10 ans de prison dans l’affaire des reclus de Monflanquin

ReutersReuters – il y a 17 heures

  • La cour d'appel de Bordeaux a condamné mardi à dix ans de prison Thierry Tilly, accusé d'avoir escroqué les onze membres d'une famille d'aristocrates du Lot-et-Garonne par emprise mentale durant une dizaine d'années. Les magistrats ont aggravé de deux années supplémentaires de prison la peine infligée à Thierry Tilly en première instance le 13 novembre dernier. /Photo d'archive/REUTERS/Stéphane Mahé
  • Reuters/Reuters – La cour d’appel de Bordeaux a condamné mardi à dix ans de prison Thierry Tilly, accusé d’avoir escroqué les onze membres d’une famille d’aristocrates du Lot-et-Garonne par emprise mentale …plus 

BORDEAUX (Reuters) – La cour d’appel de Bordeaux a condamné mardi à dix ans de prison Thierry Tilly, accusé d’avoir escroqué les onze membres d’une famille d’aristocrates du Lot-et-Garonne par emprise mentale durant une dizaine d’années.

Les magistrats, qui ont suivi les réquisitions du ministère public en avril dernier, ont aggravé de deux années supplémentaires de prison la peine infligée à Thierry Tilly en première instance le 13 novembre dernier

Sa peine a été assortie de cinq ans de privation des droits civiques et civils.

Thierry Tilly était le seul à comparaître, son complice Jacques Gonzalez, 66 ans, condamné à quatre ans de prison par le tribunal correctionnel, s’étant désisté de son appel.

Les deux hommes avaient été condamnés à indemniser les victimes à hauteur de 4,6 millions d’euros pour le préjudice matériel et de 505.000 euros pour le préjudice moral, ce que la cour d’appel a confirmé.

Cette affaire concerne la famille de Védrines, que Thierry Tilly avait mis sous sa coupe par manipulation mentale de 2001 à 2009 pour leur soutirer leurs biens.

Il s’était fait passer pour un attaché d’une fondation à vocation humanitaire, puis pour un agent secret au service de l’Otan. Usant de son influence, il avait inventé un complot visant à faire disparaître la famille et l’avait convaincue de vivre enfermée dans sa propriété de Monflanquin dans le Lot-et-Garonne, puis en 2007 à Oxford en Angleterre.[…]

Suite de l’article

Reclus de Monflanquin: peine maximale requise en appel contre le gourou

Par LEXPRESS.fr, publié le 25/04/2013 à 16:42

L’avocat général Pierre Bellet a requis 10 ans de prison à l’égard de Thierry Tilly, lors du procès en appel des reclus de Monflanquin qui s’est ouvert lundi. Une peine similaire avait déjà été prononcée en première instance.

Reclus de Monflanquin: peine maximale requise en appel contre le gourou

Tilly, qui a écopé de huit ans de prison en première instance, est un « mythomane stratégique (…) un menteur, un vantard, un hâbleur, un imposteur », martelle l’avocat général Pierre Bellet.

afp.com/Jean-Pierre Muller

L’étau se resserre autour du gourou de Monflanquin. Le ministère public a requis ce jeudi devant la Cour d’appel de Bordeaux la peine maximale de dix ans de prison contre Thierry Tilly, qui serait coupable « d’une entreprise de vampirisation financière et morale » à l’encontre d’une famille de notables du Sud-Ouest, totalement ruinés.

« Ma conviction est intacte quant à la culpabilité de Thierry Tilly et au châtiment » qui doit lui être infligé, a dit l’avocat général Pierre Bellet qui avait déjà requis la même peine lors du premier procès.

Une « vampirisation financière et morale »

Le magistrat, qui a réclamé la plus haute peine de prison pouvant être encourue par le gourou, a également demandé à la Cour qu’elle prononce une peine de cinq ans de privation de droits civiques et civils ainsi que l’interdiction définitive de diriger une entreprise commerciale ou artisanale.

Il a revanche requis une relaxe partielle pour les faits concernant les deux premières années d’emprise, période qui s’est étalée entre 1999 et 2000, la loi qualifiant la notion de sujétion psychologique étant entrée en vigueur en juin 2001. « Ce sont des faits exceptionnels » de « vampirisation financière et morale », a-t-il jugé.

L’attaque véhémente de l’avocat général

Alors que Pierre Bellet l’éreinte dans ses réquisitions, Tilly, 49 ans, pourtant plus que prolixe au début du procès, semble désormais absent, tournant le dos à la salle comme pendant toute la matinée, fixant les vitraux de la salle d’audience et remuant de temps à autres la tête.

Tilly, qui a écopé de huit ans de prison en première instance, est un « mythomane stratégique (…) un menteur, un vantard, un hâbleur, un imposteur ». Un « grand escroc », aussi, qui « exploite les failles psychologiques » de ses victimes, a martelé l’avocat général.

