L’école d’infirmières toujours tourmentée

PUBLIÉ LE 23/10/2013

Par Anne-Sophie Coursier

CHALONS-EN-CHAMPAGNE (51). L’école d’infirmière se trouve dans le collimateur de Miviludes pour des cours sur la sophrologie.


Certains étudiants ont refusé de suivre les cours de magnétisme.

 

L’IFPS de l’avenue Sarrail n’a pas fini d’être dans la tourmente. Après que les conditions de travail et des faits de harcèlement ont été dénoncés, via la médecine et l’inspection du travail mais également auprès du président de la Croix-Rouge française dont dépend la structure (lire notre édition du samedi 21 octobre), voilà que l’on apprend que l’institut de formation des personnels de santé est dans le collimateur de la Miviludes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

Parmi les modules de formation donnés au sein de l’établissement châlonnais, certains portent sur la sophrologie et le magnétisme, une pratique non reconnue par les instances de santé. Jusqu’à peu de temps, ils avaient été rendus obligatoires, comptant même pour l’examen final. C’est en tout cas ce que des étudiants dénonçaient auprès de leur direction. En vain. « Nous n’avons pas été écoutés », souligne l’un d’eux.

Pourtant, la Miviludes est claire à ce sujet dans l’un de ses derniers rapports. Citant l’IFPS, il dénonce ces pratiques qui « peuvent être d’une efficacité redoutable dans le processus d’emprise mentale et peuvent conduire les malades à abandonner leur traitement conventionnel ».(…)

Suite de l’article

Canada – Décès de Chantal Lavigne: les accusés devront subir un procès

L'une des trois accusées, Ginette Duclos... (La Tribune, Yanick Poisson)

L’une des trois accusées, Ginette Duclos

LA TRIBUNE, YANICK POISSON

(Sherbrooke) Les trois accusés dans le dossier de la mort par sudation extrême de Chantal Lavigne, survenue à Durham-Sud en juillet 2011, devront subir un procès.

Les avocats de la défense dans cette affaire ont conclu l’enquête préliminaire de Gabrielle Fréchette, Ginette Duclos et Gérald Fontaine après avoir entendu seulement deux témoins, lundi avant-midi au palais de justice de Drummondville.

On a d’abord entendu le pathologiste André Boudreau, puis une autre personne présente lors du traitement par sudation fatidique.

On avait prévu deux jours pour cette enquête préliminaire, mais un avant-midi a suffi. Leur témoignage est frappé d’une interdiction de publication.

On a fixé au 15 janvier 2014 le retour du dossier devant le tribunal, moment où on fixera une date du début du procès. Les accusés ont choisi un procès devant juge et jurés.

Rappelons que Chantale Lavigne était âgée de 35 ans et mère de deux enfants. Elle avait perdu la vie le 29 juillet 2011 dans une résidence de Durham Sud à la suite d’un rituel de sudation appelé «mourir en conscience».

Elle avait été conduite à l’hôpital après plusieurs heures de «traitement», au cours desquelles elle et sept autres participants ont été invités à s’enduire de boue et se couvrir de plastique et de couvertures.

Les participants devaient ensuite se mettre la tête dans une boîte de carton et hyperventiler. Chantale Lavigne a perdu la vie après s’être soumise à cette procédure. Selon le coroner Gilles Sainton, Chantale Lavigne est morte d’hyperthermie.

Source : Lapresse

L’injustice suprême

L’association lance demain une campagne régionale d’information sur les dangers des sectes en matière de santé.

Me Daniel Picotin.

Me Daniel Picotin. (Thierry David)

 

Vous lancez demain une campagne d’information concernant la santé et les sectes. Pourquoi ?

Daniel Picotin (1). Parce que la nébuleuse santé représente 25 % des plaintes auprès de la Miviludes [Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires]. On estime aujourd’hui que quatre Français sur dix ont recours aux médecines dites alternatives, dont 60 % parmi les malades du cancer. Ainsi du traitement du cancer par huiles essentielles chauffées + lait caillé ou par cure de jus de légumes. Ce n’est pas anodin, c’est dangereux. Nous avons relevé 400 pratiques non conventionnelles à visées thérapeutiques, 1 800 structures d’enseignement ou de formation à risques. 400 psychothérapeutes autoproclamés n’ont suivi aucune formation et ne sont inscrits sur aucun registre, et 3 000 médecins seraient en lien avec la mouvance sectaire.

