/normandie_detail_-Proces-de-la-secte-a-Lisieux.-La-secte-est-une-cage-virtuelle-seduisante-qui-vous-emprisonne-_40810-2137313_actu.Htm

Lisieux : la déesse des «mêlées célestes» abusait de ses adeptes

Violences physiques et sexuelles, humiliations, spoliation… Une enseignante d’anglais est jugée devant le tribunal correctionel de Lisieux, soupçonnée d’avoir abusé des membres d’une communauté qu’elle dirigeait.

Elle se faisait appeler la Reine, disait incarner le Saint-Esprit, être la femme de Dieu. Autoproclamée « déesse de la beauté », Françoise Dercle, 56 ans, répond à partir d’aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Lisieux (Calvados) des violences physiques et mentales imposées aux adeptes de la secte qu’elle dirigeait.

Jusqu’à son arrestation fin juin 2007 dans une belle demeure du centre-ville de Lisieux, cette professeur d’anglais dans un établissement catholique se trouvait à la tête de la communauté du Parc d’accueil qui, sous couvert d’œcuménisme et de recherche spirituelle, cachait un mouvement sectaire aux pratiques criminelles : sujétion psychique, viols en réunion, attouchements sexuels sur personnes vulnérables, humiliation psychologique, violences physiques et spoliation. « Un véritable cas d’école, où tous les critères de la pratique sectaire sont réunis », dénonce Me Pascal Rouiller, avocat de l’une des victimes et de ses parents.

Les membres lui reversaient presque tous leurs revenus

L’emprise de cette femme-gourou, mère de deux enfants, était telle que, fait exceptionnel, ses six coaccusés figurent aussi au rang des victimes, une vingtaine en tout, les experts ayant jugé que leur discernement était altéré au moment des faits. Tous les adeptes de ce cercle présentaient d’ailleurs un profil similaire, souffrant de maladies, de handicaps, de surpoids et d’une détresse psychologique qui se traduisait souvent par une quête spirituelle inassouvie. Françoise Dercle recrutait d’ailleurs en marge de réunions religieuses, avec un don pour repérer les failles chez ses futurs disciples. Des couples pour la plupart, parfois même des familles.

Dans la maison de Lisieux, siège de l’association, ces personnes, une dizaine, étaient dévouée corps et âme à celle qu’elles pensaient être « leur sauveur, leur guide ». Un « monde totalitaire », selon l’un des ex-adeptes, où Françoise Dercle décidait de tout et se faisait servir, telle une princesse, par ses « esclaves ». Ils lui reversaient ainsi la quasi-intégralité de leurs revenus. Leur « réussite financière était un don de Jésus, arguait-elle. Il fallait lui rendre son argent », par son intermédiaire. Des centaines de milliers d’euros auraient ainsi transité sur ses comptes.

Toute-puissante, Françoise Dercle incitait à la délation, qui donnait matière à des séances d’humiliation publiques appelées « cœur à cœur », suivies de réels corps à corps. Ils démarraient par des « mêlées célestes », où tous les participants se pressaient pour être embrassés par leur « déesse ». Elle dirigeait ensuite des ébats sexuels, des « navigations » censées chasser le démon qui sommeillait en eux. En maîtresse de cérémonie, elle composait les couples, forçant des femmes à coucher entre elles, des fils avec leur mère sur fond d’incantations et d’exorcisme. En cas de refus, les coups pleuvaient. Les deux enfants d’un des couples auraient même assisté à certaines scènes et « dégrafé des soutiens-gorges ».

Toutes ces victimes, qui ont parfois mis plusieurs années à se défaire de son emprise, disent aujourd’hui avoir été « brisées » par Françoise Dercle, qui a « tué une partie » d’eux-mêmes. Certaines sont aujourd’hui sous curatelle. Un retentissement psychologique doublé parfois de graves problèmes de santé, comme cette femme atteinte d’un cancer que la Reine avait convaincue de ne plus prendre de médicaments…

Au cours de l’enquête, l’un des membres de la communauté a avoué que l’expérience aurait pu s’achever par un suicide collectif. Un autre, reconnaissant, a confié qu’il était sur le point de devenir fou et qu’en intervenant, les policiers avaient « ouvert sa tombe ».

source : Le Parisien

Louise Colcombet | le 26.11.2012

Source : http://www.leparisien.fr/faits-divers/lisieux-la-deesse-des-melees-celestes-abusait-de-ses-adeptes-26-11-2012-2356757.php

Une gourou présumée jugée à Lisieux

Mis en ligne le 26 novembre 2012 à 11h54, mis à jour le 26 novembre 2012 à 16h51

justice acquittement révision réhabilitation

Crédits : Thinkstock/Comstock
Une femme de 56 ans est jugée lundi et mardi, soupçonnée d’avoir abusé les membres de la communauté qu’elle dirigeait. Des adeptes évoquent « l’enfer d’une prison mentale sur fond de violences morales, physiques et sexuelles ».