Il use d’une palette de techniques manipulatoires pour mettre « en état d’embrigadement » psychique ses victimes, a poursuivi le magistrat, convoquant, pour étayer ses propos, les expertises psychiatriques et psychologiques versées au dossier.

Il a d’abord « séduit ses interlocuteurs », les de Védrines, une riche famille du Sud-Ouest, avant de leur distiller un « discours récurrent sur un complot franc-maçon, rose-croix, homosexuel, juif », conduisant « onze personnes à croire » en cette machination, s’indigne Pierre Bellet.

4,5 millions d’euros de préjudice matériel

Epinglant le « machiavélisme » du prévenu, l’avocat général a encore jugé l’état de sujétion psychologique caractérisé: Tilly a placé ses victimes en état de « séquestration psychique » pour mieux les séparer de leurs proches et du monde avant de les conduire à se cloîtrer, dans leur demeure de Monflanquin (Lot-et-Garonne) puis en Angleterre, et de les dépouiller progressivement de leurs biens qu’ils ont fini par vendre pour environ 4,5 millions d’euros.

Le tout, principalement à son profit. Car pour Pierre Bellet, Tilly est bien « l’instigateur principal » de cette exceptionnelle escroquerie:Jacques Gonzalez, condamné avec lui en première instance à quatre ans de prison mais qui s’est désisté de son appel, n’est que son « faire-valoir », contrairement à ce qu’avait plaidé la défense de Tilly lors du premier procès. « Il ne peut bénéficier d’aucune circonstance atténuante », a-t-il conclu.

Un peu plus tôt, les avocats des parties civiles avaient réclamé la confirmation des sommes allouées en première instance par le tribunal correctionnel de Bordeaux (environ 4,5 millions de préjudice matériel, 505 000 euros de préjudice moral). Me Daniel Picotin, spécialiste des questions d’emprise mentale, a épinglé « le désir d’emprise » qui habite Thierry Tilly et sa « capacité à faire du ‘cousu main’ avec ses victimes ». L’avocat de Thierry Tilly, MeAlexandre Novion, va plaider dans l’après-midi.

Avec 

Reclus de Monflanquin: peine maximale requise en appel contre le gourou

Par LEXPRESS.fr, publié le 25/04/2013 à 16:42

L’avocat général Pierre Bellet a requis 10 ans de prison à l’égard de Thierry Tilly, lors du procès en appel des reclus de Monflanquin qui s’est ouvert lundi. Une peine similaire avait déjà été prononcée en première instance.

Tilly, qui a écopé de huit ans de prison en première instance, est un « mythomane stratégique (…) un menteur, un vantard, un hâbleur, un imposteur », martelle l’avocat général Pierre Bellet.

afp.com/Jean-Pierre Muller

L’étau se resserre autour du gourou de Monflanquin. Le ministère public a requis ce jeudi devant la Cour d’appel de Bordeaux la peine maximale de dix ans de prison contre Thierry Tilly, qui serait coupable « d’une entreprise de vampirisation financière et morale » à l’encontre d’une famille de notables du Sud-Ouest, totalement ruinés.

« Ma conviction est intacte quant à la culpabilité de Thierry Tilly et au châtiment » qui doit lui être infligé, a dit l’avocat général Pierre Bellet qui avait déjà requis la même peine lors du premier procès.

Une « vampirisation financière et morale »

Le magistrat, qui a réclamé la plus haute peine de prison pouvant être encourue par le gourou, a également demandé à la Cour qu’elle prononce une peine de cinq ans de privation de droits civiques et civils ainsi que l’interdiction définitive de diriger une entreprise commerciale ou artisanale.

Il a revanche requis une relaxe partielle pour les faits concernant les deux premières années d’emprise, période qui s’est étalée entre 1999 et 2000, la loi qualifiant la notion de sujétion psychologique étant entrée en vigueur en juin 2001. « Ce sont des faits exceptionnels » de « vampirisation financière et morale », a-t-il jugé.

L’attaque véhémente de l’avocat général

Alors que Pierre Bellet l’éreinte dans ses réquisitions, Tilly, 49 ans, pourtant plus que prolixe au début du procès, semble désormais absent, tournant le dos à la salle comme pendant toute la matinée, fixant les vitraux de la salle d’audience et remuant de temps à autres la tête.

Tilly, qui a écopé de huit ans de prison en première instance, est un « mythomane stratégique (…) un menteur, un vantard, un hâbleur, un imposteur ». Un « grand escroc », aussi, qui « exploite les failles psychologiques » de ses victimes, a martelé l’avocat général.

Il use d’une palette de techniques manipulatoires pour mettre « en état d’embrigadement » psychique ses victimes, a poursuivi le magistrat, convoquant, pour étayer ses propos, les expertises psychiatriques et psychologiques versées au dossier.

