Médecine : la chasse des acupuncteurs non reconnus

L’acupuncture, une médecine chinoise vieille de 4000 ans, séduit. Pourtant, ces praticiens ne sont pas toujours reconnus par le corps médical. Une fois par mois, Liliane Pignot se rend chez son acupuncteur pour se débarrasser de son stress quotidien. Après des années sous antidépresseur, cette patiente a tout arrêté pour se mettre à l’acupuncture. « La dame est venue surtout pour des problèmes d’agitation personnelle, j’ai d’abord travaillé sur cette agitation et d’une manière générale ça va lui baisser toutes ses douleurs », explique Jacques Dezeau, acupuncteur.

Ancien chef d’entreprise reconverti, il a suivi une formation d’acupuncteur dans une école non reconnue en France. Seulement, les patients ne savent pas que leur acupuncteur est hors la loi, car il ne possède pas de diplômes de médecin.

« Une chasse aux sorcières »

Plusieurs acupuncteurs ont été condamnés pour exercice illégal. Pour Jacques Deseau, « depuis deux ans, il y a une chasse aux sorcières sur certains acupuncteurs ». Le Conseil des ordres des médecins poursuit ces praticiens illégaux au nom de la sécurité des patients. « L’acupuncture est un procédé thérapeutique qui nécessite une formation universitaire », déclare le docteur Jean-François Rault

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Pratiques sectaires et médecine L’an I de la résistance

« C’est que dalle, ton cancer, c’est de la merde. C’est un rhume. Un cancer, en soi, n’a rien de destructeur pour l’organisme. »(1) Ceux qui pensent que ce type de propos méritent d’organiser une réaction auraient apprécié la table ronde organisée par le SPF Santé et consacrée aux « pratiques sectaires et soins de santé ».

« Le cancer du poumon est donné par le conflit dans la tête par peur du message tabac=cancer ». « De 80 à 90 % des maladies et 100% de leurs aggravations sont dus uniquement au message médical ». « Le sida n’existe pas. » « 2,5 milliards de personnes ont été assassinées par la chimio, celle que les médecins juifs se gardent bien de faire aux autres Juifs ». « Il a fait un scanner montrant des métastases au cerveau. Je lui ai dit : c’est génial, là, ce qui t’arrive. Là, tu es en train de guérir. »

« J’ai vu les guillotines destinées aux camps de concentration pour ceux qui refuseront la vaccination » « Il me demande s’il doit faire de la chimio. Je réponds : si t’as envie de crever. Ça tue plus de 85% des gens. »

Les images et les textes présentés par Sandrine Mathen, analyste au CIAOSN (2), lors de la table ronde consacrée aux pratiques sectaires et soins de santé, auraient sans doute suffit à justifier l’organisation d’une journée sur cette problématique.

Mais les médecins, les policiers, les autorités judiciaires, tout comme la ministre de la Santé présente ce jour-là ont, tous, rappelé également l’importance de l’enjeu : les soins de santé sont devenus un vaste (et dangereux) « terrain de jeux » pour les dérives sectaires.

« Les organisations sectaires ou les gourous dangereux s’attaquent aux personnes fragilisées, y compris sur un plan psychique, ou qui ont perdu espoir dans la médecine », a relevé le Dr Dirk Cuypers, du SPF Santé. « Mais », a complété le Dr Martine Luyckx, inspecteur d’hygiène au SPF Santé, « ils visent aussi un public intellectuellement élevé, qui absorbe un discours et des préceptes non basés sur les résultats scientifiques les plus récents ». En fait, « que l’on présente de l’intérêt pour une recherche de spiritualité, de bien-être, une nouvelle alimentation ou que l’on soit déçu par la médecine scientifique, tout le monde peut être touché », a résumé la commissaire Alice Croonenberghs (Police fédérale).

« Les thèmes de séduction utilisés correspondent à des attentes et la santé est un point d’entrée facile pour les gourous de tous bords, dont certains représentent de véritables dangers. »

source :BELGIQUE / Le Journal du médecin, N°2302 pages 6-7 01/03/2013

Relayé par le C.C.M.M.

Il faut prendre au sérieux l’infiltration des mouvements sectaires dans la santé

Créé le 30-10-2012 à 15h50 – Mis à jour à 16h10

PARIS (Sipa) — Il faut que tous les acteurs de la santé, des médecins au ministère, puissent « prendre au sérieux » et « de manière urgente » l’infiltration de mouvements sectaires dans ce secteur, a expliqué mardi à Sipa Georges Fenech, l’ex-président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), avant son audition mardi par une commission d’enquête sénatoriale sur le sujet.

La situation n’est « pas marginale, pas folklorique ». Il est « presque déjà trop tard » tant tous les domaines de la santé sont infiltrés, a-t-il ajouté.

Le spécialiste déplore la « perte de confiance » dans le système de santé avec les affaires du sang contaminé, de l’hormone de croissance, du Mediator et des prothèses mammaires PIP, avec pour conséquence le fait que de plus en plus de patients se tournent vers des « charlatans ».

