La religion nous rendrait dépressifs

LePoint.frLePoint.fr – il y a 36 minutes

C’est ce que révèle une longue étude menée par des chercheurs de plusieurs universités européennes et chiliennes.
La chose a de quoi surprendre, mais c’est scientifiquement prouvé. Loin d’être associées à un plus grand bien-être, les croyances religieuses et spirituelles favoriseraient la dépression. Cette découverte, qui va à l’encontre du lien généralement admis entre vie spirituelle et épanouissement, est le résultat d’une étude menée un an durant auprès de 8 000 personnes à travers sept pays, révèle leHuffington Post.

La religion, et davantage encore la spiritualité sans lien avec une religion formelle, se révèlent impuissantes à aider qui que ce soit à se sortir d’un moment de déprime. Pire, elles pourraient même constituer des facteurs aggravants, selon l’étude. Une thèse qui se vérifie particulièrement en Grande-Bretagne, où les chercheurs dirigés par Michael King, de l’University College de Londres, ont remarqué que les participants présentés comme « spirituels » avaient trois fois plus de chances de connaître une phase de dépression que ceux issus d’un groupe plus « séculaire ».

L’étude, menée par des chercheurs de plusieurs universités européennes et chiliennes sous la direction de Michael King, de l’University College de Londres, s’intitule « Croyances spirituelles et religieuses en tant que facteurs déterminants pour l’apparition de dépressions majeures : une étude prospective internationale ». Elle vient d’être publiée dans l’une des revues universitaires de psychiatrie les plus respectées, Psychological Medicine.

Des résultats constants dans les sept pays concernés

Ces révélations sont d’autant plus inattendues qu’elles vont à l’encontre de précédentes recherches menées dans ce domaine, qui avaient conclu que les personnes croyantes présentaient un mode de vie plus sain se répercutant sur leur santé mentale. Cela s’explique notamment par le fait (…)

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Il faut prendre au sérieux l’infiltration des mouvements sectaires dans la santé

Créé le 30-10-2012 à 15h50 – Mis à jour à 16h10

PARIS (Sipa) — Il faut que tous les acteurs de la santé, des médecins au ministère, puissent « prendre au sérieux » et « de manière urgente » l’infiltration de mouvements sectaires dans ce secteur, a expliqué mardi à Sipa Georges Fenech, l’ex-président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), avant son audition mardi par une commission d’enquête sénatoriale sur le sujet.

La situation n’est « pas marginale, pas folklorique ». Il est « presque déjà trop tard » tant tous les domaines de la santé sont infiltrés, a-t-il ajouté.

Le spécialiste déplore la « perte de confiance » dans le système de santé avec les affaires du sang contaminé, de l’hormone de croissance, du Mediator et des prothèses mammaires PIP, avec pour conséquence le fait que de plus en plus de patients se tournent vers des « charlatans ».

La semaine dernière lors de son audition par la commission d’enquête sénatoriale, l’actuel président de la Miviludes, Serge Blisko, a fourni un inventaire à la Prévert de quelques-unes des 400 pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique qui peuvent exister: méthodes de faux souvenirs, reiki (technique d’apposition des mains d’origine japonaise, NDLR), massages Tui Na, kinésiologie, respiranisme, instinctothérapie, tourisme néo-chamanique…

L’absence d’un cadre légal clair favorise cette prolifération qui peut s’accompagner dans certains cas de la vente d’appareils et de produits divers censés apporter bien-être et/ou guérison, a-t-il commenté.

Selon le président de la Miviludes, on dénombre aussi 1.800 structures d’enseignement ou de formation « à risques » dans le domaine de la santé.

Quant à l’infiltration du système de santé par les mouvements sectaires, elle peut s’exercer de plusieurs manières: par le biais de médecins déviants (environ 3.000 aux côtés de plusieurs dizaines de milliers de pseudo-thérapeutes autoproclamés), par l’introduction de méthodes à risque au sein de l’hôpital, par le biais de la formation des personnels paramédicaux et par des actions de lobbying ou de prosélytisme, a-t-il rapporté.

Parmi les préconisations qu’il a faites devant les sénateurs de la commission d’enquête, le président de la Miviludes a demandé le renforcement des moyens d’action du Groupe d’appui technique (GAT) sur les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutiques, placé auprès de la direction générale de la santé (DGS).

En trois ans, ce groupe a évalué moins d’une dizaine de pratiques sur les 400 existantes. A la demande de la Miviludes, le GAT va bientôt publier un avis présentant les dangers de la méthode de Biologie totale des êtres vivants (BTEV) mise au point par un médecin dont le nom n’est pas cité, mais qui est l’un des adeptes de la Nouvelle médecine germanique du Dr Ryke Geerd Hamer. La BTEV préconise de « reprogrammer le patient » pour le traitement des pathologies lourdes et la Nouvelle médecine germanique affirme par exemple que la culpabilité des fumeurs plus que l’ingestion de tabac est cause de cancer.