Pourquoi cette attaque par la santé ?

La santé est une porte d’entrée très importante pour toutes les sectes, et notamment en ce qui concerne les enfants. Ce qui induit nombre de drames familiaux, de séparations, de divorces. D’autant que les mères qui se laissent prendre dans ces systèmes subissent ensuite ce que nous appelons un « effet Tupperware » : elles deviennent elles-mêmes des organisatrices pour les sectes.

Les dérives sectaires en matière de santé, c’est l’injustice suprême. En plus d’être malades – ce qu’ils n’ont pas choisi -, les gens sont victimes de la pire escroquerie. D’ailleurs, les personnes en dépression approchées par ces sectes partent en vrille, et je déplore dans la région deux cas de suicide.

Quelles sont les méthodes employées pour attirer des adeptes ?

Des méthodes qui ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale et sont le fait de thérapies sauvages. Par exemple, la fasciathérapie pour faire circuler l’énergie dans le corps, le massage chinois Tui na, le « respirianisme », qui est une méthode de jeûne extrême, les méthodes d’une approche globale de la personne qui promettent de naître sans tare, de vivre vieux et de mourir mieux, les pratiques de développement personnel, en particulier la mouvance Kryéon, qui serait un groupe de « grande fraternité blanche », sorte de gouvernement mondial composé d’une hiérarchie d’êtres qui annonceraient le second avènement du Christ.

Que comptez-vous faire ?

Informer un maximum en nous appuyant sur l’Ordre des médecins, celui des notaires et celui des kinésithérapeutes. Nous adresser aux cliniques, hôpitaux, maisons de retraite. Nous adresser aussi aux maires, aux associations, bref additionner les réseaux pour une information et une prévention larges et efficaces. Les cibles indirectes de la campagne sont les jeunes de 14 à 18 ans, les parents, les infirmières scolaires, les professionnels de la santé et de l’accompagnement des malades, le personnel s’occupant des personnes âgées et handicapées. Il faut sensibiliser nombre d’intervenants auprès des personnes vulnérables. La campagne s’inscrit dans la durée, commençant par Bordeaux et la CUB, puis la Gironde en 2014 et les autres départements de la région Aquitaine en 2015.

(1) Président d’Infos Sectes Aquitaine, 5, rue Dufau, à Bordeaux tél. 05 56 44 25 58.

Source : sudouest.fr

«La secte a tué ma sœur »

Le 28 août à 17h13 par Corine Sabouraud | Mis à jour le 28 août

Image d'illustration
Image d’illustration

Nicole est décédée en février 2013. «Dépouillée, maltraitée et endoctrinée par un groupe occulte», dénonce sa famille.

Véritable sœur courage, Claire (1) culpabilise depuis la mort de son aînée Nicole malgré un terrible combat mené, quelque part en Languedoc-Roussillon, pendant neuf mois contre une «pieuvre». Sa consolation, «maigre» à ses yeux, est pourtant exemplaire. «J’ai pu l’extraire des griffes d’un dangereux mouvement (2) qui a tout tenté, jusqu’au cimetière, pour nous exclure de sa vie et de son âme», témoigne Claire.

 «Son calvaire nous a explosé au visage le 16 avril 2012. Nicole a eu une embolie pulmonaire. Elle a appelé Virginie, son mentor, absente. Elle nous a donc prévenu et j’ai couru l’emmener aux urgences de l’hôpital», entame Claire. Nicole restera deux mois entre la vie et la mort en soins intensifs. «Nos parents, sa fille, tout le monde savait qu’un groupe lui avait mis le grappin dessus dès les années 80/85 mais ma sœur était une personne vulnérable. Elle avait subi une fracture du crâne puis un divorce qui l’avaient fragilisée. Comme elle était un peu originale, on ne prenait pas ça au sérieux», avoue la cadette.

Placebos pour un cancer

A l’époque, Nicole est femme de ménage et gagne un menu salaire. Pas de quoi attirer les gourous. «Faux. Pour eux, les petites gens désargentées constituent des proies faciles à endoctriner qu’ils utilisent comme des rabatteurs», explique Claire. Elle s’en aperçoit au chevet de la malade. «Moi j’étais à ses côtés pour la protéger. L’autre, Virginie, venait la voir pour la manipuler. Elle avait une emprise affective de fou sur elle».

