Quand les faux voyants sont de vrais voyous…

Un jeu de tarot divinatoire.
Un jeu de tarot divinatoire. – KROD/WPA/SIPA
* Audrey Chauvet

«Une industrie de la détresse humaine»: voilà comment sont qualifiés les escrocs de la voyance par l’Institut national des arts divinatoires (Inad). Car dans le monde de la voyance, il y a les voyants qui ont pignon sur rue, dont les tarifs sont affichés et les prestations clairement définies, et les autres: plateformes internet ou numéros de téléphone en 08, nombre d’arnaques exploitent le filon de la divination. A l’occasion du salon Parapsy, qui débute ce mercredi à l’espace Champerret (Paris XVIIe), 20 Minutes a tenté d’y voir clair dans les comptes des voyantes.

>> A lire: Dans les boules de cristal se reflètent les inquiétudes des Français

«Vous êtes cocu, tout le monde est au courant!»

«La voyance a pris un tel essor que n’importe qui peut s’intituler médium, déplore Youcef Sissaoui, président de l’Inad. Nous constatons des escroqueries par milliers tous les mois.» Sur le site de l’Inad, les témoignages sont nombreux: «La consultation aurait duré plus de 30 minutes et s’élevait à 109,50 euros», «Elle m’assène le coup de grâce: « Vous êtes cocu, tout le monde est au courant! »» ou encore «J’ai à nouveau consulté Emeraude qui m’a raccroché le téléphone au nez, me disant que j’étais un « cas lourd »». Pour Youcef Sissaoui, il faudrait réglementer l’exercice de la profession de voyante pour éviter les arnaques financières et les dommages psychologiques: «Certaines plateformes font appel à des mentalistes, des manipulateurs professionnels qui aggravent le problème des gens désespérés et les rendent accros à la voyance.»

L’addiction est un problème de plus en plus fréquent, témoigne Gina, cartomancienne. Mais elle assure qu’elle «ne la pratique pas»: «J’ai déjà dit à des clients de ne pas revenir avant un certain temps.» Gina reconnaît être «entourée de beaucoup de charlatans»: «Les travaux occultes, comme le désenvoûtement, sont de grosses arnaques, mais des gens désespérés sont prêts à payer très cher pour ça.»

La bonne voyante est-elle celle qui ne voit pas?

«Certains se sont lancés dans la voyance pour devenir riches», renchérit Soraya, voyante médium. C’est le cas de Rose-Anne Vicari, ancienne voyante, qui reconnaît s’être lancée dans l’activité pour sortir de la précarité. «On peut très bien gagner sa vie en exerçant la voyance, affirme-t-elle. Il y a des gens à qui on extorque des centaines de milliers d’euros.» Dans son livre Confessions d’une voyante, cette repentie raconte comment elle a gagné jusqu’à 2.000 euros par mois, «plus ou moins déclarés», en «répétant des automatismes»: «J’ai mis environ un an à m’apercevoir que je n’avais pas de don mais simplement de l’empathie qui me permettait de cerner les gens», confie-t-elle. Dès lors, elle estime que toute voyance devrait être interdite et relève de l’arnaque: «Les voyantes peuvent être nocives par l’influence qu’elles ont sur les consultants.»

A l’Inad, on refuse l’amalgame entre les «voyances gratuites» et les cabinets «sérieux»: «Une consultation doit varier autour de 1 heure en cabinet et coûter environ 80 euros», précise Youcef Sissaoui, qui propose aux voyants de signer une charte de déontologie. Parmi ses clauses, on y trouve l’interdiction de «faire état de certitudes, de garantir la réalisation certaine d’événements ou la justesse des prédictions». Une voyante honnête serait-elle une voyante qui ne voit pas? «La crédibilité s’acquiert en disant « Je ne sais pas », estime Gina, dont les tirages coûtent 60 euros mais qui propose aussi la formule une question à 15 euros.  On ne gagne pas bien sa vie en étant voyant, car nous sommes très nombreux.»

