Esotérisme La fin du monde à l’épreuve de la science

Retour d’apocalypse

La fin du monde vue par Lars von Trier dans Melancholia (2011). Document remisLa fin du monde vue par Lars von Trier dans Melancholia (2011). Document remis

Selon le calendrier maya, la fin du monde aura lieu le 21 décembre prochain. Enquête sur un phénomène irrationnel.

Les millénaristes s’en étaient déjà donnés à cœur joie lorsque l’humanité avait basculé dans le XXIe siècle. Mais une fois le réveillon franchi sans autres dégâts que la gueule de bois, il a bien fallu trouver autre chose.

Passé le flop de l’épidémie de grippe aviaire, les Mayas sont arrivés à point nommé. Selon leur calendrier, le monde actuel s’achèvera le 21 décembre 2012. Ce qui se passera ce jour-là ? Les astronomes mayas n’en ont rien dit, laissant libre cours onze siècles après leur disparition à l’imagination débridée des scénaristes et aux fantasmes.

Peine perdue pour ceux qui croient lire dans leur bulletin météo les signes annonciateurs du cataclysme final : il n’y a pas plus de tempêtes ou de tornades en ce début de XXIe siècle qu’autrefois… Et l’anéantissement final ne devrait pas plus venir de l’espace.

En la matière, tout est certes affaire de statistiques mais « la probabilité pour qu’un corps céleste de plus d’un kilomètre de diamètre heurte la Terre est très faible, de l’ordre de un tous les cent millions d’années » résume François Colas, astronome à l’Observatoire de Paris.

La dernière fois, c’était il y a 65 millions d’années : une météorite de plusieurs kilomètres de diamètre s’était écrasée dans le Yucatan, creusant le golfe du Mexique. Mais en décembre prochain, aucun objet de grande taille connu — et ils le sont dans leur très grande majorité — ne croisera dans les parages.

« Plus on se rapproche de la date fatidique, moins on m’en parle »

D’autres théories évoquent aussi une mystérieuse planète invisible nommée Nibiru, une inversion du champ magnétique terrestre ou encore l’alignement des principales planètes du système solaire.

Ce dernier argument amuse beaucoup François Colas : « La force d’attraction de Jupiter est inférieure à celle d’une personne qui se tiendrait à un mètre de vous » relativise-t-il. Pour les grandes marées, il faudra donc se contenter de l’attraction lunaire, comme d’habitude…

Restent évidemment les séismes, les tempêtes, les accidents nucléaires, les épidémies… On n’est pourtant plus là dans le registre du cataclysme global, mais dans celui de la catastrophe ordinaire.

Moins grandiose ? Sans doute, mais le soufflé apocalyptique du 21 décembre serait déjà en train de retomber : « Les gens nous ont posé beaucoup de questions, mais plus on se rapproche de la date fatidique, moins on m’en parle » conclut François Colas. Comme quoi on peut craindre la fin du monde et avoir peur du ridicule.

Source : http://www.dna.fr/religions/2012/10/28/un-mythe-universel