Psy: jugé pour abus de faiblesse refus du report du procès pour raisons de santé

Publié le 16/05/2014 á 14H29

PARIS, 16 mai 2014 (AFP) – La cour d’appel de Paris a rejeté vendredi la demande de report sine die pour raisons de santé du procès d’un psychothérapeute de 78 ans, poursuivi pour abus de faiblesse sur deux patients.

La cour d’appel a fixé au 14 octobre la nouvelle date du procès.

Benoît Yang Ting, accusé par les plaignants de les avoir manipulés mentalement pendant des années en leur instillant de faux souvenirs traumatisants, avait été condamné le 12 juin 2012 à un an de prison avec sursis. Le tribunal correctionnel de Paris l’avait également condamné à une amende de 50.000 euros et à verser, au titre des dommages et intérêts, 100.000 euros et 50.000 euros aux deux victimes.

L’homme qui n’avait déjà pas assisté à son procès pour raisons de santé avait fait appel du jugement.

Mais à l’ouverture de l’audience début avril, ses avocats avaient réclamé un report sine die du procès en expliquant que leur client n’était pas en état physique et intellectuel d’exercer sa défense.

Ils se sont fondés sur les résultats d’une expertise ordonnée par la cour d’appel concluant que l’homme n’était pas en état de comparaitre.

L’expert avait cependant estimé que le mis en cause disposait d’un état mental suffisant pour donner mandat à ses avocats pour le représenter, mais ces derniers ont estimé qu’ils ne pouvaient exercer les droits de la défense sans pouvoir dialoguer avec leur client.(…)

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Suisse : Sa psy l’envoie chez un chamane violeur

Paula* a été abusée sexuellement à plusieurs reprises. Malgré cela, sa psychiatre n’a rien trouvé de mieux que de l’envoyer chez un guérisseur autoproclamé qui l’a violée. L’homme est désormais introuvable.

storybildConfronté, le guérisseur nie les faits. (photo: Capture d’écran Italia Uno)
Une histoire sordide, révélée par la télévision italienne Italia Uno, secoue le Tessin. Un chamane autoproclamé de 69 ans, domicilié à Origlio (TI), aurait abusé et violé plusieurs femmes venues chercher de l’aide auprès de lui. Le Péruvien affirmait pouvoir guérir ses victimes à travers le sexe.

L’histoire a éclaté au grand jour grâce au témoignage de Paula*. Cette jeune Italienne de 24 ans a subi plusieurs agressions sexuelles par le passé. Traumatisée, elle a consulté une psychiatre pendant un peu plus de deux ans. Comme la thérapie ne semblait pas améliorer son état, la spécialiste l’a envoyée voir ce soi-disant guérisseur d’Origlio. Mais au lieu de l’aider, le sexagénaire n’a fait qu’empirer les choses.

L’homme lui a expliqué que seul le sexe pouvait la guérir. La jeune femme, qui ne pesait plus que 40 kilos au moment des faits en raison d’une grave perturbation alimentaire, a décidé de lui faire confiance étant donné que sa psychiatre lui avait conseillé d’aller le voir. Après s’être fait violer une première fois par le Péruvien, son état s’est rapidement aggravé. L’Italienne est alors retournée voir sa thérapeute qui l’a renvoyée à Origlio en arguant que le chamane avait déjà aidé un grand nombre de femmes. Le calvaire de la victime a ainsi continué lorsque le guérisseur autoproclamé l’a convaincue de se rendre au Pérou avec lui pour un voyage thérapeutique. Là-bas, elle a été violée une deuxième fois. Son agresseur n’a pas arrêté malgré ses pleurs et ses multiples tentatives de se défaire de lui.

De retour en Italie, Paula a contacté la télévision Italia Uno. L’équipe de journalistes s’est alors rendue une troisième fois en Suisse avec la jeune femme, cette fois équipée de microphones et de caméras cachés. Confronté aux images, le chamane a nié en bloc en affirmant que Paula était tombée amoureuse de lui et qu’il ne l’avait forcée à rien. La psychiatre, elle, a refusé tout témoignage. Depuis la publication du reportage, le guérisseur est introuvable. Nos collègues tessinois se sont rendus sur place pour essayer de retrouver les traces du sexagénaire, en vain. Les voisins de ce dernier affirment néanmoins qu’il s’agit d’un homme sympathique, intelligent et normal. Le chamane semble par ailleurs compter de nombreux fans qui se rendent régulièrement à ses séminaires. Contactée, son assistante affirme qu’il ne peut pas être joint pour le moment. Son appartement semble abandonné.

