Secte du Mandarom : une expertise ordonnée

 

Le 10 décembre dernier, la secte du Mandarom comparaissait devant la cour d’appel de Grenoble, poursuivie par une association de protection de l’environnement qui demandait la remise en état d’une colline endommagée par un projet de temple pyramide. « La montagne est saccagée ! C’est énorme ce qui a été fait : on a éventré un flanc de montagne entier », avait alors plaidé Me Catherine Cohen-Seat, avocate de l’Association pour la protection du lac de Sainte-Croix, de son environnement, des lacs et sites du Verdon.

Dans son arrêt rendu le 21 janvier, la cour d’appel de Grenoble condamne la secte du Mandarom, représentée par l’Association cultuelle du temple pyramide et l’Association du vajra triomphant, à payer 30 000 euros de provisions aux victimes. En outre, elle nomme un expert, M. Georges-Henri Ducreux, pour évaluer les dégradations environnementales sur les collines de la Baume. 4 000 euros ont été demandés en consignation d’ici au 15 avril pour que l’expert puisse se mettre au travail. À compter du dépôt de la consignation, M. Ducreux aura alors huit mois pour rendre son expertise.

La bataille judiciaire impliquant la secte du Mandarom se poursuit donc.

Source : le dauphine

Secte du Mandarom : une expertise ordonnée

Le 10 décembre dernier, la secte du Mandarom comparaissait devant la cour d’appel de Grenoble, poursuivie par une association de protection de l’environnement qui demandait la remise en état d’une colline endommagée par un projet de temple pyramide. « La montagne est saccagée ! C’est énorme ce qui a été fait : on a éventré un flanc de montagne entier », avait alors plaidé Me Catherine Cohen-Seat, avocate de l’Association pour la protection du lac de Sainte-Croix, de son environnement, des lacs et sites du Verdon.

Dans son arrêt rendu le 21 janvier, la cour d’appel de Grenoble condamne la secte du Mandarom, représentée par l’Association cultuelle du temple pyramide et l’Association du vajra triomphant, à payer 30 000 euros de provisions aux victimes. En outre, elle nomme un expert, M. Georges-Henri Ducreux, pour évaluer les dégradations environnementales sur les collines de la Baume. 4 000 euros ont été demandés en consignation d’ici au 15 avril pour que l’expert puisse se mettre au travail. À compter du dépôt de la consignation, M. Ducreux aura alors huit mois pour rendre son expertise.

La bataille judiciaire impliquant la secte du Mandarom se poursuit donc.

source : ledauphine.com

La secte du Mandarom poursuivie pour la dégradation d’une colline

GRENOBLE, 10 déc 2013 (AFP) – La secte du Mandarom comparaissait mardi devant la cour d’appel de Grenoble, poursuivie par une association de protection de l’environnement qui demandait la remise en état d’une colline endommagée par un projet de temple-pyramide.

« La montagne est saccagée! C’est énorme ce qui a été fait: on a éventré un flanc de montagne entier », a plaidé Me Catherine Cohen-Seat, avocate de l' »Association pour la protection du lac de Sainte-Croix, de son environnement, des lacs et sites du Verdon ».

Après plus de vingt ans de procédure et deux arrêts de la cour de cassation, l’association et les époux Domenge, agriculteurs voisins de la secte, réclament 150.000 euros de dommages et intérêts à la secte du Mandarom ainsi que la remise en état des collines de la Baume, au-dessus du village Castellane (Alpes-de-Haute-Provence).

C’est là que Gilbert Bourdin, « messie cosmoplanétaire », a installé en 1969 « la cité sainte du Mandarom ». En 1992, il avait obtenu le permis d’y construire un temple-pyramide, annulé par le Conseil d’Etat en 1995.

Mais des « travaux d’affouillement et de terrassement colossaux » ont quand même eu lieu, ainsi que la construction d’une longue voie d’accès, selon Me Cohen-Seat.

« Depuis lors, la faune et la flore ont repoussé (…) permettant au paysage de se reconstituer par lui-même », a cependant avancé Me Eliyahu Berdugo, avocat du Mandarom.

Il a demandé à la cour de rejeter les demandes de l’association, estimant que la remise en état avait été « complètement faite ».

Selon Me Berdugo, la « véritable intention » des requérants « n’est pas la remise en état du site ou du paysage, c’est de combattre les aumistes (disciples de la secte, ndlr) ».

« Ils se battent contre l’aumisme et pas contre cette voie qui ne sert à rien », a abondé Thérèse Seguin, évêque de l’Aumisme, à l’issue de l’audience.