«J’ai déjà dit à des clients d’arrêter de consulter car ils ne pourraient plus payer leur loyer», confie Soraya, qui facture 70 euros l’heure de consultation. «Ce prix est justifié par le temps passé avec la personne». Comme Claude Alexis, qui a lancé la webtélé RTV-voyance.com, elle ne fait pas faire payer les gens en grande difficulté. Mais se faire connaître via un site internet ou une émission de télé est crucial pour trouver de nouveaux clients. «Mieux vaut se fier au bouche-à-oreille plutôt qu’aux publicités racoleuses, conseille Soraya. Une voyante ne pose pas de questions et sait mettre les formes pour annoncer ce qu’elle voit.» Un talent psychologique qui a un prix.

Source : 20mn

E.U. – Le gourou d’une secte, qui assurait avoir vu la mort d’une de ses suivantes, est accusé de l’avoir tuée lui-même.


Daniel U. Perez, un voyant du Kansas, âgé de 55 ans, est jugé cette  semaine pour le meurtre de Patricia Hughes, une jeune femme de 26 ans  membre de la secte qu'il dirigeait.

Daniel U. Perez, un voyant du Kansas, âgé de 55 ans, est jugé cette semaine pour le meurtre de Patricia Hughes, une jeune femme de 26 ans membre de la secte qu’il dirigeait. Photo : Illustration/AFP

À New York, la guerre des médiums fait rage

Le Point.fr – Publié le 

Theresa Caputo est l’héroïne d’une télé-réalité sur sa vie et ses « dons ». Mais l’un de ses détracteurs a juré sa perte. Tous les coups sont permis.

Photo d'illustration.
Photo d’illustration. © MARY EVANS/SIPA
Par 

La querelle flotte dans un recoin de l’air du temps new-yorkais. D’un côté, Theresa Caputo, une médium de la banlieue de New York qui affirme parler avec les morts et prétend le démontrer dans la sérieLong Island Medium sur la chaîne TLC. De l’autre, James Randi, un illusionniste retraité de 86 ans recyclé en redresseur de torts des charlatans du paranormal. Le duel a commencé en 2012 lorsque la fondation de James Randi décerna le prix de l’imposteur de l’année à Theresa Caputo, qui s’en serait sans doute bien passé. Bien que nuisible à la réputation de la médium, cette distinction n’entama en rien sa popularité, mesurable au succès de sa série, qui en est à sa sixième saison, ainsi qu’au nombre impressionnant de parodies qui lui ont été consacrées depuis lors, dont celle hilarante de l’animatrice de télévision Kelly Ripa.

Et vu le personnage de Theresa Caputo, cela n’a rien d’étonnant. En effet, avec son casque de cheveux platine, ses faux ongles de star porno, ses robes moulantes et les talons compensés sur lesquels elle clopine, cette bonne vivante d’une cinquantaine d’années est à la fois tape-à-l’oeil, grande gueule, familière et sympathique. Quant à sa famille, elle est pittoresque à souhait, avec son mari, un faux dur tatoué qui écrase une larme à la moindre occasion, et ses deux enfants adolescents tour à tour attendris et énervés par leur mère abusive.

Je parle aux morts, c’est ma vie

Mais le succès de la série repose sur le talent dont Theresa Caputo se targue au début de chaque épisode. « Je suis une simple mère de famille, mais j’ai un don particulier : je parle aux morts, c’est devenu mon métier, mais c’est surtout ma vie. » En effet, on la suit dans ses consultations privées et publiques, mais aussi lorsqu’elle vaque à ses occupations dans cette banlieue cossue digne de la sérieDesperate Housewives et qu’elle aborde les gens n’importe où, au pressing, au restaurant, dans son club de sport ou chez le dentiste, pour leur transmettre des messages de leurs chers disparus, qui les font immanquablement passer de la stupeur à l’incrédulité, avant de provoquer leur conversion, autrement dit la conviction soudaine que Theresa communique bel et bien avec leurs défunts – ce qui a inéluctablement pour effet de leur tirer autant de larmes que de reconnaissance.(…)

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Un voyant accusé de sorcellerie à Québec

Un voyant accusé de sorcellerie à Québec

Le SPVQ a procédé, le jeudi 17 avril 2014, à l’arrestation de Fonata Yacouba.  Photo Aurélie Girard / Agence QMI

Agence QMI 
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Nicolas Lachance

QUÉBEC – Un homme qui se prétendait «un grand voyant médium» a été accusé de sorcellerie et de fraude de plus de 5 000 $, à Québec.