Il a d’abord « séduit ses interlocuteurs », les de Védrines, une riche famille du Sud-Ouest, avant de leur distiller un « discours récurrent sur un complot franc-maçon, rose-croix, homosexuel, juif », conduisant « onze personnes à croire » en cette machination, s’indigne Pierre Bellet.

4,5 millions d’euros de préjudice matériel

Epinglant le « machiavélisme » du prévenu, l’avocat général a encore jugé l’état de sujétion psychologique caractérisé: Tilly a placé ses victimes en état de « séquestration psychique » pour mieux les séparer de leurs proches et du monde avant de les conduire à se cloîtrer, dans leur demeure de Monflanquin (Lot-et-Garonne) puis en Angleterre, et de les dépouiller progressivement de leurs biens qu’ils ont fini par vendre pour environ 4,5 millions d’euros.

Le tout, principalement à son profit. Car pour Pierre Bellet, Tilly est bien « l’instigateur principal » de cette exceptionnelle escroquerie:Jacques Gonzalez, condamné avec lui en première instance à quatre ans de prison mais qui s’est désisté de son appel, n’est que son « faire-valoir », contrairement à ce qu’avait plaidé la défense de Tilly lors du premier procès. « Il ne peut bénéficier d’aucune circonstance atténuante », a-t-il conclu.

Un peu plus tôt, les avocats des parties civiles avaient réclamé la confirmation des sommes allouées en première instance par le tribunal correctionnel de Bordeaux (environ 4,5 millions de préjudice matériel, 505 000 euros de préjudice moral). Me Daniel Picotin, spécialiste des questions d’emprise mentale, a épinglé « le désir d’emprise » qui habite Thierry Tilly et sa « capacité à faire du ‘cousu main’ avec ses victimes ». L’avocat de Thierry Tilly, MeAlexandre Novion, va plaider dans l’après-midi.

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Procès des reclus de Monflanquin : « Je protège la famille de la reine d’Angleterre ! »

Le procès en appel a débuté lundi à Bordeaux. Thierry Tilly, le « gourou » présumé, seul prévenu à la barre, s’engage dans une défense de rupture

Thierry Tilly lors de l’ouverture du procès, le 27 septembre dernier à Bordeaux.

Thierry Tilly lors de l’ouverture du procès, le 27 septembre dernier à Bordeaux. (Archives Fabien Cottereau)

Je suis agent de la DGSE. Je peux le prouver. J’ai été pilote de chasse. J’ai dissous le 1er RPIMA. Je suis double champion olympique. J’ai aussi été footballeur professionnel. Le juge d’instruction a usurpé mon identité pour jouer au foot à Sochaux. Je suis prince d’Iran. Prince de Jersey. J’ai fait l’ENA. J’ai vu mourir de Gaulle. J’ai fait l’école nationale de la magistrature. Je suis docteur en droit, agrégé de lettres. Je suis préfet indisponible. Je suis le père du président du PSG. Dans un train, j’ai fait match nul avec Kasparov aux échecs. Je suis l’homme le plus riche de France. Liliane Bettencourt est ma grand-tante. J’ai été commissaire de police. François Mitterrand est un ami personnel. Je ne suis pas un plaisantin, Monsieur le président. C’est une question d’éducation. Je suis de la famille des Windsor.

Dans le jargon judiciaire, on appelle ça « colorer un dossier ». Un art dans lequel Thierry Tilly, qui comparait depuis hier devant la cour d’appel de Bordeaux pour avoir maintenu sous son emprise et dépouillé de ses biens la famille de Védrine, de riches aristocrates Lot-et-Garonnais, excelle. Quitte à épuiser l’auditoire, ce qui est sans doute son but. À chaque question qui fâche, laissant penser qu’il pourrait être le bâtisseur machiavélique d’une prison de verre au sein de laquelle 11 membres de l’aristocratie protestante ont vécu reclus pendant plus de dix ans, Thierry Tilly se bunkerise, un sourire aux lèvres, derrière un CV et un arbre généalogique que n’auraient pas renié les adeptes de Dada.

Dans le box des prévenus, Thierry Tilly évite ainsi d’entrer dans un dossier qu’il connaît sur le bout des doigts. Et tandis que président Michel Barailla détaille l’arrivée de Thierry Tilly dans une famille qui va peu à peu se déposséder à son profit d’une partie de sa fortune, vivant soudainement dans une peur panique des francs-maçons, le prévenu ne tarde pas à dévoiler les axes de sa défense. Une défense que l’on pourrait résumer ainsi : faire la fête des Védrine ! « Ces gens-là passaient leur temps à se battre entre eux. Je n’étais qu’un conseiller, ce n’est pas moi qui prenais les décisions. C’est eux qui ont instauré ce climat de psychose entre eux ».