La « cité sainte du Mandarom », qui s’étend sur une quinzaine d’hectares, est aujourd’hui « un monastère dans lequel vivent une quinzaine de moines », a expliqué lors de l’audience Christine Amory, présidente de l' »Association du Varja triomphant ».

Le monastère peut accueillir 200 disciples « dispersés sur toute la planète », a-t-elle expliqué, en assurant avoir fait « la transparence complète avec les autorités ».

La cour rendra sa décision le 21 janvier 2014.

Source : AFP

Le Mandarom attend l’argent de l’Etat, sous la menace des défenseurs du Verdon

Liens évoqués avec le Temple solaire Interrogé par le quotidien La Provence en avril 2013, M. Ferrato a émis des hypothèses sur la provenance des fonds dont disposeraient les derniers défenseurs du Mandarom.

Les sites des gorges du Verdon et du lac de Castillon, autour du bourg de Castellane, sont pris d’assaut par les touristes venus faire provision de beauté et de fraîcheur dans ces périodes caniculaires. Ils ne manquent pas de remarquer sur les collines d’immenses statues kitsch très colorées qui se détachent sur la verdure environnante. Et peuvent même être tentés d’aller découvrir le site dit du Mandarom, plus exactement le monastère du Mandarom Shambhasalem, où sont organisées en principe deux visites de 45 minutes chaque après-midi pour la somme de 5 euros. Le site avait été créé dans cet endroit retiré des Alpes-de-Haute-Provence en 1969 par Gilbert Bourdin, rebaptisé Seigneur Hamsah Manarah de l’Ordre des Chavaliers du Vajra triomphant et de l’Aumisme.

Cette religion et son monastère ont failli ne pas survivre à la mort de son fondateur en 1998, mais surtout aux coups portés par l’administration fiscale française qui ne voyait pas pourquoi les activités commerciales menées par les adeptes devaient échapper au régime de taxation habituel.

Dans l’attente du Hiérokarantine

La France ne sait pas trop s’il faut qualifier de secte le Mandarom et ses différents avatars : cette religion a adopté successivement plusieurs dénominations et organisations, et n’a pas été mise en cause dans des affaires pénales depuis la disparition de son fondateur.

Depuis 15 ans, l’aumisme attend son nouveau Hiérokarantine dans la lignée initiatique des Incarnations divines. Mais les accès au site et à sa boutique n’ont plus le même caractère vital depuis le début de l’année 2013, puisque la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France à rembourser plus de 3,5 millions d’euros d’imposition qu’elle a jugés indûment prélevé sur une activité qu’elle n’a pas jugé commerciale, mais bien religieuse. La liberté de religion semblait en danger aux yeux de la juridiction européenne. L’Etat français devra en outre payer les intérêts et les frais de justice (pour un montant approchant 50 000 euros).

L’événement est passé relativement inaperçu : la France n’a pas fait appel de ce jugement, alors qu’elle disposait d’un délai jusqu’à la fin du mois d’avril pour le faire.

Protéger le Verdon

En revanche, les adversaires les plus redoutables du Mandarom n’ont pas baissé les bras. Il s’agit de Robert Ferrato et de l’Association pour la protection des sites du Verdon, dont il est le président. Ce rassemblement écologiste a mené, souvent avec succès, des combats médiatisés pour ne pas laisser faire n’importe quoi dans un environnement d’une exceptionnelle qualité. L’installation d’un camping municipal sur les berges du Verdon fait l’objet d’une procédure qui dure depuis 25 ans. Orange a jeté l’éponge au terme d’une longue bataille judiciaire et devra déplacer un pylône de téléphonie mobile haut de 38 mètres dans un endroit moins gênant pour les voisins, et on en passe…

Le combat le plus spectaculaire de Robert Ferrato a connu un épisode fracassant le 24 septembre 2008 : la destruction de la principale statue du Mandarom, celle de son fondateur, haute de 33 mètres. Il était déjà parvenu à bloquer le projet de construction d’un « temple pyramide » étendu sur près d’un hectare et haut de 33 mètres, qui avait déjà provoqué d’importants travaux de terrassement, ainsi que la construction d’une route, dans des conditions de légalité très suspectes.

Au terme d’une longue série de recours, le Mandarom a été condamné à remettre les lieux dans leur état initial, mais l’association qui pilotait les travaux au début n’existe plus !