Caché sous le pseudonyme du Professeur Alfoseny, le fraudeur de 36 ans aurait réussi à hameçonner ses victimes via le web en s’annonçant sur des sites internet comme Kijiji.

«Grand voyant médium, résout vos problèmes, retour de l’être aimé, chance, jeu, protection, etc. Résultat garanti», pouvait-on lire sur ces pages. Au moins 67 personnes auraient consulté la petite annonce au mois de mars.

Pour arriver à ses fins, le magicien demandait beaucoup d’argent à ses victimes en échange de prédictions et de promesses.

Le seul problème, c’est que le Professeur Alfoseny prophétisait ne s’est jamais réalisé.

D’ailleurs, son vrai nom est Fonata Yacouba et il possède plusieurs antécédents criminels en matière de fraude.

MAGIE CRIMINELLE

Pourtant, le «Prof» soutenait dans ses petites annonces qu’il était un «spécialiste des cas urgents et difficiles, de l’attirance personnelle et du désenvoûtement». Il affirmait aussi que ses prédictions sur le retour de l’être aimé étaient «rapides, définitifs,» et «100 % efficaces».(…)

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Interview : « J’ai été voyant sur une plateforme internet »

 

Bonjour à tous. Je vous propose aujourd’hui l’interview de Franck, fidèle lecteur du blog en passant, qui a passé quelques mois en tant que voyant sur une plateforme internet.

Dérive sectaire : Bonjour Franck et merci d’avoir bien voulu répondre à mes questions concernant le monde fabuleux de la voyance sur le net.

Franck : Je vous en prie.

D.S. : Pourriez-vous vous présenter sommairement.

F : Et bien je m’appelle Franck, j’ai 45 ans et travaille en tant qu’enseignant. Je suis marié et j’ai deux enfants.

D.S. : Quand avez-vous commencé à être « voyant » ?

F : Je ne me suis jamais considéré comme tel. Je tirai les cartes depuis que j’avais 17 ans, mais sans plus. Je n’ai jamais parlé aux morts, fait léviter des objets ou toutes autres choses.

D.S. : Pouvez-vous nous expliquer comment vous êtes-vous retrouvé sur un site internet de voyance ?

F : A un certain moment, ou j’avais besoin d’arrondir les fins de mois, j’eut l’idée suivante : « puisque je tire les cartes pour le plaisir, autant gagner un peu d’argent avec ». En premier lieu, je me choisis un pseudo, une photo et je mis en ligne un site internet. Pour la photo rien de plus simple, je farfouillais dans google et je choisis un portrait libre de droits. D’ailleurs la majeure partie des photos de voyants ou médium que vous trouvez sur internet sont des fausses !
En second lieu j’ouvris un compte sur ebay pour me faire connaître. Je commençai par des tarifs très accessibles, c’est-à-dire gratuits, 5 ou 10 €. Il y avait aussi le moyen de faire un don.
Et pour finir, j’avais écrit un petit programme informatique qui me faisait les interprétations de tirages… J’étais trop feignant pour apprendre toutes les combinaisons par cœur !

D.S. : Je ne pensai pas que sur Ebay on pouvait trouver des voyances !

F : Oh que si ! C’est une pratique courante. Imaginez que c’est quand même de la publicité à moindres frais rentabilisée dès le premier appel !

D.S. : Et ça fonctionne bien sur Ebay ? Vous aviez beaucoup de demande ?