Au fil des semaines, Nicole récupère mais le diagnostic tombe, impitoyable. Cancer généralisé. Son état nécessite un traitement lourd. Suivie par un oncologue, elle est soignée en ambulatoire et ses proches la placent, en juin, en maison de retraite spécialisée.

«Elle dépensait des sommes dingues»

«Lors de son embolie, Nicole s’était confiée à moi et m’avait donné ses papiers, des procurations, les clés de son appartement. En y allant, je suis tombée des nues. Il y a avait des tonnes de produits soi-disant de médecine douce ou parallèle toujours achetés dans le même magasin bio de la ville qui a pignon sur rue. Elle dépensait des sommes dingues. 800 €euros par an minimum», fustige Claire.

Elle comprend alors que Nicole souffre depuis longtemps, refuse toute pharmacopée, tout docteur, gobe aveuglément les gélules «prescrites» par sa secte. Et où passe l’argent que son aînée lui demande sans cesse. Dans ces placebos. Car Nicole désirait guérir et vivre. «Mais tellement embrigadée, elle ne mangeait même plus les repas du centre, elle se nourrissait exclusivement d’aliments apportés par Virginie», poursuit Claire qui décide de réagir vite. Elle saisit la justice, les services sociaux, et demande à un psychiatre d’examiner sa sœur.

L’intervention de la mort

Stupeur. En pleines démarches, Claire découvre que «les amis» de Nicole se déchaînent désormais contre elle et l’accusent de «séquestration». Plusieurs plaintes atterrissent également au Parquet dont une pour vol de chéquier. «Dans la foulée, ils font annuler toutes les procurations que Nicole m’avait signées, se débrouillent pour encaisser ses indemnités journalières, effectuent des retraits sur son compte… Et quand je rentrais dans sa chambre elle criait au secours. Ils lui avaient complètement colonisé l’esprit», raconte Claire. Au point d’obtenir une décharge hospitalière.

«Nicole était dépersonnalisée. C’était un toutou devant Virginie, ce qui leur a permis de tout verrouiller autour d’elle et de l’isoler de nous». Du coup, trois mois après son entrée en maison de retraite, Nicole est embarquée en toute discrétion par la secte. Direction Toulouse où elle subit une intervention chirurgicale. Claire réussit à se procurer le nom de la clinique et s’y précipite, brandissant l’ordonnance de sauvegarde attribuée à l’Udaf. «Le médecin qui m’a reçue s’est décomposé. C’était trop tard, Nicole avait été opérée».

Claire ne baisse pas les bras et obtient, en décembre, le retour de son aînée au centre de repos initial. «Sinon, aujourd’hui, on ne saurait peut-être toujours pas où elle est, voire qu’elle est morte. C’était leur plan diabolique», dénonce-t-elle.

Entre colère et larmes 

Or, le 1er février dernier, Nicole s’éteint. «C’était un vendredi à la fermeture des bureaux. A 9h le lundi, ils étaient tous au tribunal pour revendiquer les droits d’obsèques à l’aide d’une fausse lettre stipulant les dernières volontés de Nicole».

«Partie en paix»

Instrumentalisée jusqu’au bout, la malheureuse est enterrée une heure plus tard par les siens. Sa vraie famille. A son arrivée au cimetière, une cinquantaine d’inconnus attendait en groupe compact à quelques mètres de la tombe. «Quel culot ! Quelle perversion !» lâche Claire.

Nicole aurait fêté ses 65 printemps en ce mois de juin. Elle ne soufflera jamais ses bougies mais «elle est partie en paix, en bonne catholique, entourée de notre amour et non pas prisonnière d’une bande de cinglés haineux», conclut sa petite sœur. Sœur courage qui vient d’adresser un rapport détaillé du cauchemar au Procureur de la République de son département.

◗ (1) A la demande du témoin, nous utilisons des prénoms d’emprunt.

◗ (2) Des saisines étant en cours, nous ne dévoilons pas le nom du mouvement.

