Le pape Benoît XVI, « Dieu est amour » : maître à penser ou escroc ?

Par Yves Ferroul | 26 juin 2012 

L’encyclique de Benoît XVI « Dieu est amour« , publiée le 25 janvier 2006,  réfléchit sur le sens de l’amour pour un catholique, ainsi que sur la façon dont l’Église catholique prend en charge la charité.

Pour ce qui est de la charité, le texte présente positivement l’institutionnalisation de l’aide aux démunis, et en fait une caractéristique chrétienne apparue dès les tout débuts de la formation du groupe.

Jésus gigolo, le fondement de la charité chrétienne ?

Cette présentation est quelque peu idéalisante : Jésus est entouré d’un groupe de marginaux, ayant quitté leur vie sociale et professionnelle comme lui, et vivant aux crochets de quelques femmes riches.

À la mort de Jésus, ce groupe garde les mêmes règles de fonctionnement et même les pérennise : pour faire partie du groupe, il faut donner tous ses biens, seule possibilité pour que puissent vivre tous les inactifs sans ressources du groupe, très majoritaires. Ce qui explique la diffusion d’histoires qui en font un impératif, comme celle du jeune homme riche (Matthieu, 19, 16-22), ou comme celle d’Ananias et Saphira (Actes 5,1-1) : ces époux meurent pour n’avoir pas donné à la communauté la somme correspondant à la totalité de la vente de leurs biens, et ils sont condamnés à mort pour ce « méfait » notamment par Pierre. Quelle preuve de charité ! (Et quelle preuve d’amour de Dieu : dans cette anecdote, Dieu se montre vraiment charité !)

Un tel comportement (ne plus exercer de profession, et vivre de la charité publique) ne peut se comprendre que par la conviction que les temps sont révolus, que la fin du monde et le retour du Christ sont proches. Sinon il est un non-sens (et aujourd’hui aucune autorité de l’Église catholique ne le prône). Il a donc fallu, les années passant, la fin du monde ne survenant pas, et la nécessité de travailler pour vivre reprenant le dessus, adapter cette règle de vie qui s’est transformée en assistance aux plus démunis du groupe, puis de la société dans son ensemble, et les membres du groupe qui possédaient des biens n’ont plus été soumis à l’obligation de les vendre.

Le processus est réel, mais donc pas aussi angélique que le veut la présentation papale.

Cependant c’est essentiellement la première partie de l’encyclique qui pose des problèmes, dans sa façon de présenter l’amour humain : si un catholique veut réfléchir sur l’amour de charité envers le prochain, il aura dans ce texte de nombreux éléments pour l’aider ; mais s’il veut réfléchir sur l’amour sexué envers son conjoint, il ne trouvera que raisonnements truqués, falsifications et références manipulées.

Retenons quelques exemples de la façon de raisonner du pape : … La suite ici

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