Mention spéciale pour Jean Marchand, l’époux de Ghislaine de Védrine et qui avait le premier dénoncé l’emprise du soi-disant agent secret sur la famille. « Il a menacé de mettre en branle ses réseaux. Il leur a fait du chantage. C’est lui qui a installé cette paranoïa. » Selon l’instruction, en retour, Thierry Tilly aurait prodigué ses conseils avertis pour exclure le récalcitrant du clan. Un clan pour lequel il ne semble manifester aucune compassion et dont il se réclame pourtant… de la même famille. « C’est la branche difficile de ma famille », assure-t-il martelant que depuis l’affaire « je ne peux plus entrer à Buckingham ».

« Avec une telle lignée, depuis trois ans, vous n’avez pourtant reçu aucune visite », remarque Me Picotin pour la partie civile. « Je protège ma famille », répond du tac au tac le prévenu. « Mais quelle famille ? », rebondi Me Martial toujours pour la partie civile. Lui: « Allons, vous l’avez très bien compris : la famille royale d’Angleterre! »

Hormis s’offrir un baroud d’honneur, Thierry Tilly cache-t-il une stratégie plus subtile à travers cette attitude de rupture exacerbée ? Me Martial le croit: « Ne voudriez-vous pas nous amener à l’idée que vous êtes tellement menteur, tellement mythomane que si on décide de vous suivre, c’est qu’on le veut bien ? »

Source : http://www.sudouest.fr/2013/04/23/je-protege-la-famille-de-la-reine-d-angleterre-1033069-3609.php#xtor=EPR-260

Le procès en appel du gourou s’ouvre lundi à Bordeaux

Publié le 18/04/2013 à 08:13 | 3

reclus de monflanquin

Le château des reclus à Martel, près de Monflanquin. /Photo, archives, Jean-Louis Amella.

Le château des reclus à Martel, près de Monflanquin. /Photo, archives, Jean-Louis Amella.

Cela ne fait que commencer !» Voilà comment Thierry Tilly avait accueilli, en novembre dernier, le verdict de la cour d’assises de Bordeaux qui venait de le condamner à 8 ans de prison pour «emprise» sur les 11 membres d’une même famille, les Védrine. C’est ainsi, par cette promesse d’une suite judiciaire, que s’était clos le premier volet de l’affaire des reclus de Monflanquin.

Redistribuer les responsabilités

Entre 1999 et 2009, la famille Védrine a en effet vécu coupée du monde, d’abord à l’abri derrière les portes de sa demeure de l’arrière-pays villeneuvois, puis cloîtrée en Angleterre. Au cœur de l’affaire, un homme, Thierry Tilly, présenté comme une sorte de gourou exerçant une emprise telle qu’il dictait leur conduite à 11 membres de la famille, jusqu’à leur faire vendre tous leurs biens, pour un préjudice estimé à 4,5 millions d’euros.

Avec une condamnation «modérée» à huit ans de prison, contre les dix requis par l’avocat général, les parties civiles espéraient éviter un nouveau procès. C’était sans compter sur la pugnacité de Thierry Tilly : «On reste dans le même état d’esprit qu’au moment du verdict», confiait hier Me Alexandre Novion, l’avocat de Tilly. «C’est pour nous une question de principe, de lutte pour la liberté. Non seulement celle de mon client mais aussi pour éviter que ce verdict ne fasse jurisprudence et permettre de condamner à l’avenir un homme comme pouvant assujettir à lui seul 11 personnes».

Me Novion entend redistribuer les responsabilités au sein de cette affaire, pointant déjà du doigt l’autre co-accusé, Jacques Gonzalez, qu’il désigne comme étant celui qui aurait le plus profité du magot des Védrine. «La perte du patrimoine n’a pu se faire qu’avec le concours de membres de la fratrie. Il y a évidemment une coparticipation intrafamiliale, avec au-dessus de tout cela, Gonzalez comme grand manipulateur».

Conscient que la personnalité de son client, qui avait fait le «show» lors du premier procès, lui avait sans doute nui, Me Novion espère qu’il «gardera plus de mesure» : «Mais je ne veux pas non plus le masquer».

Pour Me Daniel Picotin, avocat, Christrine Védrine, son mari, et leurs trois enfants, parties civiles, l’enjeu, «c’est de maintenir la peine prononcée en première instance» : «La justice et l’opinion publique avaient parfaitement compris le délit d’emprise mentale et de sujétion psychologique. J’espère qu’il en sera de même la semaine prochaine».

Le procès doit s’ouvrir ce lundi 22 au palais de justice de Bordeaux. Le verdict est attendu vendredi prochain 26 avril.