La semaine dernière lors de son audition par la commission d’enquête sénatoriale, l’actuel président de la Miviludes, Serge Blisko, a fourni un inventaire à la Prévert de quelques-unes des 400 pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique qui peuvent exister: méthodes de faux souvenirs, reiki (technique d’apposition des mains d’origine japonaise, NDLR), massages Tui Na, kinésiologie, respiranisme, instinctothérapie, tourisme néo-chamanique…

L’absence d’un cadre légal clair favorise cette prolifération qui peut s’accompagner dans certains cas de la vente d’appareils et de produits divers censés apporter bien-être et/ou guérison, a-t-il commenté.

Selon le président de la Miviludes, on dénombre aussi 1.800 structures d’enseignement ou de formation « à risques » dans le domaine de la santé.

Quant à l’infiltration du système de santé par les mouvements sectaires, elle peut s’exercer de plusieurs manières: par le biais de médecins déviants (environ 3.000 aux côtés de plusieurs dizaines de milliers de pseudo-thérapeutes autoproclamés), par l’introduction de méthodes à risque au sein de l’hôpital, par le biais de la formation des personnels paramédicaux et par des actions de lobbying ou de prosélytisme, a-t-il rapporté.

Parmi les préconisations qu’il a faites devant les sénateurs de la commission d’enquête, le président de la Miviludes a demandé le renforcement des moyens d’action du Groupe d’appui technique (GAT) sur les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutiques, placé auprès de la direction générale de la santé (DGS).

En trois ans, ce groupe a évalué moins d’une dizaine de pratiques sur les 400 existantes. A la demande de la Miviludes, le GAT va bientôt publier un avis présentant les dangers de la méthode de Biologie totale des êtres vivants (BTEV) mise au point par un médecin dont le nom n’est pas cité, mais qui est l’un des adeptes de la Nouvelle médecine germanique du Dr Ryke Geerd Hamer. La BTEV préconise de « reprogrammer le patient » pour le traitement des pathologies lourdes et la Nouvelle médecine germanique affirme par exemple que la culpabilité des fumeurs plus que l’ingestion de tabac est cause de cancer.

La commission d’enquête sur l’influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé a été constituée à la demande du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE). Elle doit rendre un rapport dans six mois, soit en avril. Elle est présidée par le sénateur UMP du Vaucluse Alain Milon et son rapporteur est Jacques Mézard, sénateur RDSE du Cantal.

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121030.FAP2617/il-faut-prendre-au-serieux-l-infiltration-des-mouvements-sectaires-dans-la-sante.html

Angers. La fac de médecine est-elle gangrenée par l’ésotérisme ?

  • Ésotérisme à la fac de médecine d’Angers ? Des « accusations diffamatoires », estime le président de l’université, Jean-Paul Saint-André.

    Ésotérisme à la fac de médecine d’Angers ? Des « accusations diffamatoires », estime le président de l’université, Jean-Paul Saint-André.

    Ouest-France

Cette enquête, qui paraît ce jeudi dans le magazine Sciences et avenir, risque de faire du bruit. Elle accuse la faculté de médecine d’Angers de faire la part belle au chamanisme. Le président de l’Université dément et argumente.

Médecine chamanique

À la faculté de médecine d’Angers, un ouvrage obligatoire, destiné aux étudiants de première année, vanterait-il la médecine chamanique ? C’est ce qu’assure Olivier Hertel, auteur d’une enquête qui paraît ce jeudi dans le magazine Sciences et avenir. « Je traite de cette question pour montrer qu’il existe une médecine préscientifique », justifie le professeur Jean-Marc Mouillie. Ce philosophe, qui dispense des cours de sciences humaines à la faculté de médecine, est l’un des auteurs de l’ouvrage incriminé, édité aux éditions Belles lettres. C’est lui qui a notamment dirigé ce pavé de 700 pages où il confronte « médecine magique et médecine rationnelle ».

« Les cours filmés et enregistrés »

Jean-Paul Saint-André, le président de l’Université d’Angers, balaie les accusations du magazine : « Le manuel est utilisé par une vingtaine de facultés françaises ! Rien dans notre enseignement permet de penser qu’on vante ou recommande le chamanisme ! Il s’agit de propos diffamatoires. L’ensemble des cours de 1e année est filmé et enregistré. Ils sont accessibles ! L’enseignement des sciences humaines va bien au-delà : il y a des cours de droit médical, d’histoire de la médecine, de sociologie. »

200 points sur 500

En dehors de cet ouvrage, la fac de médecine d’Angers enseigne-t-elle, plus qu’il ne le faudrait, les pratiques alternatives à la médecine ? « Ce qui est gênant, estime Olivier Hertel, c’est le coefficient considérable accordé aux sciences humaines : 200 points sur 500. C’est unique en France. Doit-on sélectionner les étudiants sur leur tropisme, leurs connaissances en sciences humaines ? Au-delà, on peut considérer que faire rentrer des notions de chamanisme dans une faculté de médecine, c’est jouer avec le feu. »

Source : http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Angers.-La-fac-de-medecine-est-elle-gangrennee-par-l-esoterisme-_40774-2126397_actu.Htm