*Prénom d’emprunt

Source : 20mn

Canada : Explosion d’enquêtes contre les pseudo-psychothérapeutes

En octobre dernier, 300 pseudo-psychothérapeutes se trouvaient dans... (Photo archives La Presse)

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En octobre dernier, 300 pseudo-psychothérapeutes se trouvaient dans la ligne de mire de l’Ordre.

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Ma Presse

Marie-Claude Malboeuf
MARIE-CLAUDE MALBOEUF
La Presse

L’Ordre des psychologues du Québec est inondé de demandes d’enquête depuis la diffusion de sa publicité télévisée qui dénonce les dégâts causés par les pseudo-psychothérapeutes.

Au cours des deux derniers mois, 100 nouveaux cas ont été dénoncés à l’organisme, soit trois fois plus que d’ordinaire pour une période de longueur égale. Cette explosion a dépassé toutes les attentes de la présidente de l’Ordre, Rose-Marie Charest. «L’impact est manifeste. On a réussi à amener les gens à s’interroger sur la compétence des gens qu’ils consultent», se réjouit-elle.

Intitulée «Ne laissez pas n’importe qui entrer dans votre tête», la publicité met en scène un homme maladroit qui saccage avec nonchalance le contenu d’étagères remplies de porcelaines.

Depuis un an et demi, nul ne peut exercer la psychothérapie sans permis, cette activité étant jugée «à haut risque». Le permis requis est accessible aux seuls psychologues et à une poignée d’autres professionnels formés en santé mentale. Malgré tout, des dizaines d’amateurs et de charlatans continuent visiblement de sévir.

Enquêteurs

En octobre dernier, 300 pseudo-psychothérapeutes se trouvaient dans la ligne de mire de l’Ordre. Ils sont maintenant 400, parmi lesquels de 40 à 80 cas lourds, qui exigeront des mesures «musclées» et l’entrée en scène de trois nouveaux enquêteurs. «On a dû les former et leur montrer comment mimer une personne en détresse, puisqu’on doit prouver jusqu’où le pseudo-thérapeute peut aller face à une personne souffrante, expose Mme Charest.(…)

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Strasbourg : un psychiatre suspecté d’agressions sexuelles et viol

 

Publié le 29.11.2013, 11h51 | Mise à jour : 12h14

 

Un psychiatre de 64 ans, accusé de viol et agressions sexuelles par cinq jeunes patientes, a été mis en examen et écroué à Strasbourg.

Un psychiatre de 64 ans, accusé de viol et agressions sexuelles par cinq jeunes patientes, a été mis en examen et écroué à Strasbourg. | IDE

Un psychiatre de 64 ans, accusé de viol et agressions sexuelles par cinq jeunes patientes, a été mis en examen et écroué à Strasbourg (Bas-Rhin). Le Dr Alain Pidolle, qui exerce dans un centre médico-social à Phalsbourg (Moselle) et dans un hôpital psychiatrique à Lorquin (Moselle), nie toutes les charges qui pèsent sur lui, a souligné son avocat, Me Renaud Bettcher.

Le praticien était déjà sous le coup d’une mise en examen depuis janvier – mais il avait alors été laissé en liberté sous contrôle judiciaire -, sur la base des accusations d’une adolescente de 17 ans: la jeune fille affirmait avoir subi des attouchements au domicile du médecin, en décembre 2012.

Suite à cette première procédure, évoquée à l’époque dans la presse régionale, «les langues se sont déliées, et quatre autres jeunes femmes se sont manifestées auprès de la justice», a expliqué Me Bettcher, confirmant des informations révélées par les Dernières nouvelles d’Alsace. Les plaignantes, majeures au moment des faits, évoquent des agressions sexuelles, et pour l’une d’elles, un viol. Les faits auraient été commis en 2011 et 2012.