F : C’est toujours le commencement le plus dur. Il faut accrocher le client, avoir une bonne réputation aussi. Disons que pour accélérer votre reconnaissance, vous ouvrez des comptes bidon et vous vous notez à travers eux. Les notes positives attirent les gens… Même si elles sont fausses !
Et pour ça, rien de plus simple : un faux compte pour une fausse consultation 🙂

D.S. : Comment vous êtes vous retrouvez sur une plate-forme internet ?

F : un mois après que j’eut commencé, je reçu un mail d’une plate-forme connu… dans le milieu du moins. La personne me demanda si je voulais bien rejoindre leur équipe de consultant. Pourquoi pas après tout si ça peut me rapporter plus qu’Ebay c’est toujours ça de pris.

D.S. : A lire la description du site (dont je ne peux donner afin d’éviter un procès pour diffamation), il s’agit de « vrai consultant, de vrai client et vrai avis de client » . Et le recrutement à l’air de haut niveau puisqu’il faut selon les conditions générales du site :

« Pour devenir consultant chez xxx il vous faut une certaine qualification. Veuillez préciser lors de votre inscription quelles sont les expériences que vous avez acquises jusqu’à ce jour (vous avez travaillé pour une plateforme de voyance, vous avez votre propre site Web, vous avez des diplômes en astrologie, tarologie, psychologie ou vous avez suivi des cours dans ces domaines, etc.)

Veuillez nous faire parvenir les justificatifs de vos qualifications (voir ci-dessus), des expériences professionnelles que vous avez déjà acquises dans le domaine des arts divinatoires et une copie recto verso de votre carte d’identité par fax au xxx ou via e-mail à xxx. Nous acceptons les certificats de formation professionnelle, certificats de travail, les factures d’autres plateformes, etc. comme preuve de votre expérience professionnelle. »

F : C’est faux. Du moins en partie.
Voici comment c’est passé mon entretien. Une jeune fille m’appelle (avec un léger accent allemand… il faut savoir que le siège de l’entreprise est Allemand) et me demande :
– Ca vous est venu comment votre don ?
– Oh c’est très simple ça a commencé à l’âge de 11 ans ou je voyais des choses et puis j’ai continué. Voilà.
– Très bien. Pour nous c’est bon.

Et aux mots près ! Ni plus, ni moins. Bref, c’est du grand n’importe quoi. Vous pouvez donner des certificats bidon, des diplômes bidon, tout passe. Faut dire que ça rapporte tellement d’argent qu’ils ne sont pas très regardants.

Pour la suite, j’envoie la photocopie de ma carte d’identité, un n° de siret et hop j’étais consultant !
Après il n’y avait qu’à choisir mon bénéfice horaire par appel, tchat et email, mes disponibilités et l’affaire était dans le sac. Ah, j’oubliais qu’il y avait un moment de la journée ou je travaillais une heure obligatoire que pour la plate-forme. Il ne me reversait que 30 cts/minute et le reste était pour leur poche…

D.S. : Comment ça fonctionne à l’intérieur d’un tel site ?

F : Au départ, je n’étais que cartomancien. C’est à dire que je tirai les cartes et indiquai ce qu’elles me disaient. Rien d’autre. Pas de ressenti (c’est la grande mode), médium, flash etc.  Mais ça, c’est pas vendeur du tout quand tous les autres sont médiums clair audient, clair voyant, héréditaire, vu à la télé, accrédité par l’officiel de la voyance, etc., etc. Mais, petit à petit du monde m’appelait. Mais pas assez pour sortir du lot ! Alors je suis devenu médium tarologue. Là ça allait un peu mieux. Par contre je ne comprenais pas pourquoi les clients que j’appelai ne me notai jamais ! En fait, tant que je restai que sur le tirage du tarot les personnes étaient déçues. Mais dès que je commençais à faire du positif-évasif, c’est-à-dire rester dans le vague en disant que tout allait bien aller, là, les notes commencèrent à tomber… et de bonnes notes en plus. Bref il faut dire ce que le client veut entendre. Et c’est ce que faisaient tous mes collègues !
Alors quand on lit : « voyance sans complaisance», c’est un mensonge. Si vous dites une mauvaise nouvelle à quelqu’un, primo il va mal vous noter et deuzio il ne vous rappellera jamais ! Donc, ce n’est pas son intérêt. Et j’en parle en connaissance de cause !