Elle s’était auto-proclamée « déesse de la beauté ». Une femme de 56 ans est jugée lundi et mardi devant le tribunal correctionnel deLisieux, dans le Calvados, soupçonnée d’avoir été le gourou d’une secte. La prévenue comparaît pour « abus frauduleux de l’ignorance ou de la faiblesse d’un tiers », dans le cadre de la loi About-Picard de 2001 contre les dérives sectaires qui a introduit cette notion. Elle comparaît libre et encourt cinq ans de prison. Son procès a lieu à huis-clos. La décision devrait être mise en délibéré.

La prévenue qui se dit aujourd’hui sans profession est accusée d’avoir volé près de 400.000 euros à ses adeptes. Selon Me Rouiller, avocat d’une des victimes présumées et de sa famille, parties civiles, « les anciens adeptes rapportent avoir connu l’enfer d’une prison mentale sur fond de violences morales, physiques et sexuelles, fruit d’une emprise totale de la part du gourou ».

« Je n’ai jamais voulu faire de mal »

Selon des notes prises par l’avocat, cette femme décrite par ses accusateurs comme séductrice et très sûre d’elle, a déclaré devant les juges : « je ne suis pas devenue gourou comme ça. Je passais dans une cinquième dimension. J’ai peut-être commis des erreurs, mais je n’ai jamais voulu faire de mal ». « Oui, tout était à mon nom mais j’ai fait ça comme ça, c’était bête et méchant, j’ai jamais voulu voler », a aussi dit cette mère de trois enfants, selon l’avocat. Selon Me Rouiller, une dizaine de victimes présumées ou de proches de victimes étaient parties civiles et présentes dans la salle pour des faits qui auraient eu lieu entre le 1er janvier 2002 et le 27 juin 2007.

Catherine Picard, à l’origine de la loi et présidente de l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victime de sectes (Unadfi) est venue exposer devant le tribunal ce qu’elle savait de leur fonctionnement en général. En octobre 2011, lors d’un colloque à l’Assemblée nationale visant à dresser un bilan 10 ans après le vote de la loi About-Picard, Georges Fenech, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre ces dérives (Miviludes) avait estimé qu’une centaine de procédures judiciaires étaient alors en cours en France. « Sur une quarantaine de condamnations pour abus de faiblesse, un tiers l’ont été dans le cadre d’un mouvement sectaire », avait-il ajouté.

Source : http://lci.tf1.fr/france/justice/une-gourou-presumee-jugee-a-lisieux-7689798.html

Captive d’une secte, elle raconte son calvaire

lundi 26 novembre 2012
  • La maison de Lisieux (Calvados), où la mini-secte, le « parc d'accueil » s'était installée en 2005.

    La maison de Lisieux (Calvados), où la mini-secte, le « parc d’accueil » s’était installée en 2005.

    Archives Ouest-France

Cinq années durant, elle est restée prisonnière d’une mini-secte dont le gourou, une femme de 58 ans, est jugé aujourd’hui à Lisieux (Calvados). Victime, Lydie (prénom d’emprunt), 43 ans, témoigne.

« Lorsque je rencontre cette femme, c’est comme une révélation. La fin 2001 est difficile : stress au travail, soucis familiaux, solitude. Une amie me met en contact avec Françoise, professeur, mariée et mère de trois enfants. Elle n’a pas son pareil pour détecter les failles : je suis vulnérable. Pendant quatre week-ends de suite, je me rends à Lisieux : elle parle six, sept, huit heures tout en me laissant aussi beaucoup la parole. Je suis aussi en recherche dans le domaine religieux : un sujet qu’on évoque beaucoup. Je suis séduite, captivée. Hypnotisée. »