Avec ces nouvelles accusations, «on a franchi un pas supplémentaire», a observé l’avocat, ce qui a conduit au placement du médecin en détention provisoire. Certains éléments rapportés par les victimes présumées sont corroborés par des témoins: ainsi une infirmière aurait vu des photos de patientes nues, que le Dr Pidolle aurait prises en forêt. Une autre infirmière rapporte que le psychiatre aurait «prescrit» à certaines patientes de se masturber régulièrement.

LeParisien.fr 

Belgique : La dinguerie légitime et inguérissable du sujet

Eric de Bellefroid Publié le – Mis à jour le

La psychanalyse est plus souvent décrite en termes de chapelles que d’institution unitaire. Il n’est pas si courant, en effet, comme l’illustre le cas présent, qu’elle se mobilise à l’unisson. Or, c’est bien ce qui s’est produit sous la coupole de la Fabep (Fédération des associations belges de psychanalyse) où freudiens, freudo-lacaniens, jungiens et toutes écoles confondues craignaient de se voir confisquer leur spécificité commune, même si le commentaire de l’Article 31 de ladite proposition de loi pose explicitement que « l’exercice de la psychanalyse et le port du titre de psychanalyste ne sont pas du ressort de la présente loi » .

Membre de l’Ecole de la cause freudienne (d’obédience lacanienne), Philippe Bouillot craignait ainsi que la loi ne prévoie un diplôme de psychothérapeute que bon nombre d’analystes, psychiatres ou psychologues, possédaient déjà.

« Le piège , insistait-il, est que nous pussions paraître opposés à toute réglementation, comme d’éternels hors-la-loi. Ceci n’est pas le cas. Il se trouvait juste un danger de voir la psychanalyse assimilée à une simple psychothérapie, ce qu’elle n’a jamais été et ne pourra jamais être. La psychanalyse, de fait, réserve a priori une place centrale à l’inguérissable – là où, comme disait Freud lui-même, « la guérison vient de surcroît » – tandis que la psychothérapie classique (thérapies dites brèves ou TCC) se conçoit comme une rééducation en regard des dysfonctionnements cognitifs ou comportementaux du sujet. »

La « folie » de l’analyste

Un haut responsable de la même Cause freudienne, Gil Caroz, redoutait également, pour sa part, « le rapt de la psychanalyse aux psychanalystes » . « Quand le commentaire de l’Article 31 de la loi pose que la psychanalyse n’en fait pas partie, nous aimerions tous que cette phrase soit inscrite dans le marbre, incluse dans la loi afin d’obtenir une réelle valeur juridique. »  (…)

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Canada – 300 pseudo psychothérapeutes dans la mire de l’Ordre des psychologues

«Ne laissez pas n'importe qui entrer dans votre... (PHOTO PHOTOS.COM)

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«Ne laissez pas n’importe qui entrer dans votre tête, conclut la présidente de l’Ordre, Rose-Marie Charest. Pratiquer la psychothérapie est une activité à haut risque de préjudice. Ça prend des compétences.»

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Ma Presse

Marie-Claude Malboeuf
MARIE-CLAUDE MALBOEUF
La Presse

Quelque 300 pseudo psychothérapeutes sont actuellement dans la mire de l’Ordre des psychologues du Québec, parce qu’ils reçoivent des clients sans détenir de permis – ce qui est illégal depuis 16 mois.

Certains semblent particulièrement dangereux, précise la présidente de l’Ordre, Rose-Marie Charest. «L’exploitation peut être financière, mais elle peut aussi être affective», dit-elle.

«Ne laissez pas n’importe qui entrer dans votre tête, conclut la psychologue. Pratiquer la psychothérapie est une activité à haut risque de préjudice. Ça prend des compétences.»

Pour alerter les Québécois – et les convaincre de dénoncer les imposteurs -, l’Ordre vient de lancer une publicité télévisée. On y montre un homme malhabile, qui visite une pièce et saccage au passage son contenu de porcelaine. L’annonce symbolise les ravages que peut subir une psyché fragile lorsqu’on s’y aventure à l’aveuglette.

