L’AFFAIRE GASCAN REBONDIT DANS SCIENCES ET AVENIR

SetA novembre 2012

Une enquête publiée ce mois-ci dans Sciences et Avenir relance l’attention sur l’affaire Gascan. Hughes Gascan est ce directeur d’une unité Inserm d’Angers, en butte à l’action de Pascale Jeannin, une professeur de médecine qui l’a fait condamner pour harcèlement moral (l’affaire est en cassation).

Or, comme l’indique l’enquête de Sciences et Avenir, signée de Olivier Hertel, sur la pénétration de divers sectes et charlatans dans les milieux hospitalo-universitaires, Pascale Jeannin serait en réalité «proche d’ Omalpha, un mouvement ésotérique mystique mené par le Canadien Jean Bouchart d’Orval. Or, Hughes Gascan dénoncait les interférences entre cette organisation spiritualiste et la recherche scientifique au sein de son unité.» (…) Bouchart d’Orval est un personnage pour le moins louche, «puisqu’il serait lié à la secte russe Ashram Shambala dont le gourou, Konstantin Rudnev est actuellement jugé à Novossibirsk, en Russie, pour diverses activités criminelles, en particulier dans de réseaux de prostitution», poursuit Olivier Hertel.

L’enquête de Sciences et Avenir montre que plusieurs centres hospitalo-universitaires, dont celui d’Angers dont le Président d’Université est Jean-Paul Saint André, mais aussi à Paris, Rouen, Tours ou Nancy, sont la cible de mouvements divers qui vendent des soi-disant thérapies douces comme la nébuleuse “fasciathérapie” à des patients atteints de maladies graves, en particulier de cancers. Un business très lucratif, note la revue. Mais qui ne pourrait pas fleurir sans la complicité de médecins et d’universitaires puisque 17 thèses seraient en cours sur la fasciathérapie. Cette enquête met le gouvernement au pied du mur, et appelle une action vigoureuse.

Des articles déjà parus dans la presse, notamment cet article de Nicolas de la Casinière sur Rue89 – un article qui a été dépublié puis remis en ligne sur décision de justice – semblent indiquer que Hugues Gascan serait bien  la victime d’une cabale organisée par des scientifiques aux liens troubles avec l’association Omalpha dont le site web permet de comprendre que son gourouJean Bouchart d’Orval n’a rien à voir avec la science et tout avec des activités relevant de la MIVILUDES.

De son côté, le SNTRS CGT avait fin octobre publié une déclaration sur cette affaire : «Depuis plus de 4 ans, le SNTRS-CGT alerte les tutelles : ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, Inserm, CNRS sur l’infiltration de tels réseaux dans la région Angers-Nantes. Nous avons alerté notamment sur le soutien du président de l’université d’Angers à des mouvements prônant l’intégration des médecines parallèles dans la pratique médicale et dans des enseignements de médecine. Le Président a obtenu la fermeture, en décembre dernier, d’un laboratoire Inserm dirigé par Hugues Gascan qui dénonçait l’entrisme d’un groupe ésotérique dans son laboratoire, celui-là même lié à omalpha. Fort des pouvoirs que lui confère la LRU, le président a accaparé les équipements et les échantillons biologiques de l’équipe sans aucune protestation de l’Inserm ou du CNRS. Nous notons que le Président de la Miviludes a décidé d’alerter le cabinet de la ministre de la santé sur la situation angevine.
Les projets scientifiques de l’équipe de Monsieur Gascan sont, depuis janvier 2012, stoppés. Les personnels subissent des états dépressifs latents, avec de très nombreux arrêts de maladie et une double tentative de suicide. Le SNTRS-CGT est inquiet de ce qui pourrait advenir si les tutelles persistaient à utiliser l’inertie érigée en mode de gestion d’une situation d’une telle gravité.
Monsieur Gascan et les personnels de son équipe doivent retrouver, dans les plus brefs délais, les moyens de reprendre au plus vite leur activité professionnelle au sein d’un cadre administratif fonctionnel. C’est l’objectif du projet de création d’une Unité de Service et de Recherche qu’ils ont déposé auprès de la direction du CNRS. Ce projet a reçu le soutien des collectivités territoriales et de Biogenouest et repose sur un financement de l’ANR.»

