Une gourou présumée jugée à Lisieux

Mis en ligne le 26 novembre 2012 à 11h54, mis à jour le 26 novembre 2012 à 16h51

justice acquittement révision réhabilitation

Crédits : Thinkstock/Comstock
Une femme de 56 ans est jugée lundi et mardi, soupçonnée d’avoir abusé les membres de la communauté qu’elle dirigeait. Des adeptes évoquent « l’enfer d’une prison mentale sur fond de violences morales, physiques et sexuelles ».

Elle s’était auto-proclamée « déesse de la beauté ». Une femme de 56 ans est jugée lundi et mardi devant le tribunal correctionnel deLisieux, dans le Calvados, soupçonnée d’avoir été le gourou d’une secte. La prévenue comparaît pour « abus frauduleux de l’ignorance ou de la faiblesse d’un tiers », dans le cadre de la loi About-Picard de 2001 contre les dérives sectaires qui a introduit cette notion. Elle comparaît libre et encourt cinq ans de prison. Son procès a lieu à huis-clos. La décision devrait être mise en délibéré.

La prévenue qui se dit aujourd’hui sans profession est accusée d’avoir volé près de 400.000 euros à ses adeptes. Selon Me Rouiller, avocat d’une des victimes présumées et de sa famille, parties civiles, « les anciens adeptes rapportent avoir connu l’enfer d’une prison mentale sur fond de violences morales, physiques et sexuelles, fruit d’une emprise totale de la part du gourou ».

« Je n’ai jamais voulu faire de mal »

Selon des notes prises par l’avocat, cette femme décrite par ses accusateurs comme séductrice et très sûre d’elle, a déclaré devant les juges : « je ne suis pas devenue gourou comme ça. Je passais dans une cinquième dimension. J’ai peut-être commis des erreurs, mais je n’ai jamais voulu faire de mal ». « Oui, tout était à mon nom mais j’ai fait ça comme ça, c’était bête et méchant, j’ai jamais voulu voler », a aussi dit cette mère de trois enfants, selon l’avocat. Selon Me Rouiller, une dizaine de victimes présumées ou de proches de victimes étaient parties civiles et présentes dans la salle pour des faits qui auraient eu lieu entre le 1er janvier 2002 et le 27 juin 2007.

Catherine Picard, à l’origine de la loi et présidente de l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victime de sectes (Unadfi) est venue exposer devant le tribunal ce qu’elle savait de leur fonctionnement en général. En octobre 2011, lors d’un colloque à l’Assemblée nationale visant à dresser un bilan 10 ans après le vote de la loi About-Picard, Georges Fenech, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre ces dérives (Miviludes) avait estimé qu’une centaine de procédures judiciaires étaient alors en cours en France. « Sur une quarantaine de condamnations pour abus de faiblesse, un tiers l’ont été dans le cadre d’un mouvement sectaire », avait-il ajouté.

Source : http://lci.tf1.fr/france/justice/une-gourou-presumee-jugee-a-lisieux-7689798.html