Les signaux d’alerte

Comment déceler l’emprise sectaire ? La Miviludes a élaboré une série de critères, suite au travail de diverses commissions d’enquête parlementaires. Ils permettent de déceler chez nos proches des signes d’appartenance à un mouvement sectaire. Tous ces signaux doivent vous alerter.

Côté comportement :
– Adoption d’un langage spécifique.
– Changement des habitudes alimentaires ou vestimentaires.
– Refus de soins ou arrêt de traitements.
– Rupture familiale et socioprofessionnelle.
– Engagement exclusif pour un groupe ou une personne.
– Soumission absolue aux dirigeants ou à une personne.
– Perte d’esprit critique.
– Réponse stéréotypée sur toutes les questions existentielles.
– Embrigadement des enfants et adolescents.
– Atteinte à l’intégrité psychique ou physique.
– Manque de sommeil.

Côté financier : 
– Acceptation d’exigences financières fortes, durables et répétées.
– Engagement dans un processus d’endettement.
– Legs ou donation à des personnes étrangères aux proches ou à des associations.
– Participation onéreuse à des conférences, stages, séminaires, retraites…
– Escroquerie ou publicité mensongère sur les qualités substantielles d’un produit ou d’un service.

Côté socioprofessionnel :
– Discours antisocial.
– Troubles à l’ordre public dans les cliniques et hôpitaux, par exemple, dans le but de s’opposer à des actes médicaux ou chirurgicaux.
– Détournement des circuits économiques classiques.
– Détournement de marques, modèles, dessins et titres officiels pour créer une confusion dans l’esprit du public.

L’emprise mentale

L’emprise mentale a elle aussi son faisceau de présomptions.
– État de rupture avec les comportements antérieurs.
– Acceptation par une personne que sa vie affective, cognitive, morale, relationnelle et sociale soit modelée par les valeurs ou doctrines imposées par un tiers ou une institution.
– Allégeance inconditionnelle, affective, sociale et intellectuelle à une personne, un groupe ou une institution.
– Démarche prosélyte.
– Dépossession des compétences d’une personne comme anesthésiée et dès lors imperméable aux avis extérieurs.
– Induction et réalisation d’actes gravement préjudiciables à la personne.

Source : lindependant.fr

AVIS DU CONSEIL NATIONAL DE L’ORDRE DU 20 ET 21 MARS 2013 RELATIF A LA « MICROKINESITHERAPIE »

Avis du conseil national de l’ordre du 20 et 21 mars 2013 : DEONTOLOGIE « La « microkinésithérapie » apparait ainsi comme une technique non conventionnelle, qui pourrait ouvrir la voie à une dérive thérapeutique ».

La « microkinésithérapie » constitue une méthode non éprouvée qui ne bénéficie d’aucune reconnaissance légale, qui fait appel à des éléments physiopathologiques non démontrés tels que « la mémorisation tissulaire de l’agression » ou « les mécanismes d’autocorrection ». Elle ne fait pas non plus l’objet d’une reconnaissance par le conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes.

La « microkinésithérapie » apparait ainsi comme une technique non conventionnelle, qui pourrait ouvrir la voie à une dérive thérapeutique.

L’article R.4321-87 du code de la santé publique dispose que le masseur kinésithérapeute ne peut conseiller et proposer au patient ou à son entourage, comme étant salutaire ou sans danger, un produit ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. Le même article proscrit toute pratique de charlatanisme.

Par ailleurs l’article R.4321-80 du code de la santé publique prévoit que : « Dès lors qu’il a accepté de répondre à une demande, le masseur-kinésithérapeute s’engage personnellement à assurer au patient des soins consciencieux, attentifs et fondés sur les données actuelles de la science ».

En outre, l’article R.4321-65 CSP dispose que « le masseur-kinésithérapeute ne divulgue pas dans les milieux professionnels une nouvelle pratique insuffisamment éprouvée sans accompagner sa communication des réserves qui s’imposent. Il ne fait pas une telle divulgation auprès d’un public non professionnel ».

Nous demeurons donc réservés sur la pratique, par nos confrères, de la « microkinésithérapie ».

source : Ordre des masseurs- kinésithérapeutes Conseil Départemental du Morbihan 10, rue du Dr Joseph Audic 56000 VANNES Tél . 02 97 63 84 68

L’étrange portrait-robot du “gourou-thérapeute”

19/04/2013 | 10h28
Sébastien Tellier.

