Canada – 300 pseudo psychothérapeutes dans la mire de l’Ordre des psychologues

«Ne laissez pas n'importe qui entrer dans votre... (PHOTO PHOTOS.COM)

Agrandir

«Ne laissez pas n’importe qui entrer dans votre tête, conclut la présidente de l’Ordre, Rose-Marie Charest. Pratiquer la psychothérapie est une activité à haut risque de préjudice. Ça prend des compétences.»

PHOTO PHOTOS.COM

Ma Presse

Marie-Claude Malboeuf
MARIE-CLAUDE MALBOEUF
La Presse

Quelque 300 pseudo psychothérapeutes sont actuellement dans la mire de l’Ordre des psychologues du Québec, parce qu’ils reçoivent des clients sans détenir de permis – ce qui est illégal depuis 16 mois.

Certains semblent particulièrement dangereux, précise la présidente de l’Ordre, Rose-Marie Charest. «L’exploitation peut être financière, mais elle peut aussi être affective», dit-elle.

«Ne laissez pas n’importe qui entrer dans votre tête, conclut la psychologue. Pratiquer la psychothérapie est une activité à haut risque de préjudice. Ça prend des compétences.»

Pour alerter les Québécois – et les convaincre de dénoncer les imposteurs -, l’Ordre vient de lancer une publicité télévisée. On y montre un homme malhabile, qui visite une pièce et saccage au passage son contenu de porcelaine. L’annonce symbolise les ravages que peut subir une psyché fragile lorsqu’on s’y aventure à l’aveuglette.

«Le psychothérapeute illégal n’est pas toujours un gourou. Il peut avoir de bonnes intentions et ne pas réaliser qu’il cause des dégâts», précise Mme Charest. C’est notamment le cas, dit-elle, de certains coachs de vie et hypnologues qui vont trop loin.

Pour aider le public à s’y retrouver, l’Ordre a mis un annuaire sur le microsite web, votretête.ca. On y indique qui est autorisé à pratiquer et qui devrait inspirer méfiance (promesses de résultats, supposés «pouvoirs», etc.)(…)

Suite de l’article

Polémique. À la fac de médecine d’Angers, la conférence controversée est annulée !

Faits de sociétélundi 08 avril 2013
  • Déjà accusé par le magazine Science et avenir de « dérives sectaires », l'université d'Angers a préféré annuler cette conférence très controversée...

    Déjà accusé par le magazine Science et avenir de « dérives sectaires », l’université d’Angers a préféré annuler cette conférence très controversée…

    Franck Dubray

La conférence sur « l’enfant victime d’agressions sexuelles », initialement programmée ce lundi 8 avril 2013, à la faculté de médecine, est annulée.

« Nous ne souhaitons pas jeter de l’huile sur le feu. Ne pas alimenter la polémique », insiste Isabelle Richard, le doyen de la Faculté de médecine.

A l’origine de la polémique, l’organisation par l’association Arsinoé d’une conférence payante à destination des professionnels de l’enfance. Lionel Gaugain, président du Cippad (Centre d’information et de prévention sur les psychothérapies abusives et déviantes) dénonce ce genre de conférence, qui, selon lui, met en valeur des pratiques « qui s’apparentent à celles de la mouvance ésotérique, notamment celle du rebirth, qui peut donner lieu à de faux souvenirs induits, pouvant entraîner des fausses déclarations d’abus sexuels chez les patients ».

Devant la controverse suscitée, la faculté de médecine a tranché.

« Ne pas être instrumentalisés »

« Nous avons en un premier contact avec l’association Arsinoé(NDLR : basée à Chenillé-Changé) en juin 2012. Une convention a été établie. Nous n’avons aucun doute raisonnable sur la nature de l’intervention. Mais, face à la multiplication des plaintes et des questionnements qui nous sont parvenus, nous avons décidé de ne pas être instrumentalisés à nouveau », déclare le doyen.

Source : http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Angers.-a-la-faculte-de-medecine-la-conference-controversee-est-annulee_40771-2181388-pere-pdl–29026-abd_filDMA.Htm

Autism Rights Watch – Nos propositions à la Miviludes pour mieux lutter contre les dérives sectaires dans la santé et les universités

November 12, 2012 · by Admin_arw@2012
Le 25 octobre 2012, la Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires (MIVILUDES), rattachée au Premier Ministre, a remis un rapport au Sénat visant à renforcer son action dans le secteur de la santé. Son président, Serge Blisko, a rappelé que la maladie est « une porte d’entrée rêvée » des dérives sectaires et a évoqué des « béances où s’engouffrent les charlatans ». Il a prévenu : nous allons alerter les universités et les hôpitaux des risques d’infiltration.
Le 11 novembre 2012, Autism Rights Watch a pris une position officielle contre les mouvements psychanalytiques français, les assimilant à des mouvements sectaires, suite à l’organisation d’une journée spéciale sur la psychanalyse et Freud, le 9 novembre 2012 sur la chaîne de service public France Inter. Notre analyse démontre en effet l’existence d’une emprise sectaire par les mouvements psychanalytiques dans les secteurs de la psychiatrie et de la psychologie en France. Nous invitons donc fortement le gouvernement français à lutter contre celle-ci dans le cadre de sa lutte contre les dérives sectaires.