La commission d’enquête sur l’influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé a été constituée à la demande du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE). Elle doit rendre un rapport dans six mois, soit en avril. Elle est présidée par le sénateur UMP du Vaucluse Alain Milon et son rapporteur est Jacques Mézard, sénateur RDSE du Cantal.

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121030.FAP2617/il-faut-prendre-au-serieux-l-infiltration-des-mouvements-sectaires-dans-la-sante.html

Sectes : le danger des nouveaux gourous de la santé

De plus en plus de structures à caractère sectaire en France proposent des remèdes miracles à des patients désemparés et profitent d’un vide juridique.

Propos recueillis par Alexandra Gonzalez
Le 27/10/2012 à 13:00
Certains gourous affirment pouvoir guérir des maladies lourdes à l'aide de simples plantes. (Taz-Voll -- CC -- Flickr)

Certains gourous affirment pouvoir guérir des maladies lourdes à l’aide de simples plantes. (Taz-Voll — CC — Flickr)

 

Les médecines naturelles sont de plus en plus polluées par des gourous qui s’improvisent thérapeutes et provoquent des dégâts irrémédiables sur la santé de patients en détresse. Un phénomène qui a poussé à la création d’une commission sénatoriale sur l’influence de ces mouvements sectaires. Celle-ci devrait rendre ses conclusions au mois de janvier. Auditionné il y a quelques jours par les sénateurs, Serge Blisko, le président de la Miviludes, organisme chargé d’observer et d’alerter les pouvoirs publics sur les dérives sectaires, nous livre sa vision de ce nouveau marché très lucratif et dangereux.

Vous dites assister à l’apparition de multiples petites structures à caractère sectaire. Est-ce la fin des grandes sectes mondiales ?

Oui, le paysage sectaire s’est transformé, on voit de moins en moins de mouvements de propagande dans la rue, comme Hare Krishna fût un temps. Et quand le leader de la secte Moon est mort, on a appris que le nombre d’adeptes était en chute libre. Aujourd’hui, les gens vont moins vers le religieux, ils se tournent vers le bien-être et la santé.

Qui sont ces « nouveaux gourous » de la santé ?

Je les appelle des « dérapeutes ». Ils se font passer pour des thérapeutes pour soutirer de l’argent à des gens malades. Ils surfent sur la vague de la médecine naturelle et proposent des méthodes parfois désastreuses. Ils se donnent le nom de spécialistes en médecine quantique, de biomagnétiseurs, d’énergéticien, etc. Et pour justifier l’inefficacité de leurs traitements, ils culpabilisent le patient en lui disant que c’est de sa faute car il émet de mauvaises ondes, car ses proches sont sceptiques… C’est inadmissible.

Comment tracer une frontière entre médecine naturelle et charlatanisme ?

Il y a des choses très prometteuses dans certaines médecines naturelles, mais des indices permettent d’identifier les dérapages. Il va s’agir par exemple d’une méthode permettant de soigner aussi bien un cancer qu’un cor des pieds, ou d’une médecine qui affirme avoir un taux de guérison proche de 100%, ou encore d’honoraires exorbitants. La médecine conventionnelle peut parfois être déshumanisée, très technique, et les charlatans glissent dans cette faille avec leurs méthodes doucereuses.

« N’arrêtez jamais un traitement prescrit par un médecin »

Pourquoi cet engouement des Français pour ces remèdes miracles ?

Dans nos sociétés, la maladie est de moins en moins acceptée. On souhaite que le problème de santé arrive le plus tard possible, on devient très exigeants vis-à-vis de la médecine, on se résigne beaucoup moins qu’avant face à la maladie. Du coup, on se tourne de plus en plus vers ceux qui s’empressent de nous proposer des solutions miracles.

Beaucoup de gens opèrent une reconversion professionnelle à mi-carrière pour travailler dans le bien-être. Qu’en pensez-vous ?

Il est difficile aujourd’hui de travailler dans le milieu de la santé sans diplôme reconnu. Le Conseil de l’Ordre veille à cela. Du coup, les gens se tournent vers le bien-être, domaine plus accessible. « Venez dans ma maison à la campagne, il y aura de l’odeur de santal, de la musique relaxante, ma femme vous fera un massage, et ce week-end de remise en forme vous coûtera 400 euros ». Je caricature, mais on voit beaucoup de choses comme ça. Les centres de bien-être ne sont ni des hôtels, ni des centres de cure thermale, ils échappent à tout contrôle. Et beaucoup de ceux qui veulent se reconvertir dans ce domaine se font avoir par des formations « bidons ».

Quels conseils donneriez-vous pour éviter ces structures ?