Un rapport du Sénat, publié le 3 avril, s’est intéressé aux “dérives sectaires” dans le domaine de la santé. Se dégage du document une cible aux contours flous : le charlatan qui soigne avant tout son compte en banque.

Les sénateurs s’inquiètent. La médecine, cet “espace de rationalité”, serait de plus en plus noyauté par des “comportements sectaires” en tout genre. Dans un rapport sur “l’influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé“, déposé le 3 avril dernier, les sénateurs dressent le portrait-robot d’un coupable méconnu : le gourou thérapeute.

Trois cas trash 

Pour illustrer les dangers de l’emprise mentale sur la santé des corps, nos élus citent des cas fameux. En voici trois qui reviennent en boucle dans le rapport.

Robert le Dinh alias “Tang”. Egalement surnommé le “troisième messie” ou le “Saint Elu”, Tang a piloté pendant deux décennies un groupe d’enseignement mystique chrétien. Le saint homme s’est fait condamnerl’an passé à dix ans de réclusion pour “agressions sexuelles aggravées”.

La “gourelle” canadienne Gabrielle Fréchette aka “Serena”. Des enquêteurs québécois lui avaient passé les menottes après que l’une de ses disciples, Chantal Lavigne, soit décédée. L’adepte a été victime d’une expérience de “sudation”. Enduite de boue et d’une pellicule de plastique, elle était restée neuf heures debout dans du carton…

Sans oublier Thierry Tilly et les “Reclus de Monflanquin”. L’homme,condamné à 8 ans de prison fin 2012, a persuadé une famille d’aristocrates qu’ils étaient visés par un complot. Le parquet avait poétiquement qualifié cette emprise – qui dura 10 ans – de “vampirisation financière et morale“.

Spirale de consultations et de stages

Les rapporteurs insistent à maintes reprises sur ces différents cas. Ils reconnaissent cependant que “le pouvoir du pire Charlatan n’est pas nécessairement à la hauteur de celui des Tilly, Tang et autres bourreaux“.

La forme d’emprise exercée par le thérapeute-gourou se manifeste chez ses victimes par une quête incessante de soins (pour les malades) et de formations (pour les disciples). La victime est ainsi entraînée dans une spirale incessante de consultation ou de stages qui par ailleurs ne sont pas sans conséquence sur ses revenus…

Pour dénicher cet ennemi du serment d’Hippocrate, le 14 février dernier, les sénateurs ont envoyé une délégation au salon du bien-être de Paris. C’est un peu comme si, de son vivant, une Margaret Tatcher déguisée était aller voir un match de foot au sein d’un groupe ultra. Elle aurait surement flippée en entendant ça :

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=x-4FJcnX0i8?feature=oembed]

La visite au salon du bien être a “confirmé combien l’offre de soins non classiques dans notre pays est considérable“. Les élus ont découvert une kyrielle de discipline au nom franchement bizarroïde : “biochirurgie immatérielle”, “décodage biologique”, “Programmation neuro linguistique”, “Biorésonance”,… Selon les rapporteurs, quelques points communs se dégageraient pour reconnaitre un gourou thérapeute caché sous son chapeau de paille.

“D’une part (…) une double inspiration (apparait à chaque fois) : nature et tradition coexistent avec l’habillage pseudotechnologique d’apparence “pointu” (…) D’autre part, ces praticiens veillent à donner l’apparence de la plus grande respectabilité tout en cédant à des pratiques relevant de la charlatanerie.”

Pour conclure, Molière

Serge Blisko, président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) a évalué le nombre de “ces pratiques étranges” à 400. Une liste un peu fourre-tout où l’on trouve aussi bien l’acupuncture que les “constellations familiales et systémiques”… Tout au long du rapport, il n’est pas aisée de percevoir si les sénateurs opèrent une réelle différence entre médecines dites alternatives, rebouteux, escroc-charlatans et vrais gourous.

Pour achever leur étrange démonstration, les sénateurs convoque la littérature. “Comment ne pas évoquer les mérites de l’Orviétan – est-il écrit – remède à tout faire qu’achète pour sa fille un personnage de l’Amour médecin de Molière.” Et de citer le vendeur-charlatan:

“Admirez mes bontés, et le peu qu’on vous vend
Ce trésor merveilleux que ma main vous dispense.
Vous pouvez avec lui braver en assurance
Tous les maux que sur nous l’ire du Ciel répand :
La gale,
La rogne,
La teigne,
La fièvre,
La peste,
La goutte,
Vérole,
Descente,
Rougeole.
O grande puissance de l’orviétan !