Avec ténacité, le complexe montage juridique des sociétés du Mandarom a été examiné et il conduit finalement à une fondation domiciliée à Vaduz, capitale du Liechtenstein, et gérée par un avocat. Robert Ferrato et ses amis veulent obtenir la mise en cause de cette fondation et la contraindre à payer des indemnisations.

Liens évoqués avec le Temple solaire

Interrogé par le quotidien La Provence en avril 2013, M. Ferrato a émis des hypothèses sur la provenance des fonds dont disposeraient les derniers défenseurs du Mandarom. Il ne croit pas que les 8 millions d’euros dont aurait disposé Gilbert Bourdin provenaient du fruit des collectes auprès des adeptes. Il fait état de rumeurs selon lesquelles Luc Jouret, gourou de la secte du Temple solaire, était en relation avec le Mandarom et lui aurait fourni ces fonds. On se souvient que cette secte a disparu à l’issue d’une série de mystérieux suicides collectifs, ou de massacres selon d’autres interprétations, qui ont fait 74 victimes de 1994 à 1997.

Lors d’une autre interview accordée il y a plusieurs années à L’Humanité, M. Ferrato avait regretté que la justice se soit cantonnée à enquêter sur les aspects immobiliers de l’action du Mandarom, estimant que de nombreux indices conduisaient à soupçonner des opérations financières illicites, et de puissants appuis politiques occultes.

Le secret qui entoure les personnes incriminées dans ce genre d’affaires favorise en effet les soupçons et les craintes. Ce qui rappelle certains épisodes juridiques étranges qui sont survenus dans les actions intentées contre l’Eglise de Scientologie, ou les Témoins deJéhovah.

Dans l’affaire du Mandarom, l’Etat semble devoir se résoudre à rembourser près de 4 millions d’euros aux différents avatars de ce culte curieux, mais il est possible que l’argent lui revienne finalement par d’autres biais juridiques.

Source : faitreligieux.com

Castellane – Robert Ferrato : « Pas un sou ne doit être versé aux sectes »

CASTELLANE / PUBLIÉ LE MERCREDI 10 AVRIL 2013 À 17H21

La traque sans répit du Mandarom a conduit cet opposant jusqu’au Liechtenstein

Le 24 septembre 2008, la statue de 33 m à l'effigie du "messie cosmoplanétaire" Gilbert Bourdin qui défigurait les sites protégés du Verdon, était dynamitée au Mandarom à Castellane.

Photo Eric Camoin
Le 24 septembre 2008, la statue de 33 m à l’effigie du « messie cosmoplanétaire » Gilbert Bourdin qui défigurait les sites protégés du Verdon, était dynamitée au Mandarom à Castellane.

 

Le président de l’Association pour la protection des sites du Verdon Robert Ferrato n’a pas terminé le combat qu’il a engagé contre la secte du Mandarom à Castellane. Une procédure de haute lutte, on s’en souvient, avait débouché sur la destruction de la plus haute statue à l’effigie de Gilbert Bourdin, le « messie cosmoplanétaire », le 24 septembre 2008.

La guerre est-elle toujours ouverte entre le Mandarom et vous ?
Robert Ferrato : Bien sûr ! Il faut savoir que l’Association cultuelle du Temple pyramide et l’association du Vajra triomphant, appartenant à la secte du Mandarom, avaient saccagé à coups de bulldozers en 1994, tout un pan de la montagne de la Baume situé au-dessus du lac de Castillon, en vue de la construction d’un gigantesque temple pyramide et de la route d’accès. Les travaux ont été arrêtés sur requête de notre association qui a fait annuler par la Cour administrative d’appel de Lyon le 24 décembre 1994, le permis de construire du temple, délivré par l’ancien maire de Castellane Michel Carle, en avril 1992.

De quelle nature est votre combat aujourd’hui ?
R.F : Plusieurs décisions sont intervenues et après un pourvoi en cassation des associations de la secte, le litige est actuellement devant la cour d’appel de Grenoble. Par un arrêt en date du 6 novembre 2007, la Cour d’appel de Grenoble a confirmé le jugement du 26 novembre 1997 du Tribunal de grande instance de Digne déclarant recevable la requête de notre association qui demande la remise en état du site en ordonnant une expertise.