Autism Rights Watch a donc souhaité contribuer à la lutte contre les dérives sectaires dans le domaine de la santé et dans les universités, dont les personnes avec autisme et leurs familles sont souvent les victimes, au-delà des seuls mouvements psychanalytiques. ARW a donc sélectionné deux axes de travail, à savoir la réglementation des professions et le strict encadrement des pratiques, tout en veillant à respecter un équilibre entre les libertés individuelles et la protection des personnes.

ARW vient d’adresser au président de la MIVILUDES Serge Blisko le fruit de ce travail et vous trouverez ci-dessous le texte de la lettre expédiée à Serge Blisko.

Lettre Ouverte – Nos propositions pour mieux lutter contre les dérives sectaires dans la santé et les universités

Monsieur le Président Serge Blisko,

Autism Rights Watch est une association internationale américaine, qui se bat au quotidien pour défendre les droits et  promouvoir l’inclusion sociale des personnes autistes ou porteuses d’autres handicaps associés.

Notre association est indépendante, non-affiliée politiquement et laïque. Nous sommes en contact avec de nombreuses associations du handicap et de l’autisme, ainsi que certaines organisations internationales. Par exemple, nous participerons fin novembre à un séminaire sur la lutte contre la ségrégation éducative organisé par le Conseil de l’Europe.

Nous désirons aujourd’hui apporter notre contribution au débat contre les dérives sectaires dans la santé et les universités, faisant suite à votre audition par le Sénat le 25 octobre. Vous trouverez ci-joint nos propositions en la matière.

Pourquoi nous souhaitons apporter notre contribution au débat

Nous considérons qu’il existe en France une emprise sectaire des mouvements psychanalytiques sur les domaines de la psychiatrie et la psychologie. Or, cette emprise porte un préjudice grave aux personnes avec autisme et à leur famille, comme le montrent les rapports Létard et CESE/Prado. Nous dénonçons également certaines pratiques d’inspiration psychanalytique, tel le packing, l’enveloppement d’enfants dans des linges humides et froids (10 à 15°). Notre organisation, comme d’autres, assimile d’ailleurs le packing à un acte de torture, qui doit être interdit.

Loin de stigmatiser les seules pratiques des mouvements psychanalytiques, nous observons également en France l’entrisme de personnes et d’associations faisant la promotion pour l’autisme de méthodes non-recommandées par la HAS en mars 2012, comme les méthodes 3i ou Sunrise ou les régimes GFCF.

Nos axes de travail : réglementation des professions, strict encadrement des pratiques

Nos propositions sont donc élaborées autour de deux axes forts :

  • D’une part, le développement d’une réglementation appropriée pour les professions de « psychanalyste », de « psychothérapeute », de « sophrologue », de « formateur », de « coach », de « conseil en développement professionnel et/ou personnel ».
  • D’autre part, l’encadrement strict des pratiques de « soin » physique, psychiatrique et psychologique, de psychomotricité, d’éveil de l’enfant, de développement personnel et/ou développement professionnel.

Equilibre entre libertés individuelles et protection des personnes

Autism Rights Watch est attaché au difficile équilibre entre les libertés individuelles et la protection des personnes. D’un coté, toute personne doit pouvoir participer librement à une pratique, surtout si elle est évaluée et recommandée par les autorités de santé. D’un autre coté, il faut offrir un cadre réglementaire plus protecteur pour les consommateurs, qui les protège des risques de dérives sectaires, et limite les risques de fraude fiscale et sociale, que cette pratique soit ou non évaluée et/ou recommandée par les autorités de santé.

La seule participation à l’idéologie, ou la diffusion théorique d’une pratique, doit relever de la liberté d’expression, de conscience et de croyance, sauf en cas d’apologie d’actes portant atteint à l’intégrité physique et mentale des personnes, qui doit être sanctionné pénalement. Nous proposons donc d’amender la loi du 29 juillet 1881 dans ce sens.

Nos propositions reconnaissent également, implicitement, un droit de chaque adulte, capable juridiquement, à participer de façon libre, éclairée et volontaire à une pratique, même non évaluée et/ou est non-recommandée par les Autorités de Santé.

Pour autant, en cas de pratique non-évaluée et/ou non-recommandée, nous souhaitons protéger le public en proposant un cadre restrictif en matière d’exercice, de publicité, d’enseignement, de transparence, et de financement public. En particulier, nous pensons que : Seuls les majeurs capables doivent participer à cette pratique, hors recherche hospitalière universitaire ; La démarche du client doit être personnelle ; La publicité doit être limitée aux seuls majeurs capables et ne doit pas induire en erreur sur la capacité du professionnel à soigner un trouble physique, psychique ou psychologique ; Le client doit être en capacité intellectuelle de rechercher et de comparer les offres ; La pratique ne doit pas être assimilée à un acte thérapeutique, et ne doit pas avoir un objectif thérapeutique ; La pratique doit uniquement être exercée dans le secteur privé par des professionnels agrée ; La recherche doit être uniquement autorisée, pour une durée limitée et exclusivement dans le secteur hospitalier universitaire.

J’espère, Monsieur le Président, que nos propositions retiendront votre attention et permettront de faire avancer ce débat indispensable pour le futur des personnes avec autisme et leurs familles. Je me tiens à votre disposition pour continuer à approfondir ensemble cette réflexion.

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression des nos salutations distinguées.

David Heurtevent
Vice-Président d’Autism Rights Watch

Source : http://www.autismrightswatch.com/2012/11/propositions-miviludes-lutte-derives-sectaires-sante-universites