«Le psychothérapeute illégal n’est pas toujours un gourou. Il peut avoir de bonnes intentions et ne pas réaliser qu’il cause des dégâts», précise Mme Charest. C’est notamment le cas, dit-elle, de certains coachs de vie et hypnologues qui vont trop loin.

Pour aider le public à s’y retrouver, l’Ordre a mis un annuaire sur le microsite web, votretête.ca. On y indique qui est autorisé à pratiquer et qui devrait inspirer méfiance (promesses de résultats, supposés «pouvoirs», etc.)(…)

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Deux ans de prison pour l’ex-gourou du château de Belbéraud

Claude David, ex-psychothérapeute installé au château de Belbéraud, au début des années 2000, a été condamné, hier, par le tribunal correctionnel, à deux ans de prison pour abus de faiblesse sur cinq victimes, des patients qui ont vécu sous son emprise.

À cette époque, Claude David dirigeait la communauté des « Gens de Bernard ». Il devra rembourser au titre du préjudice subi des sommes allant de 2000 à 25 000€. Déjà condamné en 2010 à quatre mois de prison pour violences et agressions sexuelles sur douze victimes, Claude David, aujourd’hui âgé de 72 ans, voit sa peine confondue avec la première condamnation. « Il n’a pas été tenu compte de trois critères qui paraissaient essentiels : ce dossier a été étrangement scindé en deux parties fort longtemps après l’ouverture de l’information générant deux procès, dont un me paraissait inutile. Il y a également l’ancienneté des faits qui remontent entre mai 2003 et janvier 2007 et jugés 10 ans plus tard. Enfin, l’impossibilité de réitération de l’infraction. En effet, le château ayant été vendu depuis fort longtemps et la communauté dissoute. Claude David relèvera appel », a déclaré hier l’avocat du prévenu, Me Guy Debuisson. Pour l’une des parties civiles, représentées par Me Denis Benayoun : « Le tribunal a sanctionné à hauteur des actes. Claude David a été reconnu coupable pour la seconde fois en trois ans. Mais le tribunal n’a pas estimé à sa juste valeur le préjudice subi. »

La Dépêche

Relayé par le C.C.M.M

Gourous inc.: de vrais psys vraiment ésotériques

Marie-Claude Malboeuf

La Montréalaise Paule Mongeau n’est pas une psychologue comme les autres. Sur son blogue, il lui arrive de parler de vies antérieures.

Le 3 février, elle a écrit avoir amené une cliente, Martine, à remonter dans le temps jusqu’à ce qu’elle se voie entourée de parents d’une autre vie. En septembre 2011, elle parle d’une autre patiente, Claudia, transportée en Égypte ancienne. Dans la même entrée, elle raconte que sa massothérapeute a refusé d’hospitaliser son fils de 5 ans en psychiatrie, tel qu’on le lui recommandait à l’hôpital Saint- Justine. PourMme Mongeau, l’enfant n’a pas d’hallucinations et il s’agit d’un «phénomène [] normal chez certains enfants: la reconnaissance d’images d’autres vies dans leur imaginaire».

Nous avons interrogé l’Ordre des psychologues à ce sujet et tous ces passages ont ensuite subitement disparu. Mme Mongeau a refusé de nous dire si le syndic l’avait exigé. Elle déclare ne pas exposer ses clients à ses croyances, ne pas faire de thérapie par les vies antérieures, mais employer à l’occasion une simple technique d’imagerie qui permet d’entrer dans la peau de personnages d’«autres vies».

Il y a moins d’un an, elle a pourtant publié une annonce invitant les gens à venir «écrire une nouvelle à partir d’une imagerie de vie antérieure».

Difficile, dans les circonstances, de savoir ce que fait la psychologue dans l’intimité de son bureau. «Les gens nous interrogent régulièrement au sujet de membres de leur ordre professionnel, qui veulent les guérir avec de l’encens ou leur donner des massages énergétiques », rapporte la directrice du Centre d’information sur les nouvelles religions de l’Université de Montréal, Marie-Ève Garand.

D’autres professionnels de la santé mentale prétendent guérir avec les chakras, la lumière, les vibrations du corps ou encore, des tapotements.