Où se situe le problème ?
R.F : À la lecture du rapport de l’expert rendu le 30 juin 2009, il est apparu que ce dernier émettait des doutes quant à la propriété de certaines parcelles mises en cause. Après des recherches effectuées au Bureau des hypothèques de Digne, nous nous sommes rendus compte avec stupéfaction que l’Association cultuelle du temple pyramide, en liquidation judiciaire, avait transmis son patrimoine immobilier à l’Association du Vajra triomphant le 22 août 1995 et que le 8 mars 1999, l’Association du Vajra triomphant a fait à son tour, l’apport de l’ensemble de ses biens immobiliers à la Fondation sa sainteté le Seigneur Hamsah Manarah, nom initiatique de feu Gilbert Bourdin, gourou de la secte.

Ainsi, une grande partie des terrains supportant les travaux contestés n’appartiendrait plus aujourd’hui aux associations de la secte mais à cette fondation qui a élu domicile chez un cabinet d’avocats à Vaduz au Liechtenstein ! Nous venons donc d’assigner en intervention forcée « La fondation sa sainteté le seigneur Hamsha Manarah » et son gérant Gabriel Marxer qui est avocat et qui demeure à Vaduz, à comparaître devant la Cour d’Appel de Grenoble.

De quelle façon comptez-vous agir ?
R.F : Il est évident que le caractère fictif et frauduleux de cet apport est caractérisé. La cour d’appel (chambre civile) de Grenoble devrait d’ailleurs se prononcer au cours de cette année sur la remise en état des lieux par la Fondation et sur les indemnités réclamées par notre association.

Et comment percevez-vous la condamnation récente de la France par la Cour européenne des droits de l’Homme ?
R.F : Selon cette cour, la France a violé l’article 9 de la Convention selon lequel« Toute personne a droit à la liberté de penser, de conscience et de religion. »L’Etat français doit rembourser la somme indûment payée au profit du Trésor public, soit 3 559 551 euros au titre du préjudice matériel assortie des intérêts à compter du 1er octobre 2009, plus 49 568 euros pour les dépens à l’association cultuelle du temple pyramide et 46 886 € à l’association des Chevaliers du Lotus d’Or créée par Gilbert Bourdin.

Il faut que la France refuse cette condamnation. Pas un sou ne doit être donné aux sectes et à celle-là en particulier ! Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a jusqu’au 31 avril de ce mois pour faire appel de cette décision et Mme Belliard, directrice des Affaires juridiques au ministère des Affaires étrangères, nous a indiqué que le ministre ne savait toujours pas s’il allait interjeter appel ! Ce serait important pour tous ceux qui ont été détruits par cette secte, que notre ministre fasse montre d’un peu de courage…

Avez-vous pu déterminer d’où venait tout l’argent que possédait le Mandarom ?
R.F : Selon la secte, le feu gourou Gilbert Bourdin aurait récolté près de 8 millions d’euros (5 milliards d’anciens francs de l’époque), auprès de ses adeptes pour construire le temple dit « d’Unité des religions ». En fait et selon des rumeurs, cette somme colossale aurait été donnée ou prêtée à Bourdin par la secte du Temple solaire de triste mémoire (suicides ou massacre collectif).

L’ancien maire de Saint-Julien du Verdon Roger Reybaud, aujourd’hui décédé, avait reçu en mairie le gourou Luc Jouret qui venait se renseigner sur la construction du temple. Luc Jouret et ses compagnes étaient d’ailleurs présents, on l’a su plus tard, lors de la conférence de presse que notre association avait donnée pour dénoncer la construction du temple ! C’est donc avec cet argent douteux, réclamé par le Trésor public en 1994, que la secte du Mandarom, imposée à 60 %, s’était acquittée de sa dette. Et c’est cet argent que la France devrait rembourser !

 

Roberto Figaroli

Relayé par Roger Gonnet

La secte du Mandarom pourrait connaître un nouveau départ

Publié le lundi 18 février 2013 à 07h02 

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« Après tant d’années, le Mandarom fait partie du paysage. C’est Bourdin qui faisait débat » , estiment Odile et Alain, les plus proches voisins.

Plus de 3,6 millions d’euros ! C’est le pactole que l’État français va devoir verser au Mandarom(1). Ainsi en a décidé la Cour européenne des droits de l’homme. «Des droits de l’Aum», s’amusent certains en référence à l’Aumisme, synthèse de toutes les religions existantes fondée à la fin des années 1960 par Gilbert Bourdin.

Mais à Castellane, commune des Alpes-de-Haute-Provence où est construit le Mandarom, cette décision ne fait rire personne. «Ça fait mal à tout le monde, mais personne ne dit rien», lâche Simon. «On ne comprend pas pourquoi il va falloir verser quatre millions d’euros à ces illuminés», renchérit Léon, son compagnon de belote au Bar du tourisme.

