Une fois de plus, la fin du monde n’a pas eu lieu

Le 21 décembre 2012 n’était qu’une énième fausse alerte dans l’histoire de l’humanité, riche en prévisions de cataclysmes et désastres pour rien.

ISS. C’était donc une erreur. La fin du monde n’a pas eu lieu le 21 décembre 2012, il n’était pas besoin de se ruer à Bugarach ou de réserver une place sur l’ISS. Pas cette fois en tout cas. Car assurément, la fin du monde sera à nouveau annoncée dans quelques temps, quelques siècles, comme cela a été le cas au fil de l’histoire de l’humanité – il n’y avait simplement pas Internet pour relayer, ou railler, autant la nouvelle.

Cette manie s’enracine à partir du 1er siècle avec l’Apocalypse, le dernier livre du Nouveau Testament, écrit par un habitant d’une île de la mer Égée, par Jean de Patmos, entre 60 et 100. Jean n’annonce pas vraiment de catastrophe, mais le début du règne de Dieu (le grec apokaluptein signifiant révéler, dévoiler) après le combat des forces du bien contre les forces du mal.

La large latitude d’interprétation laissée par ce texte, où Jean raconte les révélations qu’il a eues après la mort de Jésus Christ, fait que « apocalypse » est vite devenu synonyme de catastrophe et de destruction.

DÉLUGE. Mais de nombreux mythes évoquent des dévastations pour l’humanité, tels celui, babylonien, du Déluge durant sept jours et sept nuits. Ou le déluge des Yao, peuple du sud de la Chine.

En 1910, la queue de la comète de Halley doit anéantir toute vie sur Terre

L’approche de l’an 1000 est censée avoir déclenché nombre de peurs et prévisions catastrophistes ; il s’agit essentiellement d’un mythe construit des siècles plus tard pour évoquer la peur du Jugement dernier chez les chrétiens.

Dans ses Prophéties de 1555, Michel de Nostredame, dit Nostradamus, cite explicitement la date de juillet 1999 (plus exactement : « L’an mil neuf cent nonante neuf sept mois ») pour la destruction du monde. Lors de l’année en question, certains ont associé la prédiction avec l’éclipse du soleil du 11 août.

HALLEY. En 1910, la Comète de Halley doit passer si près de la terre que le gaz de sa traîne sont censées anéantir toute vie sur Terre. Finalement, tout s’est bien passé.

Un siècle après l’an mille, c’est l’an 2000 qui inquiète. A raison cette fois : on redoute un grand bug informatique à cause d’un problème de programmation remontant aux débuts de l’informatique. Pour gagner de l’espace mémoire sur des machines encore rudimentaires (par rapport à celles des années 1990-2000), le format des années étaient basé sur deux chiffres et non quatre : 85 pour 1985 par exemple. Or, après 99, viendrait 00 ! Comment les machines allaient interpréter cette donnée, 2000 ou 1900 ou 100 ? De grands chantiers de mises à jour et de reprogrammation ont été lancées pour, finalement, éviter tout problèle au passage de l’an 2000.

LHC. Le 10 septembre 2008, le Centre Européen de Recherche Nucléaire (CERN) met en route l’accélérateur de particules le plus rapide au monde, le Grand Collisionneur de Hadrons (LHC). Or, les mois précédents, la polémique n’a cessé d’enfler : l’engin risque de créer un mini trou noir. Deux Américains ont même déposé plainte à Honolulu, à Hawaii, contre le CERN.

Enfin, le 21 décembre 2012… c’était hier, et Sciences et Avenir et toujours là, le numéro de janvier 2013 vous attend, comme le hors-série sur Les origines de nos croyances, fêtes et superstitions sorti jeudi 20 décembre, de même que le site Internet que vous pouvez tranquillement continuer à consulter.

source : LE NOUVEL OBSERVATEUR PAR Arnaud Devillard Sciences et Avenir