► Une note du blog sur cette affaire en avril dernier.

Par Sylvestre Huet, le 7 novembre 2012

Source : http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/11/laffaire-gascan-rebondit-dans-sciences-et-avenir.html

Soupçon d’ésotérisme à la fac d’Angers. Une inspection pour lever les doutes

Éducationvendredi 26 octobre 2012
  • « L’utilisation de ce support, rédigé par le Collège national des enseignants de sciences humaines en médecine, comme manuel d’enseignement est tout à fait légitime », précise Jean-Paul Saint-André, président de l’Université d’Angers.

    « L’utilisation de ce support, rédigé par le Collège national des enseignants de sciences humaines en médecine, comme manuel d’enseignement est tout à fait légitime », précise Jean-Paul Saint-André, président de l’Université d’Angers.

    Ouest-France

La faculté de médecine est-elle gangrenée par l’ésotérisme ? C’est l’accusation portée par le magazine Sciences et avenir. L’Université d’Angers dément et sollicite une inspection des deux ministères (Santé et Education) pour « lever les doutes ».

Le taux des Sciences humaines en cause

« Ce qui est gênant, c’est le coefficient considérable accordé aux sciences humaines : 200 points sur 500 » indique Olivier Hertel dans cette enquête de Sciences et avenir. L’Université publique d’Angers réplique : « L’enseignement des sciences humaines dispensé par la Faculté de médecine d’Angers ne représente en réalité que 20 % des enseignements obligatoires en première année (à savoir 200 points sur 1000). Ce taux est tout à fait conforme aux recommandations de la Commission pédagogique nationale des études de santé qui sont suivies par l’ensemble des facultés de médecine françaises. » L’Université d’Angers assure qu’elle n’est en rien« un cas unique en France ».

Chamanisme : une infime part de l’enseignement

L’université ajoute : « Il est regrettable que la nécessité d’un enseignement en sciences humaines soit remise en cause dans la mesure où celui-ci aborde des thèmes aussi importants que le droit médical, l’histoire des sciences, l’histoire de la médecine, la sociologie, la relation avec le malade ou bien l’éthique. L’évocation du chamanisme, cité dans l’article, s’inscrit dans une approche épistémologique et ne représente qu’une part infime de cet enseignement. Sa place dans ce cadre est totalement légitime et il ne représente que quelques pages sur les 700 que compte l’ouvrage « Médecine, santé et sciences humaines », mis en cause par l’enquête de « Sciences et avenir ».

Un manuel « tout à fait légitime »

« L’utilisation de ce support, rédigé par le Collège national des enseignants de sciences humaines en médecine, comme manuel d’enseignement est tout à fait légitime », précise pour sa part Jean-Paul Saint-André, président de l’Université d’Angers.

Face à ces accusations « infondées d’ésotérisme », Jean-Paul Saint-André, président de l’Université d’Angers, Isabelle Richard, doyen de la Faculté de médecine, et l’ensemble de la communauté universitaire, apportent leur soutien le plus complet à Jean-Marc Mouillie. « Maître de conférences en philosophie et président du Collège national des enseignants de sciences humaines des facultés de médecine, Jean-Marc Mouillie est nationalement reconnu par ses pairs. Il dirige notamment la collection « Médecine et sciences humaines » des éditions « Les Belles Lettres ».

Une inspection ?

Afin de lever tout doute sur l’organisation et les contenus de l’enseignement dispensé au sein de la Faculté de médecine, le président de l’Université d’Angers a adressé ce jeudi 25 octobre 2012 un courrier à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et à la ministre des Affaires sociales et de la santé, dans lequel il sollicite une inspection des deux ministères à ce sujet.

Source : http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-esoterisme.-Une-inspection-pour-lever-les-doutes-a-la-fac-d-Angers_39382-2126576_actu.Htm