Sujet tabou

On n’obtiendra pas plus de commentaires. Le sujet est pour ainsi dire tabou. «Pendant trop longtemps, Castellane a été associé au Mandarom. Il y a une forme de lassitude, déclare une secrétaire à l’accueil de l’hôtel de ville. Avant d’ajouter :Le maire ne souhaite pas commenter une décision de justice.»

Même mutisme à l’entrée du Mandarom, à La Baume, hameau situé sur les hauteurs du lac de Castillon, à moins d’une dizaine de kilomètres de Castellane. En ce mercredi neigeux, le monastère ne reçoit aucun visiteur. Aux journalistes qui pointent le bout de leur nez, une moniale en tenue marron et safran est chargée de remettre un communiqué de presse. Pas un mot de plus. On est bien loin de l’époque où Gilbert Bourdin vivait là à l’année avec une centaine d’adeptes. À 82 ans, Frédéric, un des plus proches voisins du Mandarom, se souvient. «Des trucs bizarres, on en a vu et revu. Y aurait de quoi écrire un roman», lâche-t-il tout sourire.

« On est davantage dérangé par l’armée »

Et de raconter, d’un air goguenard, «le vacarme des nuits où Gilbert Bourdin partait en guerre contre les Atlantes et les Lémuriens». Il n’en dira pas plus… «À La Baume, personne ne les critique vraiment. Après tant d’années, le Mandarom fait partie du paysage. C’est Bourdin qui faisait débat», déclarent Odile et Alain, les plus proches voisins.

Arrivés là en juillet dernier, ils n’ont pas à se plaindre du Mandarom, qu’Odile a d’ailleurs été visiter. «Je voulais savoir ce qu’il y a derrière chez moi.» Le couple fait état de bonnes relations de voisinage. «Il y a beaucoup de gens, surtout l’été, qui viennent visiter ou faire des retraites. Pas d’enfants. En fait, on est plus dérangé par les avions Mirage de l’armée.»

1. Les bénéficiaires sont en fait l’association cultuelle du Temple pyramide et l’association des Chevaliers du lotus d’or, qui dépendent toutes deux de la secte du Mandarom.


La victoire modeste

Fort de la décision de justice de la Coureuropéenne des droits de l’homme, quia estimé que l’État français n’avait pas respecté la liberté de religion des adeptes du Mandarom, on aurait pu penser que les responsablesde ce dernier en profiteraient pour s’exprimer devant la presse. Il n’en est rien. Que ce soit Christine Amaury, « l’héritière » de Gilbert Bourdin, ou Thérèse Seguin, « disciple de Sa Sainteté le Seigneur Hamsah Manarah »et conférencière, aucune n’a souhaitérépondre à nos questions, nous renvoyantsystématiquement au communiqué de presse mis en ligne. Selon ce dernier, « la décisionde la CEDH est un soulagement, celui de voir enfin reconnue au niveau européen […]une partie des atteintes à la liberté de conscience et de religion dont l’Aumisme a été la cibledepuis de nombreuses années. Cette décision est aussi l’occasion de rappeler à tousque l’Aumisme est une religion qui […]n’a jamais été condamnée pour dérivessectaires ou pour atteinte à l’ordre public. »

Source : http://www.nicematin.com/cote-dazur/la-secte-du-mandarom-pourrait-connaitre-un-nouveau-depart.1149629.html

Florence a vécu vingt ans l’enfer de la secte du Mandarom

CETTE ravissante jeune femme de trente-deux ans, vêtue avec élégance, est rescapée de l’enfer. Mais rien, dans ses gestes amples, sa voix posée et son regard franc, ne trahit ses vingt années de cauchemar au sein du Mandarom. Florence Roncaglia a débarqué dans la secte à l’âge de neuf ans, en suivant sa maman. Elle en est sortie il y a quatre ans. « La naissance de mon fils m’a ouvert les yeux. »

