Yvelines : une cadre municipale sanctionnée pour atteinte à la laïcité

Publié le 18.09.2013, 00h18 | Mise à jour : 01h14

ARCHIVES. Mairie de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Une cadre municipale a été mutée à un autre poste après avoir notamment distribué un calendrier protestant à ses collègues.

ARCHIVES. Mairie de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Une cadre municipale a été mutée à un autre poste après avoir notamment distribué un calendrier protestant à ses collègues. | LP / Stéphane Sellami

Une cadre municipale protestante a été sanctionnée par la mairie de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) pour atteinte à la laïcité, a annoncé mardi la municipalité. La fonctionnaire a été mutée à un autre poste.

Lors des fêtes de fin d’année de 2011 et 2012, cette chef de service de 58 ans avait distribué à plusieurs de ses collègues une boîte de pruneaux d’Agen – sa ville natale – accompagnée d’un calendrier, illustré de textes bibliques. <btn_noimpr>

Le calendrier comportait le logo de l’Association familiale protestante Maranatha (AFPM) dont cette femme est membre, ainsi que le contact et les horaires de culte de l’Église baptiste Maranatha de Conflans-Achères, rattachée au Conseil national des Evangéliques de France (Cnef).

«Un chef de service n’a pas à faire de prosélytisme, quelle que soit sa religion»

Des calendriers offerts «à titre strictement privé» et amical selon Sandra Blasiak, présidente de l’AFPM, qui a exprimé récemment dans une lettre au sénateur-maire PS Philippe Esnol, sa «consternation» face à une décision «totalement disproportionnée». «La Bible fait partie du patrimoine de l’humanité et la citer ne saurait en aucun cas être considéré en soi comme condamnable», s’est indigné à son tour mardi Thierry Le Gall, directeur de la communication du Cnef.(…)

À 19 ans, les Mormons ne vivent que pour l’Église

Pour leur Église, ils sont allés jusqu’à gommer leur prénom. À arracher provisoirement leurs racines. À laisser ceux qu’ils aiment à des milliers de kilomètres d’ici. Ils ne s’appellent plus que frères Adams et Footes, ne s’habillent plus qu’en costume cravate, ne sortent plus que pour aborder des gens dans la rue, aller à la chapelle mormone d’Angoulême ou se livrer à des activités très intellos. Ils ont 19 ans, sont citoyens des États-Unis et ont «choisi» de mettre pour vingt-quatre mois leur vie de jeune entre parenthèses. Ils sont des missionnaires, chargés de recruter de nouveaux adeptes. Ils se lèvent chaque jour à 6 heures, étudient les textes, font du prosélytisme à Angoulême et se heurtent presque dix fois sur dix à une indifférence absolue. Et se couchent à 22h30, «fatigués de la journée». Ils tournent de ville en ville, au terme de périodes de six semaines reconductibles, et ne se font pas d’attaches. Frères Adams et Footes n’ont même jamais abordé de jeunes femmes ici. «Elles sont surtout intéressées par notre côté jeune Américain, mais pas du tout par l’Église; ça n’est pas sérieux», justifient-ils. Ainsi soit-il.

Secte ou pas secte?

Les avis sont partagés, mais la tendance penche plutôt vers l’absence de caractère sectaire. Ni la mission interministérielle de lutte contre les sectes ni le rapport parlementaire sur les sectes ne considèrent l’Église comme telle.

En revanche, l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu (Unadfi) l’a dans le collimateur, lui reprochant notamment le recours à la manipulation mentale et un prosélytisme constant. À Angoulême, soeur Jacqueline, 85 ans, en est l’exemple frappant. «Oui, j’en parle chaque fois que je peux; oui, je fais du prosélytisme, avoue-t-elle sans gêne. Mais je ne force personne. Quand je vois que les gens ne sont pas prêts, je n’insiste pas.» «Je me fais des amis, ajoute Marie-France, 59 ans, et forcément, à un moment, je leur dis en quoi je crois. Si ça ne les intéresse pas, ça ne fait rien, ils restent mes amis.» Les mormons passent pour ne pas exercer de pressions sur leurs membres, qu’ils laissent libres de quitter l’Église à tout moment. C’est essentiellement en cela qu’on ne les assimile pas à une secte.

Source : http://www.charentelibre.fr/2012/11/01/a-19-ans-ils-ne-vivent-que-pour-l-eglise,1122437.php