Alors qu’elle était toujours membre de l’Ordre des psychologues, Danielle Fecteau a même publié un livre disant qu’on pouvait guérir les maladies des autres par notre pensée autrement dit, qu’on pouvait influencer le corps d’autrui en se concentrant. Elle y parle aussi de télépathie et de guérison à distance.

Indigné, un chercheur de l’Université de Montréal, Serge Larivée, a dénoncé ce livre dans la Revue de psychoéducation, en soulignant qu’il pourrait amener des gens à se détourner des méthodes éprouvées. Il faut savoir que le code de déontologie des psychologues leur impose de se baser «sur des principes scientifiques généralement reconnus en psychologie».

Mme Fecteau n’a pas rappelé à la suite de nos messages. Une de ses connaissances nous a dit qu’elle n’était plus psychologue et voulait tourner la page.

Une épidémie

D’après la psychoéducatrice Natacha Condo-Dinucci, les idées du genre se répandent comme une épidémie, même dans le milieu de la santé mentale. «À Montréal, une intervenante m’a confié que son CLSC avait invité des charlatans pour apprendre au personnel à communiquer avec les anges, raconte-telle. Et c’est payé avec nos taxes!»

Lors d’une rencontre au sujet d’une préadolescente psychotique, elle a elle-même entendu une collègue dire à la mère: «Vous savez, ça existe, des enfants médiums.»

«Certains évoluent après leurs études, mais on ne peut être dans chaque bureau pour vérifier ce qui se passe», dit Marie-Ève Garand.

Le chercheur Serge Larivée voudrait qu’on soit plus sévère avec les déviants. «Quand les ordres professionnels les laissent démissionner en douce, au lieu de les sanctionner publiquement, ils protègent leurs membres, pas le public», dit-il.

Le conseil de discipline de l’Ordre professionnel des travailleurs sociaux nous a déclaré n’avoir jamais «eu à se prononcer sur des pratiques questionnables au plan scientifique ». Il a reçu quelques demandes d’enquête, mais a conclu que les techniques en cause se situaient «à la limite de l’acceptable». Malgré nos demandes répétées, on n’a pas voulu nous préciser la nature de ces approches «limites».

L’Ordre des psychologues est plus transparent. Depuis 10 ans, une demi-douzaine de ses membres (sur 6000) ont été sanctionnés pour dérives ésotériques.

Claudette Nantel, de Hull, a proclamé, à la radio, qu’elle faisait régresser ses patients dans leurs vies antérieures. Le comité de discipline lui a reproché de discréditer l’ensemble de sa profession. Cela ne l’a pas empêchée de récidiver, quelques années plus tard, en reparlant de vies passées, de télépathie et de chamanisme à une patiente.

Autre cas : avant de renoncer à son titre, le Montréalais Yvan Grenier mêlait déjà ésotérisme, astrologie, magnétisme et chamanisme pour donner des «traitements énergétiques». D’après le syndic, il passait deux fois plus de temps à «lire le corps» de ses clients qu’à les écouter. Lors de ses visites à domicile, ces derniers devaient porter un simple peignoir et se mettre ensuite en sous-vêtements, y compris une femme ayant déjà subi des sévices

sexuels.

Depuis, il donne des conférences, enseigne et affiche sa formation de psychologue. En entrevue, il nous a dit qu’exiger la pratique scientifique de la psychothérapie n’avait aucun sens puisqu’«on est de toute façon dans le subjectif», qu’on s’offusque trop de la «semi-nudité» et que sa méthode est reconnue ailleurs dans le monde.

Sur le Plateau Mont-Royal, l’expsychologue François Lesage parlait lui aussi des astres et s’endormait dans les bras de ses patientes en pleine séance. Pire encore, il a eu des relations sexuelles avec trois d’entre elles un problème qualifié de chronique chez lui, alors qu’il se spécialisait auprès des victimes de stress post-traumatique et d’agression sexuelle.

Choqué par son «incapacité d’introspection » et par son «manque important de jugement professionnel », le comité de discipline l’a radié à vie en juillet 2009.

Peine perdue. François (devenu François-Gilles) Lesage a ouvert un «centre de thérapie» qu’il annonce sur l’internet. Il propose des séances d’hypnose, vante ses 30 ans d’expérience comme psychologue et son «savoir intuitif».