« Quand j’étais petite, nous vivions à Istre. Mon père était gendarme et ma mère femme au foyer. Elle a commencé par faire un peu de spiritisme, puis elle a pris des cours de yoga au Centre international de yoga et de méditation. Son prof était adepte du Mandarom. Il l’a invitée à un séminaire de fin d’année où devait se rendre un saint revenu d’Inde. Elle m’y a emmenée. La rencontre se tenait au Mandarom, à Castellane. Le saint était quelqu’un d’inaccessible. Ses serviteurs avaient le crâne rasé et portaient de longues robes oranges. Ils nous ont expliqué que les cheveux coupés étaient un acte de renonciation. Ils étaient végétariens « par hygiène de vie ». Nous avions amené des pique-niques. Je me souviens que nous étions gênées de manger de la viande. Ils jouent beaucoup sur la culpabilité. »Ensuite nous sommes revenues à la vie normale. Ma mère était de plus en plus disciplinée à cet enseignement. La secte lui a donné très vite des responsabilités. En deux séminaires, elle est devenue prêtresse « externe ». Elle était chargée de créer « un pôle de lumière » dans la ville pour recruter de nouveaux adeptes. Tous les prêtres « externes » ont cette fonction. Elle donnait des cours de yoga alors qu’elle n’a jamais été formée pour ça. Nous devions nous lever à 4 heures du matin pour prier. Nous passions notre temps à prier, d’ailleurs, et à manger des pâtes et du riz. Elle s’absentait très souvent pour se rendre au Mandarom. Il fallait être présents « là-haut » où se tramait la « guerre céleste et terrestre ».

« Mon père a tenu quatre ans, en se réfugiant dans sa vie de gendarme. Il est parti quand j’avais treize-quatorze ans. Ma séur aînée s’est sauvée également. Moi, j’étais la petite fille sage, proche de sa mère. La situation s’est dégradée à ce moment-là. Ma mère prononçait des rituels contre mon père, devenu une force de l’ombre. Gilbert Bourdin nous avait prévenues que nous allions avoir des problèmes avec nos proches, car « nous avions les clefs et l’ouverture d’esprit qu’ils n’avaient pas ».

« A cette époque, j’allais à l’école publique mais je manquais beaucoup la classe. Il y avait toujours des événements qui nous ramenaient « là-haut ». Au Mandarom, les enfants suivaient un ordre initiatique. Nous étions des « pages », puis des « écuyers » du premier et du deuxième degré. L’endoctrinement passait par des jeux et la lecture de bandes dessinées sur les divinités. On nous disait qu’il n’y avait pas que les biens matériels, qu’il fallait éviter la guerre et faire le bien. On nous parlait d’amour universel. Un enfant est très sensible à ce genre de discours. Il se pose des questions sur le sens de la vie.

« On nous apprenait toutes les religions. On nous disait que le gourou du Mandarom était au-dessus de toutes ces religions, qu’il n’y avait pas de dualité, que Bourdin était au-dessus du bien et du mal. Au bout d’un moment, en effet, je ne savais plus où était le bien et le mal. J’aurai pu tuer mon père à cette époque.

« Gilbert Bourdin prenait des jeunes femmes à son service. Quand il m’a fait monter dans sa chambre, j’avais quatorze ans. Il m’a expliqué que nous étions ses serviteuses, les élues de Dieu. Ensuite, il m’a dit que j’étais la seule à pouvoir comprendre, car les autres avaient une éducation limitée. Et il m’a violée, à plusieurs reprises, jusqu’à mes dix-huit ans. Ma mère m’a jetée dans ses bras.

« A ma majorité, mon état s’est sérieusement dégradé. Je ne mangeais plus rien, j’avais des diarrhées et des édèmes énormes aux jambes. J’étais maigre comme un clou et je n’avais plus aucune force. J’étais soignée à l’homéopathie. Le jour de mes dix-huit ans, ma séur est venue m’apporter un cadeau. Elle avait le genoux dans le plâtre mais elle a quand même monté les escaliers pour me le donner. Ma mère n’a pas voulu la laisser entrer. Elle refusait que j’accepte ce cadeau, comme ceux que mon père m’envoyait régulièrement. Et moi, je voulais à tout prix les garder.

« Ma mère a commencé à dire que j’étais possédée par les « limuriens ». Son rejet et mon corps qui exprimait ma souffrance m’ont poussée à me décider à partir. Surtout, mon père et ma soeur, qui ont toujours gardé contact avec moi, me liaient encore à l’extérieur. J’ai téléphoné à mon père et je lui ai dit que j’allais mourir. Il est venu me chercher. »

Il faudra dix ans de plus pour que Florence rompe définitivement avec la secte et porte plainte pour viol contre Gilbert Bourdin. Quatre autres femmes adeptes du Mandarom ont poursuivi le gourou pour les même crimes. L’action en justice s’est éteinte avec la mort de l’accusé.

Propos recueillis par A. C.

Source : http://www.humanite.fr/node/316894