Jérôme Schrepf

Reclus de Monflanquin: le « gourou » fait appel

Par LEXPRESS.fr, publié le 22/11/2012 à 20:18

Thierry Tilly et son complice présumés, condamnés à respectivement huit et quatre ans de prison pour avoir séquestré une famille entière, ont décidé de faire appel du jugement rendu le 13 novembre dernier.

Reclus de Monflanquin: le "gourou" fait appel
RECLUS DE MONFLANQUIN – Ghislaine Marchand (à gauche), victime du « gourou » Thierry Tilly, et son avocat Me Edouard Marcial, lors du procès.

PIERRE ANDRIEU / AFP

Thierry Tilly, condamné à huit ans de prison dans l’affaire « des reclus de Monflanquin« , et son complice présumé Jacques Gonzalez, condamné à quatre ans de prison, ont décidé de faire appel du jugement rendu le 13 novembre par le tribunal correctionnel de Bordeaux, ont indiqué jeudi leurs avocats.

Dix ans de prison, le maximum encouru, avaient été requis contre M. Tilly, 48 ans, détenu depuis octobre 2009, et plusieurs commentateurs avaient vu dans la peine plus modérée prononcée par le tribunal, malgré des attendus extrêmement fermes, une décision qui pourrait le dissuader de faire appel.

M. Gonzalez, qui est très malade et a déjà effectué six mois de détention dont la majorité sous bracelet électronique, pouvait pour sa part espérer un aménagement de peine, le tribunal n’ayant pas prononcé de mandat de dépôt à son égard. Mais les deux hommes ont préféré retenter leur chance devant la cour d’appel, le parquet faisant appel également.

Condamné « comme un gourou »

Me Alexandre Novion, avocat de Thierry Tilly, a estimé auprès de l’AFP que « bien que le tribunal n’ait pas retenu la thèse de la secte dans cette affaire, (son) client a été condamné comme un gourou« .

La présidente Marie-Elisabeth Bancal avait expliqué, en rendant son jugement, que M. Tilly était l’auteur d’un « complot machiavélique » par lequel il a exercé une « sujétion psychologique » sur les onze membres d’une famille noble du Lot-et-Garonne, les de Védrines – l’aïeule est décédée en 2010 – jusqu’à leur faire vendre tous leurs biens, à hauteur de 4,5 millions d’euros.

Mme Bancal avait égrené tous les éléments de l’emprise mentale, « création d’une paranoia de groupe (…), exclusion des opposants (…), exploitation des failles de la famille, (…,) présence constante à leurs côtés, physique puis par téléphone et par mail », le tout amenant « des conséquences gravement préjudiciables », sur les finances des victimes, leur santé ou leurs études.

Les deux hommes ont été condamnés solidairement à payer aux victimes les 4,5 millions d’euros de leur préjudice matériel, et 505.000 euros au titre du préjudice moral.

Avec 

Source : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/reclus-de-monflanquin-le-gourou-fait-appel_1190705.html

Reclus de Monflanquin: Thierry Tilly condamné à huit ans de prison

AFPPar AFP | AFP – il y a 1 heure 17 minutes
  • Le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné Thierry Tilly à huit ans de prison dans l’affaire des « Reclus de Monflanquin », une famille d’aristocrates qu’il a ruinée en lui faisant croire qu’elle était visée par un complot

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné Thierry Tilly à huit ans de prison dans l’affaire des « Reclus de Monflanquin », une famille d’aristocrates qu’il a ruinée en lui faisant croire qu’elle était visée par un complot.

Thierry Tilly, 48 ans, qui était poursuivi pour abus de faiblesse sur des personnes en état de sujétion psychologique, a également été condamné à une peine de cinq ans de privation des droits civiques et civils, tandis que son complice Jacques Gonzalez a écopé de quatre ans ferme.

Gonzalez a aussi été condamné à cinq ans d’interdiction des droits civiques et civils.

Thierry Tilly a été décrit par la présidente Marie-Elisabeth Bancal, comme l’auteur d’un « complot machiavélique » visant ses victimes.

« Vous avez condamné le citoyen français mais pas l’anglais », a réagi Tilly, qui affirme détenir la nationalité britannique. « Nous montrerons ce que c’est que le droit européen. Cela ne fait que commencer », a-t-il encore déclaré, menaçant.

Pendant dix ans, M. Tilly a tenu sous sa coupe Ghislaine de Védrines, rencontrée dans le cadre professionnel en 2009, et dix membres de sa famille, sa mère, ses deux frères, les femmes de ses frères, ses deux enfants et trois neveux. Alternant gentillesses et menaces, il leur a fait croire qu’un complot mortel les menaçait, tout en faisant mine d’associer certains membres à ses affaires.

En fin de compte, après s’être retranchés sur eux-mêmes, ils ont fini par vendre tous leurs biens, pour 4,5 millions d’euros, dont en point d’orgue le château familial.