Quelques semaines plus, tard, Lydie quitte son emploi puis trois mois plus tard s’installe à Lisieux : « Je suis hébergée dans le logement de fonction d’un couple, lui-même déjà en relation avec Françoise. Elle me trouve rapidement un job courant 2002. Au sein du cercle de ses relations qui s’élargit jusqu’à une vingtaine, elle s’impose peu à peu comme leader. On vit en circuit fermé. Avec la Bible, elle apporte un véritable enseignement. Toujours en me réconfortant. Elle me permet aussi d’approfondir ma relation avec Dieu. Une grande sensation de satisfaction. Mais elle écarte très vite les gens qui lui résistent. »

« Elle a forcé mon âme »

En 2003, changement, il faut verser un peu d’argent. De plus en plus. 400 000 € auraient ainsi été détournés. « À la fin, c’est 90 % du salaire. Au sein du groupe, on est toujours réconfortés, voire encensés. Françoise ajoute peu à peu des éléments négatifs : nous avons besoin de discipline. Menant une double vie, elle met en avant sa propre réussite professionnelle et familiale liée à la grande qualité de sa relation avec Dieu. En revanche, nous-mêmes, sommes remplis de démons qu’il faut extirper. Nous sommes prêts à entendre n’importe quoi : nous sommes les premiers choisis, des privilégiés. »

Courant 2003 débutent des séances d’humiliation, parfois violentes suivies d’ébats sexuels. « Les démons étant cachés dans nos parties intimes, elle nous impose des relations sexuelles avec différents partenaires pour chasser ces démons. ». Des séances qualifiées de« mêlées célestes ». En novembre 2005, nouvelle étape : le petit groupe s’installe dans une maison acquise avec les deniers des membres.

Mais en 2004, une adepte a porté plainte suivie d’une seconde en 2006. Le SRPJ de Normandie est saisi : en juin 2007, tous les membres du groupe sont interpellés. « Un choc très violent. Une deuxième révélation mais à l’envers. En début de garde à vue, je protège Françoise : je suis perdue pour l’éternité si je la renie. Puis une digue se brise. Je lâche. » Grâce à une aide psychologique et un soutien familial, Lydie s’est progressivement reconstruite : « Je retravaille. Mais je reste la victime d’une femme qui a forcé mon âme. »

Jean-Pierre BEUVE.
Source : http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Captive-d-une-secte-elle-raconte-son-calvaire-_3636-2137147_actu.Htm?xtor=RSS-4&utm_source=RSS_MVI_ouest-
france&utm_medium=RSS&utm_campaign=RSS

L’affaire de la secte bientôt jugée

« L’affaire de la secte » avait fait grand bruit à Lisieux en 2007. Le gourou de cette secte, une femme de 57 ans, professeur dans un lycée lexovien, sera jugé les 26 et 27 novembre.

Publié le 6/11/2012 à 17:34 par serge.velain

 

Lors de la descente de police, en juin 2007 (photo Max PPP/LP Carol Amar)

Lors de la descente de police, en juin 2007 (photo Max PPP/LP Carol Amar)
En juin 2007, une douzaine de personnes étaient placées en garde à vue à la suite d’une descente de police effectuée rue Rose-Harel à Lisieux. Parmi ces personnes, une femme de 53 ans à l’époque des faits, Mme D. Professeur d’anglais aux Orphelins apprentis d’Auteuil et présidente de l’association Le parc d’accueil, elle était dans le collimateur des polices judiciaires de Caen et Rouen depuis février 2007.

Les personnes en garde à vue ont craqué, racontant aux policiers les incantations, les coups, les humiliations psychologiques, les spoliations, les « mêlées célestes », les relations échangistes, les viols en réunion dont ils auraient été victimes. L’enquête a d’autre part révélé que 400 000 euros environ avaient été déposés en deux ans et demi sur le compte de Mme D., sans qu’elle puisse en expliquer la provenance ni la destination.

Une autre personne (une autre femme) était soupçonnée d’être le “bras droit” de Mme D. dans cette affaire. Mais les charges contre elles et contre d’autres, soupçonnées elles aussi d’abus sexuels,  n’ont pas été retenues. Le discernement de ces dernières aurait été altéré. Finalement Mme D. sera seule à comparaître devant les juges ces 26 et 27 novembre. Cinq ans après. Le temps qu’il aurait fallu aux enquêteurs pour déterminer les responsabilités des uns et des autres dans cette affaire de la secte qui fit tant de bruit à Lisieux.

Lire également notre reportage complet dans l’Eveil de Lisieux, édition papier, en vente chez votre marchand de journaux.

Source : http://www.leveildelisieux.fr/2012/11/06/laffaire-de-la-secte-bientot-jugee/