Depuis le printemps dernier, l’Ordre des psychologues a le pouvoir de poursuivre les imposteurs du genre pour exercice illégal de la psychothérapie.

Lorsque nous l ‘avons mis au courant de notre enquête, François-Gilles Lesage nous a dit qu’il s’informerait et cesserait sa pratique au besoin. Quelques semaines plus tard, son site internet était toujours actif.

Source : http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/sante/201210/07/01-4581029-gourous-inc-de-vrais-psys-vraiment-esoteriques.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4581255_article_POS6

Pau : un psychiatre poursuivi pour incitation à l’usage de drogue

 

Ce psychiatre palois est-il coupable d’incitation à l’usage illicite de stupéfiant ? Cette question sera abordée mardi devant le tribunal correctionnel de Tarbes, où le médecin comparaîtra aux côtés d’une psychothérapeute qui a longtemps exercé dans l’agglomération paloise et qui est aujourd’hui à la tête de L’Échelle – dont le psychiatre est le « rédacteur coordinateur ». Installée à Saint-Pé-de-Bigorre, cette association accueille notamment des séminaires permettant de réhabiliter des toxicomanes.

À l’origine de l’affaire, il y a une plainte déposée par des membres de la famille d’une femme qui a fréquenté l’Échelle, action initiée par son mari, en marge d’une procédure de divorce conflictuelle. La compagnie de gendarmerie d’Argelès-Gazost a été chargée de l’enquête. C’est à l’issue de ces investigations qu’il est aujourd’hui reproché aux deux prévenus « d’avoir provoqué à l’usage des stupéfiants », en l’espèce de l’ayahuasca, notamment en proposant des stages et des séminaires au centre Takiwasi au Pérou, où cette substance issue de lianes est utilisée dans le cadre de la médecine traditionnelle, alors qu’elle est classée comme stupéfiant en France depuis 2005.

Selon les enquêteurs et le parquet, le médecin et la psychothérapeute auraient également présenté l’usage de l’ayahuasca sous un jour favorable, avec des liens internet vers des sites vantant ses mérites.

Ce n’est pas la première fois que l’ayahuasca les conduit devant les tribunaux. En 2005, cependant, ils avaient été, comme trois autres personnes, totalement et définitivement blanchis par la justice dans le cadre de « l’affaire Takiwasi » qui avait alors défrayé la chronique : le dossier d’escroquerie, trafic de stupéfiants et de secte s’était conclu par un non-lieu général. Et le psychiatre avait quitté le centre hospitalier des Pyrénées pour ouvrir un cabinet libéral.

Cette fois encore, Me Thierry Sagardoytho, son avocat, va plaider la relaxe : « Mon client n’a jamais incité ses stagiaires à se rendre au centre Takiwasi dans l’unique but de consommer de l’ayahuasca, et l’usage de ce produit n’est pas répréhensible au Pérou. La provocation à sa consommation, même commise en France, ne peut pas être poursuivie ».

L’avocat palois rappelle par ailleurs le sérieux du centre Takiwasi : « Ce n’est pas une secte ! C’est le centre hospitalier de Pau qui, il y a douze ans, a envoyé le médecin dans ce centre, dirigé par le Dr Jacques Mabit (médecin spécialisé en pathologie tropicale et en naturopathie), pour y suivre la formation ’utilisation des plantes dysleptiques dans le cadre de l’alcoolisme et des toxicomanies’. La promotion de cet établissement ne peut donc être répréhensible ».

Me Sagardoytho note par ailleurs que le docteur s’est bien penché sur l’utilisation de l’ayahuasca, en étudiant tant ses effets positifs que négatifs, il n’a jamais présenté cette plante sous un jour favorable, ou incité positivement à sa consommation. « Il existe plus d’une dizaine de livres sur le sujet en vente libre dans les librairies et leurs auteurs n’ont jamais fait l’objet de la moindre poursuite. Ce dossier vide devrait logiquement se solder par une relaxe », martèle l’avocat. « Et ceux qui ont traîné mon client en correctionnelle recevront coup pour coup à l’audience ».

source : LA REPUBLIQUE DES PYRENEES.fr dimanche 2 septembre 2012