Une forte partie de cette somme a alimenté le train de vie de M. Gonzalez, mais malgré des écoutes téléphoniques dans lesquelles celui-ci semble donner les ordres, le parquet a estimé que M. Tilly était le mentor de l’affaire.

Les de Védrines, qui avaient échappé à son emprise en 2009 après les défections successives de trois d’entre eux en 2008 et 2009, sont apparus au procès encore un peu surpris de leur propre crédulité, et certains doivent encore subir des soins psychologiques.

Le parquet avait requis dix ans de prison pour M. Tilly et cinq ans, dont un avec sursis pour M. Gonzalez.

Source : AFP

Décision attendue dans le procès des «reclus de Monflanquin»

13 novembre 2012 à 07:41
L'avocat de Thierry Tilly, Me Alexandre Novion, le 24 septembre 2012 à Bordeaux.

L’avocat de Thierry Tilly, Me Alexandre Novion, le 24 septembre 2012 à Bordeaux. (Photo Pierre Andrieu. AFP)

Dix ans de prison ont été requis à l’encontre de Thierry Tilly, accusé d’avoir manipulé une famille entière pendant dix ans afin de leur soutirer leurs biens.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux rend mardi matin son jugement dans l’affaire des «reclus de Monflanquin», dossier où les victimes sont une famille d’aristocrates du Lot-et-Garonne ruinés après avoir cru un homme qui les disait visés par un complot.

Dix ans de prison, la peine maximum, ont été requis le 4 octobre contre Thierry Tilly, 48 ans, mis en examen pour abus de faiblesse de personnes en état de sujétion psychologique, séquestration et violences volontaires, et détenu depuis octobre 2009. Cinq ans dont un avec sursis ont été requis contre le complice présumé, Jacques Gonzalez, 65 ans, libre mais très malade.

Pendant dix ans, Thierry Tilly a tenu sous sa coupe Ghislaine de Védrines, rencontrée dans le cadre professionnel en 2009, et dix membres de sa famille, sa mère, ses deux frères, les femmes de ses frères, ses deux enfants et trois neveux. Alternant gentillesses et menaces, il leur a fait croire qu’un complot mortel les menaçait, tout en faisant mine d’associer certains membres à ses affaires. En fin de compte, après s’être retranchés sur eux-mêmes, ils ont fini par vendre tous leurs biens, pour 4,5 millions d’euros, dont en point d’orgue le château familial. Le représentant du parquet Pierre Bellet avait évoqué«une véritable vampirisation financière et morale».

Une forte partie de cette somme a alimenté le train de vie de Jacques Gonzalez, mais malgré des écoutes téléphoniques dans lesquelles celui-ci semble donner les ordres, Pierre Bellet a estimé que Thierry Tilly était le mentor de l’affaire.

Les de Védrines, libérés en 2009 après les défections successives de trois d’entre eux en 2008 et 2009, sont apparus au procès encore un peu surpris de leur propre crédulité, et certains doivent encore subir des soins psychologiques. Me Daniel Picotin, avocat de parties civiles et spécialiste des questions d’emprise mentale, a espéré que le procès ferait avancer le droit, les proches ne pouvant actuellement pas intervenir pour libérer les amis ou la famille pris dans de tels affaires.

(AFP)

Source : http://www.liberation.fr/societe/2012/11/13/decision-attendue-dans-le-proces-des-reclus-de-monflanquin_860050

Reclus de Montflanquin. Comment la famille de Védrines s’en est sortie

Justicejeudi 08 novembre 2012
  • Victime d'un gourou, Christine de Védrines, ici avec son avocat Me Daniel Picotin, a tout perdu.

    Victime d’un gourou, Christine de Védrines, ici avec son avocat Me Daniel Picotin, a tout perdu.

    Franck Dubray.

Il aura fallu près de dix ans pour qu’onze membres de la famille de Védrines ne soit plus soumis à l’emprise de Thierry Tilly, longtemps considéré comme un gourou.

 Durant des années, ils ont vécu reclus dans le château de Martel, à Montflanquin (Lot-et-Garonne), puis dans une autre propriété familiale et enfin à Oxford, en Angleterre. Thierry Tilly, 48 ans, est accusé de les avoir manipulés et dépouillés d’au moins cinq millions d’euros (vente de propriétés immobilières, de placements financiers…).

Ce dernier vient de comparaître devant le tribunal de Bordeaux pour escroquerie, séquestration et abus de faiblesse de personnes en état de sujétion. Le procureur a requis dix ans de prison et quatre ans ferme à l’encontre de Jacques Gonzales, son complice. Jugement le 13 novembre.

Comment s’en sont-ils sortis ?