Pour finir, les collègues ne sont pas aussi tendres que ça entre eux. Il m’est arrivé de me faire descendre par un client et, en cherchant bien, ce client était un client régulier d’un autre médium ! Me notant négativement, ma note générale baisse et les clients me passe sous le nez. C’est une pratique très courante pour sabrer les autres.

Mais pour faire remonter sa note, il existe une méthode qui consiste à créer des faux-positifs.

D.S. : Qu’est-ce-qu’un faux-positif ?

F : Un faux-positif consiste à se faire appeler par un ami et se faire bien noter après. C’est ainsi que j’ai vu qu’une voyante très connue se faisait noter à 20 secondes d’intervalles par la même personne. Sois elle est très rapide, sois c’est une escroc. Je penche d’ailleurs pour la seconde solution. Donc, le faux client appel, raccroche puis rappel, etc. Avec, bien sûr, une super note !Avec cette pratique la moyenne explose et vous vous retrouvez vite à être en tête des meilleurs voyants. Chose que j’ai faite pour augmenter ma note lorsqu’elle était au plus bas. D’ailleurs je remercie mon épouse 😉
Bien sûr, lorsque j’ai téléphoné à la direction en leur indiquant l’arnaque on m’a gentiment dit que c’était une erreur de ma part…

Donc on peut dire que ce n’est ni de vrais voyants, ni de vrais clients, ni de vrai avis de clients… Ou plutôt pas entièrement !

D.S. : Quel est le type de client que vous avez eu ?

F : A plus de 98 % des femmes qui questionnent pour des raisons sentimentales.

D.S. : Avez-vous des souvenirs d’appels de vos clients ?

F : oh oui plusieurs !
– Un jeune homme m’appelle (il fait partie des 2 %) et j’entends à sa voix qu’il n’est pas très clair. En discutant il me dit être sous tutelle et qu’il passe la majeure partie de son temps libre à téléphoner aux voyants…

– Une femme m’appelle parce qu’elle avait des problèmes avec sa fille. En discutant, elle était plutôt en détresse psychologique. Je lui ai dit d’aller consulter un psy plutôt que de discuter une heure avec un voyant ça lui coûterait moins cher !

– Une autre avait un problème de couple et ce qu’elle me demanda était plus du ressort d’un avocat que du mien.

J’ai aussi le souvenir d’une voyante qui voulait connaître son avenir. Il faut savoir que les voyants ne sont pas capable de le faire pour eux-même. Aller savoir pourquoi ! A la fin de la discussion elle me dit calmement qu’elle va se suicider afin d’aller retrouver son guide spirituel ! J’ai appelé la police du net dès la fin de ma conversation !
Ca c’est pour les plus gros morceaux… Mais là, on marche sur des œufs c’est plus de la psychologie que de la voyance. Pour le reste ça va de « quelle est la couleur de ma prochaine voiture ? » à « vais-je divorcée ? ». Sachant qu’en cuisinant les clients correctement, c’est eux qui donnent les réponses sans s’en rendre compte !

D.S. : Et concernant les autres plates-formes internet, c’est la même chose ?

F : C’est exactement la même chose. L’enregistrement dure moins de 5 minutes. Le plus amusant c’est que, souvent, les voyants mettent la même photo, mais pas le même nom… ou inversement !
De toute façon, pour les plateformes c’est je jackpot assuré. Sur l’une d’entre elles, on trouve 18 avocats, 49 coachs, 28 dépanneurs informatiques et… 298 voyants ! Imaginer les milliers d’euros par jour de chiffre d’affaires qui rentre dans la caisse… Ça laisse rêveur non ?