N’arrêtez jamais un traitement prescrit par un médecin classique. Si vous souhaitez une cure plus naturelle pour alléger les effets secondaires et vous porter mieux, parlez-en à votre médecin traitant et convainquez le de votre besoin, pour qu’il vous conseille autrement que par un simple ricanement. Et aux médecins, je recommanderai la plus grande vigilance. Ce n’est pas un phénomène à prendre à la légère.

Source : http://www.bfmtv.com/societe/sectes-danger-nouveaux-gourous-sante-368618.html

Dérives sectaires : le président de la MIVILUDES tacle les agences régionales de santé

cin.fr 25/10/2012
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Trois mois après son arrivée à la présidence de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), Serge Blisko a présenté, hier au Sénat, plusieurs pistes d’amélioration pour renforcer son action dans le domaine de la santé.

Interrogé par la commission d’enquête du Sénat sur « l’influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de santé » (présidée par Alain Milon), le médecin a d’abord joué la carte de l’ouverture et de la mesure. « Nous n’avons pas à définir ce qu’est une secte, mais tout n’est pas permis », a dit Serge Blisko en introduction, rompant avec le style de son prédécesseur, le magistrat Georges Fenech. Rappelant les« critères de dangerosité » qui motivent la lutte (emprise mentale, coûts exorbitants, rupture familiale, trouble à l’ordre public…), il a rappelé que toute dérive thérapeutique n’était pas sectaire. « Mais la maladie est une porte d’entrée rêvée. »

3 000 médecins « dérapeuthes »

Il y aurait plus de 400 pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique (PNCVT), 18 000 structures d’enseignement et plus de 3 000 médecins « dérapeuthes ». « Le chiffre du Conseil de l’Ordre date de 1995 et représente 1 à 2 % de l’ensemble des médecins, mais je crains qu’il ne soit très en dessous de la réalité », a déclaré Serge Blisko. Et de confier qu’il ne s’expliquait pas ces dérives, qui dépassent l’appât du gain.

Résolu à renforcer l’action de la MIVILUDES, Serge Blisko a d’abord rappelé les actions entreprises, comme la publication d’un guide sur la santé ou la campagne de sensibilisation des patients atteints de cancer. En 2012, la mission recense 12 dénonciations auprès du procureur, 42 transmissions aux agences régionales de santé (ARS) pour les sensibiliser, 60 signalements à l’Ordre, et 14 saisines des directions régionales de la répression des fraudes. Elle a aussi répondu à 400 particuliers.

« Nous avons renforcé nos liens avec l’Ordre des médecins, actif pour les faux professionnels, ou les médecins diplômés qui dévient », s’est-il félicité.

« Notre législation est forte mais elle est mise en défaut par des béances où s’engouffrent les charlatans », dit Serge Blisko. S’il a déploré le manque de personnel de la MIVILUDES, il a surtout dénoncé la « mollesse » des pouvoirs publics, notamment des ARS. « Depuis 2010, la loi prévoit la désignation d’un référent dérives sectaires dans chaque ARS. Or nous n’avons jamais eu la liste de toutes ces personnes, et je crains qu’elle soit courte », a-t-il dit. « Nous nous sentons peu armés, nous aimerions que les ARS soient plus à notre écoute » a-t-il ajouté. Il a aussi regretté la mauvaise articulation entre les agences et les délégations départementales. Le secrétaire général de la MIVILUDES, Hervé Machi, a lui, demandé l’extension du pouvoir des ARS, afin qu’elles contrôlent tous les dérapeuthes, et non seulement les médecins.

L’interdiction d’exercer, au-delà des frontières

Du côté de l’Ordre des médecins, le Dr Blisko a suggéré que l’interdiction d’exercer soit valable à l’étranger, afin que les professionnels déviants ne s’installent pas à 20 km des frontières et il a regretté que les médecins radiés gardent leur titre de docteur – égratignant au passage un « célèbre amaigrisseur » qui s’est auto-radié pour éviter toute sanction.

Hervé Machi a aussi plaidé pour l’interdiction de certaines pratiques, par décret. Dans cette perspective, il a demandé que le groupe d’appui technique (GAT) de la direction générale de la santé, chargé d’évaluer les pratiques thérapeutiques, accélère ses travaux et donne son avis sur l’introduction de toute pratique non conventionnelle à l’hôpital.

Enfin, les formations doivent être davantage encadrées. Le secrétaire général propose de renforcer la protection des titres « université » et surtout « institut », ainsi que des pouvoirs des rectorats sur les formations diplômantes. La création de centres de formation en santé qui n’ont pas fait l’objet d’un agrément ou d’un enregistrement, ou des centres de santé et bien-être, non contrôlés, devrait être interdite, a avancé Hervé Machi.

› COLINE GARRÉ

Source : http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualite/questions-de-societe/derives-sectaires-le-president-de-la-miviludes-tacle-les-agences-regi