Le 23 octobre 2009, lorsque Thierry Tilly est interpellé en Suisse, neuf membres de la famille de Védrines se trouvent toujours à Oxford. Et n’en partent pas. « Ils sont dans une prison mentale. A ce moment-là, leur personnalité est encore anesthésiée », explique Me Daniel Picotin, l’avocat d’une partie de cette famille. Deux personnes ont réussi à s’en extraire : Philippe de Védrines, puis en mars 2009, sa belle-sœur,Christine de Védrines, 62 ans, documentaliste de formation.

« A cette époque, Thierry Tilly me faisait travailler dans une entreprise de sécurité alimentaire. Je lui reversais 90% de mon salaire. Avec l’aide du dirigeant, je suis parvenue à appeler ma sœur et ma meilleure amie qui sont venus me chercher en Angleterre », relate-t-elle. Christine de Védrines quitte Oxford en catimini. Arrivée en France, elle porte aussitôt plainte. Son mari et ses trois enfants, eux, sont toujours à Oxford, « sous l’emprise de Thierry Tilly ».

Qu’est-ce que la sortie d’emprise mentale ?

Pour parvenir à faire revenir le reste de la famille en France, Me Daniel Picotin va organiser deux opérations en Angleterre, en novembre et décembre 2009. Il pratique l’exit counseling ou la sortie d’emprise mentale. Cette technique est développée aux Etats-Unis par Steven Hassan, ancien membre de la secte Moon. L’objectif consiste à créer un déclic psychologique chez la personne vivant sous l’emprise d’un gourou ou d’une secte. « On appelle ça le décillement », précise Me Picotin qui s’est entouré d’un psychanalyste, d’un psychothérapeute et d’un éducateur spécialisé.

Mais avant de se rendre sur place et de rencontrer la personne sous emprise, un travail préparatoire a eu lieu avec Christine de Védrines. L’objectif est de recueillir « des informations très détaillées sur les victimes, les moments clés de leur vie », indique Steven Hassan qui aurait ainsi exfiltré, « de manière douce », plusieurs centaines de personnes aux Etats-Unis et ailleurs.

Concernant la famille de Védrines, avant les deux rencontres à Oxford , Christine a adressé plusieurs lettres à ses enfants et à son mari, entre avril et novembre 2009. « Elles ont permis de créer des encoches psychologiques, des sortes de points d’appui pour la suite », précise Me Picotin.

 

Lors du premier voyage en Angleterre, du 10 au 14 novembre 2009, seul Guillaume, 34 ans, pourra être approché. « Un des spécialistes est entré dans la maison et a réussi à lui parler », relate, encore émue, Christine de Védrines. Le déclic se produit. Pour son mari et ses deux autres enfants, il faudra attendre un second voyage, un mois plus tard.

Que prévoit la loi contre les victimes de sectes ou de gourous ?

Actuellement, le code pénal punit de trois ans d’emprisonnement et de 375000€ d’amende quelqu’un qui abuse frauduleusement de l’état d’ignorance ou de la situation de faiblesse d’un mineur, d’une personne particulièrement vulnérable (en raison de son âge, d’une maladie, d’une infirmité, d’une déficience psychique…) ou qui abuse « d’une personne en état de sujétion psychologique ou physique, résultant de l’exercice de pressions graves ou de techniques propres à altérer son jugement ».

Si cette infraction est commise par celui qui est à la tête d’une secte, la peine encourue est alors de cinq ans d’emprisonnement et de 750000€ d’amende. Il s’agit de la loi About-Picard de 2001.

Mais pour Me Picotin, également ancien député, la législation actuelle est insuffisante. « La jurisprudence estime que la plainte n’est recevable que par l’adepte ou la victime elle-même (…) Or, pour cela, encore faut-il qu’elle soit sortie de l’emprise mentale. »L’avocat formule donc une proposition de loi : faire de la « manipulation mentale préjudiciable » un délit à part entière. Objectif : faire en sorte que les familles des victimes puissent saisir les parquets de manière efficace.

Pierrick BAUDAIS.

Source : http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Reclus-de-Montflanquin.-Comment-la-famille-de-Vedrines-s-en-est-sortie_39382-2130678_actu.Htm

Christine, dix ans sous le joug d’un illuminé

jeudi 08 novembre 2012
  • Christine de Védrines dans la maison de son avocat, près de Bordeaux.

    Christine de Védrines dans la maison de son avocat, près de Bordeaux.

    Franck Dubray.

« On a tout perdu : environ 4,5 millions d’euros. » Christine de Védrines, 62 ans, mère de trois enfants, semble encore étourdie par la somme. Il y a dix ans, avec son mari, Charles-Henri, un obstétricien renommé à Bordeaux, le couple payait l’impôt sur la fortune et possédait le château de Martel à Montflanquin (Lot-et-Garonne).