D.S. : Avez-vous eu l’impression d’escroquer vous clients en pratiquant ce métier ?
Oui clairement. Il n’y a pas de valeur ajoutée humainement parlant. Certains vont dire : « on fait de la psycho, on aide les gens, etc. » Non c’est faux il se servent des gens pour gagner de l’argent. Même si ils croient à ce qu’ils racontent cela reste du vent… Et ceux qui sont en cabinet font la même chose. Même s’ils disent « nous, on ne fait pas le même métier ».
Donc, comme j’aime me regarder dans la glace, j’ai préféré arrêter.

D.S. : Vous êtes resté longtemps « voyant » ?

F : 1 mois ½. C’est largement suffisant.

D.S. : Combien avez-vous gagné ?

F : Un peu plus de 500 €. Ça met du beurre dans les épinards. Par contre, au prix ou ça coûte à la minute, les clients on dû manger des patates jusqu’à la fin du mois. Pour éviter ça, je ne dirai qu’une chose, n’allez pas sur Wengo, Allo kang ou Viversum, vous allez y laisser des plumes !

D.S. : Merci Franck pour ce témoignage et à bientôt

Christophe Jaming

Dérive sectaire

Projet de loi contre la pratique de la voyance

Le porte-parole du nouveau gouvernement, dirigé par Manuel Valls, a indiqué lors de la réunion de presse hebdomadaire, qu’il comptait déposer un projet de loi afin de lutter contre les escroqueries à la voyance. Ce projet de loi annonce qu’il sera dès lors interdit de pratiquer la voyance quelle qu’elle soit sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 30.000 euros et une peine d’emprisonnement pouvant atteindre 10 ans maximum. Ceci afin, je cite, « d’assainir une profession composée de charlatans et d’escrocs ».

Source : AFP

Le porte-parole du nouveau gouvernement, dirigé par Manuel Valls, a indiqué lors de la réunion de presse hebdomadaire qu’il comptait déposer un projet de loi afin de lutter contre les escroqueries à la voyance. Ce projet de loi annonce qu’il sera dès lors interdit de pratiquer la voyance quelle qu’elle soit sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 30.000 euros et une peine d’emprisonnement pouvant atteindre 10 ans maximum. Ceci afin, je cite, « d’assainir une profession composée de charlatans et d’escrocs ».

 

Canada – Un voyant condamné pour publicité mensongère

SBM-GIGA coupable de fausse représentation

L’Office de la protection du consommateur annonce les condamnations de SBM-GIGA inc., faisant la promotion d’un talisman gratuit de Voyance Tanapat, et de son président, M. Pierre-Paul Gervais. L’entreprise et M. Gervais ont récemment plaidé coupable à des accusations portées contre eux en vertu de la Loi sur la protection du consommateur.

© Archives, Le Courrier Sud

Justice

Pour avoir commis ces infractions entre mars 2008 et mars 2009, l’entreprise devra payer des amendes globales de 100 010 $. Pour sa part, le président a été condamné à des amendes totales de 3 250 $.

L’entreprise, dont le siège est situé au 9701, rue Notre-Dame Ouest, à Trois-Rivières, et son président, avaient, à l’occasion d’une publicité parue dans un journal ou diffusée dans des magazines ou encore à l’intérieur d’enveloppes de coupons-rabais, prétexté un motif pour solliciter les consommateurs à acheter une voyance complète.

De plus, l’Office leur reprochait d’avoir fait une représentation fausse ou trompeuse en indiquant que les répondants à l’offre gratuite sur le talisman recevraient une voyance sur leur proche avenir du Maître Tanapat alors que tous recevaient la même voyance, qui est en réalité une sollicitation à acheter une voyance complète.(…)

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Canada : Une peine de 162 000$ pour de faux services de voyants

Des voyants douteux et de faux produits amaigrissants, qui ne faisaient fondre... (Photo archives La Presse)

Des voyants douteux et de faux produits amaigrissants, qui ne faisaient fondre rien d’autre que le portefeuille des acheteurs.