Les médecines non conventionnelles – Des outils pour s’y retrouver, par R. Monvoisin

Kinésiologie, réflexologie plantaire, acupuncture, chirurgie à mains nues, homéopathie, fleurs de Bach, barrage du feu, détox, cure Breuss, etc. : comment choisir dans un tel panel de pratiques parfois très différentes les unes des autres ? Sur quels critères ? Comment se faire un avis sur l’efficacité de telle ou telle pratique ?
Richard Monvoisin, invité dans le cadre des cycles de conférences organisés par la bibliothèque marseillaise l’Alcazar et le CorteX, présente dix outils simples que chacun-e pourra s’approprier pour faire ses choix thérapeutiques en connaissance de cause.

 

http://www.dailymotion.com/video/xql2bg_cortex-medecines-alternatives-comment-s-y-retrouver-partie-1-3-par-r-monvoisin_news

Introduction : présentation de la zététique, déclaration de conflit d’intérêt, distinction remport d’adhésion/acte de foi, quatre sens du mot science 
1. Le rasoir d’Occam – exemple : les barreurs de feu
2. La réfutabilité de Popper
3. Les maladies spontanément résolutives

http://www.dailymotion.com/video/xqynz8_cortex-medecines-alternatives-comment-s-y-retrouver-partie-2-3-par-r-monvoisin_news

 

4. La différence entre corrélation et causalité (effet cigogne, post hoc) – exemple : la cure Breuss
5. L’effet placebo et l’efficacité propre – exemple : le viagra

http://www.dailymotion.com/video/xqypuy_cortex-medecines-alternatives-comment-s-y-retrouver-partie-3-3-par-r-monvoisin_news

6. La flatterie de l’intuition – validation subjective, paradoxe d’Asher

7. L’exotisme
8. L’effet Bof
9. Les prétentions floues 
– exemple : ADN végétal, fleurs de Bachla détox du M. Bourdin.

10. La quête du sens

Source : http://cortecs.org/videotex/642-les-medecines-non-conventionnelles-des-outils-pour-sy-retrouver-par-r-monvoisin

Sectes : quand elles s’attaquent à notre santé

secte

Médecine douce, thérapie alternative, soins complémentaires… Ces pratiques attirent de plus en plus. Mais quand elles détournent les patients des soins conventionnels, la dérive sectaire n’est pas loin. Quelques clés pour la reconnaître et réagir.

Près d’un quart des courriers reçus par la Miviludes (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires) concernent le domaine de la santé, et en particulier les sectes. C’est dire si ce secteur est en plein développement : promesses de guérison et recettes de développement personnel sont proposées par des organisations sectaires à dimension nationale, voire internationale, mais aussi par des “gourous-thérapeutes” organisés en réseau. Tous profitent de la souffrance ou de l’inquiétude des malades pour exercer sur eux leur emprise mentale et/ou financière. Face à ça, les Conseils nationaux de l’Ordre des professions de santé et les pouvoirs publics se mobilisent depuis plusieurs années.
Identifier la dérive sectaire


Toutes les médecines complémentaires, pratiques parallèles, ou même thérapie non éprouvée par la science, ne sont pas forcément sectaires. Il y a dérive quand on essaye de faire adhérer le malade à une croyance particulière et que l’on cherche en cela à le détourner de la médecine conventionnelle, voire de son entourage. Un mécanisme d’emprise mentale est mis en place pour amener le patient à prendre des décisions qu’il n’aurait pas prises autrement.

Ventes d’appareillages, de substances diverses ou d’ouvrages, participation à des stages ou des retraites coûteuses, orientation vers d’autres praticiens déviants… L’objectif est aussi de soutirer de l’argent au malade.
Des risques multiples


Il existe plusieurs domaines ou situations dans lesquels les sectes font courir des risques à leur victime : la nutrition, les troubles de l’enfant, le handicap, la fin de vie, le refus de soins, les vaccinations et les pseudo ”psy-thérapies“.