Aujourd’hui, les époux vivent dans une HLM. Tous leurs biens ont été vendus au profit de deux hommes : Jacques Gonzales, président d’une prétendue fondation humanitaire, Blue light, et Thierry Tilly, 48 ans, père de deux enfants, personnage clé de cette affaire (1), dont personne ne semble connaître avec exactitude le parcours professionnel. Si ce n’est qu’il a déjà été condamné à une interdiction de gérer une société, et à un an de prison avec sursis pour abus de biens sociaux.Tout commence en 1997, lorsqu’un avocat, Me Vincent David, présente un drôle d’envahisseur, Thierry Tilly, à Ghislaine Marchand (née de Védrines). Elle dirige alors une école de secrétariat à Paris et recherche une entreprise de nettoyage. Entre eux deux, « c’est un coup de foudre intellectuel », assure Me Alexandre Novion, l’avocat de Thierry Tilly.« Ma belle-soeur lui a ouvert la porte de la famille », soupire Christine de Védrines.

Pas à pas, Thierry Tilly va gagner la confiance de Ghislaine Marchand, puis de ses deux frères. Il va écouter leurs confidences, les conseiller dans leurs affaires. « Il est entré dans cette famille comme un homme à tout faire. Et il a fait ses preuves initiatiques », note le psychiatre Daniel Zagury qui a procédé à l’examen psychiatrique de ceux que l’on a surnommé les « reclus de Montflanquin ».

Thierry Tilly, cette pièce rapportée, devient la pièce maîtresse de la famille. À partir de 2001, onze de Védrines vont vivre au rythme des élucubrations de celui qui se présente tour à tour comme un gestionnaire de fortune, un agent secret ou encore un descendant de Charles Quint : Guillemette, la grand-mère aujourd’hui décédée, ses trois enfants Philippe, Ghislaine et Charles-Henri, deux de ses belles-filles, dont Christine, et cinq de ses petits-enfants.

Selon Thierry Tilly, les francs-maçons, mais aussi le fisc, en veulent à cette famille de tradition protestante. Comment réagir ? Ils se retranchent dans le château de Montflanquin, puis dans une autre propriété familiale et enfin à Oxford.

« Je marchais à quatre pattes »

« Il se servait de faits qui semblaient attester qu’on nous en voulait, relate Christine de Védrines. L’une de mes voitures a pris feu juste en sortant de révision. On nous a volé quatre voitures. Le cabinet de mon mari a été inondé à cause d’une gouttière bouchée par une blouse. »

La soumission atteint son paroxysme à Oxford. Thierry Tilly convainc dix d’entre eux que Christine de Védrines refuserait de dévoiler le trésor que des rois de France auraient transmis à sa famille. Et pour lui faire avouer cette invention, elle est forcée de rester assise sur un tabouret, jour et nuit, durant deux semaines. Le chef du groupe et le reste de la famille ¯ y compris son mari ¯ se relaient pour l’empêcher de dormir. « Je me suis évanouie plusieurs fois. Et lorsque cela s’est arrêté, je marchais à quatre pattes. »

Histoire à peine croyable. Comment cette femme, documentaliste de métier, a-t-elle pu ainsi se soumettre ? Selon le psychiatre Daniel Zagury, ces adultes « sans aucune pathologie mentale » ont été victimes d’un mécanisme psychique connu : le transfert.

Thierry Tilly aurait usé à merveille des failles de chacun, ce transfert leur a fait perdre tout libre arbitre. « Les de Védrines ne sont pas devenus bêtes du jour au lendemain. Mais leur intelligence a été mise en jachère », observe le psychiatre.

L’avocat de Thierry Tilly, Me Alexandre Novion, préfère laisser Freud à sa place. Il en veut pour preuve : un douzième membre de la famille, Jean Marchand, le mari de Ghislaine, qui ne croyait pas au personnage de l’agent secret, a mené durant des années le combat pour les en sortir.« Tilly raconte des choses énormes. Et malgré cela, des gens l’ont suivi », s’étonne Me Novion.

Au procès, les élucubrations de Thierry Tilly ont fait plus sourire que trembler… « Ce type de personnalité ne prospère que dans son milieu, explique le psy Daniel Zagury. Retirez le poisson du bocal, il a perdu toute sa superbe. »

Pierrick BAUDAIS.

Photo : Franck DUBRAY.

 

(1) Thierry Tilly vient de comparaître pour escroquerie, séquestration et abus de faiblesse de personnes en état de sujétion. Le procureur arequis dix ans de prison pour Thierry Tilly et quatre ans ferme à l’encontrede Jacques Gonzales, jugé pour complicité d’abus de faiblesse. Jugementle 13 novembre.

Source : http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Christine-dix-ans-sous-le-joug-d-un-illumine-_3639-2130655_actu.Htm