Après s’être enrichis pendant plusieurs années aux dépens de Québécois crédules, l’entreprise SBM Giga et son président Pierre-Paul Gervais doivent maintenant payer le prix de leurs publicités mensongères: plus de 162 000$ d’amende à la suite d’une reconnaissance de culpabilité dans trois dossiers de l’Office de la protection du consommateur (OPC).

C’est l’envoi de supposés talismans gratuits – sous la dénomination Voyance Tanapat – qui coûtera le plus cher à l’entreprise de Trois-Rivières et à son président, soit 103 250$.

Avec une autre administratrice, ils écopent en plus d’une amende de 21 474$ pour avoir vendu les faux services gratuits du supposé médium René Karsenty. Ultimement, les clients devaient payer 70$ pour recevoir une «étude secrète» et régler leurs problèmes.

Une recherche au Registre des entreprises révèle que SBM Giga a par ailleurs enregistré la dénomination «Michelle Alby». Les procédés frauduleux d’une supposée voyante néerlandaise du même nom sont dénoncés sur la page web WA ScamNet du département du Commerce des États-Unis. On y lit que «Michelle Alby» écrit aux gens sous prétexte d’avoir détecté autour d’eux des «forces du mal». Elle leur propose une séance de protection gratuite, mais exige ensuite 75$ par semaine pour poursuivre son oeuvre. L’OPC n’a toutefois pas reçu de plainte québécoise à ce sujet.

Des comprimés faussement amaigrissants(…)

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Libourne : elle détourne 280 000 euros et les dépense en voyance

Les virements sur son compte ont duré sept années. L’assistante au tribunal de commerce a tout dépensé en voyance. Elle écope de sursis, avec obligation de soins

L’assistante du greffe du tribunal de commerce a été condamnée à 24 mois avec sursis.

L’assistante du greffe du tribunal de commerce a été condamnée à 24 mois avec sursis. (Archives Stéphane Klein)

 

Elle vit en colocation à Abzac et sa voiture est loin d’être une grosse cylindrée. Aucun signe de richesse, il ne reste rien de ses incessants virements quotidiens qu’elle a réalisé sur son compte personnel, alors qu’elle officiait, en tant qu’assistante, au greffe du tribunal de commerce de Libourne.

En l’espace de sept ans, elle a détourné près de 280 000 euros. Des comptes du greffe ou de la Caisse des dépôts vers le sien. Tout simplement, en quelques clics. Mercredi après-midi, elle comparaissait devant le tribunal correctionnel de Libourne pour abus de confiance, usage de faux en écriture et altération frauduleuse de la vérité dans un écrit.

À la barre, perdue dans ses pleurs, le petit bout de femme de 43 ans reste coi face aux incompréhensions du dossier, soulignées par le président du tribunal Gérard Denard : « On ne retrouve rien de ces sommes dans l’enquête. Vers qui elles sont allées ? On se demande qui en a profité ? » Il est bien là le problème, et la particularité de cette drôle d’affaire.

Les centaines d’euros dérobées chaque jour, de son bureau, devant les collègues bien incapables de penser à pareille escroquerie, n’ont pas servi à financer des voyages, des grammes de cocaïne ou des biens immobiliers. Ils sont partis sur des sites de voyance « à 90 % » selon le procureur de la République Christophe Augé. De 500 jusqu’à 1000 euros par jour jetés dans des boules de cristal virtuelles et pas franchement divinatoires.

La prévenue a très mal vécu une séparation. Elle a dû déménager, acheter des meubles, refaire sa vie. Elle a surtout souscrit des crédits. « Un, deux, trois puis tous les emprunts possibles », livre son avocate, Me Julie Dykman. Jusqu’à 4500 euros de remboursement par mois alors qu’elle touche un peu plus de 1200 euros mensuels. Alors elle s’est servie sur les comptes de ses employeurs et de la Caisse des dépôts…(…)

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