Pour le patient (et éventuellement les parents d’un enfant, ou les aidants lorsqu’il s’agit d’une personne dépendante), le danger est multiple :
– la rupture avec l’entourage ou l’environnement familier,
– l’arrêt des traitements conventionnels,
– le détournement de sommes d’argent importantes.

Conseils pratiques


– Se méfier des solutions ”miracles” qui proposent de tout résoudre tout en détournant de la médecine conventionnelle.
– Etre attentif à tout changement important de comportement, à un isolement soudain d’un proche ou d’un enfant.
– Ne pas entrer dans une relation exclusive avec le ”praticien”, se méfier s’il propose au malade et/ou sa famille de suivre également une thérapie avec lui.

En cas de doute, il faut en parler autour de soi, avec un médecin ou un autre professionnel de santé. Ne pas hésiter à contacter la Miviludes, l’Agence Régionale de Santé dont vous dépendez (elles ont toutes un référent compétent sur la question des dérives sectaires) ou des associations de lutte contre les dérives sectaires.
Pour en savoir plus


Source : http://www.essentiel-sante-magazine.fr/notre-vie/societe/sectes-sante

VIDEO. Les charlatans de la biochirurgie immatérielle

Mis à jour le 11/04/2013 | 14:15 , publié le 11/04/2013 | 13:07

(France 2 – Sophie Rodier et Olivier Gardette)
Durée : 4:5

Une commission d’enquête du Sénat s’inquiète de l’influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé. Dans un rapport publié mercredi 10 avril, elle estime qu’ils peuvent déboucher sur des « dérives thérapeutiques », « proches de la charlatanerie ». France 2 en livre un exemple à travers ce reportage diffusé dans le JT de 20 heures, mercredi soir. De soi-disant médecins pratiquent ce qu’ils appellent la biochirurgie immatérielle. Ils proposent à leurs patients de les opérer à mains nues et sans incision.

La combinaison de la dérive sectaire et de la dérive thérapeutique cumule « les dangers liés à une forme d’emprise et les risques dus à l’exploitation mercantile de la crédulité de personnes vulnérables », souligne ce rapport. Et ces « dérives thérapeutiques (…) peuvent insidieusement orienter leurs victimes vers des pratiques thérapeutiques souvent dénuées de fondement scientifique, compromettant ainsi leurs chances de guérison ».

Après six mois d’enquête et 72 auditions d’associations de victimes, de professionnels de santé, d’experts et de représentants d’autorités sanitaires, la commission a fait 41 propositions. Parmi elles, interdire aux médecins, dentistes et pharmaciens radiés par leur Ordre de faire état de leur titre de docteur. Ou encore appeler les procureurs de la République à porter une attention particulière aux plaintes déposées par des proches des victimes de dérives.

Francetv info

Le Sénat appelle à une lutte plus musclée contre les dérives sectaires dans la santé

Paris, le jeudi 11 avril 2013 – A plusieurs reprises, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVLUDES) s’est intéressée à l’émergence de dérives sectaires dans le domaine de la santé. Il s’agit d’un phénomène loin d’être marginal puisque selon le secrétaire général de la MIVILUDES qui s’exprimait sur ce point l’année dernière dans le bulletin de l’Ordre des médecins les dérives sectaires dans le domaine de la santé « représentent près de 25 % de l’ensemble des signalements qui nous sont adressés. Ce pourcentage est en augmentation constante ». Cette situation a incité le sénateur Jacques Mézard (PRG) à proposer la constitution d’une commission d’enquête. Cette dernière a remis un rapport très complet sur les « dérives thérapeutiques et dérives sectaires ».

Thérapie quantique

Ce long travail qui a nécessité notamment 72 auditions a tout d’abord permis d’observer combien « le corps et la santé sont omniprésents dans les conceptions des mouvements susceptibles de dérives sectaires ». Les sénateurs ont également été surpris de constater « l’immense marché des soins parallèles », dont le développement est nettement favorisé par internet. Ce « marché » est traversé de mouvements paradoxaux : certains se présentent comme des apologies des remèdes naturels, quand d’autres vantent des technologies farfelues (les sénateurs évoquent par exemple l’appareil «magnomega » qui grâce à des « champs magnétiques pulsés » promet bien être et « accès au monde de la thérapie quantique» !). Ces soins parallèles vont du charlatanisme jusqu’à une «emprise mentale exercée par le gourou » caractéristique des mouvements sectaires : pour le Sénat toutes ces situations sont à condamner.

L’hôpital menacé par les sectes ?

Outre le poids écrasant d’internet, les sénateurs constatent que le développement de ces pratiques dangereuses peut être favorisé par la tentation d’officialiser certaines pratiques non conventionnelles. Aussi, les sénateurs invitent à la plus grande prudence en ce qui concerne l’expérimentation à l’hôpital de certaines méthodes (telle la méditation). Ils recommandent des vérifications multiples devant concerner d’une part les praticiens et d’autre part la méthode qui devrait être évaluée par la commission médicale d’établissement (CME). Le danger de l’infiltration de certaines mouvances sectaires par le biais des hôpitaux publics avait été dévoilé par un long reportage de Sciences et Avenir publié en novembre. Le magazine montrait ainsi par exemple comment une association promouvant le « reiki » s’était fait un point d’honneur de s’introduire à l’hôpital. Il évoquait en outre comment, malgré eux, les hôpitaux de Poitiers et de Marseille faisaient parfois intervenir des associations liées à des milieux sectaires. L’enquête montrait encore que ces tentatives d’entremise des mouvements « sectaires » apparaissaient dès les études médicales et notaient par exemple que 17 thèses sur la fasciathérapie sont en cours dans les universités. Cette question de l’insuffisance du contrôle de l’enseignement figure également dans le rapport du Sénat qui appelle à un encadrement et à une évaluation plus rigoureuse des 2 600 diplômes universitaires existant en France, dont le contenu pédagogique est souvent peu contrôlé.

Quand les scandales font le lit de méthodes dangereuses

Enfin, dernier élément qui pourrait rendre plus attractifs ces mouvements dangereux : la dégradation de « l’image de la médecine classique » en raison de « l’inquiétude et le climat anxiogène résultant (…) de scandales récents » analyse le rapport de Pierre Mézard. « La commission regrette que cette image perturbée puisse conduire des personnes atteintes de pathologies lourdes à s’interroger sur les propositions thérapeutiques de leur médecin pour s’en remettre à des pratiques de « soins » sans nécessairement disposer d’une information complète sur les conséquences de leur choix » poursuivent les élus.

Quarante et une propositions pour saper la santé des sectes

Face à cette situation, l’action des pouvoirs publics, qui dispose pourtant d’un arsenal législatif complet dans ce domaine, serait insuffisante. Le rapport regrette notamment que la vigilance des services ministériels à l’égard des sectes se soit « relâchée » et que le « pilotage » de l’action gouvernementale en la matière soit « défaillant ». Aussi, le rapport énumère-t-il 41 propositions pour redresser le cap. Ces préconisations sont diverses : il s’agit d’abord « de renforcer la vigilance sectaire et d’améliorer le traitement judiciaire des dérives ». Les sénateurs insistent dans ce cadre sur la nécessité d’interdire « aux médecins, dentistes et pharmaciens radiés par leur Ordre » de faire état de leur titre. Les procureurs de la République sont pour leur part incités à « porter une attention particulière aux suites à donner aux plaintes et signalements s’inscrivant potentiellement dans un contexte sectaire ». Concernant l’information médicale en ligne, la commission veut donner plus de pouvoir aux « enquêteurs de la cyberpatrouille de la Gendarmerie nationale » qui devrait être autorisés à « mener des investigations sous pseudonyme ». Une campagne d’information menée par l’INPES sur ces questions est en outre préconisée. Les sénateurs formulent également plusieurs recommandations pour mieux «connaître et encadrer le recours aux pratiques non conventionnelles » : certaines concernent l’activité des psychothérapeutes ou encore l’introduction de pratiques non conventionnelles à l’hôpital. Enfin, à l’égard des mineurs, les sénateurs souhaitent que les enfants scolarisés à domicile ou dans un établissement hors contrat soit l’objet d’un contrôle médical annuel par un médecin « assermenté ».
Illustration : Le père Ubu, maître de Ordre de la Grande Gidouille

Source : http://www.jim.fr/en_direct/pro_societe/e-docs/00/02/1C/70/document_actu_pro.phtml